31/10/11 / REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

31 octobre 2011

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

L’actualité reste dominée par la campagne électorale dont le lancement a été marqué par des incidents aussi bien à Mbuji-Mayi qu’à Kinshasa.

CENI / Préparatifs

Radio Okapi parle d’« un premier lot de 12 000 urnes réceptionné à Lubumbashi ». Le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Jacques Djoli, a annoncé, samedi 29 octobre, qu’un premier lot de douze mille urnes est arrivé, vendredi, à Lubumbashi au Katanga. Un deuxième lot de ces urnes en provenance de la Chine était attendu ce même samedi à Kinshasa. Ce lot de 55 tonnes est composé de douze mille urnes qui «sont en train d’être redéployées sur le Katanga et les circonscriptions électorales du Kasaï-Oriental
Le vice-président de la Ceni a expliqué la suite du déploiement des urnes: «Il y a un deuxième avion, toujours un 747 avec 55 tonnes qui arrive à Kinshasa. Et ça va continuer à partir de lundi, pratiquement dix vols sur Kinshasa et six sur Lubumbashi. Lubumbashi qui va redéployer sur le Maniema, le Sud-Kivu probablement et les deux Kasaï
Annoncée pour dimanche 23 octobre, l’arrivée d’un premier lot des 186 000 urnes en provenance de la Chine pour la RDC faisait toujours attendre. Le mardi 25 octobre, le vice président de la Ceni avait expliqué à Radio Okapi que le problème de planification a perturbé le transport de ces urnes en RDC. «D’après notre planification, on devait commencer par Lubumbashi mais nous avons changé pour commencer à Kinshasa», avait-il ajouté. Avec l’arrivée de ce premier lot dans la capitale du Katanga, c’est donc le plan initial de la Ceni qui est mis en œuvre.
La RDC avait déjà obtenu les autorisations de survol à partir de la Chine. Une démarche qui, selon lui, a duré près de sept jours. «Nous faisons de tout notre mieux pour que nous puissions respecter le calendrier», avait assuré Jacques Djoli.
(Le N°1 et le N°2 de la CENI semblent parfois jouer les duettistes. Ngoy Mulunda (proche de la présidence) annonce d’une voix de Stentor : « Nous serons prêts ! »cependant que Ndjoli (Opposition) soupire : « On fera tout ce qu’on peut pour être prêts ». Différence de tempérament ou distribution des rôles ? NdlR)

Afriqu’Echo Magazine titre « Le CDCE appelle au volontariat pour la surveillance et l’observation des élections ». Le Cadre de Concertation de la société civile pour l’observation des élections (CDCE) lance un appel à toutes les organisations de la société civile congolaise pour qu’elles s’approprient l’observation des élections par une mobilisation des bénévoles qui se chargeraient notamment du monitoring de la période avant, pendant et après les élections. Le CDCE voudrait déployer au moins deux observateurs par bureau de vote, soit 124.000 observateurs locaux sur toute l’étendue du territoire national. Pour le Père Rigobert Minani s.j, cet appel au volontariat fait suite à « l’indifférence des partenaires nationaux et internationaux à soutenir financièrement les missions d’observation locales. »Les observateurs expatriés ont souvent tendance à fragiliser les structures congolaises en la matière, qui aujourd’hui, sont dépourvues des finances pour réaliser l’observation. Faute des moyens adéquats, le CDCE souligne la nécessité d’assurer la crédibilité et la transparence des prochaines élections et l’acceptation des résultats, par une appropriation du processus électoral par les Congolais eux-mêmes, ce qui passe par l’observation et la surveillance électorale. Elle concernerait la collecte des informations et l’attention sur des faits saillants des opérations électorales à utiliser dans la formulation d’un jugement sur la crédibilité, la légitimité et la transparence du processus électoral. Quant à la surveillance, c’est une opération de collecte des informations en vue d’attirer l’attention des autorités chargées de l’organisation des élections sur les lacunes et les défaillances observées durant les opérations électorales. Elle participe aussi à l’amélioration de l’organisation des élections et la consolidation de la démocratie.

