12/05/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE JEUDI

 (CongoForum)

Les sujets en rapport avec le processus en cours des élections de 2011 dominent toujours largement dans la presse. Il est aussi question d’un colloque sur les ressources transfrontalières, des rapports RDC/Angola et des dissensions internes du MLC.

Elections

« Révision de la loi électorale : Les députés divisés sur le mode de scrutin », titreLe Potentiel
En effet, les députés, qui ont entamé l’examen du rapport de la commission PAJ (politique, administrative et juridique), sont divisés sur des questions fondamentales portant, notamment sur le mode de scrutin et les circonscriptions électorales. Si certains sont pour l’innovation, celle d’un « scrutin proportionnel avec un seuil d’éligibilité de 10% », d’autres, par contre, militent en faveur du « scrutin proportionnel de listes ouvertes à une seule voix préférentielle » prévu à l’article 118 de la loi électorale de 2006.
L’utilisation de « moyens publics » en campagne électorale pose également problème, souligne-t-il. Nous reprenons ci-dessous l’essentiel du
  débat.
« Sous le prétexte que « ces modifications sont motivées, notamment par la nécessité de la prise en compte de la réduction du nombre de tours pour l’élection présidentielle, de l’amélioration du scrutin proportionnel et de la promulgation de certaines lois spécifiques », la Commission propose que le « maintien du mode de scrutin majoritaire uninominal pour les circonscriptions à un siège et l’instauration de la proportionnelle à plus fort reste avec un seuil d’éligibilité de 10% par circonscription et par liste dans les circonscriptions à deux siège ou plus ». 
« Lors de la séance du 23 avril 2011, la plénière a adopté le scrutin proportionnel intégral, tel que prévu dans la loi électorale de 2006 », ont réagi la plupart des députés. 
« Un tel scrutin favorisera les grands partis au détriment des plus petits », se sont-ils insurgés, arguant qu’ « avec un tel scrutin, les partis qui auront obtenu 10% des suffrages exprimés dans une circonscription rafleront tous les sièges ». Ils ont rappelé que le scrutin proportionnel de 2006 « tient compte de la diversité ethnique » de la RDC et « favorise la participation des minorités à la gestion » du pays. 
Aux termes de l’article 118 de cette loi électorale en phase de modification, « 
les députés nationaux sont élus au suffrage universel direct, pour un mandat de cinq ans renouvelable dans les circonstances suivantes : 1.dans les circonscriptions comptant un siège à pourvoir, le vote a lieu au scrutin majoritaire simple. L’électeur se prononce pour un seul candidat. Le candidat qui obtient le plus grand nombre de voix est élu ; 2.dans les circonscriptions comptant deux sièges à pourvoir et plus, le vote a lieu au scrutin proportionnel des listes ouvertes à une seule voix préférentielle avec application de la règle du plus fort reste ». 
Et lorsqu’il est fait application du scrutin proportionnel des listes ouvertes, l’article 119 dit que 
« les noms des candidats figurent sur la liste dans l’ordre alphabétique ; l’électeur vote pour un seul candidat ; en vue de la répartition proportionnelle des sièges, sa voix est comptabilisée au titre de la liste ; le nombre de voix de la liste est la somme des voix obtenues par les candidats inscrits sur cette liste ; les sièges sont attribués aux listes proportionnellement au nombre de voix obtenues». 
Le passage de 4 à 24 le nombre de circonscriptions à Kinshasa divise également les députés. En 2006, rappelle-t-on, l’article 115 de la loi électorale disposait que « 
la circonscription pour l’élection des députés nationaux est le territoire, la ville, quatre circonscriptions par regroupement de quatre communes pour la ville de Kinshasa. Le nombre de sièges à l’Assemblée nationale est fixé à cinq cents ». 

