23/08/11 / REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

 (CongoForum)

Un agent de la Monusco pris en fragrant délit de trafic illicite des minerais de la RDC pique, dans plusieurs journaux, la vedette aux élections. Les sujets principaux concernant celles-ci regardent les congrès de partis du week-end et  la position officielle des USA sur le processus électoral en RDC. Les licenciements de la SNEL font également encore parler d’eux.

Monusco

«Exportation illégale des minerais de la RDC, la Monusco prise la main dans le sac », titre Le Potentiel dans ses pages intérieures. Il rapporte qu’un chauffeur de la Monusco  a été intercepté dimanche alors qu’il tentait de traverser la frontière rwando-congolaise avec à bord de son véhicule près de 1.500 kg de cassitérite. Dans un communiqué de presse, il est rapporté que Roger Meece, chef de la Monusco, a indiqué que toute allégation portée contre un membre de son personnel sur son implication éventuelle dans de telles activités illégales fera l’objet d’une enquête exhaustive et que des mesures appropriées seront prises en pleine coopération avec les autorités congolaises. « Ce énième scandale donne raison au rapport de la commission sénatoriale qui indiquait qu’en 2009, 80% des exportations de minerais échappaient au contrôle de l’Etat dans les trois provinces, riches en cassitérite, en coltan et en or. Par ailleurs, certains observateurs sont tentés de croire que la répétition de scandales dans le chef du personnel militaire et civil de la mission onusienne devrait constituer un argument de taille pour son redéploiement quand on sait que les populations civiles continuent à souffrir d’exactions de la part des groupes armés et des forces loyalistes sous le regard expectatif des casques bleus de l’Onu ».

Digitalcongo va plus loin encore et affirme que « Cette affaire est de nature à discréditer la mission onusienne et donner raison à tous ceux qui ont toujours réclamé son départ de la RDC ».

Pour sa part, Le Phare indique que le patron dela Monusco, sir Roger Meece a été informé de cette situation et a d’ailleurs indiqué qu’il a assuré les autorités congolaises de la pleine coopération de cette structure onusienne dans le dossier sous examen, car, l’exploitation illégale et la contrebande des ressources naturelles dela RDC passent, à ses yeux, pour des crimes graves que la Monusco est chargée de prévenir. Cependant, soutient Le Phare, malgré la disponibilité de la Monusco à coopérer avec la justice congolaise en vue de l’éclatement de la vérité dans le dossier des 1.200 Kg de cassitérite saisis à Goma, les inquiétudes demeurent. C’est notamment en rapport avec le charroi et le personnel de cette antenne des Nations Unies. « Serait-ce la première fois qu’un véhicule de la Monusco et un membre de son personnel sont impliqués dans le passage frauduleux des minerais vers les pays frontaliers dans la partie Est dela RDC ? », s’interroge le Phare. Il signale que selon les premières investigations, le véhicule de la Monusco a reçu sa délictueuse charge du comptoir d’achat des minerais fonctionnant à Goma sous le label d’Ebir, une propriété d’un sujet rwandais résidant à Gisenyi et répondant aux prénom et nom de Robert Ritega. L’homme est décrit comme un repris de justice qui venait de purger 5 ans de prison dans son pays pour trafic de faux dollars américains.

(Le principal reproche fait à la Monusco concerne son inactivité militaire, de sorte que « Monusco » est presque synonyme de « casques bleus ». On en oublie quasiment que la Monusco a aussi d’importantes activités civiles, dont certaines sont liées à l’observation des élections. Et cette fonction d’observateur n’est pas étrangère au désir de certains de voir l’ONU s’en aller. En l’occurrence, le contrebandier qui s’est fait pincer, Julien Mukala, était un employé civil congolais de la Monusco et le tort principal de l’organisation Onusienne semble bien être qu’elle était propriétaire de la voiture utilisée pour le transport. Ne devrait-on pas rapprocher plutôt l’affaire Mukala de celle des soldats du colonel Chuma, qui n’est guère plus ancienne et concernait plus de dix fois plus de minerai ? Est-il logique d’autoriser à s’établir et à commercer, non des Rwandais comme tels, mais des individus au casier judiciaire aussi éloquent que celui de Ritega ? Que penser de la complicité que tout cela suppose entre toute une série de congolais, civils et militaires, avec le pillage des « minerais de sang », eux-mêmes liés avec les violences, vols et meurtres ? Ces questions seraient peut-être plus intéressantes que celles relatives à l’usage d’une voiture blanche marquée UN. NdlR)

On peut peut-être rapprocher de cette affaire de fraude l’article de La Prospérité : « Réforme et modernisation de la douane, des retraités dénoncent la loi du silence imposée à la DGDA ». La Prospérité soutient qu’un système de prédation aurait élu domicile dans le milieu gouvernemental pour continuer à tirer profit des projets de réforme et de modernisation de la douane qui n’auraient, curieusement, produit aucun résultat sérieux jusqu’à présent. Cette situation, ajoute ce quotidien, était connue et dénoncée par les hauts cadres de la DGDA aujourd’hui mis illégalement à la retraite pour des raisons évidentes. Et donc, les auteurs et autres bénéficiaires de ces prébendes veilleraient, sans désemparer, à ce que la loi du silence règne le plus longtemps possible, explique La Prospérité.

