23/05/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

(CongoForum)

La presse de ce jour est presque à 100%  « électorale » et ce ne sera sans doute pas la dernière fois ! La tournée de quelques leaders de l’opposition en Occident, l’agression au Canada de l’ex-président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, le processus électoral en Rdc avec en toile de fond le séjour de certains acteurs politiques en Occident et la révision de la loi électorale  gênée par l’absentéisme des députés nationaux, viennent en primeur dans les journaux parus ce lundi en Rdc. Mais les journaux jettent également un regard sur  le renouvellement du mandat de la MONUSCO, le procès Chebeya et la privatisation du secteur de l’électricité.

Kamerhe

« Au Canada : Kamerhe échappe à la mort », titre La Prospérité pour parler de l’agression au Canada de l’ex-président de l’Assemblée nationale.
Ce journal explique : « il aurait reçu, en pleine figure, des jets des fruits ou encore d’œufs gâtés alors qu’il prenait la parole, le samedi 21 mai, à l’Hôtel Delta, devant des Congolais de Montréal, au Canada, pour présenter un livre qu’il vient de faire éditer. Se faisant passer pour des « Résistants », les agresseurs de Kamerhe lui reprochent le fait qu’il ait annoncé sa candidature à la présidentielle 2011, estimant selon eux qu’il n’y a qu’un candidat unique de l’Opposition politique congolaise à savoir, Tshisekedi Etienne wa Mulumba, leader de l’UDPS ». Pour une fausse note, considère La Prospérité, c’en est vraiment une pour la démocratie congolaise naissante.

« Kamerhe agressé » titre L’Avenir qui dénonce « la dérive totalitaire » et constate en outre : « l’Opposition attaque l’Opposition ». Pour ce journal, « Agressé au Canada, en Belgique, Kamerhe est devenu la bête noire après avoir été la coqueluche, le bras armé de l’opposition pour déloger Joseph Kabila de la tête de la Rdc ».

« Vital Kamerhe agressé au Canada », titre pour sa part AfricaNews. Sous la plume de Adelard Obul’Okwess, ce journal écrit : « Du Kamerhe, on n’en veut plus dans une partie de l’Opposition Rd congolaise ». Le plus intrigant, s’étonne-t-il, c’est l’identité des agresseurs de l’ex-speaker Pprd de l’Assemblée nationale, devenu opposant au régime qu’il a contribué à faire asseoir à Kinshasa.

(Les incidents de Montréal viennent prendre rang dans une série longue et déjà ancienne d’incidents violents concernant des personnalités politiques ou du spectacle. Si La Prospérité semble exagérer quelque peu en disant que la vie de Kamerhe a été en danger, il faut bien constater que des incidents de ce genre ont déjà été parfois jusqu’à la violence physique même si, quand She Okitundu, à Londres il ya quelques années, s’est retrouvé à poil et en chaussettes, son amour-propre a sans doute été blessé bien plus que sa personne.
On peut trouver plusieurs explications à ce genre d’attitudes.
Les campagnes électorales dans nos pays de vieille démocratie bourgeoise n’ont pas toujours été les somnolentes campagnes publicitaires qu’elles sont devenues. Il ne faut pas remonter
  très loin dans le passé pour se souvenir de campagnes où l’on chahutait les meetings de l’adversaire  et où les bagarres de colleurs d’affiches, parfois sanglantes, étaient monnaie courante. Et les archives donnent l’impression que plus on plonge dans le passé, plus les campagnes étaient violentes. D’aucuns y voient donc tout simplement un signe de jeunesse. La « jeune démocratie congolaise » ferait, en quelque sorte, une poussée d’acné juvénile.

