08/08/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

 (CongoForum)

Comme d’habitude, des sujets électoraux occupent la Une des journaux kinois parus ce lundi. La star du jour est sans conteste le leader de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, qui regagne Kinshasa ce mardi après sa tournée au Katanga. L’autre sujet qui fait couler beaucoup d’encre est la session des Chambres, consacrée aux annexes de la loi électorale. Des nouvelles alarmantes dans le secteur de la santé continuent à se faire entendre.

Elections : Tshitshi super-star.

Le Palmarès note qu’au cours du point de presse animé à Kolwezi à l’attention de la presse nationale et internationale, Tshisekedi dit qu’il pourrait réaliser cent pour cent à la présidentielle du 28 novembre. Il titre : « Tshisekedi prédit sa victoire ; mais, Kabila rit sous cape », rapporte que dans la Majorité présidentielle après avoir eu vent de la prédiction d’Etienne Tshisekedi, une rengaine a été entendue : « On ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ».

Cette déclaration en forme de rodomontade est l’occasion d’un numéro des « frères ennemis ».

L’Avenir titre  « Etienne Tshisekedi, certain de gagner avec 100% des voix ». Sans blague, s’exclame ce journal proche du pouvoir, le leader de l’UDPS a revu ses ambitions à la hausse. Si hier, il pensait gagner dans dix provinces et partager le Katanga, cette fois il est sûr d’avoir 100% des voix. L’accueil au Katanga donne à Tshisekedi le sentiment que son élection est acquise à 100%.  Il n’envisage pas la possibilité de perdre. A la question de savoir ce qu’il fera en cas d’échec. Tshisekedi répond : « Quel échec ? Avec ce que j’ai fait au Katanga, je crois que je pourrais réaliser jusqu’à 100% des voix ». Pour le leader de l’Udps, souligne L’Avenir, la vraie opposition est celle qui est alignée derrière lui. Les autres, ce sont des taupes. Portant son jugement sur l’opposition, il déclare : « Il y a opposition et opposition au Congo. C’est aux jeunes de venir vers les vieux, il y a aussi des taupes parmi ceux qui se disent de l’opposition ». S’adressant à la presse à Kolwezi, Etienne Tshisekedi espère qu’il pourrait remporter jusqu’à 100% des voix. « Dans un pays qui se veut sérieux avec une classe politique sérieuse, cette déclaration devrait faire scandale », écrit l’Avenir. Pour le journal, «la réponse de Etienne Tshisekedi s’inscrit dans une logique qui, de plus en plus, devient une fixation et son jugement sur l’opposition répond également à la même logique. La seule opposition valable, c’est celle qui est derrière lui». «Ce jugement de valeur devrait également scandaliser. La RDC est dans un processus démocratique où les gens expriment clairement leurs ambitions. C’est différent avec la période de la transition avec Mobutu où les gens étaient avec Mobutu la nuit et le jour ils militaient à l’opposition. Il n’y a pas de raison de transposer la situation de 1990 à aujourd’hui. Qu’à cela ne tienne. Qu’il y ait des taupes dans l’opposition, c’est possible. Mais que le critère pour les démasquer soit l’allégeance à faire à Etienne Tshisekedi, c’est renversant. Tel principe n’est pas démocratique et donc loin d’un Etat de droit qui consacre la liberté de pensée et d’association», conclut L’Avenir.

C’est tout l’inverse de ce que pense Le Phare pour qui « le Congo profond réclame le changement ». Il indique que le plébiscite que le président national de l’UDPS vient de  récolter à Lubumbashi,  Kasumbalesa, Kipushi et Kolwezi, lors de son récent périple au Katanga, est interprété par de nombreux analystes de la vie politique congolaise, comme le témoignage de la confiance que la population katangaise, toutes tendances confondues, a voulu exprimer à l’égard d’Etienne Tshisekedi, pour son idéal politique caractérisé par la démocratie par la voie de la non violence.

(En l’occurrence, chaque journal tire avec une belle énergie la couverture de son côté en étirant fortement les bretelles de la vraisemblance. L’Avenir monte en épingle une vantardise maladroite, cependant que Le Phare affecte de confondre l’affluence sur le passage d’un cortège avec des intentions de vote. NdlR)

«Après un immense succès populaire au Katanga, Tshisekedi : meeting confirmé demain mardi », rapporte encore Le Phare. Il indique que selon des sources proches de son cabinet, Etienne Tshisekedi regagne Kinshasa ce mardi 09 août dans la matinée. Attendus ce lundi dans la capitale, conformément au programme initial diffusé tout au long de la semaine dernière, le président de l’UDPS et sa suite n’ont pu trouver de places dans les avions assurant la ligne Lubumbashi- Kinshasa, tous les vols affichant « full ». Pour contourner la difficulté, ils vont être obligés de prendre le vol de Kenya Aiways ce lundi 08 août pour Nairobi où ils vont passer la nuit. Et, c’est de la capitale kenyanne qu’une correspondance va les amener à Kinshasa, mardi matin. Le rendez-vous entre M. Tshisekedi et les kinois est pour le même mardi après-midi au Stade des Martyrs.