Campagne électorale

« Kabila frappe à la porte du Maniema », annonce La Prospérité. « Le chef-lieu de la province du Maniema a été honoré par Joseph Kabila, le candidat n°3 qui y a lancé officiellement sa campagne électorale », rapporte ce journal. C’était en présence de Mme Olive Lembe Kabila, son épouse, de Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD et de quelques membres de sa famille biologique et politique, sans oublier plusieurs membres de gouvernement. Pendant près de 30 minutes, Joseph Kabila a témoigné sa gratitude à la population du Maniema en général, et celle de Kindu, en particulier, pour avoir massivement voté pour lui lors des élections de 2006. Il a, à l’occasion, rappelé les promesses qu’il avait faites à cette population et qu’il a tenues pendant son premier quinquennat.

L’UDPS, annonce Radio Okapi, a organisé ce dimanche 30 octobre une caravane motorisée à travers les artères de la ville de Kinshasa pour lancer officiellement la campagne électorale de son candidat à la présidentielle, Etienne Tshisekedi, et de ses candidats à la députation nationale. Partie du siège du parti à Limete, la caravane a eu comme point de chute le stade Tata Raphaël où Jacquemin Shabani, secrétaire général de l’UDPS, a prononcé un discours devant des milliers de militants, a appelé les militants de son parti à l’unité autour du candidat Tshisekedi et les a exhortés à la non-violence. ETwM séjourne actuellement en Afrique du Sud, dernière étape de la tournée qu’il a entamée depuis le mois de septembre. Par ailleurs, il a annoncé que l’UDPS signera le code de bonne conduite le jeudi 3 novembre. Le parti avait déjà annoncé la signature de ce document pour le jeudi 27 octobre avant de se rétracter et la conditionner par la libération de ses militants arrêtés lors des manifestations. Au cours de la caravane motorisée, un véhicule a percuté une moto du cortège. Deux personnes ont été blessées dont une grièvement.

