JOYEUX NOEL

24 décembre 2011

Aujourd'hui dans la presse

JOYEUX NOEL A TOUS! NOUS CONTINUONS A ESPERER.

24/12/11 REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI (CongoForum)

Les élections sont une fois de plus le sujet vedette, avec la « prestation de serment » de
Tshisekedi, finalement faite « à domicile », et la compilation des résultats des législatives.
Election présidentielle

Le Potentiel y consacre son éditorial sous le titre « Epreuve de force ». Il commente :
« La saga «Pouvoir-Opposition» est mal repartie. En témoigne, cette manifestation
dispersée de l’Opposition du vendredi 23 décembre et qui devrait être couronnée par la
prestation de serment du président auto-proclamé, Etienne Tshisekedi.
Tout est parti de cette contestation du président de l’UDPS et une bonne partie de
candidats malheureux à l’élection présidentielle ayant consacré président élu, Joseph
Kabila Kabange, lequel a obtenu 48,95% des suffrages exprimés, selon la CENI. Ce
résultat devrait être confirmé plus tard par la Cour suprême de justice, et le 20 décembre
2011, Joseph Kabila Kabange a prêté serment en sa qualité de président élu.
Mais Etienne Tshisekedi qui se considère aussi comme «président élu» par le peuple,
avait programmé sa prestation de serment ce vendredi 23 décembre, au stade des
Martyrs. Malheureusement, le pouvoir a déployé de gros moyens pour empêcher cette
cérémonie et cette prestation de serment n’a pas eu lieu. La foule qui s’était déplacée a
été dispersée à coups de grenades lacrymogènes soutenus par des tirs de balle en l’air.
Juste ce qu’il fallait pour déclencher cette épreuve de force que tout le monde redoute.
Simplement parce qu’elle comporte des conséquences imprévisibles et pourrait être le
début d’une longue série d’autres épreuves de force au risque d’entraîner le pays dans un
engrenage infernal. On ne peut plus éviter la crise politique. C’est ce que tout le monde
craint pour un pays qui se relève à peine d’une longue tragédie, laquelle menace son
existence en tant qu’Etat et Nation.
Selon certains analystes, la RDC affiche maintenant le schéma malgache : avec un
président élu officiellement et un autre président auto-proclamé mais qui se réclame élu
du peuple. L’île malgache a connu une situation identique avec Marc Ravalomanana et
Andry Rajoelana. Une épreuve de force qui a coûté cher à ce pays, et jusqu’à ce jour, il
ne s’en est jamais remis, même si l’on observe une certaine accalmie.
D’autres parlent du schéma ivoirien, également avec deux présidents, Gbagbo et
Ouattara. Là également, la crise politique a fait des ravages et elle n’est pas tout à fait
résolue quand bien même Laurent Gbagbo se trouve détenu à la CPI. Pour preuve, les
dernières élections ont été quasiment sans enjeu dès lors que les partisans de Gbagbo
ont boycotté les dernières législatives. Seulement, voilà. L’importance stratégique de ces
deux pays n’est pas à la hauteur de celle de la RDC. Pays au centre de l’Afrique, la RDC
possède de richesses à même de faire d’elle un pays émergent qui servirait de rampe de
lancement au processus de développement durable à toute l’Afrique. Les élections 2011
devraient justement permettre aux Congolais de caresser ce rêve, ce «grand rêve» pour
être le «géant de l’Afrique».
Voilà que ce rêve, de plus en plus insaisissable, de par les turpitudes de la classe
politique congolaise, est en train de s’éloigner, de s’envoler. Cette épreuve de force,
«Pouvoir-Opposition» n’est pas du tout porteuse de message de paix, de sécurité et de
développement. Bien au contraire. Elle risque de donner raison à tous ces voyeurs
(comprenez « voyants » NdlR) que l’année 2012 est «une année apocalyptique». C’est
tout dire ».
(Le spectacle du « bras de fer », et la question de savoir si la situation congolaise
ressemble plutôt à celle de Madagascar ou davantage à celle de la Côte d’Ivoire finissent
par mobiliser si bien l’attention qu’on en oublie qu’il y a derrière tout cela une question
importante et une seule : « quelle est la vérité des urnes ? », étant entendu que ce ne
peut EN AUCUN CAS être le pseudo-résultat qui a été proclamé par la CENI et entériné
par la CSJ. Nous avons publié dans cette « revue », tout au long des semaines écoulées,
suffisamment d’informations sur la manière dont les résultats ont été tordus, déformés,
brutalisés, en un mot : falsifiés pour qu’une conviction en ressorte : la « vérité des
urnes » n’a jamais été connue, mais on devrait pouvoir la reconstituer assez aisément à
partir des PV des bureaux de vote. A condition de s’y prendre vite : le papier est un
matériau fragile, qui craint l’eau et le feu.
Si l’on parvenait à reconstituer cette « vérité », on pourrait alors avoir un vainqueur à
proclamer. On ne peut pas exclure l’hypothèse que ce vainqueur soit Kabila mais, dans
ce cas, ce serait avec une avance beaucoup moins flamboyante que les millions de voix
que lui attribuaient les résultats de carnaval de la CENI.
Dans le cas contraire, il faudrait recommencer les élections.
Mais il est probable qu’on ne fera rien de tout cela. JKK a toujours la ressource de se
draper dans l’autorité de la chose jugée, avec un souverainisme ombrageux et ETwM
dans la toge de son rôle favori : celui de la victime. NdlR)
« En contradiction avec la Constitution qu’il reconnaît, Tshisekedi prête « serment » à
domicile », titre encore Le Potentiel. « La prestation de « serment » prévue vendredi au
stade des Martyrs n’a pas eu lieu », écrit ce journal qui explique par ailleurs que le
saladier de la commune de Kinshasa a été transformé en forteresse infranchissable.
Toutefois, Etienne Tshisekedi, « président auto-proclamé », se serait contenté de sa
résidence de Limete pour procéder à ladite cérémonie. Pour Le Potentiel, le fait que
Tshisekedi n’ait pas prêté serment au stade des Martyrs, constitue aux yeux du pouvoir
une victoire qui laisse entendre qu’il combattra toute « imposture ».
En ce qui le concerne, La Prospérité titre : « Tshisekedi : rendez-vous manqué au Stade
des Martyrs ! ». L’homme fort de l’UDPS n’a pas été au Stade des Martyrs comme il
l’avait annoncé, le dimanche 18 décembre. Il aurait, par contre, choisi de « prêter
serment » devant quelques fidèles combattants et cadres de son parti, en sa résidence
de la rue Pétunias, à la hauteur de la 10ème rue, à Limete-Résidentiel, écrit ce journal.
La Prospérité poursuit : « Acte jugé illégal » par Lambert Mende Omalanga qui a fustigé
la logique de la contestation des résultats de la présidentielle du 28 novembre annoncés
par la CENI et confirmés par la Cour Suprême de Justice. Ce journal estime que le bras
de fer longtemps craint s’est, en effet, engagé ce vendredi matin, aux abords du Stade
des Martyrs et dans les parages entre les éléments de la police et quelques irréductibles
combattants de l’Udps.
Mais, s’interroge La Prospérité, comment va-t-on gérer la suite des événements ? Que
fera-t-on de Tshisekedi dès lors qu’il s’enracine dans un jusqu’auboutisme inimaginable
et qui, manifestement, fait l’objet d’une réelle récupération politique subtile au niveau de
certaines officines étrangères ? Telle est l’équation, selon ce journal, à laquelle le
nouveau pouvoir consacré le 20 décembre dernier, à la Cité de l’Union Africaine, à
Ngaliema, est tenu de se mesurer, cinq ans durant.
Législatives
Au sujet de la compilation des résultats des députés, Le Potentiel titre : « Législatives
2011 : Jacques Ndoli explique l’appui de l’expertise internationale à la Ceni ». L’équipe
technique internationale que la Ceni a appelée va l’aider à faire la validation des résultats
compilés des élections législatives nationales du 28 novembre. Elle va également
analyser les différentes constatations des résultats et appuyer les équipes qui
fonctionnent, rapporte ce journal.
« Compilation députés : gros malaise ». Ce titre est d’AfricaNews qui qualifie de
putréfiée la voie qui mène à l’hémicycle. Les nouvelles en provenance des centres de
compilation sont inquiétantes. Preuves, à l’appui, observateurs, témoins, candidats,
agents de la Ceni font tous des pratiques qui frisent la corruption, la fraude et l’injustice,
révèle ce journal qui fait remarquer : « Conséquence : des contestations comme s’il en
pleuvait ».
La Prospérité, toujours à ce sujet annonce : « Nouveaux députés, la liste s’allonge ».
Dans cet article, ce journal explique : Après la première série de lundi dernier, elle a en
effet livré d’autres secrets des urnes. Désormais, cite-t-il, les Députés de Lukala, Luozi,
Madimba, Kolwezi, Kambove, Kamina, Lubutu, Idjwi, Katako Kombe, Lusambo et Dekese
sont là. Tandis que les noms des non élus sont aussi là.
La RDC dans les documents et la presse étrangère de cette semaine
Questions directes à Marie Arena
(Propos recueillis par Cheik Fita, CongoIndépendant, 20 12 11)
Quadragénaire, ancien ministre régional et fédéral, ancien Ministre-président du
gouvernement de la Communauté française de Belgique, Marie Arena est Sénateur sous
les couleurs du PS (parti socialiste). En novembre dernier, elle a effectué une mission
d’observation à Kisangani, Province Orientale, lors des élections présidentielle et
législatives du 28 novembre. A son retour en Belgique, Arena avait déclaré notamment
que les opérations électorales s’étaient déroulées de «manière honnête». Et qu’il fallait
«couper court à un certain nombre de rumeurs qui disent qu’il y a eu fraudes manifestes
(…) ». Ces propos avaient provoqué un certain trouble dans les esprits au sein de la
bouillante communauté congolaise de Belgique. Une communauté qui a toujours
reproché, à tort ou à raison, aux personnalités politiques belges francophones de faire
preuve de « complaisance » à l’égard du régime de «Joseph Kabila». Marie Arena, elle,
rétorque qu’elle ne parlait nullement du déroulement des élections à travers les onze
provinces du Congo mais uniquement des bureaux qu’elle a «observé» à Kisangani. Mardi
20 décembre, le Sénateur a bien voulu répondre aux questions de Cheik Fita et de la
rédaction de Congo Indépendant.
«Il n’appartient pas à la Belgique de désigner le vainqueur de l’élection présidentielle du
28 novembre au Congo»
Voulez-vous vous présenter à nos lecteurs?
Mon nom est Marie Arena, je suis socialiste. Je suis Sénatrice et vice-président de la
Commission des Relations extérieures au Sénat.
Vous revenez d’une mission d’observation dans le cadre des élections du 28 novembre au
Congo. Dans quelle province avez-vous été précisément ?
J’ai été au Congo dans le cadre d’une mission effectuée par trente députés et sénateurs
belges. Moi-même, j’ai été à Kisangani dans la Province orientale. Nous avons observé
les bureaux «urbains» à Kisangani. Une autre équipe s’est occupée des bureaux ruraux
dans la périphérie de la ville.
Combien de bureaux avez-vous visités ?
Nous avons visité au total dix centres de vote. C’est-à-dire des centres où il y avait
approximativement une vingtaine de bureaux organisés. Dans ces centres de vote, nous
avons choisi un certain nombre de bureau. Mon équipe, composée de deux personnes, a
eu à analyser la situation dans une vingtaine de bureaux de vote.
Vos déclarations selon lesquelles – je vous cite de mémoire – «les opérations électorales
s’étaient déroulées de «manière honnête» ont été perçues comme une volonté de
minimiser les irrégularités relevées par d’autres observateurs de la communauté
congolaise. Que répondez-vous ?
En fait, il faut recadrer la situation. Ma déclaration a été tirée d’une interview que j’avais
accordée à la RTBF. L’extrait qui a été diffusé n’a duré qu’une trentaine de secondes. J’ai
effectivement dit au journaliste que les bureaux que mon équipe a visité n’ont pas
montré des signes de fraude et d’irrégularités. Je n’ai parlé que de ce que j’ai vu dans le
temps qui nous a été imparti. La visite d’une vingtaine de bureaux sur 64.000 ne donne
pas la possibilité d’extrapoler. Il n’y a pas eu d’irrégularités manifestes dans les lieux que
j’ai visités. Il y avait certes des dysfonctionnements dans certains endroits. Des
dysfonctionnements dus à des difficultés logistiques. Je tiens à souligner que dans les
bureaux que j’ai vus de mes propres yeux, je n’ai pas perçu de volonté de fraude. Je
tiens également à signaler que notre mission d’observation était de court terme. Elle a eu
lieu la veille et le lendemain du vote. C’est pour vous dire que nous n’avons pas pu
observer les irrégularités qui sont mises aujourd’hui sur la table. A savoir, les
irrégularités du comptage qui ont eu lieu après le bureau de vote.
Devrait-on parler de malentendu ?
Mon interview à la RTBF avait une durée de plus ou moins cinq minutes. Le journaliste a
choisi un extrait d’une trentaine de secondes. Il a fait son choix. En réalité, ma volonté
était de dire que je ne peux pas avoir la prétention de poser une appréciation sur
l’ensemble des 64.000 bureaux dans la mesure où je n’ai visité que vingt dans un espace
de temps limité.
Que répondez-vous aux Congolais de Belgique qui reprochent aux personnalités
politiques belges francophones d’afficher une certaine complaisance vis-à-vis de «Joseph
Kabila» ?
Cette question m’inspire deux considérations. Primo : il ne revient pas aux responsables
politiques belges ou à n’importe qui en Belgique de choisir l’homme devant diriger le
Congo. Ce sont les Congolais qui doivent faire leur choix. Certaines personnalités
politiques peuvent avoir des liens ou des affinités avec des hommes politiques d’autres
pays. C’est leur affaire ! Ce n’est pas mon cas en particulier. Je considère que c’est aux
Congolais de choisir leurs dirigeants. Secundo : le citoyen congolais a le droit à la vérité.
