Il y a péril : Sauver la Ceni pour sauver les élections

23 juin 2011

Actualités

C’est quoi?

 

* Il y a risque d’assister aux lâches attaques unilatérales contre la Ceni qui, normalement, n’est pas habilitée à répondre pour ne pas perdre son rôle d’arbitre et se mêler dans des querelles politiciennes. * On parle des collectivités qui auraient été oubliées sur le fichier électoral. Où se trouverait ce fichier électoral où sont répertoriés certains secteurs et pas d’autres ? * Une photo d’un enfant est brandie dans beaucoup de forums comme preuve de l’enrôlement des mineurs. Rien ne prouve que cet enfant vient d’un centre et que la carte qu’il brandit est réellement la sienne.

Dans presque quatre mois, les élections devront commencer. Dans trois mois, la Rdc va entrer dans une période cruciale avec l’entrée en campagne de divers candidats. Il y a déjà beaucoup d’électricité en l’air à tel point que l’on court le risque d’assister à une campagne virulente dans laquelle la querelle d’individus aura plus de place que la présentation des programmes. Les attaques contre les individus en lieu et place de leurs idées, est une des causes de la violence. En lieu et place du choc des idées, on risque d’assister au choc des biceps. La violence jaillit du choc des injures et autres malveillances.

On pourrait à la limite du tolérable, comprendre que les adversaires politiques s’affrontent, même en s’assénant des coups au bas de la ceinture. Mais on ne peut pas comprendre des attaques unilatérales contre la Ceni qui, normalement, n’est que l’arbitre. Telles attaques sont lâches lorsqu’on sait que la Ceni n’a pas le droit de se mettre en ordre de bataille contre les acteurs politiques qu’elle est sensée protéger. Plus d’une fois, nous avons sonné l’alerte pour dénoncer cette campagne diabolique qui tend à salir l’arbitre, à l’incriminer avant le match. Plus d’une fois, on a fait comprendre qu’à ce jour, la Ceni devrait être pour tout le monde, l’institution sacrée, la plus protégée de toutes. La raison de cette protection ne devrait échapper à personne dans la mesure où, elle a été à la base de sa composition. Si on avait voulu que opposition et majorité se retrouvent dans cette commission, c’est justement pour éviter des suspicions qui pourraient ternir son image.

Une œuvre de l’opposition extraparlementaire

Les observateurs constatent que les dénonciations des prétendues tentatives de fraude préparées par la Ceni viennent essentiellement de cette opposition dite extraparlementaire. Qui n’a même pas désigné des témoins dans les centres d’inscription. Cette opposition vit le processus électoral comme on suivrait des ombres derrière des vitres translucides. L’honnêteté aurait voulu que l’opposition institutionnelle rassure ses alliés extraparlementaires. Ce qui n’est pas fait pour le besoin de la cause. Il est vrai que les membres de la Ceni eux-mêmes sortiraient de leur neutralité en se mêlant dans cette querelle qui tente de faire la Ceni un adversaire en lieu et place de sa place d’arbitre. Cependant, le bureau de la Ceni n’a pas le droit de laisser ternir son image par des commérages. Est-ce à dire que la Ceni ne commet pas d’erreurs ? Bien sûr que oui, dans la mesure où toute œuvre humaine est perfectible. Mais, on devrait plus voir des erreurs commises de bonne foi ou par omission, des erreurs facilement corrigeables. C’est le cas de cette passe faite aux agents de l’Etat de se faire de l’argent autour de la révision du fichier électoral avec la vente illégale de l’attestation de perte de pièce. La Ceni elle-même a dénoncé l’enrôlement des mineurs dans les provinces où le nettoyage du fichier a commencé.

Une campagne d’intox très dangereuse

Aujourd’hui on parle des collectivités qui auraient été effacées sur le fichier électoral. Où se trouverait ce fichier électoral où sont répertoriés tous les secteurs et les villages ? Si c’est une façon de dire que certains secteurs seraient éloignés des centres d’inscription, il n’y a rien de neuf, lorsqu’il est connu qu’il y a eu diminution des centres d’inscription et que les populations des milieux ruraux sont obligés de faire de longues distances pour atteindre les lieux d’enrôlement. Ce qui est certes un obstacle à l’enrôlement. Mais est-ce une volonté d’oublier certains secteurs ?

Plus grave, une photo d’un enfant est brandie dans beaucoup de forums comme preuve de l’enrôlement des mineurs. Rien ne prouve que cet enfant vient d’un centre et que la carte qu’il brandit est réellement la sienne. Aucun signalement sur le nom de l’enfant qui serait repris sur la carte. N’importe qui peut remettre une carte d’électeur à un enfant et le faire photographier afin d’utiliser la photo à des manœuvres diabolico-politiciennes. Une telle manœuvre peut pourtant provoquer des tensions postélectorales en fournissant aux perdants de demain de fausses preuves de fraudes imaginaires. Il y a lieu que la Ceni obtienne de celui qui a amené la photo, l’identité de l’enfant, le centre où il se serait fait enrôler, pour que vérification soit faite. Ce sera la meilleure façon de remonter jusqu’à l’agent de la Ceni qui s’est permis cette grave faute. Si on se contente des racontars et on finit par classer ce fait dans le bac de simples faits divers, on se permettra, comme des étourdis, à s’amuser avec des allumettes sur une poudrière.

Une volonté diabolique de salir la Ceni

Pourquoi, question plus d’une fois posée, veut-on à tout prix une Ceni sale et partiale ? Pourquoi veut-on à tout prix que dans l’opinion la Ceni soit perçue comme faisant partie au combat électoral alors qu’au regard de la loi, elle est appelée au rôle d’arbitre ? La réponse est unique à toutes ces questions.

Il semble que la peur donne des ailes, en matière électorale, la peur donne de l’ingéniosité dans la manipulation et l’intox. Ceux qui se savent perdants, puisqu’il n’y a pas de dessin à faire, préparent la peur des élections en brandissant le spectre du chaos. Si on ne les écoute pas pour retarder les élections et mettre en place une transition consensuelle, ils préparent les arguments pour contester les résultats que la Ceni proclamera demain. Une manœuvre toute nue qui ne trompe personne. La preuve, c’est que toute la campagne menée au niveau international pour retarder les élections a échoué, c’est ce soutien au processus électoral. Le dernier en date est sud-africain. Lors du dernier sommet Rsa-Rdc à Lubumbashi, le président Jacob Zuma a promis son soutien au processus électoral.

Il s’est engagé à apporter un appui logistique et une assistance dans divers domaines concernant l’organisation des élections. Le président sud-africain qui exprime le point de vue de la Sadc, a fait savoir que la paix en Rdc et dans la sous-région passe par la réussite du cycle électoral dans ce pays. Les deux présidents ont compris que le renforcement de la démocratie en Rdc sera la conséquence de la réussite des élections. La Rsa a toutes les raisons de voir la Rdc renforcer sa démocratie après des années de querelle autour de la crise de légitimité du pouvoir. Lire à la page 6 le communiqué final de la 7ème session de la commission mixte Rdc-Rsa.

Joachim Diana G.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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