Présidentielle 2011 en RDC : Les acteurs politiques s’éloignent de la candidature unique

29 juillet 2011

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Opposition Congolaise

Les violons sont loin de s’accorder entre partis politiques, regroupements politiques et acteurs politiques. Chaque parti politique qui a tenu son congrès a désigné son candidat président de la République.

Qui l’emportera ? C’est le candidat qui sera en mesure d’attirer à lui les autres partis politiques, ce sera certes celui qui réunira plus ou moins une centaine de députés, mais qui sera le moins arrogant, celui qui saura tendre la main, comme disent les Kinois, « oyo akosolola bien ». Au fur et à mesure que se tiennent les congrès des partis politiques, les acteurs politiques s’éloignent de la candidature unique. Chaque parti politique qui a tenu son congrès a désigné son candidat président de la République. Qui changera la décision de congrès soutenir autre candidat ?

Les violons sont loin de s’accorder entre partis politiques, regroupements politiques et acteurs politiques. Cependant une chose semble s’imposer, c’est cette vérité selon laquelle personne n’est capable de gagner seul. Tout le monde, pour parler de l’opposition, reconnaît la nécessité de se mettre ensemble autour d’un seul candidat. La démarche pour en arriver là, diverge encore. Chacun veut que chacun vienne vers lui, autour de lui. Au fur et à mesure que se tiennent les congrès des partis politiques, les acteurs politiques s’éloignent de la candidature unique. Chaque parti politique qui a tenu son congrès a désigné son candidat président de la République. L’Udps a désigné Etienne Tshisekedi, le Mlc a désigné JP Bemba. On n’a pas d’illusions à se faire au sujet du choix du Parti lumumbiste unifié (Palu) à l’issue de la réunion du comité politique du parti. Le patriarche Antoine Gizenga a été clair. Le Palu soutiendra le candidat des nationalistes. Joseph Kabila, cela s’entend. L’Unc qui a ouvert hier son congrès se prononcera sans aucun doute sur la candidature de son leader, Vital Kamerhe. Très peu de partis politiques de la majorité, mieux de la Mp tiennent des congrès.

Malgré les décisions des Congrès, il y a dans l’opinion un certain espoir que l’opposition pourra, dans un sursaut d’orgueil, retrouver l’unité. Qui prendra cette décision de mettre de côté le candidat désigné par le Congrès afin de soutenir celui de l’unité de l’opposition ? Si ces partis sont sérieux, ils doivent cesser de faire miroiter la possibilité pour l’opposition de se donner un seul candidat pour l’élection présidentielle. A moins que des congrès extraordinaires soient convoqués en vue de changer la décision des congrès ordinaires. Il est donc sûr et certain, sauf si les congressistes avaient joué la comédie, que le Mlc aura pour candidat JP Bemba. Comme il n’est pas certain que d’ici là, JP Bemba sorte de la prison, le Mlc s’offre une ouverture, celle de soutenir un autre candidat. C’est un cas de force majeure. Mais, il n’y a pas d’ouverture pour l’Udps de soutenir un autre candidat que Etienne Tshisekedi. Ce sera le cas pour l’Unc dans le cas où, aujourd’hui, Vital Kamerhe est déclaré candidat. Le contraire nous étonnera.

La seule possibilité pour ces candidats déclarés par les congrès, c’est de se désister. Cela n’est pas impossible. C’est en partant de cette possibilité que les observateurs conseillent à la majorité de ne pas se préparer en fonction de l’éclatement de candidatures de l’opposition. Car, en effet, il n’est pas impossible que devant la réalité de terrain, au moment de passer en acte, que certains candidats décrochent. Car, en effet, une chose est de se déclarer candidat, une autre est d’en prendre toute la responsabilité. Payer la caution, apprêter le matériel de campagne, déployer les propagandistes, aligner des témoins dans plus de quatre mille bureaux de vote éparpiller à travers le territoire national. Faire tout cela en se mettant en tête qu’une fois raté, c’est raté. Il n’y aura pas de deuxième tour pour marchander le report éventuel de voix. On voit déjà l’un des avantages de la réduction des tours de la présidentielle. Contrairement en 2006, on n’aura pas une dizaine de candidats. Un travail de moins pour la Ceni et pour les électeurs. Toutes ces raisons feront en sorte que beaucoup revoient, même en dernière minute, leurs ambitions à la baisse.

Le candidat de la majorité, le candidat des nationalistes, comme l’entend le Palu, risquera effectivement de se confronter à un seul ou à seulement deux candidats de l’opposition. Dans un cas ou dans l’autre, il n’y a pas de raisons de dormir sur ses lauriers ou de chanter la victoire avant la guerre. Car, tout peut arriver. La victoire aux prochaines élections est à la portée du clan qui va travailler avec plus de professionnalisme, celui qui effectivement, ratissera large, ne négligeant aucun coin du pays. La Mp commettra une grave erreur de compter sur le nombre de partis politiques en son sein. Tout fait nombre certes, mais en ce moment de réalisme politique, il faut compter sur les formations politiques qui ont fait preuve et peuvent faire preuve de mobilisation.

Si les deux candidats de l’opposition sont capables de grande mobilisation jusqu’à creuser dans l’électorat de Joseph Kabila, il y aura risque de l’emporter avec une légère avance très peu sécurisante. Ce n’est donc pas le temps d’écouter ceux qui pensent plus à l’assiette à se partager – au point de refuser des mains pouvant venir au secours – qu’aux stratégies de la victoire par tous les moyens. Ce n’est pas aussi le moment de jouer au lièvre de Jean de la Fontaine qui avait tout le temps pour brouter et pour écouter d’où vient le vent, laissant ainsi la tortue se hâter avec lenteur. Dans une certaine opinion, et le Palu semble l’avoir bien compris, la vraie bataille se livrera autour du contrôle du parlement. Il est de plus en plus clair que l’on aura peu de candidats président de la République, mais davantage de candidats à la députation nationale. Qui l’emportera ? Le candidat qui sera en mesure d’attirer à lui les autres partis politiques sera certes celui qui réunira plus ou moins une centaine de députés, celui qui sera le moins arrogant, celui qui saura tendre la main, comme disent les Kinois, « oyo akosolola bien ». Cela veut tout dire. Même en regroupement, on ne voit pas qui pourrait être en même de gagner seul.

On ne le dira jamais assez, la Mp ne gagnera rien en se dépouillant de tous ceux qui pourraient, puisqu’agissant comme des électrons libres, amener leur butin de la législature partout où ils voudront. On est en train de partir vers de vrais calculs laborieux pour l’identification de la majorité. En 2006, les choses étaient un peu plus faciles suite aux accords signés après le premier tour et surtout grâce au grand score du Pprd auxquel, avant les alliés, se sont joints, le Msr, le Fr et les autres. Cela va-t-il se répéter ? Rien n’est gagné d’avance. Tout est à faire, à gagner à la sueur du front et non par des incantations.

L’Avenir

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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