Il me semble que le citoyen congolais réclame que la lumière soit faite sur les endroits où
il y a des doutes. Nous lançons un appel aux responsables politiques congolais quel qu’il
soit de faire la lumière sur ces endroits. A titre d’exemple, des membres de la société
civile congolaise nous dit : « Nous n’avons pas confiance dans les résultats agrégés au
niveau des différentes provinces. Nous demandons que les calculs se fassent sur base
des procès-verbaux établis par chaque bureau de vote.» Si telle est la demande de la
société civile pour avoir la clarté et la réalité des élections, je pense que le pouvoir et les
responsables politiques congolais doivent donner cela à la société congolaise. Si nous
pouvons aider dans ce sens, je pense que nous devons le faire en tant que communauté
internationale. Il s’agit d’aller vers la vérité. Et le peuple congolais a droit à cette vérité.
Dans le même registre – et sans interférer dans les querelles communautaires entre
Flamands et Wallons –, certains observateurs Congolais estiment que le personnel
politique flamand fait une «analyse objective» sur l’absence de démocratie et les
violations des droits de l’homme au Congo. Le commissaire européen Karel De Gucht est
cité en exemple. Alors que, disent-ils, les politiciens francophones ou wallons donnent
l’impression de caresser «Kabila» dans le sens du poil. Qu’en pensez-vous ?
C’est très étonnant. Je pense qu’il y a plus d’intérêts économiques flamands au Congo
que l’inverse. A titre d’exemple, le secteur diamantaire est beaucoup plus impliqué dans
la situation congolaise que les Francophones. C’est facile de dire que nous sommes pour
plus de démocratie au Congo. Et en même temps – lorsqu’il s’agit de faire la clarté sur
des filières peu transparentes sur des ressources naturelles au Congo, on entend très peu
les responsables politiques flamands. Je ne suis pas hypocrite. Je dis que nous devons
exiger la transparence partout. Nous devons exiger la transparence de la part du pouvoir
politique. Nous devons aussi exiger la transparence auprès du pouvoir économique qui
est aujourd’hui au Congo et qui, malheureusement, ne rend pas aux Congolais les
richesses de leur pays. On ne peut pas faire deux poids, deux mesures en insistant sur la
transparence politique et en restant muet sur la transparence économique. Pour le
moment, j’entends la société flamande se positionner sur le plan politique et pas sur le
reste de la réalité congolaise. Pour le reste, je pense que les Francophones sont tout
aussi exigeant en matière des droits de l’homme que les Nérlandophones. Ce n’est pas
une affaire communautaire.
Depuis deux semaines, la communauté congolaise manifeste au Quartier Matonge à la
Porte de Namur. Quel est votre commentaire ?
Je note que la diaspora congolaise exige, elle aussi, la vérité des urnes au Congo. C’est
intéressant de voir le lien politique que la diaspora congolaise a maintenu avec son pays
d’origine. C’est une démarche citoyenne vis-à-vis du Congo. C’est une première analyse.
La deuxième analyse est beaucoup moins positive. Vous savez autant que moi que ces
manifestations ont donné lieu à des débordements et la violence. Je privilégie toujours le
dialogue et pas la violence. Les débordements qui ont eu lieu à Matonge ne rehaussent
pas l’image des protestataires. Dès qu’il y a violence, une manifestation perd sa
crédibilité.
A propos de dialogue, êtes-vous au courant qu’une délégation des manifestants a tenté
en vain d’être reçue au siège du PS afin de remettre un mémo ?
Je ne suis pas au courant de ce passage au siège du PS. En revanche, j’ai été à Ixelles
avec le bourgmestre faisant fonction Béa Diallo. Nous avons rencontré un certain nombre
d’acteurs de ces manifestations. Nous leur avons demandé de nous remettre leurs
revendications pour nous permettre d’amorcer le dialogue. A titre personnel, je dois dire
que j’ai toujours privilégié le dialogue avec la diaspora. Mais, je condamnerai toujours -
et ce n’est pas une question de la diaspora congolaise ou autre – les réactions de
violence.
Concernant toujours Matonge, ne pensez-vous pas qu’il serait utile qu’une personnalité
politique belge, de haut rang, puisse se prononcer de manière assez claire?
La voix politique que la Belgique peut porter n’est pas une question d’un individu à un
autre. C’est la voix du droit à la réalité. La Belgique doit pouvoir aller vers les
responsables politiques congolais en leur disant : « Nous souhaitons que vous puissiez
faire la vérité des urnes». Et nous utiliserons tout ce qui est en notre pouvoir, c’est-à-dire
la diplomatie et les accords conclus entre nos deux pays pour aller vers cette vérité. Il ne
nous appartient pas ici en Belgique de désigner le vainqueur de l’élection présidentielle
du 28 novembre. Nous devons pouvoir le dire aux différents manifestants qui semblent
attendre que la Belgique choisisse avec eux un vainqueur.
Quel commentaire vous inspire-t-il la présence de plusieurs drapeau flamand «Vlaamse
Leeuw » lors de la manifestation organisée par la communauté congolaise le samedi 17
décembre ?
Les manifestants congolais ont fait un choix que je me garde de critiquer ou à émettre
une appréciation. La plupart des Congolais sont des citoyens belges. Ils ont ainsi un rôle
citoyen à jouer. Nous sommes en démocratie. Ils sont libres de faire le choix qui leur
convient.
Et pour conclure ?
Pour moi, demain, peut importe le président congolais, la Belgique doit être beaucoup
plus exigeante sur les droits de l’homme et les droits de la société civile en République
démocratique du Congo. Ce sont ces principes qui doivent nous guider dans le
partenariat que nous devons avoir entre la Belgique et le Congo.
Envisagez-vous d’évoquer ces questions avec le nouveau patron de la diplomatie belge,
Didier Reynders ?
Dans le cadre des débats au sein de la Commission des Relations extérieures du Sénat,
je pose plus ou moins une question par semaine au ministre des Affaires étrangères.
Nous allons continuer à poser des questions au gouvernement afin qu’il prenne des
positions qui vont dans ce sens.
«Prestation de serment» d’Etienne Tshisekedi : le vendredi de tous les dangers
(Christophe Koffi Noubouzan – AfreekNews – CI – 21 12 11 )
Etienne Tshisekedi défie Joseph Kabila. L’opposant qui s’est autoproclamé «président
élu» de la République Démocratique du Congo, confirme sa «prestation de serment» pour
vendredi prochain, au Stade des Martyrs à Kinshasa, selon des tracts distribués mercredi
dans la capitale.
«Congolaises, Congolais, venez nombreux assister à la cérémonie de prestation de
serment du président élu de la République démocratique du Congo, M. Etienne Tshisekedi
Wa Mulumba», indiquent les tracts rédigés en français et en lingala (langue bantoue
parlée en RD Congo), distribués ce mercredi à Kinshasa. Le rendez-vous est fixé à 09H00
GMT au stade des Martyrs, le plus grand de la ville avec 80.000 places, précise l’imprimé
avec en fond, l’image du leader de 79 ans et au bas son slogan: «Le peuple d’abord!».
L’opposition compte «défier» l’Armée ce jour de «prestation». «Nous avons programmé
d’aller au stade. Si Joseph Kabila veut opposer des chars à la population, ce sera de sa
responsabilité», a déclaré Jacquemin Shabani, Secrétaire général de l’Union pour la
démocratie et le progrès social (UDPS), le parti d’Etienne Tshisekedi. Le Stade des
Martyrs, lieu de ce serment, est déjà quadrillé par l’Armée et la Police congolaise.
Ça craint !
Etienne Tshisekedi a rejeté la réélection de Joseph Kabila à la présidentielle du 28
novembre dernier. Les résultats proclamés par la Commission Electorale Nationale
Indépendante (Céni) et confirmés par la Cour Suprême de Justice, ont donné 48,95% à
Joseph Kabila des voix contre 32,33% pour d’Etienne Tshisekedi. Les observateurs et les
ONG, ont relevé de «graves irrégularités» lors de ce scrutin.
La confirmation de la «prestation de serment» d’Etienne Tshisekedi pour vendredi, fait
craindre l’escalade de la violence aux conséquences incalculables. Pour l’heure, la Police
veille aux grains en dispersant tout rassemblement de l’opposition et procédant à des
arrestations des opposants. Les partisans d’Etienne Tshisekedi disent ne pas «craindre
une répression violente». «Si les forces de l’ordre tirent, il va diriger le pays sur nos
cadavres», a lancé l’un d’eux. Faisant allusion au président Joseph Kabila qui a prêté
serment mardi pour un second quinquennat…
RDC: Tshisekedi décidé à prêter serment vendredi, des arrestations dénoncées
(AFP/Libération – 21 12 11)
KINSHASA (AFP) – L’opposant Etienne Tshisekedi, autoproclamé « président élu » de la RD
Congo après avoir rejeté les résultats de la présidentielle, maintient sa « prestation de
serment » vendredi dans un stade de Kinshasa, trois jours après l’investiture du président
réélu Joseph Kabila.
Amnesty International a par ailleurs dénoncé mercredi « une vague d’arrestations
politiques » dans le pays, notamment d’opposants, depuis les élections du 28 novembre.
Annoncée dimanche par M. Tshisekedi lui-même, sa prestation a été confirmée mercredi
à Kinshasa par voie de tracts appelant les Congolais à venir « nombreux assister à la
cérémonie de prestation de serment du président élu de la République démocratique du
Congo », vendredi.
Le rendez-vous est fixé à 10H00 (09H00 GMT) au stade des Martyrs, le plus grand de la
ville avec 80.000 places, est-il précisé sur le petit imprimé avec en fond le visage du
leader de 79 ans et au bas son slogan: « Le peuple d’abord! ».
« Nous avons programmé d’aller au stade. Si Kabila veut opposer des chars à la
population, ce sera de sa responsabilité », a confirmé à l’AFP Jacquemin Shabani,
secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de
M. Tshisekedi.
Depuis dimanche, des blindés de la Garde républicaine sont positionnés aux abords du
stade de Martyrs, et dans quelques autres lieux de la capitale.
M. Kabila a officiellement été réélu avec 48,95% des suffrages, contre 32,33% à son rival
Etienne Tshisekedi, arrivé second devant neuf autres candidats lors du scrutin à un tour.
Le leader de l’UDPS s’est autoproclamé « président élu » après avoir rejeté les résultats du
scrutin, entaché de nombreuses irrégularités dénoncées notamment par des missions
d’observation, les Etats-Unis, la France et l’Union européenne.
Mardi, Joseph Kabila, proclamé réélu pour un second quinquennat par la Cour suprême
de justice, a été officiellement investi et a prêté serment à Kinshasa.
La cérémonie a été marquée par l’absence des chefs d’Etats africains invités, à
l’exception du Zimbabwéen Robert Mugabe, qui a jugé la victoire de Kabila « éclatante et
démocratique ».
Vendredi, au stade de Martyrs, des personnalités doivent être conviées mais « nous
n’allons pas inviter de chefs d’Etat, on va se limiter à leurs représentations diplomatiques
ici », a précisé M. Shabani.
Interrogé pour savoir si une autorisation avait été demandée auprès des autorités
locales, M. Shabani a répondu: « Vous n’imaginez tout de même pas que le président de
la République va demander l’autorisation à quiconque pour faire une manifestation? ».
Depuis le 9 décembre, jour de l’annonce des résultats provisoires donnant déjà Kabila
vainqueur et où des violences avaient éclaté dans la capitale, les rassemblements
d’opposants sont systématiquement dispersés par la police, comme dans quelques villes
de l’est du pays.
Amnesty International a demandé mercredi aux « forces de sécurité » congolaises de
« mettre fin à une vague d’arrestations politiques, et en particulier aux arrestations
arbitraires et illégales ».
L’ONG britannique a évoqué dans un communiqué des « dizaines d’arrestations »
concernant « des civils, des journalistes, des avocats et des responsables de l’opposition
politique, mais aussi des agents des forces de sécurité » originaires des « fiefs de
l’opposition ».
« Les forces de sécurité congolaises semblent profiter du climat de tension et d’incertitude
(…) pour mener cette série d’arrestations politiques (…) qui menacent d’étouffer la
liberté d’expression et de réunion », a déclaré Paule Rigaud, directrice adjointe Afrique
d’Amnesty, citée dans le communiqué.
Le Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme (BCNUDH) s’est dit « préoccupé par le
nombre d’arrestations arbitraires (…), ainsi que par les allégations de mauvais
traitements dans différents lieux de détention », dans un communiqué.
Résultats électoraux : mathématiques congolaises
(MFC – La Libre, 21.12.11)
Les détails sur les fraudes perpétrées lors du comptage des votes par la Commission
électorale (Ceni) continuent à affluer. Le parti du candidat à la présidence Vital Kamerhe,
l’Union pour la Nation congolaise (UNC), a ainsi diffusé une comparaison entre les chiffres
publiés par la Ceni et ceux affichés sur les bureaux de vote.
Le dépouillement des bulletins a en effet lieu, au Congo, dans le bureau de vote, sitôt
après la clôture du scrutin. Les résultats, signés par les témoins des partis politiques,
doivent être affichés sur le bureau de vote et copie en est envoyée à la Ceni.
Les comparaisons de l’UNC montrent des différences considérables entre les résultats
affichés sur les bureaux de vote et ceux, officiels, de la Ceni, différence
systématiquement en faveur de Joseph Kabila et en défaveur de son principal rival local -
Etienne Tshisekedi au Katanga, Vital Kamerhe au Kivu.
Ainsi, les PV des bureaux de vote du centre de vote CS La Joie, à Goma (Nord-Kivu),
donnent 96 voix à Kabila, 209 à Kamerhe et 7 à Tshisekedi. Mais la Ceni a annoncé 155
pour le premier (soit une hausse de 59 voix), 188 pour le deuxième (diminué ainsi de 21
voix) et 4 pour le troisième (qui perd trois bulletins).