« D’où vient que chacune des 24 communes de Kinshasa devienne une circonscription électorale ? », s’est inquiété un député, insistant sur le fait qu’« il faut 2 à 3 jours pour parcourir un territoire alors que le candidat à la députation peut faire le tour d’une commune à Kinshasa en 3 heures ». 
Eviter la concurrence déloyale
Un autre sujet délicat est celui de l’« exclusion » des Congolais de l’étranger du processus électoral en cours. « 
Les Congolais de la diaspora ont été exclus des élections en 2006, pourquoi doivent-ils l’être encore cette année ? », se sont inquiétés les députés.« Pourtant, à l’instar d’autres pays moins nantis que la RDC, nos compatriotes peuvent aller voter à l’ambassade accréditée dans le pays d’accueil », ont-ils souhaité, évoquant la Constitution aux termes de laquelle « tous les Congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois »(art.12), « aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire » (art.13). 
La sécurisation des candidats, particulièrement ceux à l’élection présidentielle, a retenu l’attention des députés. Plutôt que de réclamer leur protection par les forces onusiennes, certains ont recommandé l’insertion dans la loi électorale de l’obligation faite au gouvernement d’assurer leur sécurité. 
« 
Le président de la République en exercice dispose d’un avion de l’Etat, des finances publiques et d’autres moyens publics pour battre campagne à travers le territoire national. Ce dont ne disposent pas les autres candidats qui vont concourir avec lui », a fait remarquer un député de la Majorité présidentielle. 
En guise de solution, il a proposé que la loi électorale interdise l’utilisation des moyens publics par les gouvernants, notamment le chef de l’Etat, le Premier ministre, les membres du gouvernement, les gouverneurs de province, a-t-il cité. «
Cette disposition légale permettra d’éviter la concurrence déloyale entre les candidats » à tous les échelons, a-t-il souligné.
Somme toute, la prochaine loi électorale sera le baromètre des élections de 2011-2013, selon qu’elle sera impersonnelle ou faite sur mesure.

(Il y a des choses étranges dans cette « concurrence déloyale ». On ne semble as avoir fait allusion à l’accès aux moyens de radio- et télédiffusion alors que dans ce domaine le pouvoir a déjà donné l’exemple d’abus massifs. D’autre part, la situation quant aux moyens de transports existait déjà en 2006, JKK étant déjà président. Il n’y eut alors que deux candidats – sur 33 – a faire réellement campagne dans tout le pays : JKK et Bemba – avec ses moyens privés. Ne faudrait-il pas plutôt plafonner les dépenses électorales ? NdlR)

« En marge de sa réaction contre le calendrier électoral : l’opposition désavoue ses délégués au Bureau de la Ceni ! », écrit en manchette Le Palmarès, qui en même temps se questionne sur l’impartialité ou la partialité de Jacques Ndjoli, Laurent Ndaye et Carole Kabanga, audit bureau. Qu’à cela ne tienne, ce journal précise que lorsque la Ceni statue, elle le fait en tant qu’institution et non en tant que famille politique et que nul au sein de l’opposition ne peut prétendre ne pas être impliqué dans le processus. 
(On se trouvé là, déjà, devant les résultats délétères de la composition purement politique de la CENI, que l’on aurait pu éviter en adoptant la proposition du Sénat incluant la Société civile. L’opposition attend de ses membres à la CENI ne attitude de « délégués » chargés de défendre ses intérêts. Mais ils y sont en minorité, donc impuissants quand on vote et noyés s’il y a consensus. NdlR)

« Certification des résultats des élections 2011 : La Monusco attend le signal du Conseil de Sécurité ! » titre La Prospérité
A l’en croire, c’est ce jeudi 12 mai que le Représentant Spécial du SG de l’ONU, M. Roger Meece, est arrivé à New York, aux Etats-Unis, pour participer aux discussions du Conseil de Sécurité sur la situation en RD. Congo. Le 18 mai, Roger Meece passera en revue, les problèmes liés à la sécurité à l’Est ainsi qu’à la sécurisation des élections prévues le 28 novembre 2011. Interrogé lors du point de presse d’hier mercredi 11 mai, sur le rôle qu’aura joué la Monusco pour la sécurisation et la certification des résultats des scrutins, Pénangnini Touré, Porte-parole a.i de la Monusco, a indiqué qu’il serait hasardeux à ce niveau, de dire quoi que ce soit, avant le dépôt du rapport au Conseil de Sécurité par Roger Meece. 
Et, d’ajouter que la décision de certifier et sécuriser les élections, viendra du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
(Vous avez bien lu ! Il est question de « certification ». Comme en Côte d’Ivoire. Tout le monde aux abris ! NdlR)

Le Potentiel publie par ailleurs une interview du député Gilbert Kiakwama par  Marcel Lutete: «La CENI doit arrêter de vouloir couvrir l’incurie du gouvernement».

