Démocratie rébarbative

21 juillet 2011

Billet du jour

Par Le Potentiel

L’Afrique a-t-elle besoin de démocratie pour se développer ou se stabiliser politiquement ? Les opinions divergent. Cela au vu de ce qui se passe dans la plupart des Etats qui ont choisi la démocratie comme solution à leurs problèmes internes liés notamment à la légitimité, à la démocratie, à la bonne gouvernance et au développement.

On a applaudi la chute des partis-Etats et des régimes dictatoriaux. Les pouvoirs monolithiques avisés se sont vite hâtés de se conformer à la nouvelle donne : élections libres, démocratiques et transparentes ; droits de l’Homme ; liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté de la presse. Dans l’apparence. Le temps d’une mue.

L’évaluation à mi-parcours indique que l’évolution n’est pas à la hauteur des attentes. Les statistiques montrent que trois Etats africains sur cinq reviennent à la case départ au lendemain des élections. Les résultats des scrutins sont rejetés, les dirigeants élus contestés avec comme conséquences résurgence de l’instabilité politique, des guerres civiles, lesquelles bloquent la production, empêchent la croissance et partant le développement. Tunisie, Nigeria, Côte d’Ivoire, Guinée, la liste n’est pas exhaustive.

Avocat et homme d’Etat français, Roland Dumas avait résumé le discours prononcé par le président François Mitterrand en 1990 à La Baule en ces termes : « Le vent de liberté qui a soufflé à l’Est devra inévitablement souffler un jour en direction du Sud (…) Il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas de démocratie sans développement». Cette dualité tient-elle toujours la route ? Les notions telles que « hommes forts », «Etats forts». «Etats fragiles», «institutions nationales fortes», se mêlent au point où les peuples africains n’y voient que du feu. Leurs dirigeants ne sont pas très avancés. Ils ne savent plus à quoi s’arrimer pour concilier démocratie et développement, légitimité et stabilité politique. Tout déraille à la moindre de perception ou d’appréciation.

Le premier, Abdou Diouf avait vu clair : «Les élections ne sont pas une fin en soi mais le meilleur moyen de combattre l’instabilité politique, de ne plus disposer «des institutions nationales affaiblies».

Vu sous cet angle, l’on peut se demander si les Occidentaux sont en âme et conscience étrangers à ce tango à contretemps que joue sans cesse sur le continent noir depuis des décennies ?

Le chemin s’avère long à parcourir avant que l’Afrique ne retrouve sa propre voie, celle qui soit adaptée à son contexte (culturel, géographique, économique). Pour cela, il lui faut des choix judicieux. La démocratie copiée sur le modèle occidental s’est révélée rébarbative.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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