13/07/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

13 juillet 2011

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

L’actualité reste dominée par le crash à Kisangani du Boeing 727 de la compagnie aérienne Hewa Bora qui a occasionné des pertes en vies humaines et des dégâts matériels. Il est question aussi du barrage de Katende et, bien sûr, du processus électoral. Par ailleurs, plusieurs journaux évoquent une conférence internationale sur Simon Kimbangu

Crash à Kisangani


Le Potentiel consacre sa Une à la conférence de presse du patron de Hewa Bora, Stavros Papaioanou au siège de son entreprise. Le journal constate tristement que le patron de Hewa Bora a tenu à tirer le drap de son côté. Pour lui, son entreprise est irréprochable à tout point de vue. Il a aussi lancé le défi de fermer Hewa Bora, au cas où l’enquête diligentée apporterait la preuve des défaillances qui lui serait imputables, ajoute le quotidien. Les explications fournies par le PDG de Hewa Bora permettent-elles de décharger la société d’aviation face aux graves allégations portées contre elle ? Ce n’est pas évident, estime Le Potentiel qui titre dans un article publié dans ses pages intérieures : « Hewa Bora ne convainc pas ».

Sans préjuger des conclusions de l’enquête, il note que des zones d’ombre continuent de planer sur les éléments de défense présentés par Hewa Bora. Le fait de reconnaître qu’il y avait mauvais temps à Kisangani, même pour les non spécialistes de l’aviation, la solution est de s’orienter vers l’aéroport le plus proche, soutient Le Potentiel.
Tous les experts contactés sont catégoriques à ce sujet, tout comme le très respecté commandant Ilunga. Le compatriote Stravos Papaioannou n’a pas fourni d’explication à ce sujet, selon Le Potentiel.


L’Avenir
titre : « Crash de Kisangani, les deux boîtes noires retrouvées » ? Selon lui, les deux boites noires de l’appareil de Hewa Bora ont été retrouvées et remises au procureur de la République près le Tribunal de Kisangani pour décryptage. L’objectif étant de mettre fin à la controverse autour des causes réelles de cet énième crash. D’après le confrère, proche du pouvoir, c’est sur ordre du ministre des Transports que l’équipe d’enquêteurs, mise sur pied le lundi dernier que ces boîtes noires ont été retrouvées. Il affirme aussi que les contrôleurs aériens en poste au moment du crash ont été soumis à un premier interrogatoire pendant toute la nuit de lundi au Parquet de Grande Instance de Kisangani. Quant à l’assurance, L’Avenir rapporte que le patron de Hewa Bora, le Greco-congolais Stavros Papaioanou a indiqué que Hewa Bora détient une police d’assurance de Price Forbes and Partners, une entreprise de courtage basée à Londres. La raison est que l’assureur national, la SONAS, jusqu’au crash de Goma en 2008, n’avait pas réussi à indemniser les victimes du crash dans cette province.


Le Phare
, sous le titre « A quand la fin du « fula-fula » aérien ? » souligne pour sa part que les morts de Kisangani refusent que l’on verse des larmes de crocodile sur leurs tombes, avant de les précipiter dans les tiroirs de l’oubli. En fait d’oubli, il s’agit de cette manie consistant à prendre des demi-mesures en lieu et place de celles, radicales, devant arrêter la descente aux enfers de l’aviation civile congolaise.

(« Fula-fula » désigne au départ les camions tels qu’on les a largement vus sur d’innombrables photos d’Afrique : usés, repeints de couleurs pimpantes mais manquant de pièces essentielles –dont parfois les freins – surchargés de marchandises et adornés encore d’une grappe de passagers cramponnés au chargement, on ne sait trop comment, ce qui donne au total un véhicule « deux places/ 50 passagers ». Il n’est d’ailleurs pas rare que le camion soit baptisé, en grandes lettres « A la Grâce de Dieu ! ». Ce n’est pas, faut-il le dire, un moyen de déplacement qui offre de hautes garanties de sécurité. C’est précisément en ce sens que le mot est utilisé dans un sens plus large quand on arle de « fua-fula aérien, nautique, etc… » NdlR)