Au sujet du processus électoral dont le calendrier a été rendu public le 30 avril par le président de la CENI, l’Opposition dit « avoir des inquiétudes ». « Nos inquiétudes sont fondées sur le dépassement des délais constitutionnels, sur le mauvais déroulement des opérations d’enrôlement… », s’est mis à égrener le député Gilbert Kiakwama kia Kiziki de l’Opposition », dans une interview au Potentiel. Décryptage.

Après deux jours de concertations, l’Opposition a rendu publique sa déclaration politique sur le calendrier électoral. Tout en ayant fait preuve d’unité dans l’action, elle a réitéré ses inquiétudes sur un «échec » du processus électoral, jugeant « inconstitutionnel et irréaliste » le calendrier électoral. Sur quoi fondez-vous vos inquiétudes ?

Merci pour votre question. Vous aurez noté que tout opposant reconnu a souscrit à ce document et l’a signé, soit directement, soit via le regroupement dont il est membre. Cette déclaration commune est le fruit d’un travail patient, discret, responsable et de fond. Ce n’est pas deux jours, mais cinq jours de discussions et d’échanges que nous avons eu, aux sièges de différents partis, si bien qu’au cours de ce dialogue chacun a pu exprimer ses vues propres. Cette déclaration est riche de différentes sensibilités qui composent l’Opposition. Elle est fouillée, chaque mot mûrement réfléchi, pesé. Cette déclaration est responsable. Nos inquiétudes sont fondées sur le dépassement des délais constitutionnels ; ce faisant la CENI outrepasse ses compétences et ses limites. Nos inquiétudes sont fondées sur le mauvais déroulement des opérations d’enrôlement, faute de kits en bon état et en nombre suffisant, laissant prévoir un grand retard ou de nombreux omis. Elles sont fondées sur les contradictions internes des dates annoncées. Par exemple, début d’enrôlement à Kinshasa, le 7 mai, fin le 30 juin, alors que trois mois sont prévus en principe. Ces inquiétudes sont fondées sur la non-publication des listes du Bas-Congo et du Maniema, pour vérification, or l’enrôlement y est terminé depuis février. Nos inquiétudes sont également fondées sur le climat d’insécurité général et d’intimidation … surtout envers tous ceux qui ne sont pas les thuriféraires du régime en place : UNC, BDM, moi-même, des journalistes et activistes des droits de l’Homme etc …

Vous venez d’en esquisser le tableau. A quoi devra-t-on alors s’attendre ?

A un processus électoral bâclé et sous influence dont les seules finalités sont la réélection automatique de Joseph Kabila et le triomphe du PPRD. Nous refusons que ça se fasse de cette manière et nous croyons que le peuple congolais refuse de voir sa voix étouffée, détournée, confisquée.

L’Opposition a relevé le fait que le calendrier électoral fixant au 28 novembre 2011 la tenue du scrutin présidentiel est « inconstitutionnel » car « il viole l’article 73 de la Constitution en ignorant le délai constitutionnel de 90 jours ». Par conséquent, vous laissez entendre que « l’Opposition et le peuple congolais ne peuvent cautionner cela ». Quelle lecture en faites-vous ?

