Congo Actualité n° 137

11 janvier 2012

Congo Actualités

09 janvier 2012

SOMMAIRE
EDITORIAL: à la recherche de la vérité des urnes
LA SOCIÉTÉ CIVILE DÉNONCE DES TUERIES ET DES ENLÈVEMENTS
LA «PRESTATION DE SERMENT» D’ETIENNE TSHISEKEDI
LE PILLAGE DU SIÈGE DE L’UDPS À LIMETE
LA COMPILATION DES RESULTATS DES LEGISLATIVES 2011
LA REPRISE DU SERVICE SMS
LE PRÉSIDENT DU SÉNAT VICTIME D’UNE AGRESSION À PARIS

EDITORIAL: A LA RECHERCHE DE LA VERITE DES URNES

L’arrivée d’un groupe d’experts électoraux étrangers.
La Commission électorale congolaise (CENI) continue la publication des résultats partiels des élections législatives. Mais de nombreux candidats perdants dénoncent des irrégularités et des fraudes partout. La commission électorale avait même suspendu la compilation des résultats, en attendant l’arrivée d’un groupe d’experts internationaux qui pourraient l’aider à rendre les résultats plus crédibles. Le 4 Janvier, un groupe d’experts électoraux américains est arrivée à Kinshasa, bien que la CENI ait déjà repris le travail de compilation des résultats des élections législatives. Selon une première intention, ils auraient dû accompagner la Ceni dans les opérations de compilation des résultats, afin d’identifier plus facilement les cas de fraudes et d’irrégularités et de proposer les corrections nécessaires. Mais maintenant que le travail de compilation est presque terminé, quelle sera leur mission?
Certains membres de l’opposition ont exprimé leurs préoccupations à ce sujet car, selon eux, de nombreux documents ont été falsifiés ou portés disparus. Par ailleurs, puisque les élections législatives ont eu lieu le même jour que les présidentielles, dans les mêmes sièges et avec le même nombre d’électeurs, ils se demandent: «Pourquoi limiter le travail du groupe des experts internationaux aux seuls résultats de la législative? On pourrait bien l’étendre aussi aux résultats de l’élection présidentielle ».
Certes, la mission du groupe d’experts pourrait aider la Ceni à apporter plus de transparence au processus électoral tout entier dans ses différentes étapes. Si au début, la mission du groupe d’experts avait été conçue comme une présence de soutien et de collaboration, maintenant que le travail est presque terminé, elle devrait se muer dans une mission de contrôle et de vérification, notamment en ce qui concerne les cas d’irrégularités et de fraudes électorales signalés.

Le peuple congolais a le droit de connaître la vérité des urnes.
En effet, le peuple congolais a le droit inaliénable de connaître la vérité qui est sortie des urnes.
Le président de la commission électorale et le même président de la République ont reconnu les irrégularités et les limites des élections du 28 novembre. Toutefois, il ne suffit pas de les reconnaître, on devrait également y apporter les remèdes nécessaires.
Les irrégularités constatées au niveau de l’organisation et les fraudes électorales commises sous les yeux de tout le monde devront être sanctionnées comme prévu par la loi électorale.
Les résultats finaux devront être corrigés en fonction de la vérité des urnes, recherchée par un « recomptage des voix », au moins dans les cas litigieux. On pourrait procéder par une comparaison rigoureuse des résultats figurant dans les procès-verbaux affichés dans les bureaux de vote immédiatement après le dépouillement des bulletins de vote, dont les témoins des partis politiques ont une copie, ceux recueillis par les observateurs (nationaux et internationaux) et ceux fournis par la commission électorale. C’est seulement la vérité des urnes qui détermine la légitimité ou l’illégitimité de celui qui est élu à la Présidence de la République et de ceux qui sont élus à la Députation Nationale.
Les actes de violence, dont les violations des droits humains, qui ont été commis pour réprimer les manifestations populaires pendant la période électorale devront être jugés et punis conformément à la loi.

La vérité sur les élections comme chemin vers la démocratie et la paix.
Le peuple congolais a déjà trop souffert. Il suffit de rappeler les cinq ans des premières rébellions tout juste après l’indépendance, les trente ans de dictature, les huit ans de guerre avec plus de six millions de morts, les cinq dernières années avec des politiciens irresponsables (voire la corruption, l’enrichissement personnel illicite, les violations des droits humains et des principes constitutionnels, …), mais toujours protégés par l’impunité.
Le peuple congolais ne supporte plus de voir ses femmes violées chaque jour, il ne peut plus payer la prime mensuelle des enseignants, il ne tolère plus qu’il y ait des criminels de guerre parmi les chefs de l’armée nationale, il n’accepte plus que les richesses minérales du Pays soient exploitées illégalement par des sociétés minières internationales, sans aucun avantage économique pour les populations locales. Finalement, il n’accepte absolument pas de se voir ravir sa propre volonté exprimée par les urnes.
Le peuple congolais exige la vérité des urnes, afin de pouvoir continuer sur le chemin de la démocratie, de la justice, du respect des droits humains, de la paix et du développement.