C’est au Katanga que les différences sont les plus ébouriffantes – et l’UNC a d’autant plus
de mérite à les diffuser que les résultats affichés sur les bureaux de vote sont souvent
moins flatteurs pour Kamerhe que la version concoctée par la Ceni. Ainsi, à Lubumbashi,
les bureaux de vote du centre de vote CS Christ Sauveur donnaient 64 voix à Kabila et
244 à Tshisekedi; la Ceni, impavide, annoncera 264 pour le premier et 44 pour le second,
soit 200 voix de plus pour le Président et 200 de moins pour l’opposant. Même cuisine au
centre de vote CS La Colombe de Lubumbashi, où les bureaux de vote montrent 110 voix
à Kabila et 255 à Tshisekedi; la Ceni en annonce 310 et 55, soit là aussi plus 200 pour
l’un et moins 200 pour l’autre. Même jeu aux centres de vote EP1 Imara et CS Bustani ya
Elimu.
Parfois la Ceni préfère jouer sur « +100/-100″, comme aux centres de vote Clinique
Vétérinaire, où Kabila passe de 108 à 208 voix et Tshisekedi de 117 à 17; Institut
technique Kitendo, où le Président passe de 101 à 201 voix et son opposant de 146 à 46;
Institut Ika, où le chef d’Etat passe de 56 à 156 et le vieux Kasaïen de 104 à 4; Collège
Jean Calvin, où Kabila passe de 121 à 221 et son rival de 157 à 57 voix.
Au centre de vote CS Njanja, où les bureaux de vote donnaient 61 voix à Kabila, la Ceni
en a carrément annoncé… 704, soit un gain de 643 voix, tandis que Tshisekedi passe de
120 à 39, soit une perte de 81 bulletins. Pour noyer le poisson, la Ceni gonfle le score de
Kamerhe de 3 à 30.
Ces manipulations surviennent alors que l’enregistrement des électeurs avait déjà été
suspect au Katanga – c’est une des raisons pour lesquelles l’opposition réclamait la
révision du fichier électoral, qui n’a pas eu lieu. En effet, si l’on notait un accroissement
du corps électoral de 26% en moyenne dans toute la République, au Katanga, il variait,
selon les régions, de 38 à 52%.
A Kinshasa, note un observateur interrogé par « La Libre Belgique », la Ceni a
systématiquement fait disparaître deux bureaux par centre de vote – « généralement des
bureaux où avaient été affichés des scores importants pour Tshisekedi ». Les résultats de
2 200 bureaux de vote ont été perdus dans la capitale, 122 à Mbuji Mayi – deux fiefs du
vieil opposant – et environ 2 000 dans le reste du pays.
RDC: un remake de la crise ivoirienne?
(Sabine Cessou – Slate Afrique – 21 12 11)
La crise postélectorale en République démocratique du Congo rappelle le scénario
ivoirien. Deux candidats se proclament vainqueurs à l’issue d’un scrutin contesté
Une crise postélectorale s’ouvre en République démocratique du Congo (RDC), à un an
d’écart et exactement aux mêmes dates qu’en Côte d’Ivoire. Le rival du président
sortant, Etienne Tshisekedi, officiellement crédité de 32,33% des voix, se proclame
vainqueur et menace de recourir à la rue, malgré les interdictions de manifester. On
redoute le bain de sang, comme après la marche du 16 décembre 2010 des partisans
d’Alassane Ouattara sur la Radio-télévision ivoirienne (RTI).
Le cas congolais
Joseph Kabila, qui sort gagnant d’un scrutin contesté, avec 48,95% des suffrages, a
renforcé la répression. Comme l’avait fait Laurent Gbagbo, avant, pendant et après la
présidentielle ivoirienne.
Vers quoi s’achemine-t-on en RDC? Conflit larvé ou solution négociée de partage du
pouvoir, comme au Kenya ou auZimbabwe? Seule certitude, pour le moment: cette
nouvelle crise ne risque pas de mobiliser la communauté internationale derrière Etienne
Tshisekedi, comme cela avait été le cas pour Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire.
Francis Akindes, politologue, professeur à l’université de Bouaké (Côte d’Ivoire), rappelle
en effet que les deux situations ne sont «pas du tout comparables, même si elles
aboutissent aux mêmes effets, en termes de frustrations susceptibles de se transformer
en violences meurtrières».
Première grande différence: «Les organes de régulation des élections dans les deux pays
ne sont pas de même qualité. En Côte d’Ivoire, il y avait un minimum de consensus
autour de la commission électorale, alors qu’en RDC, elle a été contestée dès le départ,
en raison des liens entre son président et le chef de l’Etat. En Côte d’Ivoire, les acteurs
se suspectaient, mais ils étaient d’accord sur un maximum de points favorables à
l’organisation des élections, dans le cadre des accords de Ouagadougou.»
Seconde différence majeure: «Alors que la présence de la communauté internationale en
Côte d’Ivoire était massive, forte et structurée, elle paraît presque symbolique en RDC, si
l’on rapporte le nombre d’observateurs à la taille du territoire, presque continentale. Les
conditions de la fraude étaient donc objectives, et dans les deux cas, le pouvoir avait
l’intention de frauder. En Côte d’Ivoire, il y avait beaucoup d’obstacles qui contrariaient le
projet… En RDC, il n’en va pas de même. A Kinshasa, il n’y a pas de Conseil
constitutionnel susceptible de valider ou non les élections, mais une Cour suprême qui ne
cesse de s’étoffer de gens choisis par Joseph Kabila.»
Les mêmes disparités sont soulignées par le chercheur français Thierry Vircoulon,
directeur pour l’Afrique centrale de l’ONG américaine International Crisis Group.
«Contrairement à la Côte d’Ivoire, les Nations unies n’ont pas assuré la certification des
élections, rappelle-t-il. Elles ont adopté une attitude plus frileuse, évitant de s’impliquer
le plus possible dans le processus, notamment sur les points les plus politiques, pour
éviter de se retrouver en position d’arbitre dans la mésaventure congolaise».
Pour le consultant béninois Gilles Yabi, responsable d’International Crisis Group pour
l’Afrique de l’Ouest, les deux situations ne sont pas liées. «Je ne suis pas sûr que sans le
précédent ivoirien, il n’y aurait pas eu la même situation en RDC. Le président sortant
avait toutes les cartes en main pour passer, soit par la fraude, soit par l’usage de la
force. On assiste en RDC à la chronique d’une victoire annoncée depuis longtemps pour
Joseph Kabila. Il a fait modifier la Constitution pour instaurer un scrutin à un seul tour.
On peut simplement se demander si le précédent ivoirien n’encourage pas davantage le
leader de l’opposition, dans ce type de situation, à se dire qu’un bras de fer peut aboutir
à la défaite du président sortant… Mais les circonstances ne sont pas les mêmes.»
Une communauté internationale moins influente
Alors, quelles solutions pour régler le conflit post-électoral congolais? L’Union pour la
démocratie et le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi demande une contreexpertise
des résultats indépendante. Les modalités politiques et pratiques d’une telle
démarche restent difficiles à définir, dans la mesure où le pouvoir en place refuse toute
remise en cause les résultats proclamés.
Les Etats-Unis ont proposé leur assistance technique pour un éventuel examen des
recours déposés par l’opposition ou le recomptage des voix. Sans pour autant intensifier
la pression sur Joseph Kabila.
Le Département d’Etat américain a en effet pris position le 14 décembre, de manière
assez prudente, pour dire que les élections étaient «sérieusement entachées»
d’irrégularités – mais sans se prononcer sur l’impact de ces irrégularités sur les résultats.
Et «d’encourager les autorités congolaises à examiner les irrégularités en opérant avec le
maximum d’ouverture et de transparence».
En RDC, la communauté internationale marche sur des oeufs. La mission des Nations
unies en RDC a changé de nom le 1er juillet 2010, passant de Monuc à Monusco, pour
faire plaisir à Joseph Kabila.
Ce dernier, qui gère seul la Défense et les Affaires étrangères, a instamment demandé
son départ – sans obtenir le retrait de quelque 20.000 Casques bleus. L’allergie à l’égard
de toute intervention extérieure, dans une opinion publique devenue «très soupçonneuse
et très susceptible», a été soulignée début décembre par l’historien congolais Elikia
Mbokolo sur les ondes de radio Okapi: «Une partie de l’opinion soupçonne à tort ou à
raison la communauté internationale d’être de parti pris, d’avoir intérêt à soutenir un ou
deux candidats. On a constamment l’impression que la souveraineté du Congo reste
nominale, à chaque moment majeur de son histoire. L’opinion congolaise est lassée
d’avoir l’impression que des gens interviennent.»
Ce n’est pas le moindre des paradoxes congolais: les protagonistes de la crise se
tournent malgré tout vers la communauté internationale. Les représentants de Joseph
Kabila comme d’Etienne Tshisekedi ont en effet reproché à la mission d’observation de
l’Union européenne (UE) d’avoir dénoncé les irrégularités des élections, sans se
prononcer sur qui, à son avis, aurait dû remporter le scrutin.
Au final, pour Gilles Yabi, c’est la situation ivoirienne, et non la contestation des élections
en RDC, qui reste très spécifique. «Le niveau d’intervention international a été singulier
en Côte d’Ivoire, et même unique dans l’histoire des Nations unies, ce que n’avaient pas
forcément compris tous les observateurs de la crise. Ce rôle de certificateur était très
particulier, et intégré dans le dispositif légal ivoirien. En RDC, on a observé un niveau
d’intervention international très fort lors des élections de 2006, au sortir d’une transition.
Cette fois-ci, le rôle des Nations unies s’avère beaucoup plus réduit, ce qui n’est pas
surprenant et relève plutôt de la règle que de l’exception…»
Pas de jurisprudence Gbagbo
Un an après la crise ivoirienne, faut-il se résoudre à voir les dirigeants en place se faire
réélire en toute impunité, comme si l’arrestation de Laurent Gbagbo n’avait provoqué
aucune onde de choc? Réponse de Francis Akindes: «On a imposé le multipartisme à tous
ces pays depuis 1990, après le discours de la Baule. Tous les cinq ans, de nouveaux
dispositifs de fraude plus sophistiqués se mettent en place. En 1995, on a assisté au
bourrage des urnes. En 2000, on a modifié les Constitutions. Les techniques s’affinent
pour conserver le pouvoir d’Etat. Pour une plus grande efficacité, elles se doublent de la
privatisation de la violence d’Etat. Plus le temps va passer, plus les périodes préélectorales
et post-électorales seront violentes, pour une raison toute simple: les
principes et mécanismes de la démocratie ne sont ni internalisés, ni appliqués, parce que
la classe politique elle-même n’y croit pas! Les politiques n’ont qu’une seule idée, garder
le pouvoir le plus longtemps possible lorsqu’ils le détiennent ou le conquérir pour le
conserver durablement quand ils sont dans l’opposition.»
Dans le cas de la RDC, le manque de cohérence de la communauté internationale frappe
au moins autant que le manque de transparence des élections. Pour Francis Akindes, «on
pourrait presque reprocher à la communauté internationale d’avoir contraint Laurent
Gbagbo à quitter le pouvoir. Du point de vue de la classe politique au pouvoir dans ces
pays, c’est injuste de l’avoir arrêté. En cela, la communauté internationale vient pervertir
ostensiblement les règles non écrites du jeu politique à l’africaine. Puisque chacun sait
qu’il peut se débrouiller pour se maintenir…»
Du côté des Nations unies, il n’est pour l’instant pas question de répéter ailleurs en
Afrique le processus de certification des élections ivoiriennes – un processus qui n’a pas
empêché la crise. Pour Francis Akindes, la certification relève d’ailleurs d’une «lubie de
Blancs», sur un continent ou «personne, ni Joseph Kabila et pas même Abdoulaye Wade,
ne veut d’un processus de certification à l’ivoirienne. Du coup, Laurent Gbagbo a le
sentiment qu’on l’a eu. Il s’est senti floué. D’où sa hargne, et le sentiment que
l’argument qu’on lui a opposé n’est pas correct, du point de vue africain. Cette
conception gbagbiste, même si elle n’est pas raisonnable, paraît rationnelle. L’attitude
frileuse de la même communauté internationale en RDC l’atteste.»
Présidentielle en RDC : autopsie d’un fiasco
(Christophe Boisbouvier – Jeune Afrique – 21/12/2011)
Même si elles ne remettent pas forcément en question l’ordre d’arrivée des candidats, les
irrégularités constatées lors de la présidentielle du 28 novembre en RDC sont telles
qu’elles décrédibilisent l’ensemble du processus électoral. Et affectent la légitimité du
vainqueur proclamé et investi président mardi 20 décembre: Joseph Kabila.
«Oui, 1 375 000 voix ont été perdues, c’est vrai, mais comme Joseph Kabila devance
Étienne Tshisekedi de plus de 3 millions de voix, cela ne change pas le résultat »,
explique le plus naturellement du monde Daniel Ngoy Mulunda, le président de la
Commission électorale nationale indépendante, la Ceni. En RDC, c’est comme ça. Tout le
monde sait que les chiffres ne sont pas fiables. La Ceni elle-même le reconnaît. Mais,
« en gros », Joseph Kabila a gagné. Ici, on compte les voix « au doigt mouillé ». C’est
l’exception congolaise.
C’est au Katanga et dans le Bandundu que les résultats mis en ligne par la Ceni depuis le
9 décembre sont les plus incroyables. Au Katanga, le taux de participation atteint
69,6 %, soit 11 points de plus que la moyenne nationale, et Kabila écrase Tshisekedi:
89,9 % contre 7 %. « Pas crédible, affirme un observateur international. Tshisekedi ne
peut pas plafonner à 221 000 voix dans une région où les Kasaïens [les gens de la même
région que le vieil opposant, NDLR] en âge de voter représentent au moins 800 000
voix. » Dans certaines circonscriptions du Katanga, la fraude est grossière, et il suffit
d’aller sur le site de la Ceni pour s’en rendre compte. Dans le territoire de Malemba-
Nkulu (268 121 votants), le taux de participation est de 99,46 % – il n’y a donc aucun
malade, aucune femme en couches –, et le candidat Kabila obtient… 100 % des voix. Pas
99,9 %, non. 100 %! Les dix autres candidats ne recueillent aucune voix.
Dans le Bandundu, Kabila est aussi très loin devant Tshisekedi: 73,4 % contre 19,5 %.