Autre hypothèse, elle aussi « juvénile », celle des « rebelles sans cause ». Il y a dans la diaspora congolaise un nombre considérable de jeunes. La jeunesse aime la rébellion et le chahut, vire le vandalisme, et certains ne se montrent pas trop regardants sur les motifs, bons ou mauvais, qu’il y a de s’y livrer. Il s’agirait donc de « hooliganisme politique ».
A propos de cette diaspora, il faut tenir compte aussi de ce qu’elle est ulcérée – et cela ne date pas d’hier – par l’absence de dispositions lui permettant de s’exprimer lors des élections congolaises. La frustration peut mener à la violence.
Bien entendu, les Congolais de RDC ne manquent pas de relever que les « diasa-diasa » font largement de leur gueule à l’étranger où ils ne risquent pas grand-chose car ils sont loin des matraques de la PNC.
Enfin, on peut remarquer, comme le fait L’Avenir, que l’UDPS proclame sa non-violence mais ne la pratique pas.
Là, toutefois, il y a un « couac ». Car, si effectivement Tshisekedi a commencé par tenir des propos du genre « le seul vrai candidat unique de l’opposition, c’est moi ! », il a, la semaine passée, évoqué la nécessité de « discuter avec Kamerhe ». On aurait donc affaire à des militants UDPS qui manifesteraient en faveur de positions que leur leader a abandonnées ! Cet illogisme flagrant force aussi à prendre en considération l’hypothèse d’une manipulation provocatrice, visant à discréditer l’opposition. NdlR).

Parrainage

Car, au sujet du processus électoral, il faut tenir compte de ce que «Par crainte des élections non crédibles / L’Opposition cherche un parrain en Occident », comme le dit un titre du Potentiel qui souligne : « L’UDPS Etienne Tshisekedi, l’UNC Vital Kamerhe et le MLC François Muamba séjournent en Occident ». Selon ce journal, ils seraient à la recherche d’un parrain pour la réussite du processus électoral en cours. Le Potentiel indique par ailleurs que «  cette démarche divise l’opinion publique du pays ». Extraits :
« Aux dernières nouvelles, il nous revient que les ténors de l’Opposition auraient pris des contacts approfondis avec des milieux politiques européens. Quand bien même ils n’auraient pas eux-mêmes dévoilé les motivations de leur séjour européen, il n’est pas exclu que celles-ci soient liées directement au processus électoral en cours.
Ceux-ci craindraient pour l’organisation sereine et crédible de prochaines échéances électorales de même que leur aboutissement heureux, notamment en ce qui concerne l’acceptation par toutes les parties des résultats des scrutins. Ces craintes seraient-elles justifiées ? Les opinions divergent.
Pour les uns, les craintes seraient justifiées au vu de certains ratés qu’ils imputent à la CENI. Ils douteraient de la capacité de l’institution citoyenne tombeuse de la CEI d’organiser les élections prochaines dans le temps prévus et de disposer d’assez de moyens matériels et financiers pour y arriver.
Pour les autres, il y aurait, dans le chef de principaux leaders de l’Opposition en déplacement sur le vieux continent, un calcul électoral. Pourquoi avoir choisi l’Occident pour plaider la cause de la RDC. Le temps n’est-il pas révolu où les occidentaux devraient nécessairement entériner toutes les initiatives nationales ? Que dire de l’appropriation du processus électoral dont l’opposition s’était fait le porte-voix en son temps ? Aussi, en arrive-t-on à parler de plus en plus d’une sorte d’agitation…
… que vaudrait à ce jour un parrain dans un processus où les règles sont censées être clairement fixées par la Ceni et connues de tous ? Conditionner la victoire aux élections au soutien extérieur n’équivaudrait-il pas à faire du-sur-place ? Le vrai parrain n’est-il pas le peuple congolais, en sa qualité de souverain primaire, c’est-à-dire vrai détenteur du vrai pouvoir ?
D’aucuns estiment que l’Opposition aurait intérêt à éviter des calculs qui pourraient se retourner contre elle. Bien plus, pareille démarche pourrait s’avérer inappropriée et inadaptée aux réalités d’un scrutin réputé démocratique, libre et démocratique…
Le rendez-vous du 28 novembre 2011 se fera avec le peuple congolais et non avec l’Occident, moins encore avec une communauté internationale dont les contours ne sont pas faciles à cerner. Toute la question se résume dans le respect des règles du jeu démocratique acceptées par tous
 ».