Sous le titre : « Etienne Tshisekedi répond à Kengo et à Kamerhe », Forum des As note que pour gagner la bataille électorale, Tshisekedi se dit confiant en la machine de son parti avant de négliger, manifestement, l’apport de l’opposition pour laquelle il a une appréciation pour le moins mitigée. Pour lui, en effet, il n’a qu’une seule opposition : celle qui est derrière lui. « Il y a opposition et opposition au Congo », a-t-il déclaré avant d’ajouter « C’est aux jeunes de venir vers les vieux, il y a aussi des taupes parmi ceux qui se disent de l’opposition ». Le message est clair. Etienne Tshisekedi répond là, presque à la cantonade à tous les appels, notamment de Vital Kamerhe et Léon Kengo, à une candidature commune de l’opposition pour la prochaine présidentielle.

Elections / Débats

Le code de bonne conduite appelle les candidats aux élections présidentielle et législatives du 28 novembre à respecter les règles du jeu démocratique durant tout le processus électoral. Le Potentiel signale que Tshisekedi refuse de signer le code de bonne conduite. En effet, relève ce journal, l’opposant historique en RDC, Etienne Tshisekedi a déclaré samedi que son parti « ne peut pas  signer le code de bonne conduite de la CENI, notamment parce que certains de ses militants sont « encore en prison ». « On ne peut pas signer de papier pareil quand tout le monde sait que les combattants de l’UDPS, il y a encore en prison », a dit à la presse le leader de l’UDPS, en tournée à Kolwezi, dans la province du Katanga (sud). «Le code de bonne conduite appelle les candidats aux élections présidentielle et législatives du 28 novembre – les deux à un seul tour – à respecter les règles du jeu démocratiques durant tout le processus électoral, rappelle Le Potentiel. Le texte devait être signé au plus tard le 6 août, mais la CENI a reporté la date limite au 10 août. Le 10 août est par ailleurs à la date butoir que la CENI a imposée aux députés et sénateurs pour voter l’annexe à la loi électorale portant sur la répartition des sièges pour les législatives». Si le texte n’était pas voté dans les temps, «le président de la CENI Daniel Ngoy Mulunda s’est dit déterminé à découpler les élections présidentielle et législatives».

L’Observateur écrit que « Kengo appelle les sénateurs à épuiser l’ordre du jour ».  Seize matières sont inscrites à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Sénat dont 3 prioritaires, notamment, celles liées à l’annexe de la loi électorale, indique L’Observateur qui précise que le président du Sénat Léon Kengo à appeler les sénateurs à épuiser l’ordre du jour.

Le Phare, pour sa part, revient sur les recommandations des deux chambres du Parlement. Au Sénat d’abord, le président Kengo a mis en garde la Ceni contre tout dérapage, notamment les contestations postélectorales, rapporte le confrère. Citant le vote par le parlement de l’annexe à la loi du 25 juin 2011 modifiant la loi électorale du 6 mars 2006 comme raison principale de la convocation de la présente session extraordinaire, Léon Kengo a insisté sur la nécessité d’organiser les élections présidentielle et législatives dans les délais.

Pour La Prospérité : « le MSR rappelle la CENI à l’ordre ! » Dans son édition du samedi 6 août, La Prospérité indiquait déjà que le MSR s’insurgeait avec la dernière énergie contre toute tentative ou volonté expresse de découpler les élections présidentielle et législatives nationales. Le parti de Pierre Lumbi demande à la Ceni de ne pas se transformer en une instance de négociations politiques.

Le Potentiel, qui titre « pas de découplage des scrutins »,  rapporte que le Mouvement Social pour le Renouveau (MSR), parti membre de la Majorité présidentielle exhorte la Ceni «à l’observation stricte des principes fondamentaux de sa charge, à savoir : l’indépendance, la neutralité et l’impartialité des scrutins libres, démocratiques et transparents», en rapport avec le découplage des élections présidentielles et législatives. Manifestement, insiste Le Potentiel, le MSR considère le découplage de la présidentielle des législatives comme une ligne rouge à ne pas franchir afin de ne point entamer notablement la qualité de la jeune démocratie congolaise. D’où le titre à la Une du journal. «Branle-bas de combat dans les états-majors des partis politiques, fait observer Le Potentiel. Les acteurs politiques sont sur le nerf et la tension monte de plus en plus, à l’approche des élections prévues pour le 28 novembre 2011». Le Mouvement Social pour le Renouveau (MST), indique le journal, «opte pour un aboutissement heureux et apaisé du processus électoral en cours». Ainsi, souligne l’auteur de l’article, «le MSR dénonce en plus le fond anticipativement contestataire ainsi que toute volonté d’organiser séparément la présidentielle et les législatives nationales».  A propos du découplage des élections, le MSR croit que le président de la CENI franchirait la ligne rouge s’il mettrait sa menace en exécution.  «Le MSR prend à témoin le peuple congolais et la communauté internationale et dénonce toute tentative ou toute volonté expresse de découpler les élections présidentielle et législatives nationales, a déclaré Pierre Lumbi, le président du MSR. Il demande par conséquent à la CENI, au Parlement et au gouvernement de respecter la volonté du peuple exprimée à travers le vote de la loi électorale».