Or, au second tour de la présidentielle de 2006, le même Kabila n’avait obtenu que
39,4 % des voix [face à Bemba]. « À l’époque, se rappelle un fin connaisseur du Congo,
le Palu [Parti lumumbiste] de Gizenga était fort dans cette province et avait appelé à
voter Kabila. Aujourd’hui, le Palu est divisé et affaibli par la gestion du Premier ministre
Muzito. Je me demande bien par quel miracle Kabila a réussi à doubler son score. »
Introuvables
En revanche, au Kasaï, la région d’origine de Tshisekedi, le taux de participation est
inférieur à la moyenne nationale de 58,8 %: 50,6 % au Kasaï-Occidental et 54,1 % au
Kasaï-Oriental. Comme dit le Centre Carter, l’ONG américaine spécialisée dans
l’observation électorale, « au Kasaï-Oriental, Tshisekedi obtient plus de 90 % des voix
dans neuf centres locaux de compilation des résultats (CLCR), mais le taux de
participation est nettement en dessous de la moyenne nationale ». Et à Mbuji-Mayi, le
chef-lieu du Kasaï-Oriental, les procès-verbaux de 122 bureaux de vote (16 % des
bureaux) sont introuvables. Pas de chance… À Kinshasa, autre fief de l’opposition, ce
sont carrément près de 2 000 bureaux de vote dont les PV ont été perdus – ce qui
représente 350 000 voix. « En brousse, on peut comprendre, dit notre observateur, mais
dans la capitale… »
Comment s’explique le faible taux de participation dans les fiefs de Tshisekedi ? « Par
les actes de violence », dit le président de la Ceni. « Au Kasaï, on attaque les bureaux de
vote, les électeurs fuient, ils ne vont pas voter, et on dit que c’est la faute de la Ceni »,
s’offusque Daniel Ngoy Mulunda. Il est vrai que, dans certaines localités, les partisans de
Tshisekedi ont menacé les agents de la Ceni et tenté eux aussi de bourrer les urnes. Et le
taux de participation très élevé sur les terres de Kabila ? « C’est parce que les partisans
du chef de l’État se sont organisés ». Et Ngoy Mulunda de conclure, d’un ton définitif :
« La déclaration du Centre Carter se base sur une observation faite dans un nombre
limité de CLCR, 25 sur 169. Elle est nulle et sans effet. » Rideau.
Selon les résultats provisoires de la Ceni, sur le plan national, Kabila a obtenu 48,9 %
des voix, et Tshisekedi 32,3 %. Les irrégularités multiples de ce scrutin peuvent-elles
avoir modifié l’ordre d’arrivée des candidats ? C’est bien sûr la question clé. Le Centre
Carter : « Nos constatations ne signifient pas que l’ordre final des candidats soit
nécessairement différent de celui annoncé par la Ceni. » La mission des observateurs de
l’Union européenne (UE): « Cette question n’entre pas dans le cadre de notre mandat. »
Bref, chez les observateurs internationaux, on ne prend pas trop de risques. Mais on
invite le lecteur à regarder de plus près le communiqué de l’UE et à en tirer lui-même ses
conclusions.
Main lourde
Que dit ce rapport ? L’élection présidentielle n’a été transparente à aucun stade du
processus de dépouillement. D’abord – et peut-être surtout – au niveau des quelque
63.000 bureaux de vote. La Ceni a bien publié sur CD les résultats bureau par bureau.
Mais pas le scan des 63 000 procès-verbaux établis et affichés le soir du 28 novembre.
Non. En réalité, elle a publié la saisie informatisée de ces PV. Or cette saisie n’a pas été
faite sur place. Elle a été réalisée quelques jours plus tard au sein des 169 centres de
compilation – les fameux CLCR –, et « parfois sans témoins », précise la mission de l’UE.
Et les observateurs européens d’enfoncer le clou: « Plusieurs résultats de bureaux de
vote rendus publics le soir du dépouillement et observés par nos équipes sur le terrain,
notamment à Lubumbashi, ne correspondent pas à ceux publiés par la Ceni. » On
comprend mieux comment le candidat Kabila a pu obtenir 100 % des voix dans le
territoire de Malemba-Nkulu. Certains opérateurs de saisie ont eu la main lourde…
Au niveau de ces 169 centres de compilation, justement, beaucoup d’opérations se sont
faites à huis clos. Au Katanga, au Sud-Kivu, en Province-Orientale et à Kinshasa, les
observateurs européens et les témoins des candidats ont été empêchés d’assister à
l’ensemble des travaux de compilation. À Lubumbashi et Kinshasa, des observateurs du
Centre Carter ont surpris des chefs de CLCR en train d’expliquer à leurs équipes qu’il ne
fallait leur donner aucune information.
Plus édifiant encore, à Lubumbashi (Katanga), Goma (Nord-Kivu), Kisangani (Province-
Orientale), Mbandaka (Équateur), Mbanza-Ngungu (Bas-Congo) et Kinshasa, le bureau
national de la Ceni a demandé aux chefs de centres de compilation de ne pas afficher
immédiatement les résultats de leurs travaux, comme le prévoit pourtant la loi
électorale. La Ceni a exigé que ces résultats compilés soient d’abord envoyés à son siège
de Kinshasa pour « un contrôle de cohérence ». Bref, les multiples entraves à la
transparence ne sont pas venues seulement de petits chefs locaux…
Preuve que les ordres venaient d’en haut: les témoins congolais et les observateurs
internationaux n’ont pas eu accès au saint des saints, le Centre national de traitement
(CNT), installé dans l’immeuble de la Ceni, boulevard du 30-Juin, à Kinshasa. C’est là que
les résultats compilés des 169 CLCR ont été reçus et vérifiés. Aucune personne
extérieure à la Ceni n’a pu entrer dans cette chambre forte. Conclusion des observateurs
de l’UE: « L’absence de témoins et d’observateurs lors de cette phase essentielle de
consolidation et de vérification ne peut qu’affecter la confiance dans les résultats
annoncés et leur crédibilité. » Comme le dit en off un diplomate occidental à Kinshasa,
« il y avait une volonté très claire d’écarter tout regard extérieur ».
Doublons
Alors, qui aurait gagné s’il n’y avait pas eu fraude ? Toujours la même question.
« Attention, confie un observateur international, la fraude n’a pas commencé le soir du
vote. En avril, mai et juin derniers, lors de l’enrôlement des électeurs, il y a eu beaucoup
de doublons, c’est-à-dire des personnes enrôlées deux fois. Peut-être 2 millions sur les
quelque 32 millions de Congolais inscrits sur le fichier. Et comme le régime a toujours
refusé un audit indépendant sur ce fichier… » Et notre observateur d’ajouter : « Si vous
additionnez ces doublons au 1,3 million de bulletins de vote perdus et à toutes les
fausses saisies de PV de bureaux de vote dans les centres de compilation, l’écart de voix
officiel entre Kabila et Tshisekedi n’a plus de sens. »
En fait, quand on regarde la carte, c’est essentiellement dans trois provinces du pays que
Kabila creuse l’écart avec Tshisekedi: le Katanga (2,6 millions de voix d’avance), le
Bandundu (1 million) et la Province-Orientale (1 million). Or le Katanga concentre toutes
les graves anomalies constatées par les témoins et les observateurs: PV falsifiés, CLCR
inaccessibles, etc. Quant au Bandundu, il donne des résultats tellement surprenants que
beaucoup n’y croient pas. Autre province suspecte, le Nord-Kivu. Dans les territoires de
Masisi et de Rutshuru, Kabila devance nettement Kamerhe, le candidat « régional », qui
est arrivé officiellement troisième à l’échelle nationale avec 7,7 % des voix. Or, selon
plusieurs témoins, les ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP)
– aujourd’hui ralliés au régime – ont « aidé » les populations à voter.
Que faire ? Recompter, ce n’est pas possible. De l’aveu même de la Ceni, les
1.375.000 bulletins de vote perdus ne sont pas récupérables. Lors de la compilation des
résultats, de nombreux sacs de PV ont été éventrés, égarés, voire confisqués par des
agents des forces de l’ordre. Des journalistes l’ont vu de leurs propres yeux au centre de
compilation de Kinshasa. « Les Casques bleus de la Monusco ont été beaucoup plus
efficaces pour déployer le matériel de vote que pour sécuriser la collecte des PV »,
persifle un observateur. Arrivé officiellement quatrième avec 4,9 % des voix – et premier
dans l’Équateur –, Léon Kengo wa Dondo ne voit plus qu’une solution: annuler et
recommencer. Après tout, dans toute démocratie à peu près acceptable, une élection
avec un tel taux d’incertitude ne pourrait qu’être invalidée. « Oui, ça coûte cher, dit le
président du Sénat, mais on ne peut pas accepter n’importe quel résultat sous prétexte
qu’on n’a pas les moyens de recommencer une élection. Surtout, la paix n’a pas de
prix ».
Investiture sous tension en République du Congo
(Damien Roustel – L’Humanité – 21 12 11)
Joseph Kabila, président sortant de la République démocratique du Congo, a été investi
hier pour un deuxième mandat. Son élection est contestée par son rival Étienne
Tshisekedi.
Il a juré de « sauvegarder l’unité nationale, de ne (se) laisser guider que par l’intérêt
général et le respect des droits de la personne humaine »… Joseph Kabila, quarante ans,
président sortant de la République démocratique du Congo, a prêté serment hier à
Kinshasa devant Dieu et la nation.
Robert Mugabe, le président omnipotent du Zimbabwe, était le seul chef d’État présent à
cette cérémonie d’investiture. Mais une douzaine de pays africains étaient représentés
par leur premier ministre ou des ministres, sans compter quelques ambassadeurs de
pays tels que la France, la Belgique, la Grande-Bretagne.
Étienne Tshisekedi, principal opposant de Kabila junior et candidat malheureux de
l’élection du 28 novembre, conteste les résultats du scrutin présidentiel. Des
observateurs locaux et internationaux ont fait état de nombreuses irrégularités au cours
du scrutin. Dans la région du Katanga, on a ainsi recensé dans la circonscription de
Malemba-Nkulu un taux de participation de 99,46% et un score de 100% pour Joseph
Kabila, soit plus de 2,5 millions de voix !
La Cour suprême de justice (CSJ) a pourtant validé hier la victoire de Joseph Kabila
(48,95% des voix) devant Étienne Tshisekedi (32,33%).
Âgé de soixante-dix-neuf ans, celui-ci ne compte pas en rester là. Après s’être proclamé
«président élu», il a annoncé qu’il prêterait lui aussi serment «devant le peuple». Cette
investiture parallèle devrait avoir lieu vendredi au stade des Martyrs de Kinshasa.
La situation est très tendue et fait craindre une explosion de violences. Une dizaine de
chars de la garde républicaine ont été déployés dans la capitale, dont quatre devant le
stade des Martyrs, a constaté l’Agence France-Presse. Selon l’ONG Human Rights Watch,
au moins 18 civils ont été tués au cours de la campagne. L’association de défense des
droits de l’homme a pointé du doigt les forces armées de la garde républicaine.
Lors de son intronisation, le nouveau président de la République démocratique du Congo
a rejeté la responsabilité de ces violences sur l’opposition. Il a rendu hommage «aux
victimes innocentes de l’intolérance politique et des discours d’incitation à la haine et à la
violence de certains acteurs politiques». Avant d’ajouter que les forces de sécurité
avaient «dans des conditions particulièrement difficiles fait preuve de patriotisme et de
professionnalisme, avant pendant et après le scrutin».
Il a également déclaré : «Vous avez été appelés à choisir entre d’une part les promesses
chimériques sur fond de discours incendiaires, et d’autre part la perspective de la
consolidation de la paix et de la stabilité, la poursuite de la reconstruction du pays et la
crédibilité du projet de sa modernisation. Vous avez opté pour la continuité et l’oeuvre
grandiose commencée à mon initiative.» En toute modestie…
La France appelle au dialogue
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a appelé les Congolais à
s’abstenir de toute violence après la réélection contestée de Joseph Kabila. «Ce que nous
souhaitons c’est que des deux côtés on évite toutes les violences, et jusqu’à présent cela
semble être le cas», a-t-il dit. «Nous nous appuyons beaucoup sur les institutions
régionales, les Africains eux-mêmes, les voisins du Congo, pour envoyer ce message de
dialogue et d’abstention de toute violence», a-t-il poursuivi.
RDC : 24 morts depuis le résultat de l’élection
(LE MONDE avec Reuters | 22.12.11 )
Les forces de sécurité de la République démocratique du Congo ont tué 24 personnes
depuis que le président Joseph Kabila a été réélu lors d’un scrutin contesté par
l’opposition, a annoncé jeudi 22 décembre l’ONG Human Rights Watch. Toutes les
victimes à l’exception de quatre ont été tuées à Kinshasa, où l’opposant Etienne
Tshisekedi, candidat malheureux à la présidentielle, est populaire, précise l’ONG, selon
laquelle des éléments prouvent que les forces de sécurité ont tenté de dissimuler les
morts.
« UN PROCESSUS ÉLECTORAL DISCRÉDITÉ »
Parmi les victimes figurent une femme de 21 ans et sa nièce de huit ans, toutes deux
tuées par balle le jour de l’annonce des résultats électoraux, alors que la police tirait sur
une foule de partisans de l’opposition dans la capitale, précise HRW. L’ONG dit tirer ses
informations d’enquêtes sur le terrain, de rapports de militants locaux des droits de
l’homme et de témoins. Selon le rapport, les forces de sécurité semblent avoir voulu
cacher la mort des victimes en retirant rapidement les corps. Plusieurs éléments de
l’armée, dont la garde présidentielle, sont en outre accusés d’avoir placé des personnes
en détention dans des camps militaires de Kinshasa.
« Ces pratiques sanglantes décrédibilisent encore plus le processus électoral et laissent
l’impression que le gouvernement fera n’importe quoi pour rester au pouvoir », commente
Anneke Van Woudenberge, spécialiste de l’Afrique pour HRW. L’opposition congolaise
rejette la victoire de Joseph Kabila à l’élection présidentielle du 28 novembre. Les
résultats, publiés le 9 décembre, créditent le président sortant de 49 % des votes contre
32 % pour Tshisekedi. Ce dernier, qui considère avoir remporté le scrutin, prévoit de
prêter serment vendredi en tant que président, ce qui alimente la crainte de nouvelles
violences.
