12/08/11/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI

 (CongoForum)

Le processus électoral en cours n’a pas fini d’alimenter les commentaires dans les colonnes des journaux en RDC. On en est à l’étape de l’examen au Sénat de l’annexe à la loi électorale. Du côté de l’opposition, la question de la candidature unique tient toujours la vedette. La paix serait revenue dans le Mayombe un moment troublé par les opérations angolaises contre le FLEC. En politique intérieure, il est toujours question de plans pour le développement du Kasaï occidental et, en politique étrangère, on reparle d’Herman Cohen.

Loi électorale au Sénat

« Le Sénat retarde la CENI », affirme L’Avenir dans ses pages intérieures. La chambre haute du parlement a examiné jeudi le projet de loi portant annexe à la loi électorale. Au lieu de faire comme l’Assemblée nationale qui a examiné le projet de loi portant annexe à la loi électorale le même jour, le Sénat a jugé bon de remettre le projet à la commission Politique, administrative et juridique. Une situation qui, selon L’Avenir, va retarder la Ceni qui avait donné au parlement un délai jusqu’au 11 août. Comme cela a été le cas à la chambre basse, c’est le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et sécurité, Adolphe Lumanu, qui a présenté  le contenu de cette annexe. L’Avenir rapporte que le président de la Ceni, Daniel Ngoy Mulunda, a pris la parole sur sa demande pour éclairer la religion des sénateurs sur certains propos qu’il avait tenus et que d’aucuns ont qualifié de discourtois. De plus, les sénateurs ont posé des questions qui n’ont pas cadré avec l’essentiel pour bloquer la Ceni. L’Avenir note que « dans un déferlement de passion aveugle », les sénateurs ont posé même des questions qu’ils n’auraient pas dû poser. Ainsi, par exemple, certains ont insisté sur le fait que la Ceni n’ait pas procédé à la détermination des circonscriptions dans les entités locales, oubliant que c’est au Sénat, avec la motion Sesanga, que l’on avait décalé le décret de création de certaines entités locales…..

Au sujet du Sénat, Le Phare relève que « Les sénateurs rejoignent l’Opposition ». Pourquoi les listes électorales du Bas- Congo et du Maniema ne sont-elles pas affichées, alors que les opérations de révision du fichier sont terminées depuis plusieurs mois, ont voulu savoir les sénateurs. Henri Thomas Lokondo, a fait savoir, qu’entretenir le flou sur ce dossier pousse à se demander sur la motivation profonde d’une telle démarche ! Où se localise le serveur central ? Qui le gère ? Est-ce une firme étrangère ou nationale, et quel est son nom. En conclusion, il a réclamé comme tant d’autres intervenants que la CENI permette l’accès du serveur à tous les acteurs qui le désirent. Bref, le débat a été houleux. Jugée recevable, la loi a été envoyée à la commission PAJ (Politique, administrative et juridique) qui a 24 heures pour faire le toilettage.

Pour La Prospérité : « La répartition des sièges ne change pas » et  les sénateurs pourront entériner l’annexe à la loi électorale samedi 13 août. Contrairement à l’Assemblée nationale où la plénière a, souverainement, décidé d’en finir le même jour, indique le quotidien, le Sénat, après le débat général, a jugé utile d’envoyer le texte à la Commission Politique, Administrative et Judiciaire pour toilettage car, bien que technique, le document renferme aussi des aspects politiques, juridiques et administratifs.

Le Potentiel explique «la différence» qu’il y a entre la chambre basse et le sénat, tout en prenant pour exemple la répartition du temps. Il existe 12 heures de nuit et 12 heures de jour, écrit-il. Mais s’il est établi que la nuit n’est pas le contraire du jour, il existe tout de même une différence entre le jour et la nuit. Voici la distinction entre les 2 chambres selon Le Potentiel : « La différence entre les deux chambres ne réside pas seulement au niveau de la nomenclature, mais surtout dans la manière dont sont traités les dossiers. Surtout les plus sensibles. Là où, en haut, on fait appel à la sagesse, en bas, on s’agite ».