LA SOCIÉTÉ CIVILE DÉNONCE DES TUERIES ET DES ENLÈVEMENTS

Le 21 décembre, dans un communiqué intitulé «Contre la chasse aux sorcières», l’Ong La Voix des Sans Voix (VSV) a dénoncé une série de cas d’enlèvements et de disparitions de personnes, enregistrés depuis quelques jours avant la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre. En effet, des informations parvenues à la VSV font état d’enlèvements de plusieurs personnes par des hommes armés habillés en tenue de la police Nationale Congolaise et des FARDC notamment de la Garde Républicaine (GR). Certaines de ces victimes sont amenées vers une destination inconnue. Plusieurs de ces victimes seraient détenues dans des cachots de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), du bataillon PM/Camp Kokolo, de l’Etat Major des Renseignements Militaires (ex DEMIAP), du camp militaire colonel Tshatshi, du Palais de Marbre, GLM etc. Dans tous ces lieux de détention, les victimes sont privées des visites et feraient l’objet de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les victimes sont suspectées d’être militantes de l’UDPS. La VSV exige:
- la cessation de la chasse aux sorcières sur l’ensemble du territoire national;
- la localisation de toutes les personnes victimes d’enlèvements et détentions et la préservation de leurs vies et de leur intégrité physique et psychologique;
- la libération immédiate des victimes en détention ou leur présentation devant des juridictions compétentes en cas des griefs sérieux à charge;
- l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur ces enlèvements, détentions illégales, et les allégations de torture aux fins de sanctionner les auteurs, commanditaires et autres exécutants des ces actes d’atteintes à l’intégrité la dignité humaines et à la vie ;
- la sécurisation de toutes les personnes et leurs biens sans tenir compte de l’appartenance politique, ethnique et provinciale.

Le 22 décembre, l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) accuse, dans un rapport, les forces de sécurité du régime de Joseph Kabila d’avoir tué « au moins 24 personnes » et d’en avoir arrêté «arbitrairement» plusieurs dizaines d’autres, entre le 9 et le 14 décembre. Vingt ont été tuées «à Kinshasa, deux au Nord-Kivu (est) et deux au Kasaï Occidental (centre)», écrit l’ONG de défense des droits de l’homme, qui dénonce particulièrement la police et la Garde républicaine, chargée de la sécurité de la présidence.HRW estime que depuis la réélection contestée de Joseph Kabila le 9 décembre, «les forces de sécurité ont tiré sur des petites foules, apparemment pour empêcher la tenue de manifestations contre le résultat de l’élection». Human Rights Watch a constaté que parmi les personnes tuées se trouvaient des militants et des partisans, ainsi que des personnes interpelées dans la rue, ou même dans leurs maisons. Parmi les victimes figurent une femme de 21 ans et sa nièce de huit ans, toutes deux tuées par balle le jour de l’annonce des résultats électoraux, alors que la police tirait sur une foule de partisans de l’opposition dans la capitale.
Pour Anneke Van Woudenberg, enquêtrice pour l’Afrique à HRW, «ces manœuvres sanglantes contribuent à fragiliser le processus électoral et donnent l’impression que le gouvernement ne reculera devant rien pour rester au pouvoir». HRW, qui «a reçu des dizaines de signalements d’autres meurtres et d’attaques par les forces de sécurité qu’elle cherche à vérifier», estime que le bilan de la répression pourrait être plus élevé. «Il semblerait que la police et d’autres forces de sécurité masquent l’étendue des meurtres en enlevant rapidement les corps», assure l’ONG. Des sources auraient ainsi informé HRW que «le gouvernement avait donné pour instruction aux hôpitaux et aux morgues de ne pas fournir d’informations concernant le nombre de morts, ni de détails sur les individus blessés par balles aux membres de leurs familles, aux groupes de défense des droits humains ou au personnel des Nations unies». Certaines familles ont retrouvé les corps de leurs êtres chers dans des morgues situées loin de Kinshasa, ce qui indiquerait que des corps sont transportés jusque dans des zones excentrées.
Des meurtres donc, mais pas seulement. Les forces de sécurité ont depuis le 9 décembre empêché toutes formes de rassemblements, bloquant «par la force des tentatives des groupes d’opposition d’organiser des manifestations pacifiques contre les irrégularités de l’élection » présidentielle. Ils ont «arrêté un certain nombre des organisateurs sur des accusations fallacieuses de menace à la sécurité nationale», indique le communiqué. Human Right Watch appelle «les Nations unies et les partenaires internationaux de la RDC» à «exiger de toute urgence que le gouvernement reprenne le contrôle de ses forces de sécurité». Selon HRW, «le gouvernement devrait ordonner la libération immédiate des toutes les personnes détenues, et entreprendre une enquête impartiale afin d’établir les responsabilités en ce qui concerne les meurtres commis, les arrestations illégales et les mauvais traitements infligés aux détenus».

