La machine à perdre de l’Opposition !

30 août 2011

Actualités

Mardi, 30 Août 2011 14:37

La machine à perdre de l’Opposition !  dans Actualités climattempere

Après avoir échoué à désigner un porte-parole durant toute la mandature qui s’achève, l’opposition congolaise, engluée dans les guerres de positionnement et les suspicions, va-t-elle se montrer incapable de se trouver un candidat commun pour la présidentielle du 28 Novembre 2011 et de ce fait ouvrir toute large la voie de la réélection de Joseph Kabila Kabange?

Beaucoup estiment que l’on est en train d’en prendre le chemin.
Même si les acteurs de l’opposition ne cessent de se rassurer quant à la nécessité de garder l’unité et d’arriver à la -désignation d’une candidature consensuelle, à chaque fois qu’un débat public les oppose, ils ne cessent d’étaler des positions apparemment inconciliables. Au point même de se tromper d’adversaire et de se rentrer dedans les uns les autres. Dans un face à face, la semaine dernière, sur radio Okapi, Christian Badibangi, de la Dynamique Tshisekedi président, et Germain Kambinga, du MLC, ont été à deux doigts de se dire des gros mots, alors que l’un et l’autre campaient chacun sur ses positions. Mis aussi côte à côte, dans une émission à grande audience sur RTVS1, Franck Diongo, de la DTP, et Me Mayo Mambeke, de l’UNC, se sont séparés dos à dos. Pour Franck Diongo, «il est exclu que Tshisekedi puisse ne pas se présenter au profit d’un autre et la définition du programme commun ou de la candidature consensuelle doit se faire autour de Tshisekedi. Cependant que Me Mayo rétorquait en déplorant l’arrogance et le mépris. pour les autres, avant de donner clairement à entendre que l’UNC n’est pas du tout prête à se faire tramer par le bout du nez derrière un quelconque candidat messianique, providentiel. Cette semaine s’annonce de tous les enjeux pour l’opposition. La machine à perdre va-t-elle continuer à s’emballer? Va-t-on pouvoir l’arrêter? Comment en est-on arrivé là?
En réalité, rien ne laissait, ces dernières semaines, prédire cette impasse. L’opinion a vu en effet une opposition rassemblée pour se dresser contre la CENI en introduisant un mémo sur les préalables à la tenue des élections transparentes, crédibles, et apaisées. L’on a vu cette même opposition se souder comme un seul homme pour interpeller le président de la République sur ses responsabilités à garantir un processus électoral crédible et apaisé. C’est toujours unie et menée par une structure informelle dénommée « modération de l’opposition » comprenant Lisanga Bonganga comme modérateur, Me Lumeya Dhu Maleghi, co-modérateur et Me serge Mayamba, rapporteur, que l’opposition a continué à tenir tête à la CENI pour exiger des réponses satisfaisantes son exigence de voir tenir un audit du fichier électoral. C’est toujours avec un bel ensemble que les opposants ont confectionné et transmis un mémorandum à la MONUSCO autour des responsabilités de la Communauté internationale dans la marche du processus électoral et la préparation de l’acceptation à terme des résultats électoraux.

Le piège du fait accompli
Les choses marchaient avec une telle harmonie que l’on pensait que cette opposition assagie et réconciliée trouverait en fin de compte une solution idoine à la problématique de désignation du candidat consensuel devant affronter pour e poste de président de la République le tenant du titre, Joseph Kabila Kabange. C’est sur cette lancée que la modération demandera d’ailleurs à chaque parti de l’opposition de déposer son ébauche de programme de gouvernement et ses appréciations sur la question de la candidature commune à la présidentielle. A charge pour elle d’en faire une synthèse et de dégager les propositions sur la candidature commune de même que la mouture du programme commun à soumettre à l’adoption de toute l’opposition. L’heure était ainsi venue d’affronter ouvertement les sujets qui fâchent. C’est ici que les divergences vont se faire jour. S’exprimant à ce propos, Franck Diongo révélera que le MLC et l’UNC par exemple n’avaient jamais remis à la modération leur copie sur ces deux problématiques. Me Mayo Mambeke, de l’UNC, indiquera quant à lui que cette démarche était étrangère à lui-même et à son groupe.
Est-il que mercredi dernier, alors que l’opposition se réunissait autour de la question de -son contentieux avec la CENI, ô surprise, survient un point non préalablement inscrit à l’ordre du jour : la désignation du candidat commun. La parole à la modération. Voici le rapport fait par Me Lumeya: « Du profil du candidat commun. Les critères retenus sont : la popularité, l’intégrité morale, le patriotisme, le leadership incontesté, rassembleur et fédérateur, l’incarnation de la lutte démocratique, l’ancrage dans l‘opposition, visionnaire; la capacité de restaurer l’autorité de l’Etat; bénéficier d’une audience internationale.