(N’en déplaise à un honneur national parfois ombrageux, les contacts avec l’extérieur font partie des campagnes électorales congolaises et y pèsent d’un certain poids. JKK avait lui-même lancé la « pas campagne, mais… » en usant des fêtes du 50naire pour s’auréoler d’un « prestige international » dans lequel Albert II représentait la cerise sur le gâteau. Puisque les photos de poignées de main avec des personnalités exotiques font partie du matériel de campagne courant, on ne voit pas pourquoi l’opposition devrait s’en priver.
Ce fait jette d’ailleurs lui aussi une lueur sur les incidents de Montréal et posent eux aussi la question d’une éventuelle provocation. NdlR)

Parlement

« Les Congolais de l’étranger unanimement exclus du processus électoral », annonce Le Palmarès. Il explique que « le projet de loi défend un scrutin majoritaire uninominal pour les circonscription à un siège. Mais il instaure la proportionnelle à un plus fort reste avec un seuil d’éligibilité de 10% par circonscription ». Il poursuit : « Neuf articles sur les deux cent quarante quatre que compte le projet de loi modifiant et complétant la loi électorale de 2006 ont été adoptés par la plénière de l’Assemblée nationale du 21 mai 2011. L’article en rapport avec la qualité des électeurs a été adopté. La clause soutient que seuls les Congolais se trouvant sur le territoire congolais au moment des élections pourront prendre part au vote ».
Et Le Palmarès de jouer l’apaisement : « Que les esprits ne se surchauffent pas ».

« Assemblée nationale : l’école buissonnière toujours full ». Dans l’article ainsi intitulé, Le Phare précise : « après avoir frôlé la catastrophe le 18 mai, date annoncée pour le débat en plénière autour des amendements apportés à la Loi électorale par la Commission politique, administrative et juridique, l’Assemblée nationale n’est toujours pas à l’abri d’un boycott planifié de ses activités. L’affaire du paiement anticipatif des indemnités de sortie des députés nationaux, préalable au retour massif de ces deniers au Palais du peuple continue de faire des dégâts sur la liste des présences ».
Ce quotidien croit savoir que cette démarche divise l’opinion publique au pays. Cet absentéisme est d’autant inquiétant dans la mesure où il est observé au moment où cette institution organise le débat de fond autour des amendements à la loi électorale. Cela risque d’avoir comme conséquence, un débat biaisé autour de ce texte appelé à fixer les règles de jeu pour tous, lors des élections à venir à tous les niveaux, de la présidentielle aux locales, redoute le quotidien. C’est l’occasion d’exhorter les députés nationaux à privilégier l’intérêt national, car une loi électorale taillée sur mesure, risque d’hypothéquer le sens du pays d’avoir des élections libres, démocratiques et transparentes. 

MONUSCO

« La Monusco doit-elle partir ? » se demande Mankenda Voka dans son éditorial de l’Observateur.

«  C’est une question qui refait surface comme naguère. Une question qui divise bien l’opinion sur l’opportunité du départ, même de manière graduelle, de la Monusco du territoire congolais. Bien sûr que la Monusco n’est pas là pour y rester éternellement. Son départ doit cependant se faire dans des conditions plus qu’apaisées. De façon qu’elle quitte notre pays le cœur léger en disant : pour moi, mission accomplie !

Or, au stade où nous en sommes aujourd’hui, la Monusco est loin d’être inutile. Surtout que nous attendent à l’horizon ces élections que nous devrons réussir comme ce fut le cas pour celles de 2006. Comme en ce moment-là, la République est toujours confrontée à un problème de logistique. On n’est pas encore suffisamment outillé pour faire parvenir, dans des délais raisonnables, tous les matériels qu’il faut pour que, sur l’ensemble du territoire national, ces élections se déroulent sans trop de ratés.