LA «PRESTATION DE SERMENT» D’ETIENNE TSHISEKEDI

Le 23 décembre, les autorités congolaises ont interdit la manifestation prévue par l’opposition à Kinshasa pour la «prestation de serment» d’Etienne Tshisekedi. « Il n’y a pas de manifestation, elle est interdite. Il y a déjà un président élu qui a prêté serment. On ne peut pas prêter serment à nouveau, c’est un acte de subversion. On doit empêcher de poser cet acte contraire à la Constitution », a déclaré une source proche du chef de la police congolaise. Quatre blindés de la Garde républicaine et un important dispositif policier étaient visibles aux abords du stade des Martyrs. Les forces de l’ordre ont bouclé le quartier Limete, dans l’est de la capitale, où M. Tshisekedi a sa maison non loin du siège de son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). La police a dispersé avec du gaz lacrymogène des manifestants près du domicile d’Etienne Tshisekedi et du stade des Martyrs. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées. Le calme règne dans le reste de la ville, les commerces sont ouverts et les taxis circulent.
Le carton d’invitation officiel pour la « cérémonie de prestation de serment du président élu » M. Tshisekedi, titré « Présidence de la République, protocole d’Etat », donnait un programme détaillé du déroulement de la matinée, avec notamment l’arrivée minutée des « officiers supérieurs militaires et la police nationale », « des hauts magistrats », « des ambassadeurs » ou encore « des présidents et délégations de pays frères et amis ».
En milieu d’après-midi, devant l’impossibilité de se rendre au stade des Martyrs, M. Tshisekedi a prêté serment dans sa maison, en présence de plusieurs dizaines de ses partisans et responsables politiques de l’opposition. «Moi, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba élu Président de la République Démocratique du Congo, Je jure solennellement devant Dieu et la Nation: D’observer et de défendre la Constitution et les lois de la République, de maintenir son indépendance et l’intégrité de son territoire et de sauvegarder l’unité nationale», a énoncé M. Tshisekedi, la main droite levée et la gauche sur une bible, avant d’annoncer, dans une courte déclaration, la publication dans les prochains jours d’un « programme de gouvernement ». En dehors des alentours du stade des Martyrs, la ville est restée calme, les commerces étaient ouverts et les taxis ont circulé.

Le 27 décembre, au cours d’une conférence de presse à la paroisse Notre-Dame de Fatima, le secrétaire général de l’UDPS, Jacquemin Shabani, a affirmé que sept personnes ont été tuées et plus de 540 autres arrêtées, le 23 décembre, au cours des affrontements entre policiers et militants de l’UDPS qui voulaient aller au stade des Martyrs, pour assister à la cérémonie de prestation de serment de Tshisekedi. Selon Jacquemain Shabani, il y a eu des morts identifiés et non identifiés fauchés par balles, aux environs du Stade des Martyrs, du pont Kasa-Vubu, au croisement des avenues Masimanimba à Matonge, Ethiopie et Inzia à Kasa-vubu et au siège de l’UDPS à Limete.
Le chef de la police nationale, le général Bisengimana a, toutefois, nié les faits: «Par rapport aux événements de vendredi il y a eu des arrestations qui ont été opérées. Ca, je dois le reconnaître. Le samedi, ces gens qui étaient interpellés ont été relâchés. Quant aux tueries, je n’en connais pas. En dehors de la personne qui est décédée, électrocutée au niveau de la commune de Kalamu, qui a marché sur un fil électrique». M. Shabani a ajouté que son parti va remuer ciel et terre pour obtenir que les exécutants et les commanditaires soient traduits devant les instances judiciaires compétentes tant nationales qu’internationales, notamment la Cour pénale internationale (CPI).

