14/07/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE JEUDI

14 juillet 2011

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

Plusieurs sujets se disputent la manchette des journaux parus ce jeudi à Kinshasa entre autres le conflit en RDC, le crash de Kisangani, les manifestations publiques dans la ville de Kinshasa.

!!! Avis important. Pas de panique !!!

L‘ambassade de Belgique à Kinshasa demande de diffuser ce message au maximum pour éviter la panique.

A partir de hier et pendant 4jours, il y aura des tirs à la hauteur de Ngaliema, Camp Tshatshi. Cela concerne des tirs d’entrainement pour un film Belge appelé KOMONA.

Les mesures de sécurité sont prises. Ainsi les militaires RDC et PNC sont au courant de la situation.

Cela concerne un film produit par Sébastien Maitre (BE)

Guerre à l’Est

 « Conflit au Congo : la vérité dévoilée ». C’est le titre qu’affiche Le Potentiel dans sa livraison de ce jeudi. Le quotidien de l’avenue Bas-Congo signale que le mode opératoire, l’étendue des crimes commis de même que des témoignages sur la responsabilité des Américains et des Britanniques dans la tragédie qui a sévi dans l’Est de la RDC, telles sont les révélations contenues dans un film documentaire qui cartonne aux USA et en Europe sous le titre « Conflit au Congo, la vérité dévoilée ». Le Potentiel, qui appelle à une prise de conscience nationale, soutient que les Congolais qui ont subi dans leur chair cette violence organisée pour faciliter la prédation devront savoir s’organiser. Il faut éviter et prévenir de nouvelles violences et de nouveaux deuils collectifs.

(Cela pose tout de même une question : le rôle d’un organe de presse congolais comme Le Potentiel est-il d’applaudir à la sortie de rapports ou de documentaires occidentaux sur l’Est du Congo ? Ne serait-ce pas plutôt de dénoncer ces mêmes faits sans attendre qu’ils soient connus à l’extérieur et de le faire sans faux-fuyants ou demi-vérités, en alternant un article sur la « balkanisation » et un autre reprenant le « Tout va bien » officiel ? Vaste question ! NdlR)

Crash 08/07/11

L’Avenir rapporte que suite au crash de Kisangani, « Hewa Bora cloué au sol ». En effet, le gouvernement n’a pas attendu le décryptage de deux boîtes noires pour prendre des mesures conservatoires. C’est dans ce cadre que le gouvernement a décidé la suspension de la licence d’exploitation de Hewa Bora. L’Avenir estime que la mesure est salutaire, mais elle ne sera qu’une demi-mesure si cette occasion n’est pas mise à profit par le gouvernement en vue d’asseoir une vraie politique dans ce domaine, et de profiter de toutes les opportunités qui se présentent.

« Hewa Bora, c’est une question d’hommes. Une question de gestion, donc question de prise de décisions. A ce sujet, sieur Stravos continue à croire qu’il peut tout relativiser au point de se moquer des vies des Congolais arrachées de la façon la plus brutale. La question que plus d’un Congolais se posent encore, c’est celle de savoir pourquoi le gouvernement congolais peut encore ménager, protéger une compagnie qui a décidé de façon arrogante de ne pas payer ses assurances dans le pays où elle opère. Stravos n’a aucune excuse, surtout dans ce dossier d’assurance.
« Selon Lambert Nsiensi de la Sonas : « Hewa Bora a violé la loi »
« Nous avons publié hier les propos de M. Stavros, le patron de Hewa Bora au sujet du crash de Kisangani de vendredi dernier. Nous avons reçu à notre rédaction M. Lambert Nsiensi, un haut cadre à la Sonas assumant les charges de Directeur de réassurance. A la question de savoir ce qu’il pense des propos de Stavros s’agissant du fait que sa compagnie aérienne a tourné le dos à la Sonas pour prendre une police d’assurance à l’étranger parce que, dit-il, la Sonas n’avait pas bien joué son rôle d’assureur lorsqu’il y a eu le crash de Goma en 2008 , il a répondu ce qui suit :
« M. Stavros n’est pas compétent pour faire un tel jugement. Il peut se dire peut-être qu’il n’est pas satisfait. Jusqu’à preuve du contraire, les lois du pays encore en vigueur exigent que tous les exploitants des aéronefs prennent une police d’assurance à la compagnie nationale d’assurance qu’est la Sonas .
Lorsque le marché sera ouvert avec la promulgation de la nouvelle loi sur les assurances, là alors chacun pourra faire son choix de s’assurer là où il veut. Pour le moment, prendre une police d’assurance à l’extérieur du pays, c’est violer la loi. Dans le cas d’espèce, c’est de l’incivisme tout court qui est du reste juridiquement condamnable. Car, lorsqu’une société établie en Rdc va prendre une police d’assurance à l’extérieur, c’est la Sonas qui perd et à travers elle l’Etat congolais qui accuse un terrible manque à gagner sur le plan fiscal. Ce sont des pratiques qu’un Congolais ne se permettra jamais dans d’autres pays. Pourquoi doit-on constamment chosifier les Congolais ? »

