14/01/12 / REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI

14 janvier 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

Les élections sont toujours à la Une. Les législatives 2011, qui n’ont pas encore livré tous
les secrets des urnes, focalisent l’intérêt de la presse congolaise. Elections mises à part,
l’attention se disperse entre des sujets divers, dont certains de circonstance, étant donné
la proximité des anniversaires des meurtres de Lumumba et Kabila.

Elections
Très tôt ce matin, CongoForum annonçait, sous le titres « DERNIERE MINUTE : Les
experts rendent leur tablier » que d’après une source généralement bien informée, hier,
13 janvier, les experts US en affaires électorales des organisations NDI et IFES ont arrêté
leur mission et quitté la République Démocratique du Congo …
Ces experts se sont sentis pris au piège dans les deux sens … Ils avaient le choix entre
cautionner la CENI … et « la passivité » de la Monusco présente au sein du comité ad hoc
de la CENI ou confirmer la position des missions d’observations les plus critiques (MOEUE,
Carter. RENOSEC, etc .), sans avoir de preuves pour cela, faute d’avoir accès aux
données qui ne sont « plus disponibles … » ? Ils ont décidé que dans ces conditions ils
n’avaient « plus de raisons de rester » …
La presse congolaise ne fait aucune allusion à cette nouvelle, ni au message de la CENCO
publié avant-hier soir. La nouvelle du jour, c’est l’annonce du report de la publication des
résultat des législatives. Le Potentiel annonce « Législatives 2011 : les résultats provisoires
de Kinshasa le 26 janvier », et rapporte que la publication des résultats provisoires des
législatives 2011 est ajournée. En deux temps. Le contraire aurait surpris, note Le Potentiel.
Cette publication se fera d’abord le 18 janvier, ensuite le 26 janvier, principalement pour les
quatre circonscriptions électorales de la ville de Kinshasa. Il rappelle qu’à la suite des
allégations relatives aux fraudes déplorées dans les CLCR de Kinshasa, les opérations de
compilation des résultats y ont été suspendues au mois de décembre 2011 durant deux
semaines. Raison pour laquelle, un report de 14 jours, allant du 13 au 26 janvier 2012, est
accordé aux quatre circonscriptions électorales de Kinshasa, en vue « de finaliser le
traitement de l’ensemble des résultats des élections législatives du 28 novembre 2011 ».
Divers
ACP, Le Potentiel et DigitalCongo publient des articles en hommage à Patrice
Lumumba et Mzee Laurent Kabila. Comme la plupart des articles de circonstance, ils ne
contiennent rien d’original.
Le Potentiel évoque aussi la figure historique d’Antoine Gizenga – à propos de la sortie
de son ouvrage « Ma vie et mes luttes ». C’est le vendredi 13 janvier 2012 au Grand
Hôtel Kinshasa que la ministre de la Culture et des Arts, jeannette Kavira a porté cet
ouvrage sur les fonts baptismaux. L’ouvrage a été présenté au public par le prof. Buabua
wa Kayembe, président de l’Union des écrivains congolais. Ce dernier s’est dit fier
d’accueillir dans la corporation des écrivains « un grand baobab, mieux, un monument
vivant » de l’histoire politique de la RDC.
Rectificatifs
La Monusco et la Primature ont obtenu de la presse la publication de deux rectificatifs
intéressants.
La Direction de la division de l’information publique de la Monusco tient à apporter un
rectificatif aux propos, publiés sur le site de Radio Okapi, du Secrétaire Général des
Nations Unies le 10 janvier dernier. L’information mise en ligne ce jour là, dans un
premier temps indiquait, que la mission de la Monusco allait être prolongée. Des
approximations dans la traduction ont conduit à donner une version erronée des propos
de M. Ban Ki Moon. La version exacte est celle qui suit en anglais. Elle indique
clairement que le Secrétaire Général des Nations Unies n’a pas évoqué la prolongation de
la mission de la Monusco mais bien celle du programme de stabilisation dans l’Est
jusqu’en 2014.
«…We have made good progress in eastern part of Congo and also we have good
progress in peacebuilding processes in western part of Congo but you will agree that
there are still a lot of challenges to finish. As soon as we finish I am sure that we would
not want to stay there long… but this is our mission… this is evidenced by President
Kabila’s extension of the stabilization programme in the east until 2014 and the ongoing
discussions between Mission, UN Country team and the DRC Government in
implementing peace consolidation programme in the western part.»
Le Potentiel publie, à le demande d’A. Muzito, les précisons suivantes à propos du
contentieux RDC/Angola concernant le pétrole off-shore.