L’UDPS a fourni une liste des victimes du vendredi 23 décembre 2011:
A. Liste des personnes tuées
1. SUMBI BABY, mort par balle aux environs du Stade des Martyrs
2. KABONGO LUSAMBA, tué au pont Kasavubu
3. KILOMONP MASIKAMA, tué au croisement d l’avenue MASIMANIMBA à Matonge
4,5 et 6: 3 personnes non identifiées tuées au croisement des avenues Ethiopie et INZIA dans la
commune de Kasavubu; corps emportés par la G.R.
7. KINGOTOLO: tué au siège de l’UDPS lors du saccage par les éléments de la police.
B. Liste des personnes portées disparues
1. MUTOMBO DONAT
2. BRUNO KONGOLU MPOYI, chargé de mobilisation à la cellule de Kisenso
3. NYENGELE ILUNGA Gustave
4. BOBO Nvubu Charles, allias PITCHA
C. Bilan des arrestations
1. PIR/KASAVUBU: 85
2. COMMUNE KASAVUBU: 35
3. CAMP LUFUNGULA: 110
4. ANR: 60
5. CAMP TSHATSHI: 12
6. MALUKU (SIFORCO): 73
7. CIRCO: 80
8. POLICE KINGABWA (Point chaud): 30
9. POLICE TP (Kingabwa): 56
10. COMMUNE KALAMU: 32
11. COMMUNE DE BARUMBU: 13
12. DISTRICT MATETE: 25
13. DISTRICT TSHANGU: 35
14. CENTRAL: 36

LE PILLAGE DU SIÈGE DE L’UDPS À LIMETE

Le 23 décembre, alors que le quartier de Limete où réside EtienneTshisekedi était quadrillé par la police, des hommes non identifiés ont pillé le siège de l’UDPS. Des témoins affirment avoir vu des pick-up de couleur blanche, semblables à des véhicules de la police, stationnés au milieu des maisons de la dixième rue. Leurs occupants, des hommes en civil, se seraient alors introduits dans le siège de l’UDPS et auraient emporté des documents, des ordinateurs, des meubles et des appareils électroménagers. Selon le secrétaire général de l’UDPS, Jacquemin Shabani, les biens volés auraient été acheminés au bureau de la police d’intervention rapide, situé sur l’avenue Victoire, au quartier Matonge, dans la commune de Kalamu. Du bilan dressé par l’UDPS, il ressort aussi qu’un membre du parti nommé Kingotolo a trouvé la mort lors de cette opération de saccage. Cette attaque est intervenue pendant la nuit, soit quelques heures après la «prestation de serment» d’Etienne Tshisekedi en sa résidence située dans le même périmètre que le siège du parti. Jacquemin Shabani, a réaffirmé, la décision de son parti de déposer une plainte auprès des instances judiciaires compétentes.

Le 26 décembre, la garde affectée à la sécurité d’Etienne Tshisekedi, dans le cadre de la protection des candidats aux élections présidentielles, a été retirée de sa résidence de Limete. Pour le moment, le président Tshisekedi est protégé seulement par sa garde habituelle.

Le 30 décembre, au cours d’une conférence de presse animée à la paroisse Notre-Dame de Fatima, le secrétaire général de l’UDPS, Jacquemain Shabani, a dénoncé les nombreuses restrictions imposées par les forces de l’ordre, bloquant l’accès à la résidence d’Etienne Tschisekedi, au quartier Limete. En effet, la maison du leader de l’UDPS et tout le quartier qui l’entoure restent bouclés par la police. L’UDPS parle même de «détention domiciliaire» pour évoquer l’isolement dans lequel son leader est maintenu. «Il est donc clair que M. Tschisekedi est privé de sa liberté en dépit de tous les démentis fantaisistes des membres du pouvoir… Selon des sources concordantes et crédibles, l’insécurité créée autour de sa résidence a pour objectif caché son isolement avec intention soit de l’éliminer physiquement, soit de le déporter vers une destination inconnue», a dit en substance Jacquemain Shabani.
Le gouvernement dément et répète que la police est là pour protéger la population. À l’issue d’une séance de travail avec une délégation de l’opposition, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Adolphe Lumanu, a annoncé que le dispositif sécuritaire, mis en place entre les 20 et le 23 décembre autour de la résidence d’Etienne Tshisekedi, sera allégé après l’évaluation des modalités pratiques. Pour le ministre de l’Intérieur, le leader de l’UDPS est libre et le dispositif sécuritaire était pris dans l’intérêt de l’ordre public et même dans son propre intérêt.

Le 31 décembre, depuis de sa résidence à Kinshasa, où une trentaine de personnes patientaient pour lui présenter leurs vœux, Etienne Tshisekedi a déclaré à la presse qu’il n’y a « absolument pas de crise » en RDCongo, dont il s’est proclamé « président élu », rejetant la victoire contestée du chef de l’Etat sortant Joseph Kabila. « Il n’y a absolument aucune crise à la tête du Congo, pas du tout! », a affirmé à la presse le leader de l’UDPS. « Pour gouverner il faut deux choses. D’abord la légitimité, et j’ai déjà cette légitimité de par le peuple congolais. La deuxième chose qu’il me faut, c’est ce qu’on appelle l’imperium, c’est-à-dire la force publique », a-t-il précisé. « Les choses vont rentrer dans l’ordre. Il n’y a pas de crise à la tête du Congo », a insisté Etienne Tshisekedi qui a souligné qu’il fallait « donner du temps » aux forces de sécurité, pour qu’elles « comprennent que la légitimité a changé de place, que ce n’est plus Kabila, c’est Tshisekedi » qui dirige la RDCongo.
À propos de la venue des experts internationaux pour suivre la compilation des résultats des législatives, il se demande : «Qu’est-ce qu’ils viennent faire ici? Ils vont prendre des décisions sur quelle base? Tous les procès verbaux ont été falsifiés. Ils viennent perdre leur temps pour rien. Ils viennent en touristes».

