Bemba, Tshisekedi, « Kabila » : Nul n’est rassuré au scrutin 2011

30 juillet 2011

Actualités

(KongoTimes 29/07/2011)

Les élections présidentielles prévues en novembre 2011 s’annoncent rudes. Avec un seul tour, ces scrutins ne rassurent personne. Même le tenant du pouvoir actuel les redoute.

Au Congo, comme partout en Afrique, les candidats doivent d’abord compter sur les milieux d’origines. C’est là qu’ils ont l’obligation de réaliser leurs meilleurs scores la donne tribale jouant dans le choix des électeurs. Le reste se fait sur base des alliances politiques. C’est ici qu’il faut faire des bons choix, passer des alliances politiques avec des partis et personnalités politiques à même d’influencer les électeurs d’autres provinces. Pas question de s’engager dans une alliance sans mesurer l’impact que cela aura sur l’électorat. C’est qui explique des hésitations qui caractérisent, ces jours, les « grands » partis politiques quant aux choix d’éventuels partenaires politiques. Tout le monde veut s’assurer que le partenaire apportera un gain politique lors des prochaines élections. Nous sommes appesanti, dans ce propos, sur ces trois candidats les plus en vue : Bemba, Tshisekedi et Kabila.

Les élections en Afrique étant d’abord tribales et régionales, chaque candidat va s’appuyer sur son « fief » naturel. E. Tshisekedi peut compter sur les deux Kasaï, Joseph Kabila sur le Maniema et le Katanga, et JP Bemba sur l’Equateur. La ville de Kinshasa sera disputée entre ces candidats même si Joseph Kabila et Vital Kamerhe peuvent avoir quelques pépins dans cette capitale congolaise.

Celui qui s’alliera aux organisations et personnalités politiques crédibles pour s’attirer la sympathie des électeurs d’autres provinces. Mais certains observateurs estiment que Joseph Kabila peut avoir beaucoup des faveurs dans la province Orientale, Etienne Tshisekedi dans le Bas Congo et Bemba éventuellement dans le Bandundu.

Deux provinces restent douteuses : le Sud Kivu de Vital Kamerhe et le Nord Kivu de Mbusa Myamwisi. Peut être que c’est dans ces deux provinces que les grands enjeux vont se jouer.

Les possibilités de chacun
Etienne Tshisekedi wa Mulumba

Opposant historique, E. Tshisekedi a une renommée nationale. Son nom est connu d’un grand nombre des congolais et presque dans tous les coins et recoins de la RDC. Il a la réputation d’un homme intransigeant, exigeants, sévère et respectueux des normes établies. Son combat contre la dictature de Mobutu lui avait valu une place de choix dans les cœurs de nombreux congolais. Charismatique, rigoureux, E.tshisekedi est considéré par certains comme l’homme qu’il faut pour remettre les congolais sur le chemin du travail et du respect des biens publics. Des atouts qu’il peut bien mettre à profit lors de la prochaine campagne électorale en plus qu’ il a la capacité de galvaniser des foules.

Le poids de l’âge, le manque des moyens financiers et la faible représentation de son parti politique, l’UDPS, dans certaines contrées de la RDC peuvent jouer en sa défaveur.

Malgré des valeurs que l’on lui reconnait, certains congolais considèrent que le leader de l’UDPS a dépassé l’âge qui lui permet de briguer la magistrature suprême de la RDC. Beaucoup ne voient pas E. Tshisekedi avoir les moyens financiers nécessaires pour battre campagne sur l’ensemble du territoire congolais. L’UDPS n’est plus cette grande machine politique d’antan. Ce parti qui, a l’époque de Mobutu, était représenté dans tous les territoires de la RDC, peine, ce jour, a avoir des bureaux dans certaines entités notamment a l’Est du Congo.

Reste a savoir si les « faiseurs des rois d’Afrique » ont, cette fois-ci, donné leur caution a la candidature d’E. Tshisekedi. Nul n’ignore que si Tshisekedi n’est jamais arrivé à diriger le Congo c’est, en partie, à cause des certains « grands de ce monde » qui le redoutaient. L’Occident n’était pas encore prêts à le voir à la tête de la RDC. Les choses ont-elles changées ?

Ce n’est pas par hasard que Tshisekedi passe sont temps à sillonner les capitales de l’Occident. Peut être cherche-t-il un soutien de ce coté là. Il a bien assimilé la leçon : nul ne peut diriger la RDC sans une caution occidentale.