« La République Démocratique du Congo et la République d’Angola ne sont pas les seuls
Etats côtiers à soutenir des prétentions «contradictoires» sur la délimitation de leurs
espaces maritimes. Bien au-delà de l’extension du plateau continental, le différend entre
les Etats côtiers porte d’abord sur la délimitation des frontières latérales de leurs mers
territoriales et de la Zone Economique Exclusive. Indépendamment des enjeux financiers
d’une telle délimitation, il s’agit essentiellement d’une question éminemment technique et
la prise en compte de ces aspects techniques influence et conditionne la gestion politique
de ce dossier. Conformément au droit international de la mer ainsi qu’à la pratique des
Etats côtiers en matière de règlement des litiges relatifs à la délimitation des espaces
maritimes, la République Démocratique du Congo et la République d’Angola se sont
engagées dans la voie du dialogue pour concilier les divergences découlant de la
délimitation de leurs espaces maritimes respectives. Cette volonté commune avait
d’abord abouti à la conclusion, le 30 juillet 2007, d’un accord portant sur l’exploitation et
la production des hydrocarbures dans une Zone Maritime d’Intérêts Communs. C’est pour
mieux préserver les intérêts de l’Etat que, nos prétentions sur nos espaces maritimes ont
été par la suite confirmées par la Loi n°09/002 du 07 mai 2009 portant délimitation de
ces espaces. La promulgation de cette loi était une condition nécessaire à la préservation
des prétentions de notre pays à l’extension de son plateau continental, à travers
l’introduction d’une requête préliminaire auprès de la Commission des Nations Unies
chargée des limites des plateaux continentaux. C’est ce qui a été fait, en date du 11 mai
2009. Une des conséquences de cette délimitation est qu’elle impliquait une redéfinition
des Zones d’intérêts communs initialement fixées entre la RDC et l’Angola. C’est l’objet
des contacts maintenus par les autorités des nos deux pays, notamment à travers les
deux visites de travail effectués par le Président de la République à Luanda, en 2010 et
en 2011, les deux visites de travail effectuées par le Premier Ministre, à Luanda, au cours
de ces deux dernières années ainsi que les différents contacts au niveau ministériel.
En vue de maîtriser l’ensemble des données techniques nécessaires à la discussion sur
les frontières latérales respectives de nos espaces maritimes ainsi qu’à l’élargissement de
notre plateau continental au-delà de la limite minimale de 200 miles marins, la
République Démocratique du Congo a mis sur pied une Commission Nationale d’Etudes
chargée du dossier du plateau continental et cette Commission est à pied d’oeuvre.
C’est donc dans la confrontation de nos données techniques respectives sur les frontières
latérales de nos espaces maritimes que nos deux Etats devront ensuite aboutir à une
délimitation commune et, sur cette base, conclure de nouveaux accords instituant des
Zones d’Intérêt Commun sur une bande adjacente auxdites frontières latérales. En
l’absence de telles données techniques, les discussions au niveau politique risqueraient
de se terminer sur un bradage de la souveraineté des Etats. Aucune considération
financière ne justifierait une telle approche.
Ainsi, en attendant d’arriver à cette délimitation commune ou, à défaut d’accord, à la
délimitation que fixerait l’arbitrage international, les accusations de captage de
production ne traduiraient que la volonté unilatérale d’un Etat. Cet unilatéralisme ne se
justifie aucunement au vu de bonnes relations qui caractérisent l’histoire de nos deux
pays. Bien plus, les estimations de votre journal sur le volume de production pétrolière
de l’Angola ainsi que sur les prétendus manque-à-gagner pour la RDC, en termes des
recettes publiques, à côté de leur caractère fantaisiste, ne contribuerait qu’à plomber les
dispositions actuelles de nos deux Etats à évoluer rapidement, sérieusement et
valablement, vers le règlement pacifique de ce dossier, ainsi que le font les nombreux
pays signataires de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, qui
connaissent aujourd’hui encore, des problèmes de délimitation de leurs espaces
maritimes ».
Documents et presse étrangère
Congo RDC, Sortie de l’Eglise: Quel effet sur Kabila ?
(Boundi OUOBA – Le Pays – 09 01 12)
La présidentielle du 28 novembre 2011, en RD Congo, n’en finit pas de susciter des
vagues d’indignation. En effet, après la forte clameur qu’elle avait provoquée au sein des
chancelleries occidentales, l’Eglise catholique vient aussi de donner de la voix. En prélude
à la conférence épiscopale qui se tient ce lundi 9 janvier 2012, elle a annoncé qu’elle se
battrait fermement pour le respect de la légalité et de la légitimité. Et pour ce faire, elle
prévoit des actions non violentes pour décrier ce qu’elle qualifie de « tricherie à la
présidentielle » et appeler au « rétablissement de la vérité des urnes ».
En fait, à mots couverts, l’Eglise catholique rejette la réélection du président Kabila
puisque, dès le lendemain de la proclamation des résultats provisoires par la Commission
électorale nationale indépendante, le truculent cardinal Laurent Monsengwo, qui n’a
jamais fait mystère de son opinion, était monté au créneau pour dénoncer « des résultats
non conformes à la vérité ». Autant dire que le clergé est resté constant dans sa position,
même si cette position apporte de l’eau au moulin de l’opposant Etienne Tishekedi qui
n’entend pas se laisser conter fleurette.
A vrai dire, l’Eglise est dans son rôle d’autant plus qu’elle a toujours accompagné le
processus électoral en RD Congo. On se rappelle d’ailleurs qu’elle avait déployé le plus
grand nombre d’observateurs (30000 environ) à travers le pays pour la supervision du
scrutin, alors que l’Union africaine, la toute-puissante instance continentale, n’en
comptait qu’une trentaine. Qui donc mieux que le clergé congolais est habilité à se
prononcer sur la régularité de la présidentielle du 28 novembre dernier ? Seulement, on
se demande si la pression qu’il entend mener aura un effet sur le président Kabila, même
s’il est vrai, que l’Eglise catholique, en RD Congo, a une grande capacité de mobilisation.