LA COMPILATION DES RESULTATS DES LEGISLATIVES 2011

Après la polémique autour du résultat officiel de la présidentielle, qui est loin d’être éteinte, un autre scrutin donne lieu à contestation. Organisées en même temps que la présidentielle, le 28 novembre dernier, les législatives sont également au centre d’une controverse. Des candidats, des témoins et des observateurs affirment que les résultats publiés jusqu’ici ne reflètent pas la vérité des urnes. Ces résultats ne seraient pas conformes à ceux qui étaient affichés dans les bureaux de vote, au soir ou au lendemain du scrutin.
Lors de la compilation des résultats des législatives 2011, des agents de la CENI sont accusés d’avoir falsifié des résultats au profit de certains candidats.
Les centres de compilation sont envahis par des candidats qui rôdent tout autour comme des vautours. Certains agents de la CENI sont objet de pressions afin de renverser les résultats et auraient ajouté des voix à un candidat et soustrait à d’autres. Certains candidats affirment détenir des preuves «irréfutables» de falsification des procès verbaux (PV) en faveur de certains candidats. Parfois, les résultats arrivés au centre de compilation ne correspondaient pas à ceux enregistrés dans les bureaux de vote. Dans certaines circonscriptions, les témoins sont exclus du décompte des voix et de la compilation des résultats. Actes inciviques et malhonnêtes qui ne visent qu’à dénaturer le vote et à falsifier la vérité des urnes.
Autre constat: cette exubérance, cette joie anticipée, cette arrogance de certains candidats qui crient déjà haut et fort à «leur victoire». Ils en sont absolument convaincus comme si le vote ne servait plus à rien, et dans un langage pervers, ils affirment à qui veut les entendre qu’ils ne «voient pas comment ils perdraient les élections», eux qui ont déjà une «certaine expérience» dans ce genre de compétition (sic). Tout se passe comme si le décor est déjà planté pour que la vérité des urnes soit falsifiée. L’on est reparti pour des contestations en cascade quand on sait qu’il y a 18.386 candidats à la députation nationale. Les frustrés ne sont pas tous nécessairement des enfants de chœur de manière à accepter naïvement, avec un large sourire, les résultats. Des accrochages pourraient avoir lieu dans plusieurs coins de chaque province et la crise politique qui s’affirme chaque jour ne fera que s’accentuer.

Le 16 décembre, la Ceni a décidé de cesser momentanément les travaux de collection des résultats des législatives dans tous les centres locaux de compilation (CLCR). Le vice-président Jacques Djoli affirme que cette décision est prise pour «essayer de recadrer les agents afin de traduire l’expression de la sociologie électorale telle qu’exprimée».
Il a aussi annoncé la signature d’un accord technique avec la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco) en vue de limiter des probables manipulations des résultats dans les centres locaux de compilation des résultats (CLCR).

Le 21 décembre, la Ceni a suspendu la compilation des résultats des législatives jusqu’à l’arrivée des équipes de supervision et d’appui technique international. Dans un communiqué, elle évoque de «nombreuses réclamations dont elle a été saisie par les candidats et organisations politiques».
La Céni a commencé à publier sur son site internet les résultats provisoires d’une trentaine de circonscriptions mais la publication pour les quelque 140 circonscriptions restantes est « subordonnée, le cas échéant, par l’examen des contestations » dont elle est « saisie et a délibéré ».
La Ceni enjoint, par ailleurs, aux centres locaux de compilation de résultats ayant déjà terminé les opérations de compilation et transmis les procès verbaux ainsi que les fiches de compilations de «se réserver d’afficher les résultats», jusqu’à leur confirmation. Elle précise toutefois qu’elle continuera à publier les résultats partiels des centres ayant clôturé la compilation, transmis et affiché les résultats et dont les opérations n’auront fait l’objet d’aucune réclamation. La Ceni précise aussi qu’elle ne publiera pas les résultats contestés tant qu’elle n’a pas examiné ces contestations.
Jacques Djoli, vice-président de la Céni, a notamment évoqué la « pression énorme » exercée sur les CLCR, alors que 19.000 candidats se sont présentés pour seulement 500 sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale. La Mission de l’ONU en RDC (Monusco) devrait désormais travailler en « partenariat » avec les équipes de la Céni pour la compilation des résultats, et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis pourraient fournir une aide, a ajouté M. Djoli. L’équipe technique internationale que la Ceni a appelée va l’aider à faire la validation des résultats des législatives déjà compilés, analyser les différentes contestations des résultats et appuyer les équipes qui fonctionnent sur le terrain. D’après l’opposant Martin Munkokole, la décision de la Ceni de suspendre la compilation aurait dû être prise plus tôt et pour les deux scrutins, parce qu’ils sont tous les deux entachés d’irrégularités.