Du programme commun
La tendance générale et essentielle souhaite que le projet du programme commun vienne du parti du candidat retenu par toute l’opposition comme document de travail, c.à.d. le texte martyr, en vue de son enrichissement, amendement, correction par toutes les forces de l’opposition.

De l’accord global de gouvernement.
L’accord à signer reprendra les principes majeurs ci-après : Le Premier ministre vient d’un parti ou regroupement autre que le parti du président de la République. Il est issu du parti ou regroupement ayant récolté le plus grand nombre de députés nationaux. Le président de l’Assemblée Nationale provient du parti ou regroupement ayant recueilli le plus grand nombre de députés. Le président du Sénat provient du parti ou regroupement ayant recueilli le plus grand nombre de sénateurs, en dehors du parti du président de la République, du parti du Premier ministre et du président de l’AN. Les postes ministériels et autres responsabilités seront répartis en tenant compte du poids électoral, de l’équation personnelle, et des apports multiformes ». Pour sa part, Lisanga Bonganga, modérateur fera la proclamation suivante : «Nous voulons que la victoire ne soit pas la victoire d’un seul parti mais la victoire de toute l’opposition, et la victoire du peuple congolais. Aujourd’hui pour nous est un grand jour. Nous ne devons pas continuer à attendre. Et le candidat commun lui-même doit avoir sa stratégie. Quand on vous désigne, vous devez commencer à travailler; sa voir qui consulter, qui voir; définir qui doit faire ceci… La tendance générale et essentielle s’est dégagée dans cette salle autour de la candidature commune du président Etienne Tshisekedi wa Mulumba, leader de l’UDPS».
Il convient de souligner ici que lors de cette désignation, Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général de l’UNC, et Jean-Lucien Busa, secrétaire général adjoint du MLC, ont choisi de quitter la salle estimant que l’ordre du jour de la rencontre de ce mercredi 24 août n’avait comme point que le contentieux avec la CENI, c’est-à-dire et non la désignation du candidat commun de l’opposition.

L’Antithèse venue de Kamerhe, Kengo et Thomas Luhaka
En lutte révolutionnaire, l’on connaît bien la technique: devant une situation donnée qui vous contrarie, il faut créer l’antithèse de manière à infléchir les événements. La contradiction ainsi créée va évoluer vers une synthèse d’où l’on tirera son parti. Ainsi donc, au lendemain de ce que Kamerhe a appelé « un coup fourré », une contre-réunion s’est tenue à Sultani Hôtel. En voici la substance :

