24/05/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

 (CongoForum)

Les sujets abordés par les journaux parus ce mardi à Kinshasa gravitent autour du

processus électoral en cours en RDC. L’affaire Chebya/Bazana, le manque d’électricité

dans certaines communes de Kinshasa préoccupent également la presse.

Elections/Kamerhe

LE BILLET (« Hooliganisme politique ! ») que publie Le Climat Tempéré lui est consacré.« A en croire des informations circulant sur les réseaux sociaux, l’ancien président de

l’Assemblée nation ale, Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation congolaise

(UNC) et candidat déclaré à l’élection présidentielle, vient d’être victime de voies de faits

au Canada. Les faits se sont déroulés dans une salle de l’hôtel Delta de Montréal, alors

qu’il tenait une conférence de présentation de son récent livre sur la RDC.

L’orateur aurait donc vu se dresser dans la salle des « protestataires » lui reprochant son

initiative de se porter candidat à la présidence de la République pour le compte de

l’opposition. Les manifestants, qui ont ainsi vicié cette rencontre politico-culturelle,

seraient identifiés comme des fanatiques d’un autre candidat de l’opposition à la

prochaine présidentielle. (Tshisekedi, mais LCT se garde d’écrire son nom en toutes

lettres. NdlR)

Après cette perturbation, assure-t-on, le calme est revenu et Vital a pu achever sa

présentation ainsi que l’installation de l’UNC/Canada et de l’UNC/USA. Les auteurs des

actes de Montréal n’ont pas agi par hasard. Ils ont voulu lancer un message en direction

des Occidentaux. De par l’histoire, de par la formation de nos élites, de par les

contraintes économiques, c’est connu que nos pays sont totalement rivés à l’Occident. Au

demeurant, qui pourrait prétendre à diriger un Etat moderne, surtout s’il s’appelle RDC,

sans se prévaloir d’un carnet d’adresses solide en Occident, s’assurer de relations dans

les hautes sphères ? Il n’y a d’Etat que s’il est assuré de la reconnaissance extérieure.

Qui rêve d’un destin national ne peut rester cloîtré chez soi ; il doit s’ouvrir vers

l’extérieur justement, consulter, se vendre, vendre son image, vendre ses idées et

rassurer les partenaires traditionnels de l’Etat. Un exercice auquel en ces moments

mêmes sont occupés un certain nombre de dirigeants de ce pays. Kamerhe y est allé de

façon peu habituelle, en y mettant de la cohérence et de la méthode. Il soutient son

image avec un livre de son cru. Il y présente sa vision de la RD Congo et donc, en

filigrane, les défis qu’il a identifiés et auxquels il se propose d’apporter des solutions.

En l’agressant, ses contempteurs auront donc voulu poser un geste pour défaire cette

image, en montrant que l’homme n’a pas de crédit auprès des siens mêmes. Il s’agit

d’une tentative de lynchage au propre comme au figuré.

Le message des « hooligans » de Montréal était aussi destiné aux Congolais. L’on sait

combien la diaspora impacte les opinions, les choix et les vies ici. Etre rejeté par les

frères de l’autre côté est du plus mauvais effet. Ce genre d’incident dont nos politiciens

et nos musiciens sont devenus coutumiers depuis quelques années en Europe appelle

quelques considérations.

Et d’abord, comme dit l’adage, l’on ne jette de pierres qu’à un arbre qui porte de fruits.

Si l’on se mobilise à gauche pour bloquer les initiatives de Kamerhe et mener la vie dure

à ses partisans en provinces, c’est que l’on se rend compte qu’il peut faire mal, très mal.

Si l’on se chagrine, à droite, de le voir poster sa candidature pour le compte de

l’opposition, c’est que l’on est conscient que cet homme n’est pas quantité négligeable.

(Où se situent la « Gauche » et la « Droite » en politique congolaise. Ce n’est pas

vraiment limpide. NdlR) Mais devrait-on se plaindre dans ce pays de disposer d’hommes

qui puissent représenter plus que d’autres, par rapport à l’idée que le peuple se fait de

son bonheur et du profil de celui qui pourrait l’y conduire ?

Il faut ensuite déplorer que ce soit l’opposition qui attaque l’opposition dans cette affaire.