DES LÉGISLATIVES SOUS PRESSION
Mercredi soir, la Commission électorale (Céni) a annoncé la suspension de la compilation
de certains résultats des législatives, en attendant la mise en place d’une aide technique
internationale. Et ce, « en vue de garantir le transparence et la crédibilité » des
législatives, a indiqué la Céni dans un communiqué.
La Céni a pris cette mesure après avoir été saisie « de réclamations » de partis politiques
sur le processus de compilation. La Céni a commencé à publier sur son site internet les
résultats provisoires d’une trentaine de circonscriptions mais la publication pour les 140
circonscriptions restantes est « subordonnée, le cas échéant, par l’examen des
contestations » dont elle est « saisie et a délibéré », ajoute le communiqué.
L’Union européenne avait menacé mardi de « réévaluer » son « soutien » au pays si des
progrès ne sont pas réalisés dans le dépouillement des votes des législatives. La chef de
la diplomatie américaine Hilary Clinton avait dénoncé un scrutin présidentiel mal géré et
« manquant de transparence », en suggérant aussi « une révision du processus électoral ».
« Il fallait prendre des mesures d’urgence. Il faut rendre le processus beaucoup plus
transparent pour éviter les désagréments de la présidentielle », a expliqué à l’AFP Jacques
Djoli, vice-président de la Céni. Il a notamment évoqué la « pression énorme » exercée sur
les CLCR, alors que 19 000 candidats se sont présentés pour seulement 500 sièges à
pourvoir à l’Assemblée nationale.
La Mission de l’ONU en RDC (Monusco) devrait désormais travailler en « partenariat » avec
les équipes de la Céni pour la compilation des résultats, et la Grande-Bretagne et les
Etats-Unis pourraient fournir une aide. Les résultats complets provisoires des législatives
doivent être annoncés le 13 janvier.
ABSENCE DE CHEFS D’ETAT A L’INVESTITURE DE KABILA : Le boycott d’un mal
élu (Boundi OUOBA – Le Pays – 22 12 11)
Vraisemblablement, le syndicat des chefs d’Etat africains, qui s’était fixé pour mission de
protéger et de soutenir tout dirigeant du continent mal élu, semble avoir volé en éclats.
Jadis, ils étaient nombreux, les chefs d’Etat africains qui accouraient aveuglément à la
grand-messe du sacre légal de leurs homologues, faisant fi des conditions chaotiques et
irrégulières dans lesquelles ces derniers ont été élus. De fait, cela n’a rien d’étonnant
puisque la plupart de ces chefs d’Etat ont été eux-mêmes élus dans des circonstances
similaires, à des degrés, bien sûr divers.
Mais, aujourd’hui, la donne a changé. Plutôt que d’aller parader aux côtés d’un chef
d’Etat dont l’élection ou la réélection a été dénoncée de tous, les chefs d’Etat africains se
contentent désormais de simples félicitations par télégramme et, dans le meilleur des
cas, ils préfèrent se faire représenter. Une forme de boycott à la fois sage et
diplomatique qui devrait faire réfléchir, si l’on sait que, bien des dirigeants du continent
mesuraient leur cote de popularité à l’aune du nombre de chefs d’Etat présents à leur
investiture. On l’a vu au Cameroun avec l’investiture du dinosaure Biya, et très
récemment en RD Congo avec la sobre prestation de serment de Joseph Kabila.
Certes, pour le cas du président congolais Joseph Kabila, d’aucuns pourront tenter de
justifier l’absence de ses pairs africains par le fait que l’événement a été précipité. Mais
n’empêche qu’il s’agit tout de même d’un revers diplomatique plein de symboles, et qui,
à vrai dire, ressemble fort à un boycott. Car, on s’attendait à tout le moins que son voisin
Denis Sassou N’Guesso, de l’autre côté de la rive, lui témoignât sa solidarité en faisant le
déplacement de Kinshasa. Mais rien n’y fit. Il n’y a que le patriarche du Zimbabwé,
Robert Mugabe qui, victime d’un isolement diplomatique, et toujours prêt à prendre le
contrepied des Occidentaux, s’est forligné en traversant la forêt équatoriale pour aller
apporter son onction à un paria.
Même Ali Bongo du Gabon et Faure Gnassingbé du Togo, tous élus dans les conditions
que l’on sait, et de qui on était en droit d’attendre un réflexe de solidarité
générationnelle, se sont in extremis débinés, redoutant de paraître ridicules en ternissant
davantage le diadème peu glorieux que l’opinion leur a concédé. A vrai dire, les choses
ont changé, et Kabila doit tirer toutes les conclusions qui s’imposent. Il gagnerait à faire
de sa réélection contestée un mandat de transition pour se ménager une porte de sortie
pendant qu’il est encore temps. Mieux, cela vaudra.
Presidentielle en R. D. Congo : Vers deux prestations de serment
(Pierre Nka | L’Actu – YAOUNDE – 20 12 11)
Joseph Kabila a annoncé son investiture ce jour, malgré la chasse à l’homme lancée par
le président autoproclamé Etienne Tshisekedi.
Joseph Kabila n’a pas pris en compte les irrégularités relevées par la plupart des
observateurs électoraux dans le pays. Il est sur le point d’être investi pour un autre
mandant de cinq ans. Dans les quartiers de la capitale politique Kinshasa, les agences de
presse indiquent un fort déploiement de la police et de l’armée. Contrairement au 9
décembre dernier lors de la proclamation des résultats provisoires, les journalistes de
l’Agence France Presse affirment que «des chars de la garde présidentielle ont aussi été
positionnés en différents lieux». Du côté de Limete, où se trouve le siège de l’Union pour
la Démocratie et le Progrès social (UDPS) du candidat autoproclamé, Etienne
Tshisekedi, on note une forte présence de la police. Ce dernier a aussi annoncé pour
vendredi prochain la cérémonie de prestation de serment.
Avant cette échéance, dans un communiqué rendu public, dimanche 18 décembre, il a
appelé les Congolais à rester serein. «Je mous demande de garder votre calme et votre
sérénité, parce que quelqu’un qui est vainqueur ne s’agite pas, ne se trouble pas. Au
contraire; il reste serein» a-t-il déclaré. En contestant la victoire de Kabila, le candidat de
l’UDPS d’un ton plus grave affirme «Quant aux fauteurs en eau trouble, à commencer par
Monsieur Kabila, je vous demande, à vous tous, de rechercher ce monsieur partout où il
est dans le territoire national et de me l’amener ici vivant. Celui qui m’amènera Kabila ici
ligoté, aura une récompense très importante.»
Une position qui vient rappeler le scénario récent de la Côte d’Ivoire. Mais ici, la
communauté internationale se veut plus distante. Dans ce pays au riche potentiel
naturel, les différents pays adoptent des positions différentes. L’ancien colonisateur, la
Belgique, Didier Reynders, le Vice Premier ministre, ministre des Affaires étrangères a
renoncé à sa présence à la cérémonie d’investiture de Joseph Kabila, dans un
communiqué signé samedi dernier. Toutefois, ce pays sera représenté par Dominique
Struye de Swielande, ambassadeur en RDC. La France quant à elle «prend note des
résultats définitifs de l’élection présidentielle communiqués par la Cour suprême de
Justice» peut-on lire dans une communiqué publié le 17 décembre dernier.
Son regard est rivé sur la suite du processus électoral. Elle affirme que «La communauté
internationale devra réévaluer son soutien aux prochaines étapes du processus
démocratique congolais. Afin que les résultats des élections législatives ne fassent pas
l’objet des mêmes interrogations, de nombreuses mesures correctives doivent être
rapidement apportées.» Les responsables Chinois parlent d’un large ?? «nationale» et
l’ambassadeur de Chine en RDC, Wang Yingwe, soulignait que «s’il y a des contestations
par rapport aux résultats provisoires de la commission électorale nationale indépendante
(CENI), la RDC étant un pays indépendant et souverain, il faut le faire par des voies
légales pour y trouver une solution».
République démocratique du Congo : présidentielle bafouée et fraudes massives
(Henri Bula Ex-journaliste en RDC, Edité par Hél.Decommer – Les Nouvel Obs’- 22 12 11)
LE PLUS. Il rempile pour un deuxième mandat de président de la RDC. Joseph Kabila a
prêté serment mardi, après avoir remporté 48,95% des suffrages. Vraiment remporté ?
Des observateurs nationaux et internationaux dénoncent de nombreuses irrégularités.
Henri Bula, ancien journaliste congolais, fait de même.
La levée de boucliers médiatiques des observateurs nationaux et internationaux ainsi que
celle, naturelle, de l’opposition politique congolaise face aux résultats publiés par la
Commission électorale nationale indépendante (CENI) pose le problème de la crédibilité,
de la transparence et de la traçabilité des résultats annoncés. Bien évidement, ces
observateurs, comme la Fondation Carter ou la Mission d’Observation de l’UE, étaient peu
nombreux. La méthode d’échantillonnage utilisée pose problème. Mais soit nous sommes
face à des irrégularités massives, soit les observateurs ont du flair pour se retrouver au
mauvais endroit, au mauvais moment.
La situation explosive, comme l’a déclaré Alain Juppé, ministre français des Affaires
étrangère, était prévisible au regard d’un processus électoral marqué par deux
phénomènes récurrents : la violation permanente de la loi électorale par les acteurs
censés la garantir et la mise en place d’un processus de fraude tous azimuts.
Explications.
Les électeurs débordants
Bien en amont, au moment de l’enrôlement des électeurs, deux astuces ont
principalement été utilisées par la CENI afin de polluer le fichier électoral. D’une part, elle
a enrôlé des personnes non autorisées par la loi, comme par exemple les mineurs, à la
stupéfaction des observateurs de l’Union européenne qui l’ont constaté le jour du vote.
D’autre part, elle a procédé à la multiplication de cartes d’électeurs pour une seule et
même personne. C’est la fameuse affaire des doublons dont plus de 2 millions ont été
reconnus par la CENI (voir cette vidéo à 8min50) après que l’affaire a été mise sur la
place publique par l’ONG APROCED. Cette dernière qui, à la suite d’une étude sur le
fichier de quatre provinces sur onze, a estimé le nombre de doublons à 3,6 millions.
Drôle de comportement de la CENI qui, malgré l’aveu et le fait de jurer de les avoir
effacés du fichier électoral, reprend le même chiffre de 32 millions d’électeurs inscrits au
final, alors que le nombre réel serait de moins de 29 millions. Un dernier chiffre plus en
phase avec la pyramide des âges de la RDC.
Face à cette anomalie flagrante, l’opposition politique a organisé plusieurs marches
hebdomadaires afin d’auditer le serveur central de gestion du fichier électoral. Après
quatre marches, cinq morts, plusieurs arrestations et les pressions de la communauté
internationale, la CENI a concédé que le dépouillement et l’affichage des résultats se
fassent dans chaque bureau, à la fin des opérations de vote le jour du scrutin.
Le serveur central ne sera plus du tout utilisé selon les propres déclarations du président
de la CENI. Après coup, le raccourci peut forcément se faire entre ces 3 millions
d’électeurs fictifs et la constatation faite par les observateurs de l’Union Européenne sur
les 3,2 millions d’électeurs ayant voté par dérogation, c’est-à-dire en dehors de leur
bureau de vote attitré.
Les bureaux fictifs
L’autre revendication des marches hebdomadaires concernait la publication de la
cartographie des bureaux de vote un mois avant le début de la campagne électorale,
comme le stipule la loi électorale. Elle n’a pas été respectée par le CENI. A trois jours du
scrutin, la cartographie n’avait par exemple pas été communiquée à 50.000 électeurs du
Nord-Kivu, prenant ainsi de court les candidats et les observateurs dans le déploiement
de leurs témoins.
Malgré cette annonce tardive, des bureaux de vote fictifs ou encore au profil particulier
ont été découverts. Il y a les bureaux situés à des adresses qui n’existent pas, ceux
situés bizarrement chez des particuliers ou encore ceux situés dans des lieux n’offrant
pas les capacités d’accueil. C’est notamment le cas d’une école où l’on annonce une
quinzaine de bureaux de vote alors qu’il n’existe que 6 salles de classes. Plusieurs médias
locaux ont constaté et relevé l’existence de ces bureaux fictifs bien avant le jour du
scrutin.
Pire, le jour même du scrutin, dans un centre de vote où la CENI annonce 32 bureaux de
vote, seuls 12 ont été effectifs, les autres fictifs. La stratégie de fraude mise en place en
amont a été simple : créer des bureaux de votes fictifs où ont été stockées les voix des
électeurs fictifs.
Les bulletins pré-marqués
Cependant, pour qu’un tel système fonctionne, il est nécessaire d’avoir des bulletins de
vote, de préférence pré-marqués, pour prouver le cas échéant la réalité du vote des
fictifs. Aussi incroyable que cela puisse paraître, des bulletins de vote pré-marqués
circulaient déjà dans le pays avant même le jour du scrutin. Certains auraient été
découverts chez des membres de la majorité présidentielle, d’autres auraient été
interceptés lors des tentatives de bourrage d’urnes le jour du scrutin et plusieurs auraient
pris des destinations inconnues.
Si la CENI réfute être à l’origine de l’édition de ces bulletins de vote pré-marqués, ses
explications n’ont pas été convaincantes pour justifier l’arrivée, à son nom, d’un lot de
plusieurs millions de bulletins de vote au lendemain du jour de l’élection. Prévenue par
des membres de la diaspora congolais d’Afrique du Sud, l’opposition politique a informé
la Mission de Nation Unies au Congo (MONUSCO) qui n’a pu saisir que le stock arrivé sur
Kinshasa. Celui arrivé à Lubumbashi, dans l’Est du pays, s’étant déjà évaporé dans la
nature.
Le lendemain, toujours sous la pression des Congolais qui ont fait le guet dans la zone de
fret de l’aéroport Oliver Tambo de Johannesburg, les autorités sud-africaines ont bloqué
un nouvel envoi de bulletins de vote.