Comme partout ailleurs en Afrique, c’est presque utopique de faire reculer un dictateur
comme Kabila qui a choisi d’organiser à dessein des élections chaotiques pour se faire
réélire. Si fait que, on a l’impression que c’est un combat perdu d’avance. Le clergé
ressemble fort à un médecin groggy qui accourt désespérément au chevet d’un cadavre
auquel il s’efforce vainement de prodiguer des soins. Sa sortie n’est ni plus ni moins
qu’un coup d’épée dans l’eau puisque Kabila ne cédera pas d’un iota. Et surtout que, en
dehors de ses positions iconoclastes sans doute osées, le clergé n’ira pas jusqu’à prendre
les armes pour le chasser du pouvoir.
L’homme s’en tamponne le coquillart. La seule prouesse que peut réussir le clergé qui,
quoi que l’on dise, se sera donné bonne conscience à travers cette sortie, est de
maintenir la pression sur Kabila pour lui arracher quelques concessions. Elle peut par
exemple le contraindre à ne plus briguer un autre mandat, exiger la formation d’un
gouvernement de coalition et obtenir des réformes politiques. C’est du reste le seul
combat qui vaille la peine d’être mené. Toute autre chose ne sera que poursuite du vent.
Édito : Le cercle vicieux
(Odile Tobner – Billets d’Afrique 209 – 9 janvier 2012)
Démocratie : tel est le nouveau mantra de la France en Afrique. Avec les États- Unis, qui
n’hésitent pas à affubler de ce nom les régimes les plus brutaux, pourvu qu’ils soient
leurs alliés, et avec l’appui de l’ONU, dont le pouvoir de nuisance n’est plus à démontrer
sur ce continent, voilà que l’ancienne puissance coloniale se présente sans vergogne
comme le gardien de la sincérité des élections africaines, garanties par des
« commissions électorales » contrôlées par les protégés des grandes puissances : tel est
le cercle vicieux. On l’a vu en Côte-d’Ivoire et au Cameroun ; on vient de le voir en
République démocratique du Congo, où les résultats d’une élection présidentielle truquée
ont été entérinés par les puissances occidentales.
C’est ainsi que le sort de l’immense RDC a été scellé sans autre forme de procès, après
ce qu’on n’a pas eu honte d’appeler une élection, en dépit des irrégularités choquantes
qui l’ont entachée. Il a suffi que la très controversée commission électorale, présidée par
un proche de Joseph Kabila, proclame ce dernier vainqueur pour que la France « prenne
note des résultats définitifs » avant, comme l’ONU, d’ « appeler au calme ». La Fondation
Carter, bien qu’ayant relevé des « déficiences », ne les a pas jugées de nature à invalider
le scrutin – air connu. Rien ne changera donc dans la situation scandaleusement
inacceptable de la République du Congo.
Oublions l’épithète dont l’avait ambitieusement ornée Laurent Kabila, son éphémère
président. Il est vrai que ce mot n’a pas grand sens, jusqu’à ce que les peuples africains
trouvent eux-mêmes le moyen de briser le cercle vicieux où la « communauté
internationale » les a enfermés.
Quant à l’espoir qu’on avait pu placer dans des institutions internationales théoriquement
garantes des droits des peuples, il a été cruellement déçu. L’ONU intervient en RDC
depuis 1999, via la Monuc, mission de l’ONU en RDC, devenue Monusco en 2010, mission
de l’ONU pour la stabilisation en RDC, forte d’un contingent de 20 000 soldats et de
plusieurs centaines d’experts et de conseillers en matière de police, de justice,
d’administration, censés aider le gouvernement congolais et apporter un soutien
technique à l’organisation des élections. À la suite de la proclamation des résultats et de
la révolte qu’ils ont suscitée chez les citoyens congolais, elle a déployé des soldats à
Kinshasa. En plus de dix ans, l’ONU n’est jamais parvenue à mettre fin aux crimes
commis par les milices qui ravagent l’Est du Congo, se contentant de sécuriser le pouvoir
de Joseph Kabila, pour le plus grand profit des multinationales, qui peuvent ainsi opérer
tranquillement en RDC.
Et que dire de la justice internationale, quand on voit la Cour pénale internationale inviter
Blaise Compaoré dans le cadre d’un colloque sur « La paix, la justice internationale,
l’ordre mondial », désigné par le procureur Moreno Ocampo comme « personnalité de
référence pour ses actions de médiation ». Est-ce pour le remercier d’avoir éliminé
Sankara, un des plus grands espoirs de l’Afrique, protégé Charles Taylor, un de ses plus
grands monstres, ou bien pour avoir alimenté la rébellion en Côte-d’Ivoire ? Et cette
même cour prétend juger Laurent Gbagbo !
« C’est en prenant la route du développement que vous serez engagés sur la route de la
démocratie », tel fut le conseil paternellement dispensé aux Africains par François
Mitterrand dans le discours de La Baule. Or l’ordre qui vient d’être pérennisé en RDC n’a
qu’un but : capter les richesses de ce pays au profit des multinationales, au détriment du
peuple congolais. Voilà pourquoi, quand la rhétorique perverse des puissances et d’une
justice internationale à leurs ordres ne convainc plus qu’elles-mêmes, l’appel à
l’insurrection de Frantz Fanon, cinquante ans après sa mort, résonne chaque jour plus
fortement aux oreilles des damnés de la terre.
EN RDC, LE CLERGE S’ENGAGE DANS LA BATAILLE ELECTORALE
(La Vie, 09 01 12)
Trop, c’est trop. Prudemment au départ, la CENCO avait fait part de ses doutes quant à
la légitimité de l’élection de Joseph Kabila, affirmant que dans les bureaux de vote où elle
avait déployé ses observateurs, des irrégularités avaient été remarquées.