Déjà qu’il soit objectivement difficile de battre un président sortant, en l’occurrence

Joseph Kabila, l’on est unanime à dire que cette opposition signerait son suicide en

affrontant la présidentielle avec plus qu’une candidature. Raison de plus pour négocier,

en tenant compte des ambitions des uns et des autres. Plutôt que d’adopter des postures

intransigeantes et belliqueuses qui pousseraient les autres à se cabrer et à vouloir

justement se comporter par défi. Si des gens de l’opposition pensent qu’ils peuvent

utiliser la violence comme argument politique, de quel droit pourraient-ils interdire à

l’autre camp d’agir de même ?

Nos frères de la diaspora devraient se battre sur des enjeux plus plausibles. Tel que

l’exclusion au droit de vote des Congolais à l’étranger. Eux dont l’influence sur la vie de

notre société est considérable devraient avoir leur mot à dire dans le choix de nos

dirigeants plutôt que de les mettre à l’écart. Et il n’est pas admissible que la RDC ne soit

pas en mesure de réaliser le vote à l’étranger, ce que d’autres pays africains noirs

réussissent. Voilà des combats qui en valent la peine. Et non ce hooliganisme rétrograde.

L’incident de Montréal doit être décrié comme une honte pour la démocratie congolaise ».

Elections /Calendrier

Sous le titre : « La bataille du report relancée », La Prospérité rapporte qu’après l’ICG

(International Criss Group) avec son rapport intitulé « Dilemme électoral congolais »,

voici venir le tour de trois ONG congolaises de proposer également le report des scrutins

prévus le 28 novembre prochain. Il s’agit de G1000, de l’Asadho et de la Synergie des

forces sociales qui, lors d’une confrontation avec les médias ont peint un tableau

alarmant du processus électoral en cours en RDC.

Dans leur réquisitoire, les nouveaux défenseurs du report des élections estiment que le

calendrier proposé par la CENI n’est pas réaliste et qu’il ne sert à rien de faire semblant.

Aussi, proposent-ils une prolongation allant de 18 à 24 mois.

(Le défaut de ce débat sur le report ou non des élections, est qu’il oppose apparemment

des idiots têtus à des imbéciles obstinés. D’un côté, des monomaniaques obstinés se

cramponnent à la fameuse date du 6 décembre comme si le sort du monde – ou du

moins de toutes les institutions congolaises – en dépendait. De l’autre, on semble

attendre des effets tout aussi magiques d’un report. Or, reporter les élections ne

changera rien ni au fait que la CENI est outrancièrement politisée, ni au fait que la

révision de la Constitution, pour légale qu’elle soit, n’en a pas moins été un signal

terriblement négatif, en montrant que JKK est décidé à tout pour être réélu, ni au fait

que le Pouvoir est bien décidé à user et abuser de sa mainmise sur les médias et sur les

forces de l’ordre, ni au fait qu’un fichier électoral bricolé au moyen du RAPTA ne sera

jamais suffisamment crédible pour que les résultats soient acceptés sans discussion. Un

report n’aurait donc de sens que s’il s’accompagnait d’une remise en cause de tout ou

partie des faits que l’on vient d’énumérer. Il serait surtout bénéfique s’il était lié au projet

de ne procéder à des élections qu’après un recensement sérieux de la population, car

c’est le flou des dénombrements RAPTA qui entretient toute la mythologie liée à la

nationalité et aux « faux électeurs congolais », mythologie qui à son tour justifie la

contestation perpétuelle des résultats. Sans recensement, on verra sans cesse reparaître

cette contestation et, s’il s’agit d’aller au vote sans recensement, autant jouer tout de

suite la comédie, car c’en sera une. NdlR)

Elections/femmes

Le Phare signale à propos de la loi électorale en examen à l’Assemblée nationale que la

parité mécanique a été rejetée. Commencé le samedi 21 mai 2011, l’examen et

l’adoption de la loi électorale article par article se sont poursuivis lundi 23 mai, et se

poursuivront encore ce matin à l’Assemblée nationale.

A ce jour, 70 articles seulement sur les 244 que compte la loi ont été adoptée, dont 9 le

samedi et 61 lundi. L’article 13 de la loi a particulièrement suscité des protestations de la

part des compatriotes féminines venus assister à la plénière, qui ont décidé de quitter la

salle des congrès. Leur colère était provoquée par le rejet par la plénière des

amendements relatifs à la consécration du principe de la parité dans la confection des

listes électorales.

