Groupe Observateur – 20 mai 2011
A l’occasion de la commémoration de la journée de la libération du 17 mai intervenue le mardi dernier, le Président de la République a organisé un dîner qu’il a partagé avec près de 250 éléments des Forces armées de la RDX (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC). Dans son toast, il est revenu sur sa détermination à améliorer sensiblement les conditions de vie des hommes en armes. Il ne doit en être autrement pour lui qui est le commandant suprême des FARDC et de la PNC. Son mot de circonstance a été ponctué de valses d’applaudissements par ses convives. Rien de surprenant dans cette attitude tant les propos du chef de l’Etat leur sont allés tout droit dans le cœur.
Reste maintenant que le gouvernement doit se mobiliser cette fois-ci pour matérialiser ces promesses du chef de l’Etat pour qu’elles ne soient pas considérées par les communs de mortels et surtout les intéressés eux-mêmes, comme de vœux pieux. Ce qui serait une très mauvaise chose pour l’image du Raïs.
Il faut donc aller vite en besogne et s’attaquer aux problèmes de fond de notre armée et de notre police. Sans remettre en cause le recensement biométrique qui est déjà terminé au niveau des FARDC, il convient premièrement d’identifier les besoins réels du pays en termes des chiffres. Combien de militaires dont la RDC a réellement besoin pour la protection de ses frontières et faire face à toute éventuelle agression étrangère ? Car nul n’est besoin d’avoir sur son dos une multitude d’hommes en armes que l’Etat ne peut pas payer et loger correctement. A ce propos, nous sommes favorables à la professionnalisation de notre armée. Il sied que lors du recrutement des recrues l’on tienne compte du profil de chaque candidat. L’armée ne doit pas être considérée comme un dépotoir des enfants indisciplinés de nos familles. Il faut qu’en intégrant les forces armées, chaque candidat soit capable de servir la nation en temps de paix dans un secteur précis, notamment le génie, la maçonnerie, la menuiserie, la coordonnerie, la médecine, l’enseignement, etc. C’est de cette manière là seulement qu’on peut éviter à nos éléments l’oisiveté qui peut conduire à toutes sortes de mal.
Le deuxième axe sur lequel doit porter la réforme que le chef de l’Etat entend imprimer dans l’armée concerne la construction de nouveaux camps militaires. Pour ce, il faut engager de véritables travaux d’Hercule. La première action concerne la délocalisation de toutes les casernes dont l’emplacement pose problème. A titre illustratif nous citons le camp Lieutenant Kokolo qui se trouve aujourd’hui en plein centre de la ville. Cette partie là de l’ex-Léopoldville n’était pas accessible à quiconque comme elle l’est actuellement. Il faut impérativement détruire ce camp-là surtout que son état de délabrement est fort avancé et constitue un danger pour les hommes qui occupent les maisons devenues trop vétustes, certaines prêtes à être emportées en cas d’une tornade. A la place, il importe de trouver un autre site situé loin du centre ville, mais à une distance où, en cas d’extrême urgence, les militaires peuvent venir renforcer les éléments de la PNC débordés éventuellement par des hors-la-loi.
Dans ces nouveaux camps militaires, il y serait construit, outre des bonnes habitations pour les officiers et les hommes de troupe, des hôpitaux, des écoles, des cantines, des terrains des sports, des cyber cafés, des mess des officiers, des cinés,…Bref des casernes modernes à la dimension d’une grande armée républicaine, forte et dissuasive. Les mouvements des hommes seraient ainsi contrôlés et les éventuels éléments incontrôlés seraient facilement détectables et sanctionnés selon le règlement militaire.
La troisième action à mener concerne l’amélioration sensible de la solde des hommes sous le drapeau. A ce sujet, même le commandant suprême des FARDC lui-même est conscient de la précarité des conditions de vie des militaires et des policiers. Mais nous pensons que l’augmentation de leur solde n’aura d’effets palpables que lorsque la restructuration aura été effectivement mise en œuvre. Car opérer l’augmentation de la solde dans des circonstances actuelles équivaudrait à verser de l’eau dans un sceau troué.
Enfin, le gouvernement devrait mettre en place une nouvelle politique de la prise en charge des veuves et orphelins des militaires et des policiers et surtout la réinsertion sociale des invalides de guerre qui vivent aujourd’hui en véritables indigents.
Rombaut Ot.








21 mai 2011
Au fil des jours