Le « Fula-fula » aérien est entré dans les mœurs congolaises à la suite de la prise en otage du secteur par des décideurs politiques affairistes, ceux-là à qui aucun fonctionnaire ne peut opposer la législation en vigueur. Un commentaire tranche du Phare à la Une de ce mercredi 13 juillet. En RDC, l’exploitant d’un aéronef peut passer outre les délais d’envoi en « check » ou de paiement des redevances aéronautiques sans être inquiété. Bref, le trafic aérien domestique baigne dans une grande anarchie au plan technique et administratif. S’agissant de l’état des pistes et des instruments d’assistance au sol, en dépit d’efforts louables de leur modernisation par la Régie des Voies Aériennes, beaucoup reste encore à faire pour répondre totalement aux standards internationaux. (Ces commentaires sont fondés, mais on a envie de répondre « Oui, MAIS … ». Plusieurs Ministres successifs des Transports- un poste que l’n garde difficilement, car on s’en fait virer à la prochaine catastrophe – ont envisagé de bloquer le trafic, le temps de faire un bilan sérieux. Ils en ont été empêchés, certes, par le lobbying des affairistes, que Le Phare dénonce à bon droit, mais celui-ci était efficace surtout parce qu’il trouvait à s’appuyer sur les réclamations de la population de lieux pour lesquels il n’y a pas d’autre moyen de communication et de ravitaillement que l’avion et parfois même qu’un certain type d’avion « tout terrain », comme les fameux Antonov. NdlR)

Barrage de Katende

Sous le regard bienveillant du chef de l’Etat Joseph Kabila à Kananga, « Signature des accords de financement du barrage de Katende », annonce Le Potentiel.
Le projet de construction de la centrale hydroélectrique de Katende dans la province du Kasaï Occidental est en train de prendre corps. La grande étape vers la concrétisation a été franchie le lundi 11 juillet 2011 grâce à la signature des accords de financement de ce projet entre le gouvernement de la République et les partenaires indiens, représentés par Exim Bank.

Coût total : 260 millions USD. Cette cérémonie, haute en couleurs, s’est déroulée sous le regard bienveillant du chef de l’Etat Joseph Kabila qui a procédé en personne au dévoilement de la stèle du projet construite en plein centre de la ville de Kananga.

Elections

Sous le titre : « ‘Déporter’ des électeurs pour gagner des voix », SYFIA GRANDS LACS, un service international d’enquêtes et de reportages, affirme que pour remplacer leurs habituels militants déçus ou augmenter le nombre de sièges de leurs partis politiques, certains hommes politiques font inscrire des électeurs dans des circonscriptions éloignées de leurs lieux de résidence. Une pratique légale mais fortement dénoncée par la société civile qui la juge déloyale.

La Prospérité constate la persistance de la tension entre la Ceni et l’UDPS. Le journal fait allusion à la réponse qu’a donnée la Ceni au mémorandum de l’UDPS. La consœur indique que le président de la Ceni, peut-être, pour éviter toute exploitation malencontreuse de ses éléments de réponse au mémo de l’UDPS, a choisi de les rendre publics. Transparence oblige. Dans cette réponse, Daniel Ngoy affirme que la Ceni n’est pas en mesure de répondre à certaines exigences de l’UDPS, entre autres, la fermeture des frontières dix jours avant la tenue des scrutins, exigence qui relève plutôt de l’exécutif central, l’accès au serveur central pour raison de sécurité.

L’Avenir indique l’UDPS et la DTP (Dynamique Tshisekedi Président) se réunissent, ce mercredi, pour fixer les Congolais sur la position qu’ils entendent adopter après examen des réponses fournies par la Ceni.

Kimbangu

L’Observateur et Le Phare annoncent une conférence internationale sur Simon Kimbangu, le prophète de l’église kimbanguiste, à partir du 23 juillet à Kinshasa. L’église kimbanguiste est une église chrétienne africaine qui revendique 17 millions des fidèles principalement en RDC.

L’Observateur rapporte les propos des organisateurs de cette conférence. D’après le professeur Elikya Mbokolo, la majorité des Congolais ne connaissent rien de Simon Kimbangu. Ils connaissent de lui que des racontars. Au cours de cette conférence, souligne L’Observateur, on montrera l’importance de cet homme dans l’histoire du Congo, de l’Afrique, du monde « Aujourd’hui, les Congolais et les Africains sont libres et vivent dans des pays libres. Simon Kimbangu l’avait prédit des années plus tôt en déclarant que les Noirs deviendraient libres », écrit ce journal.
(Cela soulève deux questions : Ne devrait on pas dire aussi aux Congolais et aux Africains que si Kimbangu a dit cela, il n’a été ni le premier, ni le seul ? Ne devrait-on pas aussi se demander si les précurseurs considèreraient les Congolais et les Africains d’aujourd’hui comme vraiment « libres » ? NdlR)

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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