Le Potentiel, sous le titre « Elections 2011 : 20 partis politiques à la conquête du pouvoir » s’essaie à un nouvel exercice de « mathématiques congolaises » : le débroussaillage du maquis que constituent les 417 partis reconnus : « on peut se hasarder à avancer les premières hypothèses. La première, c’est que 20 partis politiques sont bien engagés pour la conquête du pouvoir. 31 joueront le rôle d’arbitres tant pour la présidentielle qu’en ce qui concerne la majorité parlementaire. Deuxième hypothèse ».« Evidemment, la question fondamentale est celle de savoir qui remportera la présidentielle et qui seront les 500 élus de la future Assemblée nationale ? En effet, près de 346 partis politiques sur les 417 reconnus au ministère de l’Intérieur ont présenté des candidats à la députation nationale, ajouter à cela 537 indépendants. 7 partis politiques ont présenté un candidat à la présidentielle contre 4 indépendants dont le président Joseph Kabila Kabange. Au regard de ces premières statistiques, il se dégage que 20 partis politiques partent avec les faveurs des pronostics pour la conquête du pouvoir. Il s’agit de : PPRD (494 candidats), PALU (476),MSR(466),UNC(446), PPPD (394), AFDC (389), UDPS/Tshisekedi (385), UFC (343), ECT (308), PDC(286), ARC (278), MLC (266), CCU (264), UNADEF (247) RRC (221), SCODE (210), UDCO (198), UDEMO (197), CF (194), et NBP (176).
Ce sont là des «grands partis politiques» qui peuvent prétendre avoir voix aux chapitres au regard du nombre des députés qu’ils ont alignés. Mais il y a autre chose qui va les départager. Certes, tous ces partis ont un caractère national. Mais toujours est-il que certaines de ces formations accusent une prédominance régionale, pour ne pas dire rurale. Là où ils réaliseront un score faible, par exemple dans les centres urbains, ils vont se consoler en milieux ruraux. Une façon de dire que chaque parti politique a son terrain de prédilection, prenant ainsi en compte la dimension sociologique. Ce paramètre influera beaucoup au niveau de la députation nationale si jamais dans l’élaboration des listes électorales, par extravagance ou optimisme béat, on a délocalisé les candidats de leur milieu sociologique. Comme les voix ne pourront jamais être « déportées», une telle tactique coûtera cher au parti politique qui aura fait preuve de légèreté dans ce contexte bien précis. Autre critère : la dimension historique. Cela sous-entend le parcours politique de toute formation politique et de ses leaders. Ajouter à cela le volet idéologique et enfin ethnique.
Absentes lors des élections 2006, d’autres forces politiques promettent de bousculer l’ancien ordre politique. Il s’agit de l’Union pour la nation congolaise, UNC, de Vital Kamerhe, et l’Union des forces de changement, UFC, de Léon Kengo wa Dondo. D’abord Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale et transfuge du PPRD. Fougueux, il ne cache point ses ambitions de se faire élire président de la République. Lors de sa dernière sortie, il a proposé que l’Opposition adopte une «politique d’encerclement» pour la conquête du pouvoir et une alternative certaine. Adepte du brésilien Lula, il est convaincu, une fois élu, qu’il peut transformer ce pays qui compte des ressources incommensurables tant sur le plan humain que naturel. Le tout réside dans la bonne gouvernance et une vision politique qui prend en compte le rôle de la RDC dans la région. Ensuite Léon Kengo wa Dondo, de l’UFC. Une autre figure charismatique et un vieux routier dans la politique. On le dit rusé, méticuleux, calculateur et refuse toute improvisation. « Le moment de gouverner autrement la RDC est venu », a-t-il lancé. Libéral, il s’appuie sur «la bourgeoisie et l’intelligentsia congolaises». Il ne passe pas inaperçu dans les milieux urbains et tire sa force politique dans la province de l’Equateur. Majorité parlementaire : le grand enjeu . Tout se joue au niveau de la députation nationale. Voilà pourquoi, en dehors de ces grandes formations politiques, les 20, il existe 31 autres formations qui peuvent faire pencher la balance soit du côté de la Mouvance présidentielle, soit de l’Opposition. Car, une fois de plus, force est de relever les réalités incontournables des élections de 2011 : «Un président avec sa majorité, un président sans majorité, un gouvernement d’union nationale ». Les 31 partis politiques suivants sont à même de jouer les arbitres : PANADER (172 candidats), RCD/K-ML (170), NAD (170), ATD (169), CNC (164), PRP (160), UPRDI (159), NPPPC (157), PCD (151), UCP (150), MCR (149), MIP (M- 17), RENOVAC (140), ULDC (138), CDC (137), FONUS (134), COFEDEC (132), ECIDAFAO (131), BRCU (129), CPR (122), ADH (121), MSC (118), UNAFEC (116), RCD (115), MRJCO (108), MCSD (107), ANCC (106), ACO (105), PCDI (102) et PARC (101)
Ce sont là des formations qui sortent du lot. Affaire à suivre… tant que le peuple congolais n’a pas encore dit son dernier mot ».

Incidents

Le Potentiel fait état d’une concertation entre Bill Richarson et les candidats à la présidentielle. Les Congolais gardent de lui l’image du porteur du message guillotine de l’administration américaine à l’encontre du maréchal Mobutu à la fin de son règne. Richarson, à l’époque ambassadeur des USA aux NU, avait demandé à l’ex-dictateur de quitter le pouvoir afin d’éviter que son corps ne soit traîné dans les rues de Kinshasa. M. Richarson, qui n’est plus aux affaires, dirige la NDI (Institut national démocratique), une structure américaine en charge de la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance.
Son passage à Kinshasa voudrait-il signifier que beaucoup de choses inquiéteraient encore la communauté internationale sur le déroulement des élections du 28 novembre 2011 ?

