Compilations, Cohabitation…

29 décembre 2011

Aujourd'hui dans la presse

29/12/11/ Revue de la presse congolaise de ce jeudi (CongoForum)

La présente revue de presse est, une fois de plus, essentiellement électorale. Le sujet le plus retentissant est évidemment le redémarrage des opérations de compilation sans attendre l’arrivée des experts américains chargés de faire le suivi de la suite du processus des élections en cours. On évoque aussi la compétition entre le Pprd et l’Udps dans les législatives. Y aura-t-il, ou non, cohabitation entre un Président et une Majorité de « couleurs » opposées ?

Reprise de la compilation

Dans un communiqué rendu public mardi 27 décembre, le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a confirmé la reprise des travaux de compilation des législatives dans tous les Centres locaux de compilation des résultats (CLCR) de la République démocratique du Congo (RDC). Ce document précise aussi la poursuite de la publication des résultats partiels des centres de compilation ne faisant pas objet de contestations fondées.

Intervenant sur Radio Okapi, le président de la Ceni, le Pasteur Daniel Ngoy Mulunda, a déclaré que cette reprise n’était pas nécessairement conditionnée par la présence de ces experts, même si la mesure suspendant ces opérations était prise dans le but d’attendre leur arrivée.

«Je voudrais préciser que la Ceni n’était pas demanderesse. C’est l’offre qu’on nous a proposée par la communauté internationale et nous l’avions acceptée de bonne foi», souligne Daniel Ngoyi Mulunda.

Le président de la Ceni ajoute que l’arrivée des experts «prend du temps.»

«Il y avait des CLCR qui travaillaient déjà. Après avoir amené certaines corrections, nous nous sommes dit qu’il était temps qu’on puisse reprendre. Les délégations des experts pourront venir dès la fin de ce week-end», explique le Pasteur Daniel Ngoy Mulunda.

Il ajoute que la présence des experts est nécessaire pour lever l’équivoque sur la transparence du travail de son institution. (Il ne semble par contre pas avoir expliqué comment l’équivoque sera levée en n’attendant pas ces personnes dont « la présence est nécessaire ». NdlR)

Le secrétaire exécutif de la Ceni/Kinshasa, Jean Paul Ekbondu, a affirmé quant à lui que la compilation dans la capitale ne pourra reprendre que ce jeudi 29 décembre avec ou sans les experts internationaux.

Jean Paul Ekbondu explique que le communiqué sur la reprise des travaux leur est parvenu en retard, tout en ajoutant que les CLCR de Kinshasa n’étaient qu’au début au moment où la décision de la suspension des opérations a été décidée.

En attendant, c’est un climat de vacances qui continue à régner à la Foire internationale de Kinshasa (Fikin), le site abritant les quatre CLCR de la capitale. Le lieu est sécurisé par les éléments de la Police nationale congolaise (PNC). Toutes les portes sont fermées. Aucun pli électoral n’est visible. Des urnes sont stockées dans un hangar.

Pendant ce temps, les témoins des candidats indépendants, des partis et regroupements politiques ainsi que les observateurs nationaux se comptent par centaines.

Tous sont en train d’attendre la reprise des travaux dans les CLCR. Aucun d’entre eux, y compris les agents électoraux de la Ceni, n’a accès aux entrepôts où sont gardés les plis électoraux.

(On se perd en conjectures sur la raison précise de cette reprise. En effet, pour la présidentielle, la fameuse date-fétiche du 6 décembre était présentée par d’aucuns comme une sorte de butoir incontournable. En ce qui concerne les législatives, il y a bien un rendez-vous de principe le 13 janvier, mais nul ne s’est avisé de prétendre que le monde allait cesser de tourner si les résultats complets n’étaient pas connus ce jour-là. Quelque chose a dû paraître urgent, mais quoi ? Plusieurs raisons sont envisageables :

- plus le temps passe, et plus nombreux sont les commentaires qui font remarquer que prétendre qu’il y a eu des incorrections dans les législatives, sans reconnaître que cela doit concerner aussi la présidentielle, ne tient pas la route.

- le passage du temps peut aussi permettre aux conflits entre candidats de s’envenimer. Or, si les disputes autour de la présidentielles se sont cristallisées autour de Kabila et Tshisekedi en un schéma classique « majorité contre opposition », celles qui concernent les législatives sont plus complexes et opposent parfois des membres de la MP entre eux. Cela risque de nuire considérablement à la cohésion de cette plate-forme.

- on ne peut que remarquer que, si Jacques Ndjoli et Daniel Ngoy Mulunda semblent alterner dans le rôle de porte-parole lors des conférences de presse de la CENI, ils ne tiennent pas un langage totalement identique. C’est notamment le cas à propos de l’appel aux experts. Pour Ndjoli, la RDC en panne a fait appel à l’extérieur. Pour Ngoy, la RDC a accepté une aide qui lui était proposée. Bien sûr, cela peut ne rien refléter d’autre que la profonde ambivalence de l’attitude des Congolais devant l’aide extérieure. Mais cela pourrait aussi refléter des tensions ou même des désaccords au sein de la CENI.