A la lecture de L’Observateur, qui titre « Crash de Kisangani : La RVA dément les propos de Hewa Bora », il apparaît clairement que la conférence de presse de Stavros Papaioanou, patron de HBA n’a plu, ni à la RVA, ni à Luc-Roger Mbala Bemba, auteur de l’article.
« 
Le président Directeur général de la RVA a vivement démenti hier mercredi 13 juillet 2011 les informations données par … Papaioannou selon laquelle la RVA a affecté des contrôleurs aériens stagiaires à la Tour de contrôle de l’aéroport de Bangoka , à Kisangani, le jour du crash de l’avion Boeing 727, c’est-à-dire le vendredi 8 juillet 2011. Selon la Régie des Voies aériennes, cette affirmation gratuite qui tient lieu
(sic) de mensonge est de nature à discréditer le personnel de la RVA, notamment les contrôleurs aériens qui chaque jour abattent un travail de qualité et de grande valeur, malgré les conditions difficiles dans lesquelles ils travaillent et ils vivent. »

« Tout en reconnaissant que l’analyse de deux boîtes noires de l’appareil permettra de déterminer les causes exactes de ce crash, Stavros Papaiaonnou a versé dans des affirmations à la fois graves et gratuites en soutenant, lors de sa conférence de presse, que le jour fatidique du crash, ce sont les stagiaires de la RVA qui étaient à la tour de contrôle. Lorsqu’à ce à ce niveau, l’on arrive à faire de telles déclarations aussi graves il y a lieu de s’interroger, Est-ce que M. Stavros Papaioannou a-t-il pu réaliser les préjudices que des telles déclarations peuvent-elles causer pour le pays qui déjà est dans la liste noire des pays leaders en matière d’ accidents d’avions. Alors que, selon les informations en provenance de la RVA, ce sont des contrôleurs aériens chevronnés de la Régie des Voies aériennes (RVA) qui ont travaillé à la Tour de contrôle de l’aéroport de Bangoka le vendredi 8 juillet 2011. Cette information donnée par Stavros risque de discréditer l’équipe des contrôleurs aériens de la RVA.  (A supposer que cette information soit vraie, un stagiaire  n’est pas un analphabète incompétent, mais un homme qui, disposant déjà des connaissances voulues pour exercer une fonction, doit encore en acquérir la pratique. Critiquer quelqu’un du fait qu’il est « stagiaire » n’a aucun sens, tant que ‘on n’a pas démontré qu’il a commis ne faute ou une erreur. NdlR)   
« Le Directeur général de la Hewa Bora a écarté toute hypothèse d’une erreur de pilotage, en soulignant que ses avions sont très fiables ». (Objection, Votre Honneur ! Un avion très fiable peut avoir un accident à la suite d’une erreur de pilotage. NdlR)      
Un autre fait indigne L’Observateur, « le président directeur de Hewa Bora, à la recherche des boucs émissaires s’est empressé de faire une conférence de presse, alors que beaucoup de familles de victimes sont encore dans la douleur et dans les pleurs. La question que bon nombre d’observateurs se posent est celle de savoir pourquoi le président directeur général de Hewa Bora s’est empressé d’organiser cette conférence de presse alors que l’enquête sur le crash ne fait que commencer. Tenir une conférence de presse pour tirer la couverture de son côté, alors que des familles entières ont été décimées, d’autres encore n’ont pas encore organisé les funérailles est simplement un manque de respect envers les morts et les blessés. Dans la pure tradition africaine, on respecte d’abord les morts. »     
Au niveau des solutions, ce journal rompt une lance en faveur de la relance des LAC. « Pour un grand nombre d’observateurs, les crashes à répétition enregistrés ces dernières années en République démocratique du Congo relancent la question de la sécurité des passagers et de leurs biens dans les aéronefs qui volent en RDC. Pour beaucoup d’entre eux, les autorités congolaises ne doivent plus lésiner sur les moyens pour remettre de l’ordre dans le ciel congolais. En outre, Cet évènement tragique remet aussi en selle la question de la relance de la compagnie aérienne nationale, les Lignes aériennes congolaise (LAC). Aujourd’hui, LAC fait figure de parent pauvre du transport aérien en République démocratique du Congo ».