Sous le titre : « La Monusco tire la sonnette d‘alarme », L’Avenir signale que le début de la campagne électorale a été marqué le vendredi 28 octobre dernier par 4 victimes par balles, un mort et trois blessés lors d’un incident survenu à Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental. C’était à l’occasion d’une manifestation du Parti Travailliste. De même à Kinshasa, des affrontements entre militants du PPRD et ceux de l’UDPS sont signalés à Lemba et dans la commune de Masina, occasionnant un mort, des blessés, des arrestations et des dégâts matériels importants. Cette campagne commence sur fond d’intolérance politique, avec la présence des discours haineux qui montent en puissance. Signe qui n’augure pas une bonne campagne électorale et des bonnes élections «transparentes, démocratiques et surtout apaisées ». La Monusco lance un appel au sens civique de tous et voudrait encore rappeler que chacun à une responsabilité et un rôle à jouer pour que les élections se déroulent dans un climat apaisé. Elle demande au gouvernement d’ouvrir immédiatement une enquête pour déterminer les conditions dans lesquelles ces personnes ont perdu la vie ou ont été blessées et établir les responsabilités.

D’après Xinhua, l’ONU « demande une enquête sur un incident survenu lors du premier jour de la campage électorale ». Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC), Roger Meece, a demandé au gouvernement congolais d’ ouvrir immédiatement une enquête à Mbuji Mayi, dans la province du Kasai Oriental, sur un incident qui a causé un mort et trois blessés et pour en établir la responsabilité, indique un communiqué qui précise que M. Meece a exprimé sa grande préoccupation suite à cet incident survenu à l’occasion d’une manifestation du Parti travailliste pour marquer le début de la campagne électorale. La Mission des Nations Unies pour la stabilité en RDC (MONUSCO) rappelle que la liberté de rassemblement, le débat politique libre et constructif et la liberté d’expression sont importants et doivent être protégés durant cette période de campagne. M. Meece souligné que chacun a une responsabilité et un rôle à jouer pour que les élections se déroulent dans un climat apaisé.

Presse étrangère

Le 28 octobre 2011, jour du lancement de la campagne électorale en RDC, l’association Survie organisait en France, dans le cadre du Collectif Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique, une rencontre autour des prochaines élections présidentielle et législatives. En rendant compte, Afrikarabia cite, outre l’avis de Thierry Vircoulon, déjà cité dans la RP de samedi, les avis d’ Alphonse Maindo et de Marie-Soleil Frère.
Alphonse Maindo, professeur en Sciences politiques à l’Université de Kisangani, a analysé les motivations des électeurs congolais au cours des élections de 2006 et 2011. Il estime qu’en 2006, les Congolais voulaient « retrouver la paix« , expliquant ainsi le vote en faveur de Joseph Kabila. En 2011, Alphonse Maindo pense que les électeurs veulent « retrouver la joie de vivre« . En l’absence d’amélioration dans la vie quotidienne des Congolais, il prévoit un « vote sanctionnant les principaux responsables » (à savoir Joseph Kabila).
Marie-Soleil Frère, professeur de journalisme à l’Université Libre de Bruxelles, est enfin intervenue sur « le rôle des médias en période électorale« . Selon cette spécialiste, le paysage médiatique congolais n’a pas vraiment changé depuis les élections de 2006. Pour Marie-Soleil Frère, on retrouve les mêmes problèmes : un climat de tension extrême, une réglementation des médias non-clarifiée (malgré la nouvelle instance de régulation – CSAC), la télévision nationale (RTNC) toujours aux ordres du parti présidentiel, des médias très « partisans« , un journalisme précaire et « rétribué » et des organes de presse vecteurs d’intolérance pouvant mener à une violence généralisée. Marie-Soleil Frère relève enfin les nombreuses exactions commises envers les journalistes (5 assassinats depuis 2006 et 17 emprisonnements en 2010), mais aussi à l’encontre des organes de presse (la chaîne de télévision CMCTV a été délogé le 25 octobre 2011 et la chaîne RLTV a été pillé le 6 septembre 2011).