Elections

Pour Le Potentiel, plus on approche la date fatidique du 28 novembre, plus se fait ressentir la nécessité d’assurer au pays des élections certes libres, transparentes et démocratiques, mais des élections qui devront, en plus et surtout, être estampillées du sceau de la sécurité et de la paix. C’est pourquoi, il faut trancher le nœud gordien.

Parlant des candidats, La Prospérité rapporte qu’après l’investiture de Joseph Kabila par le PPRD pour la présidentielle, le mouvement «Objectif 2011» a déjà réuni 55.373 $US de caution pour son candidat. Voilà pourquoi la consœur estime que Joseph Kabila peut s’estimer heureux en début de cette semaine, car les bonnes nouvelles en sa faveur ne font que se succéder.

Du côté de l’Opposition, L’Observateur soutient qu’à l’approche du 28 novembre 2011, cette opposition inquiète. Et pour cause, indique le quotidien, à 14 jours de la fin du dépôt des candidatures, fixée au 5 septembre, l’opinion ne cesse de s’interroger sur l’organisation pour le choix d’un candidat commun à l’élection présidentielle.

Le Phare note dans son titre princpal au sujet du processus électoral que « Les USA jugent les Congolais capables de s’autogérer ». Avec un peu d’aide, les Congolais sont capables de gérer leurs élections, a fait savoir James Entwistle, ambassadeur des USA en RDC.
Le diplomate américain, qui a donné la position officielle des USA quant aux préparatifs, processus, et certification des résultats des Elections de novembre 2011, s’est insurgé lors de son allocution au Wilson Center à Washington contre les voix qui réclament que la Communauté internationale conduise et certifie les élections prochaines. Pour M. Entwistle, « ce que l’Amérique et la Communauté internationale devrait plutôt faire c’est d’apporter à ces Congolais braves et dévoués les ressources, la formation et tous les moyens nécessaires pour leur permettre de conduire leurs élections ».

Abordant le même sujet sous le titre : « Washington : un avertissement aux perdants ! », La Prospérité souligne que pour M. James Entwistle, « si la contribution de la communauté internationale s’élève au-dessus du niveau de 2006, cela sous-entendrait que la Communauté internationale et les USA ont failli à leur mission d’accompagner la RDC à aller de l’avant et à se reconstruire ». Le diplomate américain a affirmé que Washington a confiance que les Observateurs Electoraux Congolais offriront au monde entier l’assurance la plus authentique que le résultat des élections reflète « avec certitude ce qui s’est passé aux urnes ». Quant aux candidats perdants, il les invite à accepter les résultats des élections et à se ranger derrière le gagnant pour l’intérêt de la nation.

« Washington dit oui à l’accompagnement et non à l’ingérence », titre Forum des As. Ce journal note que l’ambassadeur des USA en RDC a déclaré que malgré le fait que le processus d’enrôlement a connu des difficultés techniques et logistiques au début du processus, la RDC a enrôlé plus de 32 millions de votants. « Ceci est un accomplissement profondément significatif compte tenu des défis historiques et actuels qu’a connus et que continue de connaître la RDC ». Il dit de même que, pour des élections crédibles en RDC, il faudra de la transparence, des campagnes électorales ouvertes et équilibrées. Le diplomate américain espère que les acteurs concernés signeront la proposition du Code de Bonne conduite.