L’apartheid de la campagne
Le fait que des moyens de l’Etat soient, d’une part, mis à la disposition d’un candidat en
violation de la loi électorale et, d’autre part, mis en place pour empêcher les autres
candidats de faire campagne, peut être interprété comme une forme de fraude
électorale. La neutralité de l’Etat et de son administration dans le processus électoral sert
à garantir l’équité entre les candidats en compétition. La réalité a été tout autre en RDC.
D’un côté, il y a eu le président sortant Joseph Kabila qui, contrairement à ce que prescrit
la loi, a fait campagne avec les moyens logistiques de l’Etat. Il a fait placarder ses
affiches sur les édifices publics et a bénéficié de 86% du temps d’antenne à la télévision
nationale en dehors de la trentaine de chaînes de télévision totalement acquises à sa
cause.
De l’autre côté, il y avait l’opposition politique, représentée par plusieurs candidats, et
dont les chaînes de télévision supportrices ont vu leur signal d’émission illégalement
interrompu par les autorités sans aucune explication. Ils se sont vus privés, en dernière
minute, du dernier jour de la campagne à Kinshasa sur décision du gouverneur de la
ville, à la fois directeur de campagne pour Kinshasa du candidat Kabila.
Du coup, le bilan de cette dernière journée de campagne à Kinshasa a été de 18 morts,
dont une majorité tuée à bout portant par la garde présidentielle selon le rapport de
l’ONG Human Rights Watch, de nombreux blessés par balle et brûlure.
Trois jours de vote
Face à la désorganisation manifeste de la CENI et sous pression de la population excitée,
le scrutin s’est finalement déroulé sur trois jours. En effet, plusieurs bureaux de vote
dans le pays n’avaient pas été dotés de l’ensemble du matériel électoral le jour du
scrutin. D’autres avaient des bulletins où ne figuraient pas le candidat Tshisekedi suite à
un « problème de découpe » selon la CENI. Quelques incidents ont été relevés mais ce sont
surtout les tentatives d’introduction de bulletins de vote pré-marqués et l’exclusion des
témoins qui ont fait monter la tension dans certains bureaux.
A l’issue des votes, les dépouillements se sont généralement bien déroulés à travers le
pays, malgré les quelques interventions de policiers et militaires pour chasser les
observateurs et témoins de candidats ou encore arracher les urnes. Cependant, dès le
lendemain du scrutin, quatre candidats à l’élection présidentielle ont demandé
l’annulation de celui-ci à cause des nombreuses irrégularités constatées.
Les principaux candidats ont quant à eux estimé que cela n’en valait pas la peine dans
l’immédiat, étant donné qu’ils avaient en leur possession un maximum de procès verbaux
des résultats de bureaux de vote. La forte tendance sortie des résultats compilés par les
états majors des différents candidats à la présidentielle a montré une avance significative
d’Etienne Tshisekedi. C’est ainsi que la quasi-totalité des autres candidats ont rapidement
rejeté le résultat officiel. De même, l’Eglise Catholique, forte de ses 30.000 observateurs
sur terrain, et par la voix du Cardinal Monsengwo, l’archevêque de Kinshasa, a affirmé
que l’opposant Etienne Tshisekedi avait obtenu plus de voix que Joseph Kabila.
Des résultats abracadabrantesques
Malgré le système de fraude mis en place avant, pendant et après le scrutin, la vérité est
têtue. Comme dit le proverbe : « Vous pouvez tout faire et amener un cheval à la rivière
mais vous n’arriverez jamais à le forcer à boire. » Et les électeurs congolais ont
majoritairement refusé de donner leur voix à Joseph Kabila.
La seule solution pour la CENI et son président a été ressortir le miraculeux serveur
central pour publier des résultats abracadabrantesques et mettre en exécution leurs
énièmes manoeuvres. De même, les membres de la CENI ont refusé, contrairement à la
loi, que les témoins et observateurs participent au processus de transfert, de compilation
et de vérification des résultats au sein de leurs locaux.
La série de publications des résultats partiels a été perçue comme une provocation car
elle s’est, une fois encore, faite en violation de la loi. Ceux-ci auraient dû être publiés en
mentionnant les bureaux de vote compilés. L’exercice tourne à la pantalonnade lorsque,
comme le raconte l’archevêque de Kinshasa, le président de la CENI annonce le 9
décembre que le candidat Tshisekedi a obtenu 5.863.748 voix sur plus de 18 millions
d’électeurs, alors que 3 jours auparavant, le même candidat avait obtenu, toujours selon
la même source, 5.927.728 voix sur plus de 17 millions de voix. A force de le manipuler,
le logiciel a fini par cracher les vérités de la fraude.
Le logiciel qui parle
Dans sa publication finale, la CENI a présenté les résultats par bureaux de vote sous
forme de fiches informatisées au lieu d’utiliser les scans des procès verbaux des bureaux
de vote. Au vu du désordre constaté dans les centres de compilation de la CENI, il est
judicieux de se demander si la CENI a bel et bien une majorité des procès verbaux.
Officiellement, plus de 4.800 procès verbaux de bureaux de vote sont déjà portés
disparu, soit environ 1,6 millions d’électeurs. De même, d’un point de vue de la
statistique générale du processus, on constate un fort taux de participation dans les
circonscriptions des provinces dites « favorables » au président sortant. Alors que le taux
général est de 58 %, dans plusieurs de ces circonscriptions le taux de participation est de
100% et le candidat Kabila obtient 99%.
Le summum est atteint dans la circonscription de Manono avec 197.202 votants,
100,14% de taux de participation et 99,98% pour le candidat Kabila. Il doit s’agir des
petites erreurs concédées et auxquelles a fait allusion le président sortant lors d’une
récente interview. Cependant, l’élection de 2011 a remis en cause ces fameuses
provinces dites « favorables » au président sortant.
Au Katanga par exemple, les résultats de plusieurs bureaux de vote, dépouillés le jour du
scrutin, donnaient le candidat Tshisekedi largement vainqueur. De même, dans la
circonscription de l’Ituri, c’est le candidat Kamerhe qui était en tête dans plusieurs
bureaux de vote. Bizarrement, le logiciel de la CENI en a décidé autrement.
Compilation au Kasaï Occidental : c’est mal parti !
(Le Potentiel, 22 12 11 )
Le sénateur Modeste Mutinga, élu des élus de la province du Kasaï Occidental, se dit
préoccupé par la façon dont les opérations de compilation des résultats des législatives
nationales se déroulent dans sa province. (M. Mutinga est également le patron du
Potentiel NdlR)
C’était au cours d’un point de presse animé, hier mercredi, au Palais du peuple. Il
dénonce de graves irrégularités qui entachent les résultats préliminaires des législatives
publiés, le lundi 19 décembre, par la CENI. Par conséquent, le sénateur invite cette
institution à tout mettre en oeuvre pour que la vérité des urnes soit respectée, au risque
d’ouvrir la porte à la haine et à la division.
Par ailleurs, il fustige le comportement inique de certains acteurs politiques du Kasaï
Occidental qui se complaisent à jouer aux pyromanes en traitant les Luluwa d’être «un
peuple insignifiant», leur imputant à tort le faible score réalisé par le candidat n03 dans
cette province. Cette discrimination faite à haute voix ne cache rien sur les intentions de
son auteur de mettre de l’huile sur le feu en ce moment où des appels fusent en faveur
de l’apaisement et de la paix. Ci-dessous, le texte intégral lu par Modeste Mutinga.
Mesdames et Messieurs de !a presse,
Je vous remercie d’avoir répondu à mon invitation. Je voudrais par la communication de
ce jour, en ma qualité de sénateur, élu des élus de la province du Kasaï Occidental, faire
part au Président de la République, à la CENI et à l’opinion nationale, de mon inquiétude
consécutive à la situation post électorale prévalant dans ma province d’origine.
D’après les informations en ma possession, le scrutin législatif du 28 novembre dernier
est sur le point de décevoir gravement les espoirs de la population du Kasaï Occidental.
En effet, au lieu d’être une affirmation de la démocratie en ce qu’il devait permettre à ce
peuple délaissé de redistribuer les mandats à ses meilleurs filles et fils, il risque d’ouvrir
la porte à la haine et à la division.
Il y a d’abord les conséquences de multiples incidents qui ont émaillé l’opération de vote
le lundi 28 novembre 2011. Comme vous le savez sans doute, de nombreux bureaux de
vote à Kananga et ailleurs dans la province ont été soit saccagés et incendiés, soit
interdits d’ouvrir leurs portes à la suite des dénonciations, vraies ou supposées, de
tentatives de bourrages des urnes, empêchant ainsi de paisibles citoyens de remplir leur
devoir civique. Ce qui constitue une grosse hypothèque sur la vérité des urnes.
Pour ne pas les citer tous, nous pouvons relever quelques cas des centres ayant subi la
loi des vandales. Dans la ville de Kananga, des centres de vote de l’école primaire
Lusambo, dans la commune de la Ndesha, de l’école primaire de Lukonga St Paul Diyeba
de Nkonko Tshiela, Ntambwe St Bernard dans la périphérie de la ville, de Nsapo Nsapo et
de Bena Leka dans le territoire de Demba, ainsi que de Tshimbalanga dans le territoire
de Dibaya, ont été mis à sac.
Il faut ensuite dénoncer des irrégularités intervenues au niveau de la compilation des
résultats, notamment la mise à l’écart de témoins, ce qui pose avec acuité le problème
de la crédibilité et de la sincérité du processus. Ce discrédit est d’autant plus à redouter
que le verdict partiel des législatives déjà publié de certains centres de compilation au
Kasaï Occidental est tiré d’une partie et non de l’ensemble des bureaux.
Les chiffres suivants suffisent amplement à dénoncer ces irrégularités
Ville de Kananga : 84 bureaux compilés sur 508;
Ville de Tshikapa : 100 bureaux compilés sur 348;
Territoire de Kazumba : 200 bureaux compilés sur 440;
Territoire de Luebo : 250 bureaux compilés sur 300;
Territoire de Kamonia : 280 bureaux compilés sur 902;
Territoire d’Ilebo : 250 bureaux compilés sur 300;
Territoire de Demba : 120 bureaux compilés sur 342.
Plus grave, les opérations de compilation ont été stoppées net, semble-t-il, sur ordre des
autorités de Kinshasa non autrement identifiées. Les mêmes autorités auraient décidé de
répartir les sièges par tribu et par groupement, et non selon la vérité des urnes. Ceci
expliquerait cela.
Comme je viens de vous le décrire, les élections présidentielle et législatives dans le
Kasaï Occidental se sont déroulées dans un climat délétère, fait de tensions généralisées
exacerbées par l’intolérance des cadres politiques du Kasaï Occidental. Les résultats de la
présidentielle sont connus. Ce n’est un secret pour personne que le candidat n° 3 y a
récolté un score plutôt faible. Ce que nous déplorons sincèrement.
Il ne sert à rien de chercher des boucs émissaires comme tentent de le faire certains
acteurs politiques originaires de la province. Il est de bonne politique, par contre,
d’analyser froidement les causes profondes de cette contre-performance. A notre humble
avis, les éléments ci-après méritent d’être relevés et étudiés avec responsabilité.
1. Le Kasaï Occidental est victime depuis le régime de la deuxième République d’une
sanction politique qui l’a, de longues années durant, fait reculer dans tous les domaines
et a laissé des traces indélébiles.
2. La province a fondé de grands espoirs sur les autorités qui ont succédé à l’Etat
totalitaire. Malheureusement pour ses habitants, aucune amélioration de leur vécu
quotidien n’a été enregistrée. Le choix des gouverneurs qui se sont succédé à la tête de
cette entité politico-administrative n’a jamais respecté leur volonté, si bien que les
mandats des uns et des autres se sont déroulés sur fond de contestation de leur
légitimité.
3. Cette province enclavée qui ne compte qu’une entreprise, la Bracongo, n’a
pratiquement pas bénéficié des bienfaits du programme des cinq chantiers. Les travaux
d’assainissement de sa voirie urbaine sont à l’arrêt, à peine commencés la veille des
élections. Le Président de la République a certes inauguré le démarrage des travaux du
barrage de Katende il y a quelques mois. Dès qu’il a tourné les talons, ingénieurs et
travailleurs affectés à l’érection de cet ouvrage sont partis en courant, sans explication
de leur part ni des autorités provinciales et nationales.
4. Le pouvoir coutumier a été laminé par des décisions iniques des autorités centrales,
avec comme effet d’opposer les uns aux autres les membres des familles régnantes.
Pendant ce temps, les acteurs politiques, toutes tendances confondues, n’ont rien fait
pour améliorer cet état de choses et s’ingénient par contre à faire porter le chapeau aux
seuls Lulua qualifiés à tort par certains acteurs politiques de «peuple insignifiant». Cette
démarche dangereuse a déjà creusé de profondes divisions entre les deux districts du
Kasaï Occidental et, si l’on n’y prend garde, peut déboucher sur des affrontements que
personne ne souhaite. Ne condamnez pas les Lulua par contumace.
Devant cette situation on ne peut plus explosive, je prends la responsabilité de tirer la
sonnette d’alarme pour que des corrections adéquates soient opérées à l’occasion de la
publication des résultats des législatives. S’ils n’exprimaient pas la vérité des urnes, ils
pourraient constituer la goutte susceptible de faire déborder le vase. Ce qu’il faut à tout
prix éviter.
La stratégie maléfique étant celle de se référer à la loi, d’exiger les procès-verbaux alors
qu’on ne les a pas distribués et que les témoins ont été, dans la plupart des cas, chassés
et la compilation faite à huis-clos, il y a lieu d’inviter la CENI à revoir sa copie.
Je souhaite enfin que, à la lumière des enseignements tirés du scrutin du 28 novembre
2011, les provinciales à organiser prochainement se déroulent dans une ambiance
empreinte de sérénité, sinon le processus sera vicié.
Je vous remercie
Tout le monde aime le Congo, mais pas les Congolais …
(Els SCHELFHOUT, Sénatrice Honoraire belge, 22 12 11)
On pourrait protester pour moins que ça !
« Je suis sûre de ceci à 100%: sans pression internationale sur le régime de Kabila, il n’y
aura aucun changement au Congo les prochaines cinq années.
Tout le monde aime le Congo, mais pas les Congolais.»