Le tragique accident d’avion survenu à Kisangani le 8 juillet fait également l’objet d’un article sur CongoForum qui aborde la question sous l’angle des assurances et de l’indemnisatin des victimes. La compagnie Hewa Bora Airlines, propriétaire de l’avion sinistré, ne l’avait pas assuré auprès de la SONAS, compagnie d’assurance congolaise. Celle-ci a d’ailleurs confirmé  ce fait :«Une compagnie aérienne de la trempe de HEWA BORA n’a pas un contrat d’assurances avec la SONAS pour le moment. La SONAS a tout fait pour approcher le patron de HEWA BORA. Toutes les démarches visant à lui faire comprendre que toutes les compagnies d’assurances à travers le monde travaillent toujours avec des partenaires extérieurs sont restées vaines»[1] dixit Richard KAPENA Ditholo, sous-directeur de la SONAS à la direction des transports maritimes et aviation. Le journal kinois L’Avenir rapporte que « le patron de Hewa Bora, le Greco-congolais Stavros Papaioanou a indiqué que Hewa Bora détient une police d’assurance de Price Forbes and Partners, une entreprise de courtage basée à Londres. La raison est que l’assureur national, la SONAS, jusqu’au crash de Goma en 2008, n’avait pas réussi à indemniser les victimes du crash dans cette province ».        

La question que pose CongoForum est de savoir si les absences d’indemnisations pourraient être liées à une absence de réassurance.

« La décision que les responsables d’une compagnie d’assurances doivent prendre dans ce cas d’espèce ressemble à celle que dit prendre n’importe quel automobiliste assurant sa bagnole : veut-n une couverture maximum, « omnium valeur à neuf » qui sera bien rassurante mais aussi très chère, ou se contentera-t-on d’un minimum, au risque de connaître « des lendemains qui déchantent » ? En effet, dans les deux cas, il faut trouver le « juste milieu » entre deux réalités contradictoires : d’une part, l’argent que l’on dépensera à s’assurer, on ne l’aura plus, mais d’autre part, l’argent qu’en cas de sinistre il faudra décaisser pour faire face à des dégâts non-couverts par une assurance, on risque fort de ne pas l’avoir.

« Or, les compagnies d’assurance sont des sociétés commerciales, comme telles elles sont supposées faire des bénéfices et disparaitraient purement et simplement si elles n’en faisaient pas. Les compagnies purement commerciales doivent des comptes à leurs actionnaires et ceux-ci attendent des dividendes. Les compagnies d’état, ou à monopole d’état ne sont pas forcément mieux loties. D’abord parce que l’état n’est pas forcément un actionnaire moins rapace que les autres. Ensuite, parce que l’état attend d’elles qu’elles encaissent le plus possible (et dans le cas du Tiers-monde, qu’elles encaissent si possible en devises fortes) et dépensent le moins possible (et la réassurance non seulement se paie, mais se paie bien sûr en devises). Compte tenu de ce que la RDC a connu de difficiles bataille, sur le marché des changes, pour le maintien de sa monnaie face au dollar, on imagine facilement les pressions qui ont dû s’exercer sur un secteur où les décaissements pour les primes de réassurance représentent des millions de dollars.

« Stavros Papaioanou a indiqué que HBA détiendrait une police d’assurance de Price Forbes and Partners, une entreprise de courtage basée à Londres. Il serait donc dans l’illégalité quant au respect du monopole de la SONAS, mais se sentirait donc « moralement en règle » puisqu’il était bien couvert par une assurance, susceptible d’indemniser les victimes.

« Car, au moins implicitement, HBA justifie sa décision par la carence de la SONAS dans des sinistres antérieurs. L’assureur national, dit Mr. Papaioanou n’a pas réussi à indemniser les victimes du crash de Goma en 2008.