Le 27 décembre, la Ceni a annoncé la reprise de la compilation des résultats des législatives pour le jour suivant, le 28 décembre, avant l’arrivée même des experts étrangers censés assurer la transparence du processus. La Céni a ajouté que la publication des résultats n’ayant fait l’objet d’aucune réclamation jugée fondée se poursuivrait. Des discussions sont en cours avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont offert l’assistance technique d’équipes d’experts, mais ni la Céni ni les autorités de ces pays ne sont en mesure de préciser la date d’arrivée en RDC, le mandat précis, ou le nombre de ces experts. Un responsable du département d’Etat américain a annoncé que l’Agence fédérale américaine d’aide au développement USAID discute du « choix des experts avec plusieurs organisations renommées et pense que l’équipe arrivera à Kinshasa dans la première semaine de janvier ». Il n’a cependant pas spécifié si ces experts viendraient d’organisations comme le Carter Center, l’International Republican Institute ou le National Democratic Institute, qui ont une expérience en la matière.
La reprise de la compilation des résultats des législatives par les CLCR avant l’arrivée des experts internationaux soulève un certain nombre d’interrogations. Gestion de temps? Argument plausible mais négociable. La CENI y gagnerait beaucoup en confiance et en crédibilité en retardant la publication des législatives prévue le 13 janvier 2012 de quelques jours. Elle l‘a fait avec la présidentielle. Pourquoi pas avec les législatives?
Pour le camp d’Etienne Tshisekedi, les experts doivent se pencher également sur la présidentielle.
« C’est un peu bizarre de faire venir ces experts seulement pour les législatives. C’est exactement le même hold-up que pour la présidentielle. Les deux élections se sont passées le même jour, dans les mêmes bureaux de vote. On ne peut pas dissocier les deux scrutins », estime Albert Moleka, directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi.

Le 3 janvier, la Ceni a déjà publié les résultats des élections législatives pour quatre-vingt-neuf de cent soixante-neuf circonscriptions électorales. Deux cent dix-neuf de cinq cents députés, qui composeront la prochaine Assemblée nationale, sont déjà connus. Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), de la Majorité présidentielle (MP), arrive en tête avec trente-deux élus, suivi de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi, avec vingt députés. Un autre parti de la majorité créé à la veille des élections présidentielle et législatives du 28 novembre, le PPPD, rafle seize sièges. Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba compte déjà treize députés. Le Mouvement social pour le renouveau (MSR), le Parti lumumbiste unifié (Palu) et l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC), trois partis qui ont soutenu la candidature Joseph Kabila à l’élection présidentielle, comptent respectivement douze, neuf et huit députés. L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et l’Union des forces du changement (UFC) de Léon Kengo wa Dondo, deux partis de l’opposition, comptent jusque là respectivement six et trois élus.

Le 4 janvier, des experts étrangers sont arrivés à Kinshasa pour étudier la faisabilité d’une révision plus large du processus de compilation des résultats des élections législatives du 28 novembre. Il s’agit d’une petite équipe d’experts électoraux internationaux fournie par les organisations américaines National Democratic Institute (NDI) et International Foundation for Electoral Systems (IFES). Elle devrait rester en RDC pour une durée approximative de trois semaines.