Cette affirmation avait été récupérée et dénaturée par des partisans de Kabila, affirmant
que l’Eglise validait la bonne tenue du scrutin. La CENCO s’était alors fâchée, expliquant
qu’au contraire, la fraude avait été massive. Devant cette évidente mauvaise volonté de
l’Eglise à se laisser manipuler, le pouvoir avait alors sonné la charge, via une campagne
de dénigrement massive concentrée sur l’archevêque de Kinshasa, Mgr Monsengwo, le
plus virulent sur le sujet. Les partisans de Kabila se sont aussitôt mis à traîner dans la
boue l’archevêque, tout en portant aux nues le malheureux évêque de Tshumbe, Mgr
Djomo, président de la Conférence épiscopale, qui leur apparaissait plus modéré.
Diviser pour mieux régner, la tactique est vieille comme le monde. Mais voilà que la
CENCO affiche son unité: Mgr Djomo lui-même a demandé au gouvernement de faire
cesser les attaques contre Mgr Monsengwo, et l’Eglise catholique a annoncé son intention
de se battre pour le respect de la légalité. A la fin de la messe, ce week-end, des tracts
ont été distribués dans ce sens aux fidèles et des actions non-violentes devraient débuter
aujourd’hui dans tout le pays. Comme le souligne RFI, le lieu choisi par les évêques pour
lancer l’offensive est lourd de symboles: il s’agit de la paroisse Saint-Joseph de Matonge,
au centre de Kinshasa, qui sous Mobutu « avait accueilli le 16 février 1992, des corps des
victimes, tombées lors de la marche pacifique des chrétiens ».
En République démocratique du Congo, la censure s’abat sur les médias
(HABIBOU BANGRE – La Croix – 09 01 12 )
Les entraves à la liberté de presse se sont accentuées depuis les élections contestées du
28 novembre, à l’issue desquelles le président sortant, Joseph Kabila, a été déclaré
vainqueur.
Avec la coupure pendant plus d’une semaine de RFI, qui a finalement pu émettre à
nouveau lundi 9 janvier, le débat a pris un tournant international.
« L’étau se resserre chaque jour un peu plus autour des médias. » L’ONG congolaise
Journaliste en danger, partenaire de Reporters sans frontières, vient de publier son
rapport 2011. Et, fort inquiète, elle lance un « appel urgent » au pouvoir de la
République démocratique du Congo pour « stopper l’escalade de la répression qui s’abat
sur la presse depuis la crise postélectorale ».
La crise a éclaté dans ce vaste pays d’Afrique centrale après les élections présidentielle et
législatives de novembre 2011. Le chef de l’État sortant, Joseph Kabila, a été proclamé
vainqueur du scrutin à un tour avec 48,95 % des voix.
Mais plusieurs États, les observateurs nationaux et étrangers et le gagnant lui-même ont
évoqué des irrégularités plus ou moins importantes. Aussi, l’opposant Étienne Tshisekedi,
deuxième avec officiellement 32,33 %, s’est autoproclamé « président élu ».
Rapport accablant
Déterminé, l’homme de 79 ans avait annoncé qu’il prêterait « serment » le 23 décembre
au stade des Martyrs, le plus grand de la capitale Kinshasa. Son parti, l’Union pour la
démocratie et le progrès social (UDPS), a diffusé un tract confirmant l’« investiture » –
information reprise notamment par Radio France Internationale (RFI), qui avait déjà été
totalement interrompue de juillet 2009 à octobre 2010 pour avoir « démoralisé »
l’armée.La nouvelle sanction n’a pas tardé. Les autorités ont coupé par intermittence le
signal de la radio. Motif : RFI a diffusé les « itinéraires » d’une « action totalement
illégale » et « de nature à perturber l’ordre public ». Pour Journaliste en danger (JED),
cet incident est symptomatique. Son rapport publié fin décembre évoque « au moins 160
cas d’atteintes diverses à la liberté de la presse, dont près de la moitié enregistrée
pendant la période électorale » allant d’octobre à décembre.
Le bilan mentionne également un journaliste tué en juin à Kirumba, dans l’est du pays,
42 incarcérations ou interpellations, 57 menaces ou agressions, 43 cas de censure et
d’entrave à la circulation de l’information et 17 cas de pressions. L’ONG dénonce plus
précisément « des attaques armées contre des maisons de presse » et « l’interdiction des
émissions et la fermeture des médias proches de l’opposition ».
Mobilisation internationale
Malgré ces alertes, des médias sont toujours « tracassés » et les autorités ont pris une
nouvelle « mesure conservatoire » contre RFI, lui reprochant de faire du
« sensationnalisme » en relayant des appels à la « haine » et à la « violence ». La
mesure devait durer du 1er au 3 janvier et le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la
communication, jugé proche du pouvoir par plusieurs ONG, a été saisi pour rendre une
décision « définitive ».
En fin de semaine dernière, le média était toujours coupé sans raison rendue publique et,
selon JED, une radio communautaire du Katanga (sud-est) a été fermée jeudi 5 janvier
pour quarante-cinq jours après diffusion de « programmes de RFI ».
Encore le même jour, l’affaire a pris un tournant international. La France a réaffirmé son
« attachement (…) à la liberté de la presse et de l’information » et les États-Unis ont
exhorté l’ex-colonie belge à rétablir « immédiatement » le signal de RFI.