Nous sommes effectivement républicains. Le 8 décembre 2008, je disais à la Majorité parlementaire et à son Premier ministre Adolphe Muzito qu’elle venait d’investir : « Votez toutes les énormités que vous voulez puisque vous êtes une majorité mécanique, mais veillez à organiser les élections en temps et en heure, c’est tout ce que nous exigeons de vous. » On a eu droit à la réponse habituelle : « Vous êtes des jaloux de mauvaise foi. C’est nous qui avons le pouvoir, nous savons ce que nous faisons, vous verrez. » Le Premier ministre Muzito a menti à la Nation en disant : « Nous travaillons aussi pour les élections, les crédits budgétaires sont prévus. » Aujourd’hui, l’Honorable Jean-Lucien Busa l’a affirmé sans être démenti, nous savons maintenant que pendant ces quatre dernières années, tous ont passé plus de temps à s’enrichir qu’à disponibiliser les moyens pour le processus électoral. Quant au président, lui a dit « croyez au moins à mes œuvres, je suis le garant du bien-être des Congolais ». Et bien voilà les œuvres : la CENI a été mise dans l’impossibilité de respecter les limites constitutionnelles du 6 septembre pour la tenue des élections et du 6 décembre pour la prestation de serment du président élu. Et vous voulez que nous acceptions cela sans rien dire ? Ils ont eu tous les leviers du pouvoir d’Etat à eux seuls pendant 4 ans et 6 mois maintenant, et ils ont été incapables d’organiser la seule échéance impérative. Et on devrait se taire ?

Vous avez sévèrement mis en garde le bureau de la CENI et le gouvernement en les rendant responsables de l’échec du processus électoral s’ils refusent de prendre en considération vos préoccupations relatives au caractère inconstitutionnel et irréaliste du calendrier, à l’assainissement de l’environnement politique, à la sécurisation des élections, etc. Lorsqu’on met sur la balance ces éléments, on a l’impression qu’il n’y a pas d’issue. Qu’en dites-vous ?

Bien sûr qu’il y a une issue. L’issue, ce sera le remplacement de toutes ces personnes qui se sont avérées incapables, irresponsables et de mauvaise foi. L’issue commence d’abord par l’obligation pour chacun d’agir avec honnêteté et humilité selon les exigences de la Vérité, de la Justice et de la Responsabilité. La CENI doit arrêter de vouloir couvrir l’incurie du gouvernement, sous peine de discrédit. Etre indépendant ne veut pas dire être seul, ni dégagé des contraintes constitutionnelles. Elle aurait dû dire en toute responsabilité, en tant qu’organe technique : « Vu les contraintes techniques, vu la situation dans laquelle le gouvernement et le parlement m’ont mise, voici ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. Qu’en dit le peuple congolais ? » Qui cherche-t-elle à protéger ? Elle doit mettre chacun devant ses responsabilités ; Malu-Malu, la Majorité et l’Opposition le cas échéant.

Quant au président Kabila et au Premier ministre Muzito, ils doivent eux aussi être courageux et responsables et dire au peuple congolais et aux partenaires bi- et multilatéraux : « Nous sommes en train d’échouer dans une de nos missions essentielles : la consolidation de la démocratie par l’organisation d’élections libres et transparentes dans un climat apaisé. Nous avons été trop optimistes, trop orgueilleux, ou pas assez prudents et prévoyants. Pardonnez-nous et aidez-nous à réparer. »

Au lieu de cela, depuis quatre ans, ils traitent avec mépris toute personne qui émet une critique, qui donne un conseil. On restreint notre temps de parole au parlement, on bloque ou on fait disparaître nos motions, par tous les moyens.

Ils ont même rejeté les mains tendues. Il y a dix-huit mois ils demandaient à la MONUC de quitter le Congo, ils refusaient 100 millions de dollars d’aide au processus électoral. Ils ont refusé la présence de la société civile à la CENI, ils voulaient même y avoir 2/3 des membres. Aujourd’hui tout le monde leur dit : « Très bien, vous avez voulu être seuls, alors il est temps d’avouer la vérité. Vous avez échoué. Etes-vous prêts maintenant à écouter ? » Visiblement ce n’est pas encore le cas. Soit. Ils porteront seuls la responsabilité de l’échec.

Dans son discours du 30 avril, le président de la CENI a affirmé que « beaucoup de pays africains vivent un cycle de violence sans précédent à cause des élections bâclées et un manque de consensus électoral entre les différents acteurs sur l’organisation des élections dans un climat apaisé ». Partagez-vous sa réflexion ?