«Présidentielle et législatives 2011 : deux questions à la classe politique», lit-on encore dans les colonnes du journal Le Potentiel. «L’escalade verbale est en train de monter d’un cran entre les différents protagonistes, fait remarquer le journal. Même certains partenaires extérieurs ne demeurent pas en reste, dont la Belgique qui a menacé de suspendre son aide à l’organisation des élections 2011 si la CENI se permettait de découpler  les élections». Pour le journal, «cette ambiance passionnante inhérente à toute élection soulève deux questions fondamentales, à savoir : qui veut tricher ? et qui a peur des élections ?». Selon l’auteur de l’article, «c’est autour de ces questions fondamentales que se jouent ce ping-pong politique que les acteurs politiques convient les populations et leurs électorats en pareilles circonstances». «Questions fondamentales qui justifient ces attitudes narcissiques qui, la plupart des temps, débouchent sur des contestations de plus en plus violentes, des guerres civiles, le cas de la Côte d’Ivoire, des Coups d’Etat… brisant ainsi l’élan de la démocratisation et du développement national, conclut Le Potentiel. Deux questions posées à la classe politique congolaise». Mais, estime le journal, «elle serait incapable d’y répondre». Toutefois, souligne Le Potentiel, «cela n’empêche pas de relever les possibilités de tricherie et les mobiles de la peur».

 Santé

 «RDC: rupture de stock de médicaments contre la tuberculose», alerte Radio Okapi sur son site.  «Plus de cent dix mille cas de tuberculose sont pris en charge gratuitement chaque année en République Démocratique du Congo (RDC), indique la radio onusienne. Mais depuis deux mois, les centres de traitement des tuberculeux sont en rupture de stock de médicaments contre cette affection». C’est notamment le cas à Bukavu au Sud-Kivu et à Mbuji-Mayi au Kasaï-Oriental, a affirmé, dimanche 7 août, le directeur du Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), Docteur Jean-Paul Okyata. «Cette rupture est due au manque d’approvisionnement de médicaments», explique Dr Jean-Paul Okyata. De son côté, le médecin coordonnateur provincial du programme contre la tuberculose du Kasaï-Oriental souligne que «les anciens malades sont normalement soignés, mais la rupture de stock pénalise plutôt les nouveaux malades». Au Sud-Kivu, 2.242 tuberculeux enregistrés entre janvier et juin 2011 ne sont pas soignés faute de médicaments, ont annoncé des sources médicales de la province. «La moitié de ces malades, non soignés, sont susceptibles de développer la tuberculose multi résistante qui nécessite un traitement prolongé et très coûteux», déclare un spécialiste. Selon lui, «cette situation peut occasionner une grande contagion». Toutefois, Dr Jean-Paul Okyata assure qu’une quantité de médicaments est déjà disponible: «Il y a une semaine, on a reçu une partie des médicaments qu’on avait commandée. Nous commençons déjà à livrer les médicaments sur le terrain».

«Sud-Kivu : désespérés, des malades d’Uvira vont se soigner en Tanzanie», renseigne le journal Le Potentiel qui cite l’agence Syfia.  «De nombreux malades d’Uvira, au Sud-Kivu, vont en Tanzanie prendre la potion présumée magique d’un guérisseur, indique le journal. Pour eux, peu importe les dépenses et le fait que d’autres, qui ont fait ce voyage avant eux, sont toujours aussi malades, voire plus…». «Après une longue et pénible maladie, il suffit de prendre une solution au goût un peu amer dans un petit gobelet à moitié rempli pour voir sa santé recouvrée et sa vie sauvée». Cette phrase se chuchote ou se prononce à voix haute dans plusieurs familles et hôpitaux d’Uvira, au Sud-Kivu. Pour ces désespérés, «aller jusqu’en Tanzanie se faire soigner par Mzee Babu est la dernière chance de guérir». Selon le quotidien kinois, le voyage vers la Tanzanie est surtout risqué. «Certains reviennent plus malades qu’avant après avoir parcouru ce long trajet, rapporte l’auteur de l’article. Un homme est mort à son retour à Uvira».

© CongoForum, avec le Service de Communication du CNONGD, le lundi 8 août 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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