18/05/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

 (CongoForum)

Nous sommes, encore une fois, au lendemain d’un jour férié commémorant un événement historique, ce qui nous vaut une presse « de circonstance » consacrée aux célébrations qui l’ont commémoré. Cette année, le repas de corps, premier du genre, offert par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, aux représentants des Fardc et de la Police nationale congolaise à l’occasion de la journée du 17 mai- dédiée aux forces armées- suscite divers commentaires dans la presse. Ceux-ci ne sont pas exempts de considérations relatives aux élections, pas plus que l’annonce, par Moïse Katumbi, de son retrait de la politique et la déclaration des cadres du Palu demandant  à Antoine Gizenga de définir la position du parti face aux prochaines élections. Les élections demeurent donc le sujet vedette mais, aujourd’hui, elles le sont en filigrane.

17 mai

L’Observateur se demande ce qu’on fête réellement en cette date. Certains Congolais ont commémoré l’entrée à Kinshasa de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo(AFDL), un certain 17 mai 1997, sous la houlette de feu Laurent Désiré Kabila. Quatorze ans après, il reste que les Congolais doivent se regarder froidement en face pour dire à quoi équivaut aujourd’hui cet événement dans un pays qui a résolument choisi l’option d’instaurer la voix des urnes comme seul et unique tremplin pour l’accès au pouvoir.

(Les hasards du calendrier font qu’à trois semaines d’intervalle, tombent les dates du 24 avril – fin du parti unique – et du 17 mai – AFDL à Kinshasa. L’une et l’autre sont susceptibles d’être fêtées au nom de la « libération » ou de la « démocratisation ». L’une et l’autre peuvent être rejetées au nom de la persistance du « multimobutisme » ou de « l’occupation rwandaise ».
Il faut aussi tenir compte de ce qu’en politique, les Congolais, s’ils sont capables des louvoiement les plus « élastiques » sur le plan moral, ont en même temps un désir très aigu de pureté idéologique, d’où cette question : « Peut-on fêter un événement violent, quand on a choisi une option pacifique ?». Cela peut surprendre les Européens, qui sont habitués à fêter la démocratie en commémorant des révolutions. Mais il faut se rappeler que la plupart des indépendances africaines ont été obtenues pacifiquement.
La chose se complique d’une double récupération politique. Le 24 avril est mis en avant par l’Opposition, spécialement par l’UDPS, surtout parce que l’on peut raconter l’histoire en faisant de Ya Tshitshi sa figure centrale. Le 17 mai est invoqué par l’actuelle Majorité en l’honneur du rôle joué par Laurent Kabila – ce qui
  est vrai – dont Joseph serait le continuateur – ce qui est extrêmement douteux. Cela mène les deux camps à oublier commodément certains faits. Les « kabilistes » traitent la CNS d’échec complet, ce qui contredit LDK qui ne voulait pas de l’institution, trop imprégnée encore de mobutisme, mais en acceptait les apports positifs, comme les rapports sur les homicides et les biens mal acquis. En face, o fait fort aisément l’impasse sur des propos de Tshisekedi, durant la guerre de l’AFDL, parlant des « deux voies pour un même combat ».
Quant à la thèse du 17 mai comme « début de l’occupation rwandaise », il paraît difficile de contester que l’entrée dans la ville d’une armée qui, sur 43.000 hommes, comportait 38.000 congolais et 5.000 rwandais, qui avait bénéficié de l’abstention du Général Mahele, incontestablement congolais, avait pour avant-garde Faustin Munene et Mufu Nendanga, qui ne sont certainement pas du Pays des Mille Collines et avait été préparée sur place par le Dr. Sondji, lui aussi congolais « pure laine », était bien une opération congolaise. Pour rappel, James Kabarebe n’est arrivé, pour « fêter la victoire » que par après et venant de Brazzaville.
Surtout, tout cela manque d’une mise en perspective. La face intérieure et politique de ces événements devrait être étudiée au minimum depuis les Guerres du Shaba et les premières tentatives de « démocratisation partielle et contrôlée » sous Mobutu. L’aspect interafricain devait être analysé en remontant au minimum jusqu’à la guerre civile rwandaise de 1990. Le tout devait être éclairé par les fluctuations de la politique américano-occidentale, mais aussi par son souci constant de maintenir le Congo dans sa dépendance  et donc hors de toute démocratie véritable. NdlR)

Fête de l’armée

Le repas de corps, le premier du genre, offert par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, aux représentants des Fardc et de la Police nationale congolaise à l’occasion de la journée du 17 mai- dédiée aux forces armées- suscite divers commentaires dans la presse. Deux mille cinq cents représentants de l’armée et de la Police nationale congolaise (PNC) étaient invités au Palais de la nation. Et Joseph Kabila a promis des «solutions adéquates» aux «conditions difficiles» des militaires et des policiers congolais.