Il s’agit de deux amendements faits audits articles, à son alinéa 3 qui stipule : « chaque

liste est établie en tenant compte, s’il échet, de la représentation paritaire hommefemme

et de la promotion de la personne vivant avec handicap. La non réalisation de la

parité homme femme n’est pas un motif d’irrecevabilité d’une liste ».

(La rédaction de cet alinéa est doublement discutable. D’abord, parce que mettre sur le

même pied les femmes et les handicapés n’est pas tr !s galant-ce qui est un détail – mais

surtout pas très logique. Sauf le respect dû à tous les sourds, aveugles, muets, estropiés,

bancroches et cul-de-jatte du Congo, ils représentent une minorité de la population, alors

que la sous-représentation des femmes concerne sa majorité. Ensuite, parce que dire, en

pratique, qu’il faudra tenir compte de quelque chose, mais que ce n’est pas obligatoire,

revient à ne rien faire du tout.

Nous l’avons déjà dit, le sexisme, au Congo, ne réside pas chez les électeurs. En 2006,

les femmes étaient 10% parmi les candidats et elles ont représenté 9% des élus. Le

problème se situe essentiellement dans les états-majors des partis, où siègent des

politiciens mâles qui ne sont pas prêts à abandonner leur bifteck à une représentante du

beau sexe. Ils ont bien trop peur de ce que diraient leurs femmes ! NdlR)

Pour comprendre les inquiétudes alimentaires des députés, il suffit de lire, dans Le

Climat Tempéré, l’article «

Arriérés des émoluments parlementaires de la transition :destination incertaine

».Les anciens parlementaires issus du Dialogue inter Congolais

revendiquent le paiement des arriérés de leurs émoluments, qui n’ont pas été liquidés à

la fin de la période de transition. Pourtant, des fonds évalués à plus de 2 milliards de

francs congolais ont été prévus dans le budget de l’Etat, pour l’exercice 2010 et

reconduits en 2011. Détail: de cette enveloppe, environ 421 millions de francs congolais

ont été libérés. 27 septembre 2010: Evariste Boshab, président de l’Assemblée nationale

a écrit au gouvernement pour demander le paiement de l’acompte de ce montant. Dans

cette action, il s’est constitué une coalition de trois législatures, qui ont précédé le

Parlement actuel. Les anciens membres du Haut Conseil de la République-Parlement de

Transition, de l’Assemblée Constituante Législative-Parlement de Transition et du

Parlement de Transition du schéma 1+4 ont regroupé leurs revendications au sujet des

créances des droits législatifs, estimés à plus de 112 milliards de francs congolais. Et

c’est le même Evariste Boshab, qui a adressé une lettre à la Direction Générale de la

Dette Publique, DGDP, pour lui demander de prendre en charge ce litige. Pour le

rapporteur de l’Association des Parlementaires issus du Dialogue Intercongolais, APIDIC,

il a été proposé de retenir 40% à la source pour la contribution des sénateurs à la

Sécurité Sociale des Parlementaires, SESOPA. D’après le rapport d’activités de 2007, les

créances dues aux sénateurs de la transition ont été certifiées. 60% de ce fonds ont été

payés. 40% restent à payer. Pour réclamer leurs droits, tous les ex-députés et sénateurs

victimes de ce déficit financier ont élargi leur mouvement au niveau de la Fédération

Nationale des Parlementaires du Congo, FNPC, constituée de 1654 membres.

Et, selon un parlementaire de transition, trois bons d’engagement pour paiement ont été

émis par le ministère du Budget et transmis aux finances. Le 15 janvier 2011: les exdéputés

apprenaient que les 2.181.033.985 Fc, engagés par le président de l’Assemblée

nationale sont tombés en annulation. A la grande désolation et au mécontentement de

ces anciens parlementaires qui, en dehors de leurs émoluments, attendent également les

frais de rapatriement. Jusque-là, le Parlement n’a pas émis des billets pour faciliter le

retour des ex-députés et sénateurs dans leurs fiefs. Des sources indiquent que des

membres du gouvernement, chargés de trouver des solutions à cette question, affichent

une sorte de méfiance à l’endroit de ces ex-parlementaires. Ceux-ci comptent, dans leurs

rangs, d’anciens mobutistes (HCR-PT) et des ex-rebelles (transition 1+4).