« Il n’a cité là qu’un sinistre concernant également HBA, mais on sait que les victimes du crash de l’aéroport de Ndolo survenu en janvier 1996 n’ont toujours pas été indemnisées. Tout comme celles de l’Antonov fou[2] de la compagnie El SAM survenu au quartier Kingasani en 2007, celles de l’Antonov dans les environs de la localité de Walikale en 2006, etc.

« Tout ceci soulève deux séries de questions.

« La première concerne les vols sans assurance. Il est établi que les compagnies aériennes ne souscrivent pas une assurance alors que c’est obligatoire, et que, la SONAS étant légalement la seule compagnie autorisée à offrir ce genre de contrat, cela représente une perte sèche conséquente pour elle et pour la RDC. Des spécialistes en aéronautique civile se demandent par quelle magie HBA s’est procuré le CDN ou certificat de navigabilité que l’Autorité de l’Aviation Civile ne délivre que sur présentation de la police d’assurances. Or, sans ce document, aucun aéronef ne peut voler dans le ciel congolais, ajoutent-ils. A qui la faute ? Aux compagnies aériennes ou aux autorités de la Direction de l’Aviation Civile, dès lors qu’il est établi qu’aucune compagnie aérienne congolaise ne souscrit à aucune police d’assurances et cela depuis belle lurette ?

« La seconde, qui pourrait bien être la plus cruciale et la plus urgente parce qu’elle met en cause les victimes, c à d. souvent de bien pauvres gens, concerne la non-indemnisation de celles-ci. Si Mr. Papaioannou dit vrai à propos des victimes de Goma en 2008, s’il en va de même pour d’autres sinistres  qui auraient dû être couverts par la SONAS, celle-ci apparaît dès lors comme une compagnie bidon qui encaisse bien les primes mais ne décaisse jamais les indemnités. Agir ainsi est de l’escroquerie pure et simple et, dans a situation de monopole qui est celle de la SONAS, il s’agirait alors d’une escroquerie avec la complicité de l’état !

« Le Congo a la réputation d’être un pays où, entre la caisse et la poche du bénéficiaire, les sommes d’argent sont sujettes à d’étranges phénomènes d’évaporation. Et il est d’usage de mettre en case les grappillages des intermédiaires, tout en leur fournissant aussitôt les circonstances atténuantes de leur propre pauvreté. Mais, même pour la RDC, que des sommes, représentant l’indemnisation de centaines de victimes pour des dommages comprenant de nombreux morts et la destruction de maisons entières, aient pu s’évaporer jusqu’au dernier centime, est difficile à croire.

« Il est beaucoup plus probable que, placée dans la situation décrite ci-dessus, la SONAS a omis de se couvrir et qu’elle n’est tout simplement pas en mesure de faire face à ses obligations et à ses engagements. Cette situation a un nom. Ça s’appelle la faillite ! »

                                                       
Manifs à Kin

Africanews s’intéresse aux manifestations publiques dans la ville de Kinshasa et révèle : « Kimbuta et les partis entament la révolution ». Le gouverneur de la ville de Kinshasa et des représentants des formations politiques ont juré de regarder dans la même direction en ce qui concerne l’organisation des manifestations publiques : le respect strict des textes.
Un pacte à travers lequel le gouverneur André Kimbuta et des délégués des partis politiques s’engagent à observer la loi, rien que la loi en matière de demande et d’octroi d’autorisation de manifestations publiques. «Il faut une formation des partis politiques et de la police pour une bonne collaboration lors des manifestations. Cela, pour éviter de troubler l’ordre public », a déclaré Tacher Lusamba, une déléguée de l’opposition, d’après Radio Okapi.

(Ce genre de réunions part d’excellentes intentions et est donc très estimable. Ce coup de chapeau de principe une fois tiré, on peut se poser des questions sur leur efficacité. Il en ressort presque fatalement que trois choses sont indispensables pour éviter les débordements : la police anti-émeute doit être mieux formée et équipée,  les partis doivent éduquer leurs membres à manifester pacifiquement et la justice doit sanctionner ceux qui perturbent délibérément l’ordre public – ce qui suppose aussi un écolage des magistrats.