« J. Kabila félicite l’armée d’avoir ‘fait échec à la déstabilisation de la RDC », affiche à la Une Le Potentiel. Il relève que dans son adresse le président de la République, Joseph Kabila, a indiqué que la RDC ayant été l’objet d’agressions injustes de la part des forces négatives et étrangères depuis plus d’une décennie, il a fallu aux Congolais de demeurer unis et compter sur une armée et une police capable de parer à toute éventualité. Et ces deux corps l’on été.
« Vous avez fait échec aux différentes tentatives de déstabilisation de notre pays », a souligné Joseph Kabila en insistant sur le fait que « le peuple congolais attend des Fardc et de la Police nationale loyauté à la nation, loyauté aux institutions de la République, dignité, discipline et patriotisme ».

« L’armée renouvelle sa loyauté à Kabila », rapporte Le Phare. En effet, avant de clôturer cette cérémonie riche en couleurs, le chef d’Etat Major Général des Fardc, Didier Etumba  a déclaré avoir été mandaté par les officiers, sous-officiers, caporaux et soldats ainsi que les policiers de renouveler individuellement et collectivement leur loyauté, leur engagement et leur dévouement au Commandant suprême et aux institutions de la République.

La Prospérité annonce que le président de la République a offert,  ce mardi 17 mai, un repas aux officiers de l’armée et de la police. Un repas qui intervient à la veille des élections 2011. D’où, les militaires des FARDC et policiers invités à la vigilance. Le journal fait état d’une double commémoration, en rapport avec la date du 17 mai. D’abord et avant tout comme date marquant la prise du pouvoir, en 1997, par le «soldat du Peuple», Mzee Laurent-Désiré Kabila et, ensuite, comme journée consacrée aux vaillantes Forces armées de la République démocratique du Congo. Ce journal note, pour sa part, « Fardc et policiers invités à la vigilance ». Le président de la République a saisi l’opportunité de la célébration de la journée dédiée aux Fardc pour rappeler le rôle de l’armée, de la police et de tous les services de sécurité dans la défense de la souveraineté nationale, l’intégrité du territoire, le maintien de l’ordre public et la sécurité. L’année 2011 étant une année importante au regard du fait que le peuple congolais va aller aux urnes pour élire ses dirigeants, Joseph Kabila a invité nos vaillantes Fardc ainsi que la police à la vigilance pour consolider la paix et faire échec aux ennemis de la démocratie.

L’Avenir signale que l’amélioration des conditions de vie des éléments des Fardc et de la Police nationale préoccupe le président de la République. Ce dernier, dans son adresse, a cité certaines priorités. Il s’agit de la  réhabilitation des casernes existantes, l’aménagement et la construction de nouvelles casernes, la réfection et l’aménagement d’infrastructures socio- médicales, l’amélioration des soins de santé, l’insertion sociale des veuves et des orphelins militaires et policiers, etc.

(Résumons : JKK persiste dans la position qui a toujours été celle de Kinshasa : tout va bien à l’Est, qui qu’en disent les intéressés. Il demande aux soldats et policiers une « vigilance » qui pourrait bien être interne et politique. Il leur fait prêter un serment d’allégeance personnel et non aux institutions de la République. Et il leur promet des récompenses matérielles. Cela ressemble vraiment beaucoup à la préparation d’une garde prétorienne ou d’une armée de guerre civile. NdlR)

Katumbi

Le Palamarès annonce le retrait de Moïse Katumbi de la scène politique. Le maillot jaune des législatives de 2006 ne se présentera pas aux législatives du 28 novembre prochain encore moins à aucun autre niveau des futures échéances. Moïse Katumbi dit vouloir se consacrer exclusivement à ses affaires et au T.P Mazembe. La raison de son désamour : l’attitude cavalière de Kinshasa face à son plan de redressement provincial.

Uhuru également évoque les déclarations de Moïse Katumbi d’abandonner la politique. C’est un Coup de tonnerre dans le firmament politique Katangais, d’après le journal. Alors qu’on n’est pas encore à l’élection des gouverneurs des provinces, Moïse Katumbi a annoncé le week-end dernier, son intention de ne pas briguer un deuxième mandat à la tête de la province qu’il dirige depuis 2006.

PALU

L’Observateur consacre également ses colonnes à la position des militants du Parti lumumbiste unifié (Palu), qui ont exigé, mardi 17 mai, la tenue d’un congrès extraordinaire. Dans leur déclaration, les leaders de ce parti politique exigent du patriarche Antoine Gizenga de sortir de son silence: « En 2006, le PALU a soutenu le PPRD et l’AMP à prendre le pouvoir. Il  ne doit pas demeurer un simple parti accompagnateur. C’est ainsi que pour les prochaines élections, nous devons savoir des candidats à tous les postes. L’heure de servir de marchepied à d’autres partis politiques est révolue.» Un peu pour avertir que le Palu est non partant à la signature de la nouvelle mouvance présidentielle, MP, selon le journal.

© CongoForum, le mercredi 18 mai 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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