Affaire Chebeya-Bazana

« L’Etat congolais accusé à l’ONU ! » titre LCT, à propos d’une autre initiative des ONG

congolaises.

216 ONGDH exigent de la Cour militaire de Kinshasa/Gombe de respecter son obligation

de dire le bon droit, rendre justice selon les prescrits constitutionnels et des instruments

internationaux ratifiés par la RDC. L’interpellation, contenue dans une lettre ouverte au

président de la République datée 20 mai, intervient à la suite des dernières audiences

publiques du procès sur l’assassinat de défenseurs des droits humains, Floribert Chebeya

et Fidèle Bazana. Les ONG exigent une justice équitable pour le prononcé du jugement. «

Nous prenons à témoin le président de la République, qui va tirer toutes les

conséquences de cette lettre ouverte », a soutenu le coordonnateur de l’ONG ‘’OEuvres

sociales pour le développement’’, Dieudonné Kabasonga Nduba.

« S’il n’y a pas une sanction exemplaire contre ces criminels, donc tous, nous sommes

candidats à la mort par les mêmes auteurs, parce qu’aujourd’hui, ils sont en train de

fulminer de colère… », s’alarme le directeur exécutif de La Voix des sans voix, Dolly

Ibefo, au cours d’une conférence de presse tenue dimanche 22 mai au siège de La VSV.

Le président de la Synergie Congo culture et développement, SCCD, Christopher Ngoyi

Mutamba a indiqué que les ONGDH se sont bien documentées sur les circonstances

exactes de l’exécution de Floribert Chebeya. « Nous sommes à un tournant décisif où lacommunauté internationale suit de près le procès pris en délibéré », a-t-il indiqué. Les

ONGDH se sont réveillées pour battre le rappel des troupes et maintenir la pression sur la

Cour de justice militaire devant ce qu’elles considèrent comme « des stratégiesmachiavéliques

», a explicité Christopher Ngoyi.

La lettre ouverte signée par les Amis de Nelson Mandela, Anges du ciel, l’ASADHO, le

CODHO, l’OCDH, JED, Toges Noires, VSV fait état de mécanismes internationaux à

activer des ONGDH pour saisir les instances de l’ONU, du Commissariat aux droits de

l’homme du conseil de l’Europe à travers la teneur de ce texte repris en intégralité cidessous.

En outre, Marie-José Bazana et Annie Chebeya, veuves de deux victimes exécutées par

les présumés policiers dans le box de la Cour militaire ont dénoncé sur RFI le déni de

justice qui se profile dans ce procès dont le verdict est attendu à la mi-juin 2011. Annie

Chebeya qualifie les contours de ce procès de « mascarade ».

Divers

« Kinshasa dans le noir : la SNEL coupable », titre à la Une Le Potentiel qui affirme

qu’une nuit sans électricité à Kinshasa est la norme. Cela n’émeut que timidement. La

situation est pire qu’il y a quelques mois seulement. Kinshasa est plongée dans le noir le

plus total. Curieusement, tous assistent impuissants à cette catastrophe dans un pays qui

regorge d’un potentiel de plus de 100.000 mégawatts, capable de desservir l’ensemble

du continent africain. L’opérateur public, la SNEL, est au banc des accusés.

L’Observateur, sur ce même sujet, parle d’une «

libéralisation annoncée ».

L’Avenir se fait l’écho des propos du Premier ministre Adolphe Muzito, qui en marge deson séjour à Bruxelles, a déclaré : « Nous n’avions pas trouvé un Etat ».

Il n’y avait plus d’Etat. Aujourd’hui on peut dire qu’on a recréé l’Etat, on est à la tête de

l’Etat, a insisté le Premier ministre Adolphe Muzito. S’adressant à ceux qui jugent

aujourd’hui l’action du gouvernement, Muzito leur fait remarquer que « vous raisonnez

comme si en arrivant au pouvoir, nous avons trouvé un Etat à gérer. Le régime Mobutu

n’a pas laissé un Etat ». Et d’ajouter, lorsque Mzee LD Kabila arrive pour refonder l’Etat,

il s’en est suivi des guerres interminables.

© CongoForum, le mardi 24 mai 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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