Le Pays (BF) titre « En finir avec cette image d’une Afrique piteuse » et estime que ce qui se passe actuellement en RDC n’est ni plus, ni moins que « des signes annonciateurs d’un scrutin apocalyptique ». En effet, à peine la campagne présidentielle a-t-elle commencé que l’on enregistre déjà 3 morts. Bien avant même ce récent incident, l’on avait comptabilisé un mort lors des dépôts de candidatures. Une chose est certaine : ce préambule électoral pour le moins lugubre montre à suffisance qu’aucun candidat n’est sûr de sa victoire au soir du 28 novembre prochain.
Ni le mastodonte Kabila qui s’est montré trop fébrile depuis le début du processus électoral, ni ses adversaires qui, plutôt que d’unir leurs forces pour se donner plus de chances, vont à l’élection en désordre, n’ont la moindre certitude de remporter ce scrutin. La RDC est un immense Etat qui a toujours échappé au contrôle effectif de tous les pouvoirs qui se sont succédé.
A tout le moins, chaque camp, à des degrés divers, a sa part de responsabilité dans ce branle-bas social indigne d’une nation démocratique moderne. Le pouvoir en place a instauré contre vents et marées un scrutin à un tour. Toute chose qui a crispé davantage l’atmosphère pour, enfin, réunir les ingrédients nécessaires d’un scrutin aux lendemains incertains. Les scrutins à 2 tours ont ceci de particulier qu’ils suscitent de l’espoir chez les candidats qui y vont avec des forces proportionnelles. Or, dans le cas précis de la RDC, chaque candidat de l’opposition se dit que tout se prépare derrière le rideau de Kabila pour lui réserver des surprises désagréables.
Ce scrutin à un tour est, pour ainsi dire, un coup K.O qui annonce un chaos. Quant à l’opposition, sa responsabilité se situe dans le fait qu’elle n’a pas jusqu’ici pu trouver un candidat commun. Elle n’aurait sans doute pas besoin de redouter tant Kabila si auparavant, elle avait cristallisé toutes ses forces sur un seul candidat.
En tout état de cause, ces images affreuses et piteuses que la RDC montre au reste du monde, ne sont pas de nature à glorifier l’Afrique. Comment l’Occident peut-il respecter le continent noir et ses dirigeants si la compétition électorale qui devrait être un jeu, rime en Afrique avec ethnicisme, tribalisme et violence ? Sans doute qu’au regard de la gravité de la situation, la communauté internationale se verra encore obligée d’intervenir pour sauver la RDC qui, de par l’irresponsabilité de sa classe politique, risque de basculer dans une spirale de violences à l’issue de la proclamation des résultats.

Ouest-France nous dit que « Kinshasa se demande s’il faut réélire Kabila ». « Je ne sais pas si je vais encore voter pour Kabila », lâche Vanessa. En 2006, cette coquette femme de ménage de 31 ans avait été séduite par Joseph Kabila, proclamé à 35 ans vainqueur de la présidentielle (58,05 %). « Il était jeune, très élégant », se souvient-elle. Surtout, «il a accepté de partager le pouvoir avec les rebelles pendant la transition pour que le pays soit calme ».« Franchement, coup de chapeau pour les routes ! Elles sont vraiment meilleures. Mais Kabila ne parle que de « la route, la route, la route » ! La vie sociale, il faut qu’il voie un peu ! », se plaint Vanessa. «Les prix ont beaucoup augmenté, la vie est très difficile. Pour faire manger mon mari, mes deux frères, mes deux enfants chaque jour, il me faudrait 20 dollars, mais moi je gagne combien ? », se désole Vanessa, qui peine également à payer les frais de scolarité, les factures et le loyer. Elle touche 152 dollars par mois. Son époux garde du corps en gagne 130.«À l’époque de Mobutu (1965-1997), les militaires recevaient chaque week-end un sac de riz, du poisson, des haricots, du poulet, un bidon d’huile… Ils étaient vraiment gâtés. Aujourd’hui, il n’y a pas de prime, rien ! » Au final, elle se demande si Joseph Kabila pourra redresser le pays, où plus de 75 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Puis, moins catégorique, elle se ravise : elle n’exclut plus de donner « une deuxième chance » à son champion de 2006.

 

©CongoForum, le lundi 31 octobre 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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