Cette semaine débute le second mandat de Kabila comme président « démocratiquement
élu » du Congo. Un grand nombre de Congolais est furieux. A l’instar de l’appel du
candidat de l’opposition Etienne Tshisekedi, ils n’acceptent pas les résultats des élections.
Le torchon brûle non seulement au Congo, mais aussi dans des pays comme le nôtre où
un nombre de Congolais (Belges) ‘de la diaspora’, qui souvent ont fui le régime, vivent.
La question est de savoir quand le baril de poudre explosera-t-il. Lorsque ceci arrivera,
on ne devra pas pointer du doigt les Congolais de l’extérieur. Nous aussi, la Belgique,
l’UE et toute la Communauté Internationale sommes coupables par abstention.
Joseph Kabila. Pour beaucoup de Congolais, il pris un mauvais départ en 2001, ou il
aurait peut-être ne pas dû commencer. Le Numéro Un du pays, présumé ‘taximan’ en
Tanzanie, aux origines rwandaises, né à Fizi, Sud-Kivu, ment sur ses origines, son
diplôme et sur un peu de tout. Mais qui le dira? Tous les messages nous parviennent
comme un jeu de chuchotement en chinois. Plus personne ne sait encore ce qui est vrai
et ce qui ne l’est pas.
Joseph Kabila, aussi avec beaucoup de certitude, ancien commandant des ‘kadogo’,
enfants soldats qui se frayèrent un chemin en 1996-1997 en pillant et tuant de Bukavu
au Sud-Kivu vers Kinshasa pour dire au revoir au président de l’époque Mobutu. Dix jours
après la mort de son (beau-) père, Laurent-Désiré Kabila, il reprit le 26 janvier 2001 les
rênes du pouvoir. Après le Mobutisme, le Kabilisme devint un fait. Après la peste vint le
cholera au Congo.
Quand en décembre 2005, la nouvelle Constitution Congolaise fut adoptée, le chemin
vers les premières élections présidentielles et parlementaires fut ouvert. Au 30 juillet
2006, 25 millions de Congolais se rendirent aux urnes pour la premières depuis près de
40 ans. Pour mener à bien les élections, les Nations Unies payaient la facture et mobilisa
17 000 militaires.
A l’époque circulaient déjà aussi des rumeurs sur des fraudes électorales. Des bureaux
de votes furent saccagés et bulletins de vote brûlés. Néanmoins, Joseph Kabila fut
proclamé vainqueur du premier tour des élections avec 45% de voix contre 20% pour le
vice-président et ancien chef rebelle Jean-Pierre Bemba. N’ayant pas obtenu la majorité
des voix, un second tour fut organisé le 29 octobre 2006. La Cour Suprême de Justice
confirma la victoire de Kabila avec 58% contre 42% de voix. Les jours, qui suivirent,
furent très agités.
Juste après les élections de 2006, il semblait un moment que le gouvernement
nouvellement élu travaillerait sur la bonne gouvernance et qu’elle réprimerait la
corruption, criminalité et l’impunité. Mais ce processus s’arrêta très rapidement et le
président Joseph Kabila se flattait d’être sur la même table comme celle sur laquelle
Mobutu Ses Seko se gavait, restreignant le parlement, le pouvoir judiciaire ainsi que les
droits civils fondamentaux. Il s’accaparait du pouvoir dans tous les domaines de l’Etat et
créait des réseaux parallèles de pouvoir. Sur le plan de la justice et sécurité, aucune
évolution digne d’être mentionnée n’a été faite. Les juges sont corruptibles et
dépendants du pouvoir présidentiel. Le budget pour la justice s’élevait à peine à 1,27
pourcent du budget total. Les dépenses officielles de la Présidence étaient trois fois pus
élevées (rapport d’International Crisis Group, 2010). Le processus démocratique
s’immobilisa, les élections locales, promises depuis un temps, n’ont jamais vu le jour. Le
chaos règne dans le pays.
Pour couronner le tout, l’Est du Congo fut terrassé par la crise de Kivu en 2007: le
Rwanda exporte son conflit entre frères au Congo et sur le dos de Congolais. Rebelles et
militaires de toute sorte terrorisent la population déjà exaspérée. Kabila ferme les yeux
sur tout ceci.
Puisqu’il y a ou il y avait beaucoup d’enjeux avec le chaos. Les provinces de l’Est du
Congo disposent en effet d’une quantité immense de richesses naturelles. Ces ressources
sont de plusieurs façons pillées de toutes parts. A ceci, les pays voisins, avec en tête le
Rwanda, ainsi que la Communauté Internationale ne pensent pas faire de leur mieux.
C’est ainsi que le Canada possède des intérêts juteux dans l’exploitation des minerais au
Congo. Plusieurs multinationales Canadiennes sont actives dans le secteur minier. Aussi
la Chine a le sens des affaires en RDC. Comme remerciement pour les projets lucratifs,
les Chinois réalisent des travaux d’infrastructures et construisent des routes. Ils ont
asphalté la moitié du Boulevard du 30 juin (long de 5 km), suffisamment loin pour
éloigner la poussière de la tribune principale des invités lors de l’anniversaire de
l’indépendance du Congo l’année passée, et suffisamment loin pour faire reculer tous les
commerçants et vendeurs dans la cité et ainsi réprimer l’économie informelle qui pour
plusieurs Congolais constitue leur unique source de revenus.
Au Congo, règne la loi de l’impunité. Le sous-sol nourrit la violence et l’insécurité:
l’argent du commerce illégal maintient les groupements armés et l’achat des armes.
Des entreprises Belges achètent toujours des minerais venant des parties mêlées aux
conflits. Cela fait plus de dix ans que les organisations internationales comme le Nations
Unies et Global Witness signalent systématiquement que ces entreprises maintiennent le
conflit sanglant à l’Est du Congo à cause de leur commerce avec les parties en guerre.
Global Witness fit dans le passé également feu sur le gouvernement Belge car ce dernier
négligea d’entreprendre des mesures concrètes contre ce commerce non éthique de
plusieurs entreprises Belges en question.
Mais lorsqu’il s’agit du Congo, le gouvernement Belge souffle le chaud et le froid. Il
donne des petites claques et enduit ensuite. La ‘normalisation discrète’ des contacts
bilatéraux, après la politique du mégaphone du ministre de Gucht, nous fait marcher sur
les oeufs.
Le Congo est le plus important partenaire de la Belgique sur le plan de coopération au
développement. Non seulement l’Etat Belge mais aussi un certain nombre d’ONG Belges
et universités essaient de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de millions de
Congolais. Dernièrement, notre pays annula les dettes du Congo d’une valeur d’un demimilliard.
Avec 16,5 millions d’euro sur 47,5 millions d’euro d’aide totale Européenne,
nous étions le deuxième plus important donateur pour les élections. Mais à quoi bon
placer de l’argent dans un fût sans fond ? Il est impératif d’avoir une vision, un plan bien
étayé pour notre politique extérieure pour le Congo; durable et intégré dans un plus
grand cadre international. Nous avons plusieurs possibilités mais préférons plutôt ne rien
faire. Restant ainsi dans notre position confortable de petite roue dans un dispositif de la
Communauté Internationale qui surtout garantit ses intérêts personnels grâce au mot
magique ‘stabilité’.
Le 28 novembre, plus de 30 millions de Congolais sont allés aux urnes. A Matadi, où
j’observais moi-même le déroulement des élections et où j’ai assisté dans quelques
bureaux au comptage des voix, Etienne Tshisekedi atteignait facilement 85% des voix.
Cela pousse à la réflexion. Le Centre Américain Carter qui fut présent avec 26 équipes
d’observation à travers tous le pays dans les bureaux de vote et de compilations. A
Kinshasa, où les partisans de Tshisekedi résident, il disparut tous les bulletins de vote
d’environ 2000 des 10000 bureaux de vote. Dans les régions pro-kabilistes, il y aurait eu
100% d’électeurs venus voter,
pendant que dans les provinces où Tshisekedi avait plusieurs partisans, la participation
fut tout d’un coup faible.
‘Raïs Kabila … 100% sûr’, imprimé en grand caractère sur d’immenses affiches d’élections
à côté d’un visage satisfait de Joseph Kabila. Il peut être 100% sûr, Président Kabila,
que malgré et grâce à sa tricherie qu’un second mandat l’attend. Et 100% sûr du fait que
la Communauté internationale, marmonnant et en dépit des constatations du Centre
Carter, ne l’empêchera point. Je suis sûre de ceci à 100%: Sans pression internationale
sur le régime, il n’y aura aucun changement au Congo les prochaines cinq années. Tout
le monde aime le Congo, mais pas les Congolais.
On pourrait protester pour moins que ça !
Elections congolaises
(Jean Flouriot, le 22 décembre 2011)
Ayant effectué plusieurs séjours et missions au Congo depuis 1972, j’ai assisté à la
décomposition de l’administration qui est à l’origine de la situation actuelle.
Le Congo a connu plus de trente ans d’un « pouvoir fort, stable et durable », celui de
Mobutu. Et c’est de l’exercice de ce pouvoir que découle la situation actuelle. Au cours
des trente années de règne de Mobutu deux grandes catastrophes ont entraîné la ruine
du pays et de l’État : en 1974, la zaïrianisation et en 1991 et 1993, les pillages.
Le tissu commercial et industriel du Congo était encore très puissant à la sortie de la
période de guerres civiles des années 60-65. Particulièrement, le petit commerce
portugais, grec ou libanais restait présent en brousse malgré la dégradation des
infrastructures de transport. Kinshasa était encore au début des années 70 la plus
grande ville industrielle au sud du Sahara (hors Afrique du Sud). Le retour de la paix
relançait les investissements et l’État disposait, grâce aux ressources minières
récemment nationalisées, d’un pactole conséquent. La monnaie était forte (1 zaïre = 1
dollar) et l’inflation contenue. La popularité de Mobutu était à son zénith.
Zaïrianisation
C’est après un voyage en Chine populaire que Mobutu s’est senti pousser des ailes et a
lancé le concept d’authenticité. Il a vu se dresser immédiatement en face de lui un esprit
perspicace et visionnaire, le Cardinal Joseph Malula, qui a répliqué en faisant remarquer
que ce n’était pas dans le retour à des pratiques culturelles empruntées au passé que le
pays marcherait sur la voie du développement ; les pratiques du passé n’avaient eu
comme résultat que de faire de l’Afrique centrale des colonies. L’adhésion populaire a
commencé à se détacher du « guide ».
La zaïrianisation a consisté en la remise obligatoire de toutes les entreprises petites ou
grandes à des citoyens zaïrois. Ce fut le départ en masse des petits commerçants et
entrepreneurs, les grandes entreprises trouvant les moyens de s’accommoder de la
situation. En 1975, les nouveaux propriétaires ont mangé la trésorerie des entreprises et,
surtout, les réseaux commerciaux à l’intérieur du pays ont disparu. Par la suite, Mobutu
est revenu en partie sur ces décisions mais jamais les petits entrepreneurs ne sont
revenus et ils n’ont pas été remplacés. En même temps, les cours du cuivre se sont mis à
descendre et l’État a vu fortement baisser ses revenus dans lesquels les gens du pouvoir
ont continué à puiser sans vergogne. Le comble a été atteint lorsque la Gécamines,
héritière de l’Union Minière du Haut Katanga, qui faisait du Zaïre le deuxième exportateur
mondial de cuivre et de cobalt, a vu détourner ses ressources financières au point de ne
pouvoir renouveler ses matériels. De plus de 500 000 t en 1974, la production de cuivre
est descendue à 50 000 t à la fin du siècle…
La prise de pouvoir de Kagame au Rwanda avait poussé plus de 1 million de réfugiés
dans l’est du Zaïre, la région du Kivu. Ces réfugiés sont restés à proximité de la frontière
d’où ils menaçaient le nouveau régime rwandais. Celui-ci décidait en 1996 une opération
de récupération de cette population et se lançait dans une guerre de conquête du Congo
qui allait faire plus de 250 000 morts. Mobutu avait dû faire face, à la fin des années 80,
à un fort mouvement de contestation, dans la mouvance des « conférences nationales »
qui s’étaient instaurées dans plusieurs pays africains. C’est à cette occasion que sont
apparus en position forte sur la scène politique Tshisekedi (ancien compagnon de route
de Mobutu), un moment premier ministre opposant à Mobutu mais sans pouvoir, et Mgr
Mosengwo, président de la conférence nationale puis de la haute autorité qui lui a
succédé. Malade, sans appui populaire, Mobutu n’a pu faire face à Kagame, adversaire
ambitieux et décidé. Le Zaïre était à prendre.
Un conflit international
Kagame avait récupéré un vieil opposant réfugié en Tanzanie, Laurent Kabila, pour le
mettre en place à Kinshasa mais la réalité du pouvoir était aux mains des Rwandais.
Leurs méthodes un peu trop radicales n’ont pas beaucoup plu aux Kinois, habitués depuis
bientôt vingt ans à la « débrouille ». Kabila a bien senti la situation et s’est retourné
contre ses protecteurs. Ceux-ci n’avaient pas les moyens de maîtriser une ville
plurimillionnaire et se sont retirés bien décidés à revenir en force. Ce qu’ils ont tenté en
une opération militaire très audacieuse qui a finalement échoué, Kabila faisant appel aux
Angolais pour le défendre.
À partir de ce moment le conflit s’est internationalisé : aux Angolais se sont joints les
Zimbabwéens du côté de Kabila et aux Rwandais se sont joints les Ougandais. Les uns et
les autres avaient des alliés locaux (Bemba pour les Ougandais). Ougandais et Rwandais
n’étaient d’ailleurs pas dans les meilleurs termes entre eux et ils se sont combattus deux
fois pour contrôler Kisangani dont ils ont fait un champ de ruines.
Le pays était partagé entre ces divers groupes, pilotés à l’arrière-plan par les anglosaxons
pour les Rwandais et les Ougandais et plus mollement soutenus par les Français
pour Kabila et ses alliés. L’instabilité de cette situation était difficilement soutenable : le
Zaïre a des frontières communes avec 9 pays, eux-mêmes sujets à diverses convulsions.