- beaucoup plus que d’une panne technique, la CEI souffre d’un déficit de crédibilité. Lorsqu’on fait l’objet d’une méfiance générale, peu importe finalement que l’on mente ou non, on ne sera pas cru. Les experts étrangers font un peu figure de rustine sur cette confiance crevée. Essaierait-on de les réduire à « certifier » un résultat qu’on leur présenterait tout cuit ? NdlR)

Sous le titre « Législatives 2011 : la CENI crée la confusion », Le Potentiel a choisi de présenter a nouvelle du jour en termes très chorégraphiques : « Un pas en arrière, deux pas en avant, telle est la cadence préférée du tango de la CENI. Elle danse le tango seule, parfois à trois avec les protagonistes ; Mouvance présidentielle et Opposition. Ou à deux avec la MONUSCO. Drôle de cadence qui ne peut que semer la confusion dans la tête des gens. Comme si la CENI s’entêtait à faire avaler à tout le monde l’adage suivant: ‘Mieux vaut de mauvaises élections que pas d’élections du tout’». Et de préciser ensuite : « Et voilà qu’après la suspension de la publication des résultats des élections législatives pour de graves irrégularités, la CENI a décidé de la reprise de la compilation des résultats des bureaux de vote. Sans plus. Jusqu’au-boutisme ».

Pour sa part, Le Phare écrit : « Compilation des résultats : Des experts américains en janvier à Kinshasa ».
D’après une dépêche AFP citée par Le Phare, le panel annoncé depuis la semaine dernière pourrait arriver à Kinshasa au courant de la première quinzaine du mois de janvier 2012. Un officiel proche du Département d’Etat a même indiqué que la première équipe pourrait se présenter dans la capitale congolaise un peu plus tôt, probablement en fin de la semaine prochaine.

La Prospérité se borne à constater «Reprise de la publication des résultats». Tout en révélant quelques figures déjà élues, ce journal rapporte que cette reprise de la publication des résultats, selon Daniel Ngoy Mulunda, n’était pas nécessairement conditionnée par la présence des experts étrangers, quand bien même la mesure suspendant ces opérations était prise dans le but d’attendre leur arrivée. A ce sujet, d’ailleurs, poursuit le journal, le Président de la Ceni a indiqué que la Ceni n’était pas du tout demanderesse de cette démarche. « C’est l’offre qui nous a été proposée parla Communauté Internationale et nous l’avions acceptée de bonne foi », a dit Ngoy Mulunda à la presse, avant de reconnaître également que l’arrivée de ces experts prend du temps, même si l’objectif visé est d’apporter de la transparence dans le processus de compilation.

L’Avenir titre à la Une : « Coup de tonnerre : La CENI reprend la compilation des résultats ».
Après avoir suspendu la compilation des résultats partiels, en attendant l’arrivée d’une équipe d’experts américains et britanniques chargés de garantir la transparence du processus, la CENI fait marche arrière et reprend la compilation des résultats. Pourtant, selon le département d’Etat américain, leurs experts ne seront pas au Congo avant début janvier, signale L’Avenir.
Entre-temps, la crise électorale se prolonge à travers les législatives, qui font l’objet de nombreuses contestations, bien que seuls les résultats partiels d’une quarantaine des Centres de compilation sur les 169 aient été publiés. L’Avenir pose alors deux questions intéressantes.

« Quid du mandat des experts ?
C’est ici qu’il faut vite rappeler que la décision de la CENI va en quelque sorte prolonger une crise électorale à travers les législatives, qui font l’objet de nombreuses contestations, bien que seuls les résultats partiels d’une quarantaine de centres de compilation, sur 169, aient été publiés. C’est face à ces réclamations et aux menaces de l’Union européenne de réévaluer son aide à la Rd-Congo si des progrès n’étaient pas réalisés que la CENI a décidé d’accepter l’aide technique des experts étrangers. Mais le nombre et le mandat précis de ces experts restent flous, alors que les résultats des législatives doivent être annoncés le 13 janvier et que le travail à accomplir est immense. En réalité, ce que le Gouvernement Congolais a refusé de donner d’une main, la Communauté internationale est en train de le retirer d’une autre. Il y a peu, la Monusco avait indiqué, à travers son porte-parole, que son Institution n’aura pas pour travail la certification des résultats. Mais vite, on s’est rendu compte que la vérité était têtue et que c’est la même Communauté internationale, à travers ses experts, qui sera appelée à certifier les résultats des législatives. La Rd Congo aura donc perdu le temps, d’autant plus qu’il fallait se prononcer dès le départ pour permettre à ces experts de se déployer sur l’ensemble du territoire congolais et dans toutes les étapes de la compilation des résultats. Sans pour autant être très sceptique, une certaine opinion pense que les experts ne changeront rien. Surtout que tout a été fait pour permettre à certains candidats qui n’ont même pas été élus d’être proclamés députés nationaux. Au-delà de tout ceci, on ne sait même pas quel sera le mandat des experts qui viendront ? Seront-t-ils déployés dans combiens des Centres locaux de compilation des résultats et pour combien de temps ? En plus, on ne sait même pas la nature des recommandations qu’ils ont reçues de leurs pays respectifs, sans oublier la question de leur nombre.

