Kengo, Législatives…

03/01/12 / Revue de la presse congolaise de ce mardi (CongoForum)

Bien que l’on soit toujours dans l’attente d’importantes nouvelles politiques, les feuilles sont rares dans les kiosques à Kinshasa, la plupart de journaux ayant profité des festivités de Nouvel an pour aller en vacances. Deux sujets concentrent sur eux l’attention : l’agression dont a été victime à Paris le président du Sénat Léon Kengo wa Dondo et les premiers résultats des législatives.

Kengo

La Prospérité rapporte à ce sujet que M. Kengo wa Dondo, candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre dernier et président du Sénat, a été victime d’une agression odieuse perpétrée par un groupe qui, au cours de son forfait, se réclamait d’être les combattants de l’opposition congolaise qui se complait dans un extrémisme improductif et qui reproche à M. Léon Kengo wa Dondo sa détermination constante de promouvoir le dialogue entre tous les filles et fils de la RDC, en vue de créer les conditions meilleures pour son développement. Le même journal rapporte que Kengo wa Dondo, à l’aube de cette année nouvelle qu’il débute dans la douleur, proclame sa foi dans le pardon. Pour ce faire, il pardonne à ses agresseurs qui ont agi dans l’aveuglement de la passion et leur assure de sa fraternité.

Forum des As rapporte qu’à la suite de l’agression dont a été victime à Paris/gare du Nord, le 31 décembre 2011, M. Kengo wa Dondo, Président du Sénat, le Gouvernement et le Bureau de la Chambre haute exigent des sanctions contre les auteurs de cet acte. Le porte-parole du gouvernement a expliqué dans son compte rendu, qu’il revient aux pays occidentaux d’assurer la sécurité de tous, et des compatriotes qui y vivent et des officiels, artistes, pasteurs et autres sujets congolais. Le Bureau du Sénat lance un appel à la communauté congolaise de France, de Belgique et du Royaume Uni de s’imprégner des valeurs républicaines pour exprimer par des voies légales et patriotiques leurs revendications tant politiques que sociales. Il rappelle le message pathétique de Son Excellence M. Joseph Kabila Kabange, Président de la République, qui, dans son discours d’investiture le 20 décembre dernier, a tendu la main à tous ceux qui ont la passion du Congo d’œuvrer pour l’émergence de notre pays.

Le Pouvoir signale que le président national de l’APARECO, Honoré NGBANDA, a été interpellé lundi matin à 6 heures à son domicile parisien, par la police française dans le cadre d’une enquête au lendemain de l’agression de Léon Kengo. Selon M. Shungu, le numéro deux de l’APARECO, les jeunes qui ont mené cette action n’ont rien à voir, ni de près ni de loin, avec son organisation. Il affirme que M. Ngbanda vit librement et n’a en aucun moment été interpellé par qui que ce soit.

ACP rappelle que le Président Joseph Kabila a invité les Congolais à faire de 2012 une année de paix, de stabilité, de la concorde et de la cohésion nationales au cours de son message de Nouvel an, message au cours duquel le chef de l’Etat a également invité la population à redoubler d’effort et de vigilance pour mener à bon port les étapes qui restent à accomplir, tout en reconnaissant qu’elle a fait preuve de sacrifices, de civisme et de patriotisme.

Presse étrangère

L’édito du jour de La Libre par Marie-France Cros, sous le titre « Fiasco au Congo » traite précisément des deux mêmes sujets, ce qui nous offre une transition toute faite !
« L’agression à Paris d’un septuagénaire, le président du sénat congolais Kengo wa Dondo, par des anti-Kabila qui veulent apparemment sanctionner son rapprochement avec Joseph Kabila, vient rappeler l’incroyable gâchis des élections congolaises. L’abjection de l’attaque – se mettre à plusieurs contre un seul; des jeunes frappant un vieux – rappelle les abjections qui l’ont précédée : la garde de Joseph Kabila tirant sur des manifestants désarmés; le rapt des cadavres des victimes par les forces de l’ordre pour cacher les traces de leur crime; la Cour suprême « confirmant » les chiffres de la Commission électorale sans y changer un iota malgré les fraudes massives notoires et proclamant Joseph Kabila président; les « amis du Congo » faisant semblant de ne rien voir du hold-up électoral…

Les élections de 2011 au Congo entreront dans l’histoire comme un des plus grands fiascos de ce début de siècle. Fiasco évident pour la démocratie. Fiasco pour la Commission électorale, dont les manœuvres frauduleuses ont été exposées aux yeux du monde entier, décrédibilisant celui qu’elle voulait promouvoir. Fiasco pour Joseph Kabila, qui s’accroche au pouvoir que lui conteste – il le sait – la majorité des Congolais. Et enfin, fiasco pour les « amis du Congo » qui – sauf Washington – font semblant de croire que tenus le même jour, le scrutin présidentiel serait crédible (la fraude n’aurait pas changé l’ordre d’arrivée des candidats) quand le législatif a besoin d’experts pour crédibiliser son dépouillement ».

Législatives

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a déjà publié les résultats des élections législatives pour quatre-vingt-neuf de cent soixante-neuf circonscriptions électorales. Deux cent dix-neuf de cinq cents députés, qui composeront la prochaine Assemblée nationale, sont déjà connus. Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), de la Majorité présidentielle (MP), arrive en tête avec trente-deux élus, suivi de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi, vingt.

Un autre parti de la majorité créé à la veille des élections présidentielle et législatives du 28 novembre, le PPPD, rafle seize sièges.

Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba compte déjà treize députés.

Le Mouvement social pour le renouveau (MSR), le Parti lumumbiste unifié (Palu) et l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC), trois partis qui ont soutenu la candidature Joseph Kabila à l’élection présidentielle, comptent respectivement douze, neuf et huit députés.

L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et l’Union des forces du changement (UFC) de Léon Kengo wa Dondo, deux partis de l’opposition, comptent jusque là respectivement six et trois élus.

L’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) de Modeste Bahati, l’Alliance des travaillistes démocrates (ATD) de José Makila, l’Alliance des démocrates humanistes (ADH) de Jean-Claude Baende et l’Union nationale des démocrates fédéralistes (Unadef) de Charles Mwando Nsimba en comptent chacun quatre députés.

Trois partis de la MP comptent chacun trois députés sur les deux cent dix-neuf déjà connus:

la Convention des Congolais unis (CCU) de Lambert Mende,
la Conventiondes fédérations pour la démocratie chrétienne (Cofedec) de Venant Tshipasa,
la Nouvelle alliance des démocrates (NAD) d’Athanase Matenda

Beaucoup d’autres partis sur les soixante qui ont déjà, selon les chiffres de la Ceni, des élus comptent un ou deux sièges. Dix candidats qui se sont présentés comme indépendants font aussi partie de deux cent dix-neuf élus à la lumière des résultats partiels de la Ceni.

Alors que beaucoup d’observateurs avaient parlé de « vote sanction », on a du mal à voir cette « sanction » tant que c’est le même camp au pouvoir qui est annoncé vainqueur aussi bien de la présidentielle que des législatives. Encore une fois donc, le doute reste de mise.

A moins qu’il y ait un miracle pour les 281 sièges non encore attribués ?

Affaire à suivre …

© CongoForum, le mardi 3 janvier 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22