Même appel chez l’ONG congolaise Voix des sans-voix, qui a en outre reproché à
Kinshasa de chercher à « véhiculer la pensée unique et les thèses qui encensent les
dirigeants du pays », avant de rappeler les « énormes préjudices » causés à la
population, RFI étant « l’une des chaînes internationales suivies (…) surtout dans les
villages où aucune chaîne de télévision ou de radio congolaise n’est captée ».
Lundi 9 janvier au matin, RFI est redevenue accessible aux Congolais. « Moi, j’écoutais à
partir du signal de Brazzaville », confie Frédéric, un Kinois d’une quarantaine d’années.
Mais quelques jours auparavant, c’était encore impossible : la fréquence de la capitale de
l’autre Congo, sur la rive opposée du fleuve, était également brouillée.
Quand des prêtres catholiques véreux s’en prennent à tort au cardinal
Monsengwo
(Jean Paul BWANA , pasteur évangéliste – Le journal Chrétien – lundi 9 janvier 2012)
Cher Olivier, chers prêtres katangais, au Congo, un député touche environ six mille
dollars par mois alors que l’enseignant, l’infirmier, le prêtre… n’a même pas deux cents
dollars ! Nous voulons que cela change, mais ceux qui ont des privilèges ne se laisseront
pas faire. La première fois que j’ai entendu insulter Monsengo, c’est lorsqu’un politicien
de triste mémoire avait suspendu la CNS et qu’il boutait le feu à la maison. Mgr Monsengo
avait dit : “Il est plus facile d’allumer un feu que de l’éteindre.” Cela lui avait valu la
foudre ! A ce moment-là, un prêtre katangais avait déclaré : “A partir d’aujourd’hui,
l’Eglise du Katanga sera derrière son gouverneur” ! Heureusement un autre prêtre, un
jésuite, voyant partir dans la détresse les brebis, eh bien, il avait quitté le confort de sa
maison de Lubumbashi pour suivre les refoulés du Katanga à Mwene-Ditu.
Une vraie prise de conscience patriotique est entrain de naître en rd CONGO. Après la
longue nuit de l’incertitude et de la négation de la dignité du peuple congolais, après la
trahison du peuple par la classe politique mercantile au pouvoir avec la complicité de
certains hommes d’église mécréants, une dynamique nationaliste semble voir jour dans
ce pays. De partout, des voix s’élèvent enfin pour dire non à la fraude électorale et à la
proclamation des résultats tronqués et qui ne sont pas ceux que le peuple congolais a
exprimé au travers de son choix du futur président de la rd CONGO.
Dans l’euphorie et l’aveuglement, les partisans du sortant Joseph Kabila ont procédé à un
holdup électoral en y associant aussi bien la commission électorale nationale
indépendante, CENI, que la cour suprême de justice qui, sans la précipitation et la
confusion la plus totale, ont proclamé illégalement Joseph Kabila vainqueur des
présidentielles du 28 novembre dernier.
En dépit de toutes les preuves de la fraude avérée apportées par l’UDPS et les autres
partis politiques de l’opposition, le régime politique sortant a préféré boucher ses oreilles
et fermer ses yeux, pour ne pas voir la vérité en face. Les mises en garde des principales
missions d’observations internationales des élections n’ont pas du tout amené les
complices de Joseph Kabila de mettre fin à cette entreprise criminelle du siècle et qui
risque de faire basculer ce pays dans un cycle de violence sans pareil.
Et même quand le cardinal Laurent Monsengwo a prodigué des sages conseils afin que la
CENI et les magistrats de la cour suprême reviennent à de bons sentiments, en
reconnaissant leurs erreurs dans le comptage des voix, tels des sorciers ayant déjà
bouffé une victime, ces gens n’ont pas revu leur position.
Et pire, ce syndrome de la division a fini par envahir la tête de l’église catholique
congolaise qui se retrouve divisée à cause notamment de la corruption de certains
évêques qui ont préféré cautionner la mascarade électorale du 28 novembre dernier.
C’est dans cet esprit que certains prêtres congolais malintentionnés se sont permis de
vilipender le cardinal congolais, juste parce qu’il a recommandé à la CENI et à la cour
suprême de justice de rétablir la vérité des urnes, en publiant des vrais résultats ! Et à la
tête de ce groupe de prêtres catholiques véreux se trouvent l’abbé N’Kulu et un petit
groupe des prêtres originaires de la province du Katanga.
Si la grande majorité du peuple congolais et plus des 90 % des prêtres appuient la
décision prise par le cardinal Laurent Monsengwo, ce petit groupe des aigris corrompus
préfèrent soutenir la voie du mensonge afin de contenter Joseph Kabila. Et dans leur
félonie, ils ont adressé à leur cardinal une lettre combien offensante, pour lui faire payer
sa position en faveur de la vérité !
Et par souci de rétablir la vérité et de rappeler les uns et les autres à la raison, Pie
Tchibanda, a eu à adresser une lettre pathétique à ses confrères ‘’égarés’’ afin qu’ils
reconnaissent leur tort. Effleurant une paranoïa dans leur démarche, Pie Tshibanda les
averti que le cardinal ne donnera jamais suite à leurs lettres du reste incongrues.
Une proposition de lecture
Lettre de Pie Tshibanda à Monsieur l’abbé Nkulu Olivier et aux prêtres
katangais.