Au sujet des réclamations
C’est au sujet des réclamations que plusieurs langues se délient. Nombreux sont les Congolais qui ne comprennent pas de quel droit la CENI se permet de recevoir des réclamations. Et ce, lorsqu’on sait que lors du dépôt des candidatures à la députation nationale, plusieurs voix s’étaient élevées pour fustiger le comportement de la CENI qui n’avait eu le moindre souci pour invalider celles qui étaient déposées en violation de la loi. C’est tout de même curieux, maintenant qu’elle publie des résultats provisoires, qu’elle continue à recevoir des réclamations comme si elle s’était arrogé tous les pouvoirs et tous les droits de la Cour suprême de justice. Connaissant la façon dont la Haute cour a toujours été jalouse quant à la protection de ses compétences, on est étonné de constater qu’elle puisse briller par son silence.
Nombreux sont ceux-là qui disent que la présence d’experts n’apportera grand-chose, surtout que tout a été déjà fait. Ils disent qu’on a perdu beaucoup de temps pour rien, pendant qu’il fallait le capitaliser à autre chose. D’autres, par contre, estiment que leur présence apportera la crédibilité à ce processus, surtout que la CENI a perdu toute confiance au niveau de la population congolaise ».
L’Avenir relève encore que le nombre et le mandat précis de ces experts restent flous, alors que les résultats des législatives doivent être annoncés le 13 janvier et que le travail à accomplir est immense.

Ce qui pousse l’éditorialiste de L’Observateur à s’interroger: « Expertise internationale, à qui la faute ? ». Philippe Mbayi note que dans l’opinion, certaines voix s’élèvent pour condamner l’infantilisme de nos pays qui, 51 ans après les indépendances, continuent à recourir à l’expertise internationale. Il se demande s’il pouvait en être autrement quand on sait que les Congolais ne se font pas confiance.

Cohabitation ?

Le Palmarès évoque aussi les Législatives, mais en essayant d’élever le débat. « Législatives 2011 : le duel est relancé entre le Pprd et l’Udps ! ». Pour lui, suivant la jurisprudence établie en 2006, il ne fait pas doute que le Pprd et l’Udps vont se disputer la tête de la prochaine législature et que la troisième place se disputera entre le Palu, le Mlc et l’Unc. La Majorité présidentielle tenant à contrôler l’Assemblée nationale, refuse une quelconque cohabitation, note ce journal.

(Il est même curieux que l’on ne se pose la question qu’aujourd’hui, car elle était dans l’air dès lors que l’on avait révisé la Constitution pour supprimer le second tour, mais que la Chambre avait coulé le projet de modifier le mode de scrutin des législatives. Cela rendait une cohabitation tout à fait envisageable, probablement entre JKK et une majorité parlementaire qui lui serait hostile. En poussant les choses à l’extrême, cela pourrait aller jusqu’à une autre forme de « Kabila, dégage ! » : la destitution.
On voit mal cependant comment les choses se passeraient, dans l’hypothèse d’une Chambre où le groupe le plus influent serait l’UDPS. Car, même si l’on a si peu de sympathie par un président que l’on médite de le destituer, on ne peut le destituer que si on l’a d’abord reconnu comme président. Pour chasser quelqu’un d’une chaise, il faut qu’il soit assis dessus ! Or, il est bien évident que les zélateurs du Sphinx de Limete se verront drastiquement interdire de même supposer un seul instant que le Président élu puisse ne pas être Tshisekedi, sous peine de voir fulminer à leur encontre excommunication, anathème et malédictions. NdlR)

Divers

« Trois semaines après son interruption : Le service de messagerie téléphonique enfin rétabli », note L’Avenir qui informe par ailleurs que les dix premiers SMS, sont gratuits et valables pour 7 jours.

« L’Inspecteur provincial Oleko tient à débarrasser Kinshasa de tous les Kuluna ! ». Le Phare qui évoque cette information dans son édition du jour dit que Oleko exige aux éléments de la PSR de ne pas tracasser inutilement les chauffeurs, mais de se consacrer à la régulation de la circulation routière dans les carrefours importants. Il invite également ses hommes à la traque sans pardon aux malfaiteurs dont la plus part se recrutent parmi les Kuluna et les Shegués.

© CongoForum, le jeudi 29 décembre 2011

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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