Français et Anglais ont fini par s’entendre pour mettre en route un processus de
pacification. Ce fut long et coûteux pour l’Afrique du Sud qui hébergea les négociations et
le compromis qui en est sorti n’est pas du tout d’origine occidentale : il est tout à fait
africain. En effet, la palabre a pour but de désamorcer les oppositions et ne désigne
jamais un vainqueur et un vaincu, elle s’achève toujours sur un consensus qui reconnaît
une place à chacun des participants. D’où ce « gouvernement de transition » où le
président était flanqué de quatre vice-présidents représentant les négociateurs. Entretemps
Laurent Kabila avait été assassiné dans des conditions toujours mal élucidées et
l’entourage avait mis au pouvoir Joseph, son fils, jeune homme à la personnalité peu
marquée (cf. les appréciations révélées par wikileaks). L’entourage tient le pouvoir et
n’est pas près de le lâcher.
Dans toute cette période, Tshisekedi est complètement absent de la vie politique. Il reste
bloqué sur les décisions de la conférence nationale rendue obsolètes par toute la période
de guerre. Il refuse de se présenter aux élections présidentielles de 2006 qui mettent fin
à la période de transition alors qu’il aurait sans doute pu en être le vainqueur. Kabila se
maintient face à Bemba. Son entourage n’hésite pas à tenter de forcer le destin. Les
élections étaient prévues à deux tours et organisées avec un appui décisif de l’ONU et
des Occidentaux. Dès l’annonce des résultats du premier tour la garde de Kabila tente de
tuer Bemba, challenger du second tour, alors qu’il recevait chez lui les ambassadeurs des
pays appuyant le processus électoral. Kabila est élu au second tour et se débarrasse
définitivement de Bemba quelques mois plus tard au cours d’une semaine de combats
dans le centre de Kinshasa.
La suite de l’histoire est tout simplement la mise en coupe du pays par une nouvelle
bande de prédateurs pendant que les violences continuent à l’est où Rwandais et
Ougandais continuent à piller mines et forêts avec la complicité de nombreux congolais.
C’est une très belle illustration de la « politique du ventre », mise au jour il y a déjà
plusieurs dizaines d’années par Jean-François Bayart.
Un avenir incertain
Le peuple congolais souffre et mériterait d’autres dirigeants. Mais n’est-il pas lui-même
complice de cette situation ? Les ambitieux vont à la conquête du pouvoir pour obtenir la
richesse. Et ils y vont soutenu par tout leur groupe qui attend d’être payé en retour. Ce
qui fait la déception des « amis de la démocratie » car les changements à la tête de l’Etat
sont simplement des changements de prédateurs qui habillent leur discours de
démocratie lorsqu’ils ne sont pas au pouvoir. Tshisekedi est un piètre politique, incapable
d’évaluer la réalité des situations : il l’a montré alors qu’il s’opposait à Mobutu. La
prégnance du clanisme et du régionalisme empêche l’avènement d’une véritable
conscience politique. Les élections qui pourraient enclencher un processus de
développement d’une conscience politique, les élections municipales, où élus et
administrés sont en vue les uns des autres, n’ont pas eu lieu et n’auront sans doute pas
lieu avant bien longtemps. Les seules élections municipales dans ce pays ont eu lieu sous
l’administration coloniale et elles avaient révélé les personnalités qui marquèrent
l’indépendance congolaise.
Il faudra bien longtemps au Congo pour trouver une forme de gouvernement qui lui
convienne. Il y a dans ce pays, comme partout, des personnalités de qualité et, peut-être
plus qu’ailleurs, ne serait-ce que pour des raisons statistiques : il y a 50 à 60 millions de
Congolais. Mais son immensité est un premier obstacle : l’administration a perdu la
maîtrise de cet espace que les colons belges avaient si remarquablement équipé. Le
téléphone mobile lui a redonné de la cohérence mais ce n’est pas suffisant, il faut tenir le
sol. Mais comment lancer des programmes de grands travaux quand on dépend
complètement de l’étranger ? La moitié du misérable budget de 3 milliards de dollars
vient de l’extérieur et l’insécurité est trop grande pour investir à long terme.
L’exploitation des richesses naturelles considérables de ce grand pays échappent presque
totalement au contrôle des Congolais : la plupart des contrats miniers « conclus durant la
période de transition (2002-2006) ont été « revisités » et revus. Mais le député
britannique Eric Joyce vient de dénoncer le fait que des biens miniers congolais avaient
systématiquement été vendus à des sociétés fictives étrangères, domiciliées aux Iles
Vierges, à des prix très inférieurs à leur valeur réelle, ce qui représente, pour l’État
congolais, des pertes de 5,5 milliards de dollars…Parmi ces nouveaux acquéreurs le nom
de l’Israélien Dan Gertler est souvent cité.
D’où le terrible soupçon : et si les plus-values, qui auraient normalement dû être
affectées au secteur social, s’étaient en réalité volatilisées dans les paradis fiscaux, les
immeubles de luxe, les voitures aux vitres fumées? » (le carnet de Colette Braeckman
4.12.2011)
Il faudra bien longtemps pour que les individualités que l’on connaît soient assez
nombreuses pour former un groupe de pression capable de peser sur les décisions
politiques. D’ici là, il faudra bien s’accommoder, aujourd’hui de Kabila, demain d’un
autre… et accompagner nos amis congolais dans leur vie difficile.
En résumé :
il ne suffit pas d’un « pouvoir fort, stable et durable » pour assurer le bien commun
(Mobutu comme Moubarak disposaient de ce pouvoir), il faut aussi que les détenteurs du
pouvoir aient un certain sens du service et du bien commun ;
plutôt qu’un « syndrome de la brosse à dent », il me semble y avoir une « politique du
ventre », système remarquablement analysé par l’anthropologue Jean-François Bayart,
lié à la structure de la société, dans lequel tous sont participants et qui n’est donc pas
près de disparaître ;
les sociétés africaines laissent peu de place aux individus ; elles privilégient l’extension
ou la survie du groupe. Leur fonctionnement politique n’a pas grand-chose à voir avec la
démocratie occidentale mais, pour le moment, elles n’ont pas d’autre vocabulaire
politique que le nôtre et cela explique bien des confusions et la difficulté de nos
appréciations ;
il faut donc « faire avec » et, comme l’a redit Benoît XVI au Bénin « accompagner » nos
frères africains dans leur marche longue et douloureuse vers la conscience du « bien
commun »
RDC: Tshisekedi contraint de « prêter serment » à domicile, des échauffourées
(Le Parisien, 23 12 11)
L’opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté la réélection de Joseph Kabila et s’est
autoproclamé président « élu » de la RD Congo, a prêté « serment » vendredi chez lui à
Kinshasa, après que la police a réprimé toute tentative de rassemblement de ses
partisans en public.
Tôt le matin les autorités ont déclaré interdite la manifestation prévue au stade de
Martyrs à partir de 10H00 (09H00 GMT) lors de laquelle l’opposant de 79 ans devait
« prêter serment » devant « le peuple congolais », comme il l’avait annoncé lui-même dès
dimanche.
« Il n’y a pas de manifestation, elle est interdite. Il y a déjà un président élu qui a prêté
serment. On ne peut pas prêter serment à nouveau, c’est un acte de subversion. On doit
empêcher de poser cet acte contraire à la Constitution », a déclaré à l’AFP une source
proche du chef de la police congolaise.
Les forces de l’ordre ont rapidement bouclé le quartier Limete, dans l’est de la capitale,
où M. Tshisekedi a sa maison non loin du siège de son parti, l’UDPS.
Les journalistes ont été interdits d’approcher de la résidence de l’opposant et les
regroupements de ses partisans ont été dispersé à coup de gaz lacrymogène par la
police, qui a procédé à des arrestations.
En milieu d’après-midi, devant l’impossibilité de se rendre devant le stade des Martyrs,
M. Tshisekedi a prêté serment dans sa maison, en présence de plusieurs dizaines de ses
partisans et responsables politiques de l’opposition, a constaté une journaliste de l’AFP.
Avant la prestation, son directeur de cabinet Albert Moleka a lu une déclaration affirmant
que la RDC passait « du régime oligarchique animé par M. Kabila et sa suite à celui,
réellement démocratique, où le peuple congolais s’est choisi un président de la
République par la voie des urnes ».
M. Tshisekedi a ensuite prêté serment la main droite levée et la gauche sur une bible.
Dans la matinée, les forces de l’ordre étaient massivement déployées aux abords du
stade des Martyrs, imposante enceinte de 80.000 places près du centre-ville, dispersant
avec des tirs de gaz lacrymogène les partisans du leader de l’UDPS qui tentaient de se
regrouper.
Quelques tirs à balle réelle ont également été entendus, sans faire de blessé, selon les
premières constatations de journalistes de l’AFP. Plusieurs dizaines de manifestants,
rassemblés aux cris de « Tshisekedi président » ont été arrêtés.
« Le Congo n’a pas voté pour Kabila. Le président légitime c’est Etienne Tshisekedi, c’est
pour lui que nous avons voté, c’est lui qui va diriger le pays. Nous avons entendu la voix
de notre président et nous voulons entrer dans le stade. Il ne peut pas y avoir deux
présidents au Congo », a expliqué à l’AFP devant le stade un homme d’une trentaine
d’années, en costume.
Ailleurs la ville est restée calme, les commerces étaient ouverts et les taxis ont circulé.
Le carton d’invitation officiel pour la « cérémonie de prestation de serment du président
élu » M. Tshisekedi, titré « Présidence de la République, protocole d’Etat », donnait un
programme détaillé du déroulement de la matinée, avec notamment l’arrivée minutée
des « officiers supérieurs militaires et la police nationale », « des hauts magistrats », « des
ambassadeurs » ou encore « des présidents et délégations de pays frères et amis ».
L’opposant de 79 ans s’est autoproclamé « président élu » après avoir rejeté les résultats
de l’élection présidentielle à un tour du 28 novembre, entachée de nombreuses
irrégularités dénoncées notamment par des missions d’observation et plusieurs pays.
Le président sortant Joseph Kabila a officiellement été réélu avec 48,95% des suffrages,
contre 32,33% à son rival, arrivé second devant neuf autres candidats.
Le chef de l’Etat, proclamé réélu pour un second quinquennat par la Cour suprême de
justice, a été officiellement investi et a prêté serment mardi à Kinshasa.
RDC : Le bras de fer Kabila-Tshisekedi continue
(Assanatou Baldé – Afrik’com 23/12/2011)
C’est dans sa résidence qu’Etienne Tshisekedi a prêté serment ce vendredi après avoir
été empêché par les autorités de se rendre ce matin au stade des martyrs à Kinshasa, où
il avait prévu la cérémonie en présence de ses partisans. Alors que son rival Joseph
Kabila a été investi mardi, le leader de l’Union pour la démocratie et le Progrès social
(UPDS) estime qu’il est le véritable chef d’Etat de la RDC.
L’imbroglio politique se poursuit en RDC. Etienne Tshisekedi, qui a rejeté la victoire de
Joseph Kabila et s’est autoproclamé président, a prêté serment ce vendredi, dans sa
résidence de Limete, à Kinshasa. Il avait prévu de le faire en public dans le stade des
martyrs, en présence de ses partisans, mais la police l’a empêché de sortir de chez lui.
Toutes les issues pour accéder à la demeure de l’opposant historique et du stade des
Martyrs ont été verrouillées par les forces de l’ordre.
Ses partisans se sont réunis ce matin en grand nombre près de sa résidence, et du stade
des Martyrs, mais ont été très rapidement dispersés par les forces de l’ordre. Plusieurs
personnes ont été interpellées. Les autorités ont interdit toute manifestation de
l’opposition à Kinshasa. « Il n’y a pas de manifestation, elle est interdite. Il y a déjà un
président élu qui a prêté serment. On ne peut pas prêter serment à nouveau, c’est un
acte de subversion. On doit empêcher de poser cet acte contraire à la Constitution », a
déclaré à l’AFP une source proche du chef de la police congolaise.
« Tout le peuple congolais a voté pour Tshisekedi »
« Tout le peuple congolais a voté pour Tshisekedi. Pourquoi ils veulent tuer le peuple
congolais ? Qu’on laisse notre président sortir pour qu’on aille avec lui au stade », a
déclaré l’un des partisans du chef de l’UPDS près de son domicile. « Le Congo n’a pas
voté pour Kabila. Ils nous maltraitent comme si on était des étrangers. Le président
légitime c’est Etienne Tshisekedi, c’est pour lui que nous avons voté, c’est lui qui va
diriger le pays. Nous avons entendu la voix de notre président et nous voulons entrer
dans le stade. Il ne peut pas y avoir deux présidents au Congo », a expliqué un autre
homme d’une trentaine d’années.
Etienne Tshisekedi n’a cessé de dénoncer des fraudes depuis le début du scrutin à un
tour. Il a estimé que « les résultats publiés par la Commission nationale indépendante ne
représentent pas la réalité des urnes ». Les observateurs internationaux, tels que le
Centre Carter ont également relevé de nombreuses irrégularités. A 79 ans, il reste un
adversaire redoutable du président Kabila. Il a montré mainte fois sa détermination à
accéder à la magistrature suprême. Et son intention de ne pas capituler malgré les
critiques du pouvoir à son encontre.
« Nous avonc gagné ! »
Contacté par Afrik.com, son conseiller Olivier Baudry de Vaux, a affirmé que la prestation
de serment du leader de l’UPDS « a été un moment très fort pour lui, même s’il a été
contraint de la faire à huit clos ». Selon lui, « Etienne Tshisekedi est prêt à refaire sa
prestation de serment devant tout le peuple congolais lorsque les conditions
démocratiques seront réunies en RDC ». « Nous avons gagné ! », clame le conseiller. Le
cabinet d’avocats Roland Maurillot, basée à Paris, rassemble actuellement tous les
éléments démontrant qu’il y a eu des fraudes lors de l’élection du 28 novembre ainsi que
des violations des droits de l’homme. « Nous soumettrons ensuite le dossier à toutes les
instances juridiques internationales », a assuré Olivier Baudry de Vaux.
Face à cette situation politique inédite, la RDC pourrait bien devenir le théâtre de
nouveaux affrontements sanglants entre les deux parties.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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