Je partage tout à fait l’analyse du pasteur Ngoy Mulunda. C’est pourquoi nous le mettons en garde. Il oublie de dire que le consensus se bâtit sur un dialogue responsable et vrai, et en cela lui et ses collègues faillissent à leur mission historique. Moi, je veux aider le Pasteur et ses collègues. Si en Côte d’Ivoire tous les membres de la CEI et le président de la Cour constitutionnelle avaient eu le courage de mettre ceux de leur camp devant leurs responsabilités, publiquement si nécessaire, le drame n’aurait pas eu lieu. Deux hommes ont eu le courage d’agir selon la Vérité et la Justice et conformément au mandat que les Ivoiriens eux-mêmes leur avaient confié : le président de la CEI et le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies Cho Young-jin.

Vous avez qualifié de « dangereuse loi électorale », une loi sous examen à l’Assemblée nationale. Continuez-vous à soutenir que « les conséquences qu’aurait l’adoption du projet de loi électorale tel que présenté par le gouvernement sont trop graves» pour que les députés soient «complaisants » ?

Je ne cesse de revenir sur cette notion de responsabilité, depuis les premiers massacres au Bas-Congo en 2007. Relisez mes interventions à l’Assemblée nationale. Nous ne construirons pas ce pays sur le mensonge et les faux-semblants. Or qui détient le pouvoir depuis 2006 ? Joseph Kabila et sa majorité présidentielle, avec à sa tête le président de l’Assemblée nationale et Adolphe Muzito au gouvernement.

On entend souvent « le parlement a adopté …, les politiciens veulent … ». Mais il existe une majorité parlementaire. Un gouvernement en est issu. Tous se réclament de la même Autorité morale. Ils sont toujours tellement jaloux de leurs prérogatives. On les appelle Haute Hiérarchie, Hautes Autorités, Responsables… Ils se flattent de leur succès. Et bien qu’ils sachent que tous leurs actes ont des conséquences positives, et négatives ! Ils en sont responsables !! Ils ont construit le boulevard du 30 juin ? Bravo à eux. Ils sont incapables d’organiser les élections ? Honte à eux. Ils sont en faveur d’une loi électorale incendiaire et dilatoire ? Honte à eux.

S’il faut décrypter le Congo tel qu’il se présente aujourd’hui et ce que sera sa configuration demain, en rapport avec les prochaines élections, à quel Congo devra-t-on s’attendre pour demain ?

Je suis opposant, je suis membre de la minorité ; je n’ai pas le pouvoir. Tout ce que j’ai, c’est le Ministère de la Parole. Tout ce que je peux faire c’est parler, pour critiquer, conseiller, proposer. Mais aussi, surtout, parler pour prendre le peuple congolais à témoin et lui donner tous les éléments d’appréciation. C’est le peuple le juge ultime, nous travaillons pour lui, c’est notre patron à tous. Je n’ai cessé de dire à mes collègues de la majorité et à leurs ministres : « Le peuple nous regarde. Oublions un peu nos intérêts partisans et faisons ce qui est juste et souhaitable. Un jour le peuple tiendra chacun comptable de ses actes. » La Majorité présidentielle a toujours balayé d’un revers de main dédaigneux nos remarques et nos suggestions. On me traite de « donneur de leçons orgueilleux ». Soit. Bientôt viendra le jour où le patron lui-même, le peuple congolais, parlera et distribuera les bons et les mauvais points. Lui-même dira quel Congo il veut, et qui il veut pour l’y emmener. A bon entendeur !

(L’intérêt de cette interview est avant tout de clarifier le refus du calendrier électoral, à propos duquel la date-fétiche du 6 décembre a été « l’arbre qui cache la forêt ». La forêt, c’est l’insuffisance des moyens de la CENI et, par voie de conséquence, une révision douteuse du fichier électoral. Que le Président prête serment à Noël plutôt qu’à la Saint-Nicolas, c’est  un rendez-vous manqué, mais il faut avoir l’esprit vétilleux pour y voir une « violation de la Constitution ». C’est tout au plus une interprétation laxiste des mots « 5 ans ». Par contre, organiser la révision de telle manière que des électeurs ne se feront pas enrôler parce qu’on leur demande de faire 100 km et plus pour trouver un bureau de la CENI, c’est une violation très grave de leurs droits les plus fondamentaux. NdlR)