Cher Olivier Nkulu et chers “prêtres Katangais”,
A propos de vos 2 lettres contre Mgr Monsengo, était-ce nécessaire, Mr l’abbé Olivier, de
commencer par étaler vos grades académiques ? Soit, vous êtes libre de vous présenter
comme vous voulez mais la suite, laisse-t-elle transparaître ce brillant parcours
académique qui est le vôtre ? “Méfiez-vous de Mgr Monsengo, il m’a combattu, il vous
combattra”, vous a dit Mgr Kabanga ! Vous pensez qu’au cours de cet entretien pendant
lequel votre évêque vous inocule la méfiance, le Saint Esprit était avec vous ?
La déclaration de Mgr Monsengo aurait un lien avec cette médisance ? Cette déduction,
est-ce le fruit d’une veritable démarche intellectuelle ?
Le cardinal a déclaré, illustration à l’appui, que les résultats annoncés par Ngoyi Mulunda
ne sont conformes ni à la vérité ni à la justice, il a demandé à ceux qui sont lésés de
respecter la procédure prévue par la loi plutôt que de provoquer des tueries, il en a
appellé à la conscience des juges. Comment un message aussi équilibré peut-il provoquer
votre couroux ? Vous vous en prennez à l’homme ou au message ? Est-ce là votre
démarche intellectuelle ? Pourquoi les autres présidents ont-ils refusé de venir ?
Dans le passé, il peut y avoir eu des problèmes entre Mgr Kabanga et Mgr Monsengo mais
pourquoi le cardinal vous combattrait-il, vous Olivier, alors que vous n’êtes pas son pair ?
Savez-vous dans quelles circonstances et avec quel argument le rival de Mgr Kabanga
avait-il manqué d’être nommé Evêque ? Dans le livre que vous avez écrit sur votre
maître, j’ose espérer que vous avez tenu compte de la nuance qu’il y a entre “écrire une
lettre pastorale” et “signer une lettre pastorale”.
Cher Olivier, chers prêtres katangais, au Congo, un député touche environ six mille
dollars par mois alors que l’enseignant, l’infirmier, le prêtre… n’a même pas deux cents
dollars ! Nous voulons que cela change, mais ceux qui ont des privilèges ne se laisseront
pas faire. La prémière fois que j’ai entendu insulter Monsengo, c’est lorsqu’un politicien
de triste mémoire avait suspendu la CNS et qu’il boutait le feu à la maison. Mgr Monsengo
avait dit : “Il est plus facile d’allumer un feu que de l’eteindre.” Cela lui avait valu la
foudre ! A ce moment-là, un prêtre katangais avait declaré : “A partir d’aujourd’hui,
l’Eglise du Katanga sera derrière son gouverneur” ! Heureusement un autre prêtre, un
jésuite, voyant partir dans la detresse les brebis, eh bien, il avait quitté le confort de sa
maison de Lubumbashi pour suivre les refoulés du Katanga à Mwene-Ditu.
Il y a déjà tant de gens pour s’en prendre à notre cardinal, n’en rajoutez pas, de grâce.
Laissez-vous inspirer par l’Esprit Saint, ne laissez pas les sentiments l’emporter sur la
raison. De Mgr Kabanga qui fut notre Evêque à tous, moi je garde le souvenir du jour où il
a demandé pardon à une partie de ses ouailles qu’il avait regardé persécuter. Ngunz a
demandé pardon, lui aussi. Alors ce que Mgr Kabanga vous a dit dans ses moments de
faiblesse, est-ce Chrétien de le répéter et encore comme vous l’avez fait ?
Si malgré mon message, de bonne foi, vous continuez à croire que Mgr Monsengwo a eu
tort de dire à haute voix ce que vous aussi, en âme et conscience, vous savez vrai, eh
bien il ne me restera qu’une chose : vous conseiller de regarder au dictionnaire le terme
“paranoïa”. N’attendez surtout pas que Mgr Monsengo vous réponde.
Bonne année ! Ma Pensée particulière à ceux d’entre vous qui furent mes élèves et qui,
j’ose espérer, n’ont pas participé à votre lettre.
Lettre de Bertin Mampaka sur la diaspora congolaise
(10 01 12)
« Cher Médart,
Merci mon frère pour ton soutien,
Je t’invite à publier cette info. Dis à nos amis et à nos frères qui sont avec toi que mis a
part une minorité de casseurs, payé par qui tu sais, ce qui se passe dans les rues de
Bruxelles, aujourd’hui, est significatif, interpellant, révélateur d’une réalité longtemps
cachée. Il n’appartient pas aux autorités belges d’y remédier car les enfants qui sont
dans les rues sont nos enfants, cad, les tiens, les miens, mais surtout les enfants de
ceux-là mêmes qui sont députés, ministres, hommes d’affaire au Congo à ce jour.
Dis leur Médard que les autorités belges n’ont plus à faire aux activistes achetés depuis
des lustres, comme on aurait pu l’imaginer. Il s’agit de jeunes, nés à Bruxelles, qui se
sentent rejetés, dans un pays en crise institutionnelle, sociale et financière, et qui
espéraient peut-être un jour un autre avenir sur la terre de leurs ancêtres et parents
Cette nouvelle génération de Belgo-congolais, a voyagé dans d’autres pays d’Afrique et
du monde, mais ne peut plus supporter quand elle se rend à Kinshasa ou à Lubumbashi,
à la recherche de son identité et de ses origines, qu’i n’y a ni électricité, ni eau potable,
transports en commun, ni propreté dans la rue. Ces gens se sentent profondément lésés,
volés, humiliés, etc.