Ces trois suggestions invariables – elles ne varient que dans la mesure ù l’on insiste davantage sur l’une ou l’autre – ont en commun d’être centrées avant tout sur l’éducation. Celle-ci est toujours un processus lent qui demande du temps. Ce n’est pas en trois minutes et en pleine période de « surchauffe » liée aux élections qu’on changera quelque chose à la situation dans laquelle on se trouve, à savoir des flics qui se comportent comme des gorilles, des militants parfois agressifs ou cultivant le mythe du martyre, et des magistrats insuffisamment sensibilisés aux droits du citoyen. Il fallait y penser – et agir en conséquence – en 2006 et non en 2011. NdlR)        

Magouilles bancaires

La Prospérite consacre sa manchette au PCA de la Banque Congolaise, Roger Yaghi, écroué à la prison de Makala. Selon ce journal, tout tournerait autour d’environ 200 millions de dollars américains détournés, peu avant la mise en liquidation de la Banque congolaise. Roger Yaghi devra désormais en répondre devant les instances judiciaires de la République. Depuis mercredi, en effet, son dossier a été transféré à l’Office du Procureur général de la République aux fins de la prise en charge des faits relevant du droit commun.

« C’est un dossier ficelé qui, en principe, a atterri ce mercredi 13 juillet, en début d’après-midi, sur la table de Flory Kabange Numbi, le Procureur Général de la République. Trois mois d’investigations auront permis aux services spécialisés de s’imprégner de l’essentiel des opérations dont le résultat aura été la chute vertigineuse de toute une banque. Roger Yaghi, ex-Président du Conseil d’Administration de la Banque Congolaise, devra s’assumer devant la justice congolaise, dans ce qui apparaît comme un scandale financier sur fond d’une empreinte aux élans prédateurs. La Banque Congolaise, aujourd’hui mise en liquidation par la Banque Centrale du Congo, défraie encore la chronique. Les déposants ainsi que les travailleurs sont aux abois. Les opérateurs économiques qui avaient fait foi en l’avenir de cette Banque, en ont eu pour leurs comptes. Tout, alors tout, a été mis tel, un paquet, sur la tête de M. Roger Yaghi, pris, ici, comme la pièce maîtresse d’une vaste chaîne d’opérateurs dangereux, dans cette affaire. Des accusations parmi tant d’autres sont multiples, selon quelques données dûment sourcées. Plus de 200 millions de dollars américains détournés ! Voilà la hauteur du dégât. En plus, le dossier renseigne qu’il aurait trempé dans le blanchiment des capitaux ainsi que dans quelques activités aux odeurs terroristes. Voilà également qui touche aux bases sécuritaires du pays. Ce qui aurait, du reste, justifié l’implication des services spécialisés, dans cette affaire. Pis encore, le dossier ferait état de plusieurs faits relevant du droit commun : faux et usage de faux, abus de confiance, abus sociaux, extorsion des signatures, trafics illicites etc. A tout prendre, Yaghi dont le droit à la défense est garanti par les lois de la République, ne saurait se soustraire des filets de la justice que s’il démontait un à un, les arguments et les pièces à conviction transmis au PGR. En attendant, sa place, à en croire des sources autorisées, est au CPRK. En principe, c’est depuis hier, qu’il devait y passer sa première nuit étant donné que le CNS a mis fin à sa résidence surveillée. L’homme aurait quitté son lieu de détention, tard, dans la soirée, pour rejoindre certainement son geôlier, à Makala. Sans doute que dans les jours à venir, ce dossier qui ressemble à un arbre qui cache la forêt, va faire couler beaucoup d’encre et de salive. Bien des complices de M. Yaghi circulent encore sans horreur, ni inquiétude. D’autres personnalités bénéficiaires tantôt, des dons, tantôt, des prêts bidons, sans la moindre exigence d’une garantie, ni d’un cautionnement, selon les normes édictées par l’Institut d’Emission, hument encore, eux aussi, de l’air frais, dans les rues de Kinshasa. D’ailleurs, ils se la coulent douce, partout où il fait beau vivre. Maintenant, l’on croit savoir que la justice congolaise est mise à rude épreuve, pour traquer, jusqu’à leurs derniers retranchements, tous ceux qui ont été à la base de la faillite de la Banque Congolaise. C’est une question, semble-t-il, de vie ou de mort, pour l’Etat congolais. »

© CongoForum, le jeudi 14 juillet 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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