Le Potentiel, citant l’Asadho (Association africaine de défense des droits de l’Homme), soulève une autre question à l’occasion du lancement, le jeudi 18 août 2011, de l’opération et de traitement des dossiers de candidatures à la magistrature suprême et à la députation nationale.  Saisissant cette opportunité, elle attire l’attention de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) sur la question de la double nationalité qui avait fait l’objet d’un moratoire décrété par l’Assemblée nationale en 2007.
 « Aux termes de l’article 10 de la Constitution de la République démocratique du Congo, la nationalité congolaise est une et exclusive et elle ne peut être détenue concurremment avec une autre, rappelle-t-elle, soulignant que toute personne détenant une nationalité étrangère ne peut être, par conséquent, éligible en République démocratique du Congo. L’ASADHO saisit cette opportunité pour rappeler qu’en 2007, l’Assemblée nationale avait ajourné l’examen de la question de double nationalité pour permettre aux députés nationaux détenteurs d’une nationalité étrangère de régulariser leur situation en renonçant à celle-ci.
Etant donné qu’aucune mesure appropriée n’a été prise pour redresser cette question de nationalité et pour éviter que des personnes de nationalité étrangère n’accèdent aux prochaines élections présidentielle et législatives, l’ASADHO recommande à la Commission électorale nationale indépendante d’examiner minutieusement les dossiers de candidatures qui lui seront soumis. Notamment en ce qui concerne la question de nationalité.
A l’attention de l’Assemblée nationale, elle recommande de transmettre à la CENI les conclusions des travaux de la commission mise en place pour examiner cette question.
La population, à qui elle s’adresse aussi, est invitée à dénoncer tout candidat détenteur d’une nationalité étrangère.
Les personnes détentrices d’une nationalité étrangère doivent, quant à elles, renoncer à toute nationalité étrangère avant de déposer leur candidature à la magistrature suprême ou à la députation nationale
 ».
(Simple question : Plutôt que d’appeler à la minutie paperassière ou à la délation, la RDC ne ferait-elle pas mieux de se débarrasser de cet article obsolète et d’admettre la double nationalité, comme la majorité des pays du monde ?)

Le même journal consacre son éditorial à « la fin des dictatures » en Afrique du Nord. Comme on le sait, et comme on l’a largement vu, par exemple, au moment des élections ivoiriennes, les journaliste congolais commentent souvent leur propre actualité »par la bande » quand ils parlent de politique étrangère. Voici la fin de cet article. «  Que dire des « milliards du clan Kadhafi, dont une partie estimée à 10 milliards de livres serait placée à la City (de Londres), et auxquels il faut ajouter le fonds souverain libyen, qui gère entre 65 et 75 milliards d’actifs dans le monde et détient plus de 20 milliards de liquidités » ?
De Ben Ali, des diplomates américains cités par WikiLeaks parlent d’une « quasi-mafia » présente dans tous les secteurs (téléphonie, tourisme, banque, immobilier, médias) estimée à près de 40% de l’activité du pays.
On sait qu’en Tunisie et en Egypte, le « manque de liberté flagrant » et les « conditions sociales déplorables » ont poussé dans la rue les jeunes « n’ayant aucune possibilité d’entrevoir un avenir ».
En Libye, ce sont la « corruption », la « répression sévère » et le fait que « le régime de Mouammar Kadhafi monopolise une grande partie des richesses » qui ont enflammé le pays. Et pourtant, selon des témoignages, « les conditions sociales des Libyens sont meilleures que dans les pays voisins, l’espérance de vie est plus importante que dans le reste de l’Afrique, les systèmes de santé et d’éducation sont convenables, le PIB par habitant est d’environ 11.000 dollars. Un des plus élevés du monde arabe ».
Pour l’heure, les autres autocrates sont sur le qui-vive. Certains tentent déjà de modifier la législation qui fonde leur régime, tandis que d’autres – résolument optimistes – entretiennent l’intime conviction que le départ forcé « ne peut pas m’arriver, mon peuple m’aime ».
Dès lors, à quoi peuvent s’attendre des populations en passe d’être libérées des raïs et autres guides ? A tout ou à rien, selon qu’elles s’approprieront, ou non, leur victoire sur les dictateurs ».
(Certes, le terme « rais » est utilisé en Egypte pour désigner le chef de l’état. Mais on utilise aussi ce mot à propos de JKK, et le rapprochement avec le « guide » pourrait bien ne pas être fortuit… NdlR)

SNEL

L’Avenir revient sur le limogeage du comité de gestion de la Snel (Société nationale d’électricité). Selon ce confrère, la corruption, la politisation, le tribalisme et le clientélisme seraient autant de maux qui rongent la Snel et qui font qu’elle ne soit pas à même de fournir de l’électricité aux Congolais. Ces maux, pratique courante dans cette entreprise, ont fait mourir tout un éléphant. Ce quotidien signale que selon une source crédible, le problème qui se pose à Inga n’est pas dû à l’étiage du fleuve, mais plutôt au manque de dragage du canal d’amenée pendant plus de 3 ans. Et la solution à ce problème ne sera pas trouvée par le retour de la pluie, mais plutôt avec un dragage intensif.

(Les coupures de la SNEL existaient déjà bien avant que le niveau du fleuve ne baisse. Le problème est un peu le même qu’en matière de sécurité des transports. Saquer un ministre n’empêche pas les avions de tomber ou les trains de dérailler. Blackbouler un Conseil d’Administration ne produit pas d’électricité. Désigner un ou des bouc (s) émissaire(s) est, de toutes les mesures, la plus facile à prendre. Mais il ne faut pas s’en contenter. NdlR)

© CongoForum, le mardi 23 août 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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