Je crains que nous ayons tous fait une erreur que de leur avoir fait croire à une
alternance démocratique qui suscite en général beaucoup d’attentes dans tous les pays
du monde. Pour ces jeunes sans perspectives et sans espoir, marginalisés dès
l’adolescence, attendre 5 ans de plus dans les mêmes conditions, c’est peut-être 5 ans de
trop. Cher frère Médart, je ne suis pas effrayé par la violence des manifestations, mais
par la douleur profonde, la haine et la violence des propos et une détermination que je
n’ai jamais rencontré dans cette diaspora, que je crois pouvoir dire que je connais mieux
que beaucoup, compte tenu du fait que je bats le pavé depuis des années pour les
amener à participer à la gestion de la ville au coeur de notre ancienne métropole et
capitale de l’Europe.
Dis leur, cher Médart, à nos amis et frères qui jouent aux ministres et députés, que ce
sont leurs propres enfants qui sont dans les rues et non pas des militants de Tshisekedi
ou de Mampaka qui sont d’ailleurs largement dépassés et débordés. Dis leur que leurs
enfants et femmes qu’ils ont abandonnés depuis des années, soi-disant, pour aller
construire ou reconstruire le Congo leur demandent des comptes à eux autant qu’à
Kabila. En m’interpellant avec une violence extrême, menaces et chantages, ils me
prennent à témoin car moi, depuis des années maintenant, je leur ai fait croire que si
c’est possible en Belgique, ça pourrait l’être au Congo ou ailleurs. Je me demande si j’ai
bien fait.
Cher Médart, je ne regrette rien. Dis à tes amis et à nos frères que nous avions peut-être
cru qu’on pouvait demandé à un enfant né en Belgique où qui réside légalement
d’exercer son droit de vote au coeur de la capitale de l’Europe et attendre de lui qu’ils
ferment les yeux de devant le bourrage des urnes à Kinshasa. J’ai le sentiment qu’i y a
quelque chose que nous avons omis de lui dire. Que l’Europe en faillite économique et
financière aujourd’hui larguée par la Russie et la Chine, n’aurait plus d’autres choix que
de traire encore davantage l’Afrique et les Africains pour espérer survivre dans une
économie mondialisée, globalisée que sa propre élite a organisé au détriment de ses
propres concitoyens. Cette réalité-là, je ne trouve pas les mots pour le leur dire. Je crains
qu’il soit même trop tard et que beaucoup ne soient capable de le comprendre, mais
surtout de l’admettre. Car ils sont autant victimes de ce nouvel ordre économique
mondial que les pensionnés grecs, français ou espagnols ou que leurs amis belges de
souches qui doutent eux-mêmes de leur avenir dans leur propre pays.
Dis à nos amis communs qui jouent aux ministres et députés que ceux qui se sont
remplis les poches à l’époque de Mobutu arpentent les couloirs de nos CPAS et de nos
hôpitaux sans fierté. Beaucoup ont perdu leur dignité. Je lis sur leurs visages une
déchéance et une souffrance qui m’attristent profondément. Cher Médart, dis à nos amis
que l’énergie et l’argent qu’ils mettront à développer le Congo pour eux et leurs enfants
sera moins important que celui qu’ils consacrent aujourd’hui à piller ce pays en le
vendant aux mafieux pour une bouchée de pain. Cela ne mettra ni eux, ni leurs enfants à
l’abri. Demande leur s’ils n’ont pas vu la chute du régime de Mobutu.
Je sais que tu es un homme de bon sens. A défaut de construire des buildings avec les
bulletins de pillage des caisses de l’état, je crains que tu ne doives consacrer le restant
de ton séjour à Kinshasa à faire réfléchir et méditer nos amis qui pensent se trouver dans
la bonne gouvernance dans un pays où il n’existe même pas un budget au niveau
municipal, où les enfants naissent, vivent et meurent sans posséder un seul document
administratif.
J’espère avoir le plaisir de poursuivre cette réflexion avec toi lors de ton prochain
passage si Dieu nous prête vie et que tes amis qui ont payé les milices pour me
persécuter dans ma vie quotidienne me laisse quelques chances de m’en sortir ;-)
Bertin « 
La TVA entraine une inflation des prix
(Corinna Leblanc-Justin – Le Griot – 10 01 12)
Dans le souci de renflouer un peu les caisses de l’Etat, les autorités congolaises ont eu
l’idée d’augmenter la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Une idée qui ne semble pas
séduire tout le monde notamment les commerçants qui pour y faire face n’ont pas hésité
à augmenter les prix de leurs produits. En effet, depuis l’adoption de la TVA en RDC, le
1er janvier 2012, il y a une nette inflation des prix sur le marché. Ainsi le ministre
congolais des Finances Matata Ponyo, a dû monter au créneau pour expliquer que la TVA
n’est pas un instrument d’augmentation des prix, mais plutôt un mécanisme permettant
à l’Etat de faire plus de recettes et en même temps elle incite les opérateurs
économiques à fabriquer des produits à moindre coût. A cet effet le gouvernement
congolais a pris des dispositions faisant baisser les taxes de certains produits qui étaient
surtaxés tels que 30% ou 36%, seront ramenés à 16%, un taux fixé et uniformisé par le
gouvernement. Mais le problème d’inflation des prix n’est pas pour autant résolu puisque
certains commerçants « véreux » vont superposer la TVA à l’ l’impôt sur le chiffre
d’affaires (ICA). Or justement la TVA a remplacé l’ICA dans le but notamment d’entériner
les différents types de fraudes fiscales. Pour sa part la Direction générale des impôts
(DGI) a indiqué que « les produits de fabrication locale vendus à l’étranger devront
coûter relativement moins cher.
