Par Freddy Mulongo, jeudi 7 juillet 2011
Réunis le jeudi 7 juillet 2011 au Parlement de Strasbourg, les eurodéputés ont souligné que le gouvernement de la République démocratique du Congo devait mettre fin à l’impunité face aux violences sexuelles qui se poursuivent dans l’est du pays. Ils ont également appelé Joseph Kabila à coopérer avec la Cour pénale internationale dans les enquêtes contre ces viols qui peuvent constituer des crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Au moins 300 femmes, 23 hommes, 55 filles et 9 garçons ont été violés, en seulement quatre jours, dans plusieurs villages du Nord-Kivu, début août 2010. Ces exactions ont été commises par des groupes armés : un groupe de rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe de milices des Maï-Maï et des éléments du colonel Emmanuel Nsengiyumva – un colonel congolais qui a rejoint la rébellion début 2010. Outre ces viols, plusieurs maisons et commerces ont été pillés par les assaillants ; 116 civils ont été enlevés et soumis au travail forcé.
Les faits étant d’une particulière gravité, l’ONU estime qu’il y a une forte probabilité qu’il s’agisse bien de « crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ». Par ailleurs et dans le rapport de l’ONU élaboré et publié, ce mercredi 6 juin 2011, par le Bureau conjoint des Nations unies aux Droits de l’homme (BCNUDH), il apparaît que ce sont des viols qui ont été planifiés pour terroriser et assurer le contrôle sur la population.
Dans un rapport préliminaire sur ce même sujet en septembre 2010, l’ONU avait déjà qualifié ces viols en série « d’effrayants » et avait précisé que ni l’armée congolaise, ni l’ONU en RDC (la Monusco) n’avaient pu les empêcher.
Jusqu’à ce jour, les autorités congolaises ont ouvert une enquête uniquement à l’encontre d’un des chefs des rebelles congolais Maï-Maï , le lieutenant-colonel Mayele. L’ONU se dit prête à renforcer son soutien aux forces armées congolaises par rapport à ces groupes armés mais pour l’instant l’arrestation des auteurs de ces crimes est encore très dépendante de l’évolution de la situation sécuritaire de la région.
Ce jeudi à Strasbourg, le Parlement européen a souligné qu’il incombait au gouvernement congolais d’assurer la sécurité sur son territoire et de protéger ses civils. Les eurodéputés ont également rappelé à Joseph Kabila qu’il s’était personnellement engagé à mener une politique de tolérance zéro en matière de violences sexuelles, à poursuivre les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et à coopérer avec la Cour pénale internationale.










8 juillet 2011
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