Déclaration du cadre de concertation de l’Opposition
Nous, responsables des Partis et regroupement Politiques, réunis au sein du « Cadre de concertation de l’Opposition », en sigle CCO ; Mûs par le souci de rassembler toutes les forces acquises au changement, afin de garantir l’alternance démocratique tant souhaitée par le peuple congolais; Conscient que seule l’unité d’action. de l’opposition, fondée sur une vision commune et partagée du destin collectif, est le gage d’une alternance crédible et responsable Considérant que l’unité nécessaire des forces du changement ne doit récuser aucun concours, ni formuler aucune exclusive, à condition qu’elle repose sur le seul critère acceptable celui d’un contrat sur un programme Considérant lés défaillances observées et dénoncées dans l’organisation du processus électoral par l’actuel bureau de la, Commission Electorale Nationale Indépendante, Considérant l’indifférence et le mutisme suspects du Bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante, face aux observations et revendications de l’opposition, afin de garantir la tenue des élections libres, transparentes, et apaisées ; Prenant à témoin le peuple congolais et la communauté internationale; 1. Réitérons ce jour les exigences maintes fois formulées en rapport avec la fiabilité du fichier électoral ; 2. Demandons conformément aux dispositions pertinentes de la loi électorale, la publication du fichier électoral trente jours avant le démarrage de la campagne électoral; 3. Exigeons au bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante, de reconsidérer le délai infondé et injustifié de 18 jours fixé, pour le dépôt et traitement des candidatures, et de revenir au timing initial de 32 jours jugés plus réalistes, et à même de surmonter les diverses contraintes soulevées 4. Mettons en place un comité de suivi du processus électoral ; 5. Mettons en place ce jour « une commission technique », pour préparer un programme commun de gouvernement, à soumettre dans un bref délai pour validation à toutes les forces du changement; afin de permettre à terme la désignation du candidat ; de l’opposition à l’élection présidentielle conformément à la volonté du peuple congolais qui appelle de tous ses voeux à l’alternance ; 6. Prenons le pari de souscrire tous aux mêmes engagements devant le peuple et le suffrage universel. Ainsi fait à Kinshasa, le 26/08/2011 Les signataires: Thomas Luhaka, Secrétaire Général du Mlc et modérateur de la réunion, Léon Kengo, Oscar Kashala, Vital Kamerhe, Ne Muanda Nsemi, Clément Kanku, Bofassa Djema, Gilbert Kiakwama. José Makila, Jean Lucien Busa et consorts.

Mais tout n’est pas joué
Les portes du dialogue restent ouvertes. L’Union pour la nation congolaise, (UNC) le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’Union des forces du changement (UFC) pensent que l’opposition doit se concerter autour d’un programme commun et dégager la personne qui incarnerait mieux les idéaux de l’opposition pour la présidentielle de 2011.
Pour Jean Lucien Busa, secrétaire général adjoint du Mouvement de libération du Congo (MLC), l’opposition veut l’alternance démocratique en RDC. Cette alternance, le MLC la propose en termes de projet et pas forcément en termes d’individus.
«Le MLC reste ouvert aux concertations autour d’une candidature à travers un programme commun et rassembleur », a-t-il déclaré.
L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe dit être en concertations avec les autres forces de l’opposition. Ce parti attend le moment opportun où l’opposition se prononcera sur la candidature commune à la présidentielle.
Bertrand Ewanga, secrétaire général de l’UNC: «Nous sommes en contact. Nous débattons de la question du candidat commun et d’un programme commun, du Premier ministre commun de l’opposition, des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat communs, du gouverneur de la Banque centrale commun. Nous devons faire un ticket. C’est de cette manière que nous défendrons les id6aux de l’opposition. L’UNC refuse qu’un parti roule les autres dans la farine, parce que le problème de l’opposition est de débarrasser le pays d’un régime qui l’a appauvri et qui lui a apporté la misère», a-t-il souligné.
Enfin, pour l’UFC de Kengo wa Dondo, le principe du candidat commun suppose que tous les partis de l’opposition se mettent d’accord. M.Kaninzia, l’un des cadres de ce parti, s’interroge :
« Comment voulez-vous qu’on parle d’un candidat commun de l’opposition dans un contexte où certains partis de l’opposition présents dans la réunion ont claqué la porte ? Les amis qui ont plébiscité le candidat commun, doivent, au nom de l’unité de l’opposition, revenir à la raison afin qu’on trouve une voie d’ensemble… »
Entre-temps, les deux factions ainsi constituées de l’opposition évoluent en convergences parallèles. Hier, pendant qu’à Sultani le CCC tenait conseil, les amis de Tshisekedi se réunissaient de leur côté à Fatima. Déjà, le week-end, lors de la rencontre avec Sarassoro, adjoint au représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, les opposants ne donnaient plus cette belle image d’unité. Pendant ce temps, comme si de rien n’était, demeurant dans la logique du candidat commun désigné par l’opposition, Etienne Tshisekedi déposera sa candidature à la présidentielle le 5 septembre. Est-ce fini de la candidature commune ou unique de l’opposition congolaise? Bien malin qui pourrait le dire aujourd’hui. Qui vivra verra !
                                                                                                        J. Man Mas

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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