L’investiture de Joseph Kabila, le 20 décembre, s’est tenue dans un désert diplomatique accablant.
Les chefs d’État – y compris africains – ont délégué leurs Premiers ministres ou l’un de leurs ministres ou les ambassadeurs. Pourquoi tant d’absents? Parce que l’élection présidentielle du 28 novembre dernier n’est pas crédible, dit l’opposant Vital Kamerhe. À l’origine de cette grande bouderie internationale, il y a bien-sûr les rapports très critiques des observateurs de l’Union européenne et du centre Carter sur le scrutin.
Comment sortir de l’impasse? Les deux principaux adversaires de Joseph Kabila, Étienne Tshisekedi et Vital Kamerhe, proposent que la communauté internationale aide à mettre sur pied une «commission d’évaluation» des résultats de la présidentielle. Tout serait passé au crible: la liste électorale, les votes par dérogation et, bien entendu, le comptage des bulletins. «Nous avons besoin de cette commission pour recompter les voix», affirme Kamerhe. De leur côté, trois ONG américaines, International Crisis Group, Enough Project et Eastern Congo Initiative, avancent l’idée d’une médiation internationale. Mais le camp Kabila ne veut pas en entendre parler. Et, du coup, les capitales occidentales font profil bas. «Le recomptage des voix de la présidentielle, ce n’est pas possible, confie un diplomate de haut rang, à Paris. En revanche, la France demande un dépouillement moins calamiteux des législatives [qui ont eu lieu le même jour, NDLR]».
Réplique immédiate de Kamerhe: «Les législatives et la présidentielle ont eu lieu le même jour dans les mêmes bureaux de vote. Si l’on accepte l’idée des experts internationaux pour compter les voix des législatives, pourquoi la refuser quand il faut compter les voix de la présidentielle?».
Cette péripétie en dit long sur l’embarras des Occidentaux. Ils savent que la réélection de Joseph Kabila a été «calamiteuse». Mais ils ne veulent pas rebattre les cartes. «Il y a trop de risques de conflit armé», disent les uns. «Tshisekedi n’est pas fréquentable, il n’est pas Ouattara», lancent les autres. À Bruxelles, Paris et Washington, on se prend à rêver: «Si le dépouillement des législatives est transparent, l’opposition sera peut-être majoritaire dans la prochaine Assemblée. Kabila sera alors forcé de cohabiter avec un Premier ministre qui l’obligera à une meilleure gouvernance». C’est le scénario du Kenya ou du Zimbabwe. Pas sûr que les millions de Congolais qui ont voté Tshisekedi soient d’accord.

LA REPRISE DU SERVICE SMS

Le 28 décembre, le gouvernement a levé la mesure de suspension du service de messagerie par téléphone appelé SMS. C’est ce qu’a déclaré le président du comité des opérateurs de téléphonie à la Fédération des entreprises du Congo (Fec), Tharcisse Munkidji.
Le gouvernement congolais recommande néanmoins aux opérateurs de téléphonie cellulaire (VODACOM, AIRTEL, TIGO, CCT, SUPERCEL, STANDARD TELECOM) d’identifier obligatoirement tous leurs abonnés, afin de faciliter «le gouvernement dans la prise des décisions relatives au maintien de l’ordre public», ajoute Tharcisse Munkidji. Il précise que les opérateurs des sociétés de télécommunication devront établir le manque à gagner pendant toute la période de suspension du service et s’entendre avec le gouvernement sur les modalités de réparation.
Le service de SMS avait été suspendu depuis le 3 décembre sur décision du gouvernement. Le Vice premier ministre et ministre de l’Intérieur, Adolphe Lumanu avait justifié que cette mesure conservatoire avait pour but de préserver l’ordre public pendant le processus électoral, en évitant la propagation de rumeurs et, en particulier, de «faux résultats» de la présidentielle du 28 novembre.

Reporters sans frontières (RSF) avait adressé, le 22 décembre, à Adolphe Lumanu Mulenda Buana N’sefu, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la sécurité, une lettre ouverte dans laquelle l’Ong attirait «l’attention sur le caractère liberticide et abusif d’une telle mesure». Selon RSF, «ce blocage total des services de messagerie téléphonique constitue une réaction démesurée qui n’est pas sans rappeler les pratiques de certains régimes répressifs. En mettant en place une telle mesure, la RDCongo rejoint la liste des Pays ayant suspendu les télécommunications afin de faire taire les mouvements de contestation, tels que l’Egypte, la Syrie, la Libye ou encore le Kazakhstan. La situation actuelle en RDCongo est cependant sans précédent, car les perturbations des réseaux de communication, dans les autres pays, n’avaient jamais excédé quelques jours». Reporters sans frontières précise que «le blocage des services de messagerie téléphonique constitue une grave violation des droits garantis par la Constitution et par les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par la RDCongo. Les droits fondamentaux à la libre communication et à la libre circulation de l’information sont bafoués par ce blocage qui a également entravé le travail des observateurs du processus électoral».Enfin, au nom de la liberté d’expression et du droit à l’information, l’organisation demande de «prendre les mesures nécessaires, afin de rétablir le réseau de messagerie téléphonique dans les plus brefs délais».

