JOURNALISTES EN DANGER EN RDC

31 août 2011

Actualités

par Fungula Fumu Ngondji lemaniKongo


La marche organisee par les journalistes a Kinshasa vendredi 26 août 2011, contre le député Yves Kisombe pour manifester leur degout et impatience vis-à-vis de la classe au pouvoir dans notre pays, est un signal d’alarme que ceux qui ont des yeux et oreilles pour voir et entendre devraient bien prendre au serieux.

Il n’existe pas de Hall of Fame (Centre d’Honneur) pour les journalistes Kongolais. Il n’existe meme pas de Club de la Presse qui symbolize l’influence du quatrieme pouvoir dans un pays. Il n’y a pas, non plus, une date, dans le calendrier annuel de la RDC, a l’occasion de laquelle tous les professionnels des medias se regroupent, en compagnie des representants du peuple a tous les niveaux, pour reconnaitre les sacrifices et merites de certains de ces journalistes, combien nombreux, qui sont tombes sur le champ d’action ou se sont distingues par la qualite de leur plume, ainsi que cela se fait partout a travers le monde.


J’avais pris l’initiative dans les annees 60 de lancer l’Union des Journalistes Professionnels Congolais (UJPC), dont l’ambition etait precisement de donner a la presse Congolaise un lieu de discussion pour leurs interest materiels et ethiques. A la naissance de l’Union Nationale des Travailleurs du Zaire de Mobutu, l’Ujpc sera incorporee dans la Federation des Travailleurs de l’imprimerie – une categorie professionnelle qui n’a de commun avec les journalistes que les machines sur lesquels sont imprimes le produit de leur travail.


L’opinion nationale Kongolaise n’a aucune conscience du role exceptionnel joue par les professionnels des media dans le movement pour l’independence et dans la longue lutte contre les regimes des dictatures qui se sont succeedes dans notre pays. Plusieurs journalistes de la presse parlee comme ecrite ont donne leur vie au cours de notre histoire dans leur mission de rendre compte des evenements dont ils sont temoins. Je plublierai un jour les noms de tous ces journalistes comme de bien d’autres intellectuels Kongolais dans un memoire que je prepare pour presenter aux futures generations nos valeurs culturelles et ceux qui ont tant oeuvre pour les developer et les preserver: journalistes et ecrivains, educateurs de differents niveaux, artistes de tout genre, chefs traditionnels, peres et meres des grandes familles Kongolaises, leaders religieux, dirigeants des associations culturelles, etc..etc..


L’opinion Kongolaise n’est pas ignorante – au contraire – du sacrifice de plusieurs journalistes tells que Mwamba Bapua a Kinshasa et de tant d’autres au Kivu assassines par des criminels souvent a la solde des dirigeants au pouvoir ou leurs commanditaires, qui ont peur de la verite dont  les bons journalistes ont mission de preserver.


Dans des pays aux traditions politiques bien etablies, quand une personalite publique reconnue est accuse ou commet un acte qui revolte la conscience d’une partie de l’opinion, les journalistes ont le droit et meme l’obligation de porter a l’opinion publique les reactions et sentiments de ceux qui sont revoltes. Et dans la plupart des cas, la personalite publique concernee est oblige de se justifier publiquement dans le respect des traditions etablies. C’est ce que le depute Yves Kisombe devrait faire, s’il est, reellement, comme il’ aurait lui-meme proclame, quelqu’un…digne de valeur!


Je n’aurais jamais perdu mon temps a parler d’un individu comme celui-la connaissant deja ce que sont les soi-disant hommes politiques Kongolais si la question se limitait a une altercation entre le sieur Kisombe et un journaliste quelconque. Mais il y a ici la presence de deux dames ou demoiselles Kongolaises envers qui le fameux Kisombe a, non seulement manqué d’egard, mais  insulte.


Je suis reellement surpris que les dames et demoiselles Kongolaises ne soient pas descendues en masse dans la rue pour vomir leur degout sur ce petit bonhome. Il est vrai que pour ceux qui se croient “puissants” en RDC, les journalistes sont souvent traites comme des clochards. Ils sont mal payes; courent souvent a pied pour chercher les nouvelles et dependent, dans bien de cas, de la faveur de ces soi-disant puissants pour voir leurs articles imprimes dans leurs organes de presse le jour meme des evenements. Sans le “coupage” (pot de vin) de la part du “puissant”, le journaliste Kongolais est, bien souvent fatigue de courir toute la journee a pied qu’il n’a pas la force d’atteindre la salle de la redaction après son reportage et le secretaire de redaction  ne peut pas attendre infiniment avant de signer la maquette de l’edition du lendemain. Connaissant tout cela, les pretendus “puissants” de Kinshasa n’ont que pitie pour les journalistes Kongolais, hommes ou femmes.


Cependant, il y a un autre element tres important que le sieur Kisombe a oublie. Dans les vieilles familles Kongolaises, celles dans lesquelles moi j’ai grandi et qui se considerent traditionalistes, toute femme represente la mere, celle qui nous a donne la vie et qui merite tout notre honneur et respect. Dans ces familles traditionalistes, tous les enfants ont appris que depuis les temps immemoriaux, nos ancestres avaient l’habitude d’appeler leurs filles, grandes et petites “Mama”. Oubliez les slogans de Mobutu. Il n’y connaissait rien, le pauvre, quand il a impose le mot Mama a toute femme Zairoise. C’est ainsi qu’apres sa chute, certains Kongolais se sont departis de cette tradition.

C’est plutot en memoire de notre mere que tout Kongolais, le vrai porte la  femme Congolaise en reverence. A commencer avec ses propres filles. Manquer de respect a une demoiselle ou dame Kongolaise constitue une insulte non seulement a elle, mais a toute sa famille.


Dans ma famille a moi, mes frères aines avaient l’habitude de punir par des coups quiconque avait prononce des mots irrespectueux a une de nos soeurs. Y compris leurs “boyfriends” ou maris. A tel point que quiconque voulait la main d’une des Fungula, devait commencer par nouer alliance avec les grands garcons de la famille. Kisombe a de la chance qu’il n’a pas eu affaire a quelqu’une de ma famille.

Mais pourquoi les autres Mama Kongolaises peuvent tolerer qu’on insulte l’une d’entre elles?

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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