(Nous avons déjà évoqué hier ce contraste entre le vote de discipline à la Chambre et l’attitude nettement plus frondeuse du Sénat. Il est à remarquer que les sénateurs « frondeurs » font preuve, dans leurs critiques, de la même incohérence et du même esprit « fourre-tout » que l’Opposition ou la Société Civile, usant pêle-mêle de questions insignifiantes, ou même dépourvues de sens, et d’arguments importants et pertinents. Or, l’expérience des luttes menées ailleurs contre les fraudes du vote électronique ont montré que le problème se concentre toujours sur les mêmes questions « Où se localise le serveur central ? Qui le gère ? Est-ce une firme étrangère ou nationale, et quel est son nom ? Comment permettre l’accès au serveur à tous les acteurs qui le désirent ? » Dans toute lutte, il y a avantage à se concentrer sur une question importante et à ne pas en démordre. Au lieu de quoi on a affaire à une busculade confuse dont le seul intérêt est de permettre à beaucoup de monde d’intervenir pour dire n’importe quoi, ce dont ils pourront toujours faire état dans leur campagne électorale.
La différence entre e traitement de cette affaire au Sénat et à la Chambre tient sans doute en partie à leur composition différente, le Sénat comptant plus d’opposants, à commencer par le président lui-même, mais il tient aussi au fait qu’il s’agit au maximum d’un « baroud d’honneur », le vote de la Chambre suffisant. En effet, l’ « ultimatum » de Ngoy Mulunda n’était pas de nature juridique – ce qui aurait obligé à attendre non seulement le vote, mais la promulgation -, mais de nature purement pratique – il lui fallait un certain délai pour « faire ses courses » de machines, imprimés, etc… Il lui suffit donc d’âtre sûr que les annexes sont acceptées.
 NdlR)

Opposition

Le Palmarès signale à propos de la candidature unique de l’Opposition que le dernier mot de Bemba est attendu. Le président national de l’Udps, Etienne Tshisekedi, indique ce journal, sait combien le mot d’ordre de Bemba influencera sur les négociations autour d’une candidature unique au nom de l’Opposition. Conscient du rôle qu’il est appelé à jouer à distance, Bemba entend vendre son ralliement à un prix fort. Des sources confient qu’il a des revendications très corsées à formuler avant de mobiliser les troupes. La 10ème Rue, entendez l’UDPS, saura-t-elle arrondir suffisamment ses angles face au Mlc et à l’Unc ? That is the question.

Cohen

Le Potentiel révèle que reçu par Luakabwanga dans sa tranche « Code 243 », Herman Cohen, ancien sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines, a parlé de l’Afrique, et particulièrement de la République démocratique du Congo. Quasiment, tous les problèmes du Congo ont été passés en revue. C’est-à-dire, de l’arrestation de Jean-Pierre Bemba à la balkanisation de la RDC en passant par la proposition de la création d’un Tribunal pénal international pour la RDC et la situation au Kivu.

A la question de savoir si le sénateur Jean-Pierre Bemba pourrait être relâché, Herman Cohen a déclaré que cela serait possible si le gouvernement congolais en faisait la demande. « Le président Joseph Kabila pourrait relever que cette situation était consécutive à la guerre et que la RDC, ayant recouvré la paix, il y a lieu de reconsidérer cette question. Mais je ne pense pas que le président Kabila soit disposé de le faire pour le moment », a-t-il dit. (Il semble donc ignorer que l’arrestation de Bemba a est consécutive, non à une guerre au Congo, mais à des faits qui se sont produits en Centrafrique. NdlR)