Ressources transfrontalière

« Grâce à la fondation allemande (FES) : Des intellectuels réfléchissent à Brazzaville sur la co-gestion des ressources transfrontalières de l’Afrique centrale ». 
Sous ce titre, Le Potentiel parle du colloque qui se tient à Brazzaville, sur les ressources transfrontalières hydriques, halieutiques, minières, pétrolières, fauniques et forestières en Afrique centrale, lesquelles sont une source des convoitises et un objet des conflits inter ethniques et étatiques. Ce colloque organisé par la fondation Friedrich Ehbert Stiftung à Brazzaville sur la gestion de ces ressources, selon Le Potentiel, pourrait être collégiale en vue d’une intégration régionale. Le journal se pose aussi la question de savoir si les RD-Congolais l’accepteront, eux qui ont toujours été sceptiques. 
Il y a peu, ils avaient crié au scandale lorsque Nicolas Sarkozy a parlé du partage des ressources avec notamment le Rwanda, souligne-t-il. 
« Il est question, pour les participants, de par leurs réflexions et expériences, « d’aider à la mise en place d’un cadre permanent de dialogue et d’échange pour une gestion transfrontalières concertée des ressources en Afrique centrale », a indiqué, dans son mot d’ouverture des travaux, son directeur de cabinet représentant le ministre congolais du Développement durable, de l’Economie forestière et de l’Environnement empêché. Les résultats attendus, a-t-il fait remarquer, « permettront aux Etats de la sous-région de redynamiser leur coopération en la matière et de promouvoir une intégration économique durable. » Il a fait valoir que l’organisation de ces assises par la FES, « un partenaire extérieur à la sous-région, vient comme pour conforter cet impératif de tourner la page de la gestion unilatérale de nos ressources périphériques en vue de l’instauration d’une paix durable en Afrique centrale. » Cela en contribuant à la prévention des conflits inter étatiques sur les ressources transfrontalières et en aidant, le cas échéant, les Etats à résoudre leur émergence ». 
(Toute la question est de savoir dans quelle mesure des termes diplomatiques comme « exploitation en commun » ou « partage harmonieux » couvrent des notions plus âpres comme « pillage ». Pour rappel : les Allemands ont été les premiers colonisateurs du Rwanda et du Burundi et ce sont eux qui ont, dans ces deux pays, imposé le pouvoir centralisé de leur protégé, le 
 Mwami et de son entourage Tutsi. Le mandat SDN de la Belgique, après la défaite allemande de 18, interdisait toute modification de cette situation. Est-on sûr de la « neutralité » de cet intervenant étranger ? NdlR)

RDC/Angola

Suite aux incursions de l’armée angolaise : une mission de la Monusco sera bientôt au Bas-Congo, note Le Phare. Ces incursions sont notamment signalées à Songololo, Mbanza-Ngungu et particulièrement à Tshela.

MLC

« Crise au sein du Mlc : L’affaire F. Muamba contre T. Luhaka renvoyée au 25 mai ». 
Selon L’Avenir, qui titre ainsi, contrairement aux attentes de plus d’un dans l’affaire François Muamba contre Thomas Luhaka, deux Secrétaires généraux qui s’excluent mutuellement aux destinées du Mouvement de libération du Congo (Mlc), l’audience prévue hier mercredi 11 mai 2011, au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Kinshasa / Gombe n’a pas eu lieu.
Elle a été renvoyée, indique-t-il, au 25 mai prochain. Et pour cause :« l’Assignation du TGI nous est parvenue en retard », a déclaré l’honorable Jean-Lucien Mbusa, joint par téléphone. Selon ce haut cadre dans la configuration actuelle pilotée par l’honorable Thomas Luhaka, il est de droit que l’affaire soit repoussée à cette date.

Thomas Luhaka, précisément, de passage en Belgique et rencontrant la section MLC-Benelux, a déclaré  que « 2011 ne se terminera pas sans que Jean-Pierre Bemba ne soit relaxé » et insisté sur la nécessite de « s’unir pour déboulonner Kabila et son système ». (Cheik Fita)

© CongoForum, le jeudi 12 mai 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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