Le 28 décembre, dans son rapport annuel intitulé: «La liberté de la presse pendant les élections», l’ONG de défense des droits de l’homme Journaliste en danger (Jed) a dénombré 160 cas de violation de la liberté de la presse en RDCongo en 2011, dont près de la moitié pendant la période électorale, d’octobre à décembre, contre 87 en 2010.
Pour l’ONG congolaise, la répression sur les médias et les journalistes se traduit par des menaces et des arrestations de journalistes, des attaques armées contre des maisons de presse (journaux, radios et télévisions), l’interdiction d’émissions et la fermeture de médias proches de l’opposition ».
Les 160 cas d’atteinte à la liberté de la presse recensés par Jed en 2011 se présentent de la manière suivante:
1 journaliste tué à Kirumba dans le Nord-Kivu en juin 2011
42 arrestations des journalistes
57 cas de menaces et d’agressions contre les journalistes
43 cas de censure et d’entraves à la circulation de l’information
17 cas de pressions sur les médias
Faisant une comparaison entre les années 2006 et 2011 [deux années électorales en RDC], le rapport de Jed souligne que le nombre de violations de la liberté de la presse est passé de 125 à 160, soit une augmentation de 35 cas d’atteinte à liberté des journalistes.
«Nous estimons aujourd’hui qu’il y a une très forte dégradation de la liberté de la presse», a déclaré le secrétaire exécutif de Jed, Tshivis Tshivuadi.
Dans la partie de son exposé consacrée à l’observation des médias durant la période de la campagne électorale, Jed constate que «les médias congolais, dans leur ensemble, se sont engagés dans une frénésie propagandiste qui a occulté les vrais débats démocratiques sur les candidats et leurs programmes». Jed dénonce aussi « la dérive propagandiste des médias, y compris des médias publics, ponctuée parfois par des propos et discours d’incitation à la haine et à la violence, dans un climat de tension et d’intolérance politique ».
Pour Jed, plusieurs acteurs politiques et responsables des services de sécurité se sont ingérés dans la régulation des médias pendant la campagne électorale jusqu’à ce jour, en violation des prérogatives dévolues au Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC). Ces immixtions, souligne Jed, consacrent l’échec de cet organe dans ses missions reconnues de protéger le droit du peuple à l’information et de promouvoir le professionnalisme des médias. Jed cite aussi les cas des médias fermés ou suspendus au-delà du délai, citant notamment Canal Futur TV, Radio Lisanga TV et deux autres médias au Kasaï-Oriental.

LE PRÉSIDENT DU SÉNAT VICTIME D’UNE AGRESSION À PARIS

Le 31 décembre, le président du sénat, Léon Kengo wa Dondo a été objet d’une agression à Paris, dans le cadre d’une visite privée non signalée aux autorités françaises, qui n’avaient pas pris de mesures particulières de sécurité. M. Kengo était arrivé en train depuis Bruxelles à Paris, gare du Nord à 17H00 GMT, où une voiture avec un chauffeur l’attendait. Alors qu’il pénétrait dans le véhicule, il a été frappé par des hommes pouvant être des compatriotes.
« Nous déplorons l’agression dont a été victime M. Léon Kengo Wa Dondo », a déclaré Bernard Valero, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, soulignant que celui-ci « était en France dans le cadre d’un déplacement privé dont les autorités françaises n’avaient pas été informées. Les forces de l’ordre lui ont naturellement prêté secours dès que possible et les autorités françaises ont veillé à ce qu’il soit admis sans délai dans un hôpital parisien, afin de s’y faire soigner ».
Réuni en séance extraordinaire, le bureau du Sénat congolais a dit condamner « cet acte barbare » et a demandé à la diaspora congolaise « de France, de Belgique et du Royaume-Uni de s’imprégner des valeurs républicaines pour exprimer par les voies légales et patriotiques leur revendications tant politiques que sociales ».
L’UDPS de Etienne Tshisekedi a démenti l’implication de ses combattants dans l’agression dont a été victime le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo. Serge Mayamba, secrétaire national de l’UDPS chargé des relations avec les forces politiques et sociales, a regretté et condamné cet acte « odieux » et a fait savoir qu’il faudra plutôt parler des Congolais de l’étranger que des militants de l’UDPS. « Les Congolais de l’étranger s’attaquent à tous ceux qui travaillent contre leurs intérêts. Ils veulent le changement et luttent pour la démocratie et l’instauration d’un Etat de Droit en RDC. C’est un phénomène de prise de conscience du peuple congolais », a-t-il affirmé, tout en ajoutant que l’UDPS a toujours été contre la violence.
Selon certains observateurs, les agresseurs pourraient être certains membres de la diaspora congolaise opposés au président Joseph Kabila et plutôt favorables à l’opposant Étienne Tshisekedi. Une enquête de la police française est en cours.
Léon Kengo avait réclamé l’annulation de la présidentielle, jugeant le processus entaché d’irrégularités. Mais il avait assisté, peut-être comme président encore en fonction du Sénat, à l’investiture pour un nouveau quinquennat de Joseph Kabila le 20 décembre. Pour les « combattants » de la diaspora, cet « opposant de la 25ième heure » ralliera Joseph Kabila au dernier moment. De nombreuses rumeurs donnent en effet le nom de Léon Kengo comme prochain Premier ministre de Joseph Kabila. Une manière pour le président réélu de faire « un geste » à moindre frais envers l’opposition.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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