 Je sais que des efforts plus que louables sont faits jour et nuit pour rendre les FARDC de plus en plus professionnelles et disciplinées. Mais jusqu’à ce qu’elles soient tout à fait à la hauteur d’accomplir certaines tâches  de manière appropriée, la Monusco peut encore être d’un certain secours – je veux dire, d’un secours certain.

Il serait préférable, à mon avis, que le retrait de cette force onusienne intervienne après les élections présidentielle et législatives. Elle doit, dans notre intérêt, continuer à nous accompagner jusqu’à l’installation des institutions issues de nouvelles élections.

Pendant que beaucoup de partenaires bilatéraux nous assistent pour former ici et là certaines brigades légères, nous nous devons de prendre conscience que rien de sérieux et de durable ne peut se faire dans la précipitation.

De toutes les façons, tout en restant vigilants, nous n’avons aucune crainte particulière à nourrir à l’endroit de la Monusco. Les dérives qui sont constatées ici et là doivent être dénoncées et corrigées. Le pays ne gagne rien de significatif à faire les choses autrement.

La Monusco est là pour nous. Est-ce que nous faisons – jusqu’à quelle hauteur – l’effort qu’il faut pour que la Monusco comprenne que nous ne sommes pas, vis-à-vis d’elle, dans une logique de méfiance. Nous voulons simplement améliorer la qualité de notre collaboration avec elle.

Je n’ai pas, personnellement, l’impression – je peux me tromper -que nous mettons à la disposition de la Monusco des interlocuteurs congolais au profil approprié. Il y a, de notre part, beaucoup d’approximations, même dans des choses qui exigent énormément de rigueur.

N’importe comment, étudions un calendrier réaliste, qui tienne compte de toutes nos réalités, avant de penser à demander à la Monusco de commencer à faire ses bagages. Aidons-la à nous aider à réussir nos élections. Après, elle pourra partir, l’âme en paix. Assurée que nous avons apprécié à sa juste valeur son accompagnement dans la sécurisation totale de notre pays.

Et de là, à savoir si la Monusco doit partir, même de manière graduelle, je pense que c’est une question qui est posée un peu trop tôt. Le temps viendra où, de toutes les manières, nous n’aurons plus besoin d’elle. Mais ce temps, ce n’est pas encore aujourd’hui ».

Divers

L’Avenir rapporte que «devant les honorables députés, le ministre de l’Energie, Gilbert Tshiongo, sollicite la libéralisation du secteur de l’électricité en Rd Congo.» Le journal soutient que l’adoption d’un nouveau cadre permettrait de mettre fin: 

  • aux raccordements frauduleux,
  • à la fraude de l’électricité,
  • au recel des matériels électriques et des réseaux,
  • à l’entrave à l’exercice de la mission de contrôle et
  • à des constructions sur ou sous les lignes électriques. 

Forum des As s’inquiète du fait que, plusieurs mois après la signature solennelle de sa charte, le nouveau staff de la mouvance présidentielle, la «Majorité présidentielle», continue à se faire attendre. De l’avis des observateurs, note le quotidien, cette lenteur enregistrée risque d’être préjudiciable à la famille politique du chef de l’Etat. 

La Tempête des Tropiques évoque le «Dérapage du procès Chebeya et Bazana». 216 ONG ont saisi Joseph Kabila. Dans une lettre de 9 pages, ces organisations de la société civile de défense et de promotion des droits de l’homme exigent des garanties pour une justice juste et équitable dans cette affaire du double assassinat perpétré, selon elles, en juin 2010 à l’Inspection provinciale de la police de Kinshasa.

© CongoForum, le lundi 23 mai 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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