Il sera très difficile de battre E. tshisekedi dans les deux Kasaï et dans une bonne frange de la ville de Kinshasa. Son aura politique s’étant jusque dans la province du Bas Congo. Dans les restes de provinces, des ilots des « combattants » se reconnaissent encore dans sa lutte.

Il a beaucoup a faire a l’Est de la RDC où son parti, l’UDPS, a été en quelque sorte publié après la révolution de l’AFDL et les différentes rebellions.

Jean Pierre Bemba Gombo

Principal concurrent de Joseph Kabila aux dernières élections de 2006, JP Bemba continue a jouir d’un certain estime des congolais qui voient en lui l’alternative au régime en place. En 2006, il passait pour l’alternative crédible contre Joseph Kabila. L’homme est connu pour son courage, son charisme et sa détermination. Dans la province de l’Equateur, sa province d’origine, et dans la ville de Kinshasa, Bemba peut donner du fil à retordre à ses concurrents. Son parti politique, Le MLC, a des entrées plus ou moins faciles dans les deux Kasaï et le Bandundu.

Hélas, rien ne rassure quant a son éventuelle libération avant les prochaines échéances électorales. Ce n’est pas derrière les barreaux de la CPI que le Chairman du MLC va battre campagne pour se faire élire.

Il y a aussi cette mauvaise réputation qui lui colle à la peau dans la partie Orientale de la RDC. Ici, son mouvement rebelle le MLC a été vendu comme anthropophage. Pendant la rébellion, JB a laissé, dans certains coins de l’Est du Congo, l’impression d’être un bon tyran qui veut tout avoir pour lui seul et ne rien laisser aux autres. Un homme qui pouvait se taper des millions mais, affréter tout un avion pour venir cueillir un agent qui détourne 100 dollars et le foutre en prison a Angenga. A l’Est du Congo on le taxe d’être imbu de lui-même, hautain et avare. Ce qui peut lui priver d’une bonne frange de l’électorat de l’Est de la RDC.

Jospeh Kabila Kabange

Vainqueur des élections de 2006, Joseph Kabila a l’avantage d’être aux affaires. Ce qui lui permet d’avoir de gros moyens pour sa campagne et même d’utiliser certains services publics pour sa cause. L’administration territoriale étant essentiellement composée d’hommes qui lui font allégeance, Kabila peut bien l’utiliser à son profit. Les partis qui le supportent (PPRD, MSR et autres) se déploient sur l’ensemble du territoire pour battre campagne en sa faveur. Grace aux medias, il peut vendre son image de marque moyennant des sommes d’argent.

Il peut compter sur l’électorat du Katanga (province d’origine de son père) et du Maniema (province d’origine de sa mère). A Kinshasa, dans les deux Kasaï et au Bas-Congo, Joseph Kabila n’aura pas un morceau facile. L’homme est connu pour sa grande capacité d’écoute et son avarice pour la parole. Certains travaux réalisés le long de ce mandat qui s’achève (modernisation du boulevard du 30 juin, réhabilitation de quelques tronçons routiers dans différentes provinces et autres) peuvent lui valoir une certaine estime d’une frange de la population congolaise.

Dans certaines contrées de l’Est de la RDC sont mythe est tombé. Beaucoup ne se reconnaissent plus dans ce Kabila qui passait pour le pacificateur, l’unificateur et bâtisseur.

L’activisme des groupes armes dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et la province Orientale ont éloigné les espoirs suscites par l’élection de Joseph Kabila en 2006. La paix est toujours fragile a l’Est. Pendant cinq, le social de la population n’a pas subi une amélioration. Les promesses faites aux populations de l’Est lors de la dernière campagne tardent à se réaliser. Deux leaders politiques de l’Est, Vital Kamerhe et Mbusa Nyamwisi, sont en froid avec Joseph Kabila. Ceci ne manquera pas de rogner à son potentiel électoral de l’Est.

Il ressort, de ce qui précède, qu’il est difficile de pronostiquer sur les chances de ces trois candidats aux prochaines élections. Tout peut arriver. Surtout qu’il s’agit des élections à un seul tour. Ce qui veut dire que le candidat qui réussira à faire des bonnes alliances peut bien surprendre. Cela, à condition que ces élections soient réellement démocratiques, libres et transparentes. Personne n’a le droit de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir abattu.

Joska Kaninda

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À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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