A une question du journaliste sur la mise en place d’un tribunal pénal international pour la RDC et comment expliquer que les Etats-Unis ne se prononcent pas officiellement sur le génocide en RDC alors qu’il y a eu des ONG privées qui soutiennent le nombre de 5 millions de morts en RDC, plus qu’au Rwanda. « Les Etats-Unis soutiennent cette enquête menée par les ONG privées. Voire même que ce sont les Etats-Unis qui ont été les premiers à demander une enquête par les Nations unies, enquête menée par Garreton. Le Rapport Garreton accuse le Rwanda d’être responsable des morts en RDC après l’occupation. Demandez aux populations locales, elles vous diront comment les choses se sont déroulées. Au départ, c’est Laurent-Désiré Kabila qui s’y était opposé à cause de ses rapports avec le Rwanda. Lorsqu’ils se sont détériorés, il a demandé aux Nations unies de poursuivre son enquête. Quant à la mise en place d’un tribunal pénal international pour la RDC, il y a des réticences de la part de certains pays étrangers qui, jusque là, prennent le Rwanda pour un « enfant chéri ». Toutefois, les choses sont en train de changer depuis qu’au Rwanda, le processus de démocratisation connaît bien des problèmes avec l’arrestation des personnalités politiques et des journalistes. Ce n’est pas la faute du Congo, mais de quelques pays étrangers encore réticents pour protéger le Rwanda ». (Il y a là énoncé de contre-vérités, sinon même mensonge délibéré. La Mission Garreton visait essentiellement à attribuer à l’AFDL les crimes du Rwanda et c’est pourquoi LDK s’y était opposé. Cela ressort nettement des faits dévoilés par le « rapport Mapping » de L’ONU. NdlR)

Mais l’on parle de plus en plus de l’annexion du Kivu au Rwanda, a enchaîné le journaliste. Washington a décidé d’envoyer un envoyé spécial dans la région et personnellement, Herman Cohen a adressé une note sur ce point au président Barack Obama, souligne encore le journaliste. L’ancien sous-secrétaire d’Etat américain répond : « Dans ma lettre au président Obama, j’ai suggéré que l’on légalise le commerce des minerais au Kivu qu’exploitent les hommes d’affaires rwandais. Le Rwanda a envahi le Kivu en 1998. Pendant six ans, il a mis en place des réseaux pour l’exploitation des minerais, surtout le coltan qui rapporte des milliards de dollars. Je pense que tout le monde trouvera son compte et la RDC percevra des impôts. J’ai proposé que le commerce des minerais soit légalisé. Mais j’ai rencontré une farouche opposition de la part des Congolais qui évoquent la question de souveraineté. Souveraineté ? Au Département d’Etat, le Kivu fait partie du Rwanda ».
Légalisation du commerce des minerais, donc, légalisation de la balkanisation ? « Non. L’Union africaine n’acceptera pas une quelconque sécession. Si les choses ont évolué pour l’Ethiopie et l’Erythrée, c’est parce que l’Ethiopie était d’accord. Il en est de même du Sud-Soudan avec l’accord de Karthoum. La balkanisation de la RDC ne peut se faire qu’avec l’accord de Kinshasa. Personne et aucun Etat ne peut se substituer à la République démocratique du Congo. Ce serait une très mauvaise chose», a-t-il conclu.

Divers

L’Avenir annonce : « Après des combats entre Les FAA et Le Flec, Tshela a retrouvé son calme ». Citant des sources de la société civile de Tshela, L’Avenir indique que le calme est revenu dans cette partie du territoire congolais notamment dans les villages de Buende et Mbamba Dizi. A en croire cette société civile, rapporte L’Avenir, ce calme est dû au déploiement des éléments des FARDC dans cette zone depuis quatre jours. Et le journal de rappeler que Tshela a été le théâtre des affrontements entre l’armée congolaise et les rebelles du Front de libération de l’enclave du Cabinda (Flec).

Le Potentiel voit « les Ouest-Kasaïens déterminés à faire de leur province le pôle central du développement ». Au dernier jour de l’atelier sur le développement du Kasaï-Occidental, les Kanangais ont écouté le directeur général de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI). D’après le journaliste qui a assisté à cette allocution, Buabua wa Kayembe s’est appesanti sur les préalables du développement du Kasaï Occidental. Parmi ces préalables figurent le rôle clé de la gouvernance et celui des infrastructures. En ce qui est particulièrement de la gouvernance, rapporte Le Potentiel, le professeur Buabua wa Kayembe a indiqué qu’il faut avoir une définition de ce que doit être le Kasaï Occidental dans 5 ou 10 ans, avant de démontrer l’importance de la stratégie.

© CongoForum, le vendredi 12 août 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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