Le plus grand avantage de la TVA c’est donc sa neutralité, en ce qu’elle permet que les
éléments impôts ne puissent pas perturber les conditions de concurrence. Ce qui fait que
les entreprises qui produisent sur le territoire national puissent fabriquer des produits
compétitifs».
RDC: les damnés de l’étain
(Bruno Abescat – L’Express – le 10/01/2012)
Dans l’est du Congo, des mineurs réduits à l’état d’esclaves recherchent la cassitérite,
présente dans toute l’électronique. Le point de départ d’un passionnant livre-enquête.
« C’était à chaque fois des entrées minuscules, des goulots étroits, parfois renforcés avec
des rondins et des sacs de sable, des anfractuosités, aménagées à la verticale, entre
deux blocs de rochers, tels des accès détournés à des antres mystérieux, des tombeaux
profanés, l’oeuvre d’antiques pillards de sépultures thébaines. Des centaines d’hommes
écrasés de chaleur, dénudés, recouverts seulement d’un caleçon et de bottes en
plastique, sillonnaient cette nécropole minérale. Leurs corps présentaient tous la même
teinte livide et spectrale. Luisant de sueur, couverts d’une boue séchée, transformés en
statue de plâtre, ils se confondaient avec le sol limoneux, comme si, à force de le pétrir,
ils avaient fini par fusionner avec lui. »
3 000 « fouilleurs » venus « chercher leur vie »
Ces hommes, ce sont les « esclaves oubliés du monde moderne », comme les désigne le
journaliste Christophe Boltanski dans un essai passionnant. La scène se passe sur la
colline de Bisie (prononcer « bi-sié »), à 300 kilomètres de Goma, dans l’est de la
République démocratique du Congo. Ici, au fin fond de la jungle équatoriale, les
« esclaves » cherchent de la cassitérite, le principal minerai de l’étain. Une pierre
précieuse. Sans elle, téléphones portables, radios, ordinateurs, téléviseurs ne
fonctionneraient pas. Elle est omniprésente : MP3, caméras digitales, décodeurs, hi-fi,
scanners, voitures, avions… « Tout ce qui comporte de l’électronique, souligne Boltanski,
toute notre modernité en contient une trace. »
Un minerai stratégique, donc, que se disputent depuis des années des groupes armés,
militaires ou rebelles, dans une région qui ne cesse de s’embraser. Un « minerai de sang »
dont tous les grands noms de l’industrie n’ont longtemps voulu se soucier ni de l’origine
ni de la façon dont il était extrait.
Bisie et ses chimères. Ils sont près de 3 000 « fouilleurs », accourus de tout le pays, pour
« chercher leur vie », « trouver la matière ». Des « creuseurs » aux mains nues. Dans ces
mines du Nord-Kivu, pas de forages organisés ni de géologues. Pas de marteauxpiqueurs
ni d’explosifs pour percer la roche, pas même de casques. Bienvenue au pays
des « hiboux », comme on les a surnommés, parce qu’ils « vivent dans le noir et ne
dorment jamais ».
Du Congo aux usines de Malaisie
Cette Afrique du sous-sol, « l’Afrique d’en bas », est pour Boltanski le point de départ d’un
magistral livre-enquête. L’auteur a reconstitué et suivi non sans mal le chemin emprunté
par la cassitérite: du Congo aux usines de Malaisie, des marchands de Njingola aux
aviateurs de Kilambo, des comptoirs de Goma au port tanzanien de Dar es-Salaam… Un
long périple qui l’a aussi conduit à l’Elysée ou au London Stock Exchange. En Malaisie, le
minerai laminé, devenu fil de soudure, est exporté vers Anvers et Shanghai avant d’être
redistribué dans le monde entier.
L’étain congolais est partout. Mais sans doute plus pour longtemps. La nouvelle
législation américaine bannit son usage dans l’ensemble de la filière électronique: elle
conduira à l’avenir les grandes marques à ne pas prendre de risques inutiles. « Au lieu de
s’engager enfin sur le terrain [...], déplore l’auteur, les industriels tourneront le dos à la
région. [...] De nouvelles filières se mettront en place [...]. Le minerai transitera par
[d'autres] pays pas trop regardants en matière de respect des droits humains… » Le
comble, c’est que le métal finira sans doute par revenir en Afrique, dans les poubelles à
ciel ouvert du Ghana cette fois, « pour y être enterré, à peu près comme il avait été
extrait, dans la misère et la douleur ».
Le dilemme des « amis du Congo »
(Remy K. Katshingu1 – Libération.ma – 10.01.12)
En dépit d’irrégularités et de fraudes dénoncées par plusieurs observateurs
internationaux, Joseph Kabila qui a complété 10 ans de mandat présidentiel dont 5 par
intérim, a été proclamé « élu » par la Commission électorale à l’issue du scrutin de
novembre 2011. S’estimant victime d’un hold-up électoral, Étienne Tshisekedi, principal
leader de l’opposition, s’est à son tour proclamé « Président élu par le peuple ». A
l’évidence : une crise postélectorale couve en RDC. Les « amis du Congo » (Belgique,
France, États-Unis), dont les ambassadeurs ont assisté sous une armada d’engins de
guerre (!) à la prestation de serment du Président sortant, font visiblement face à un
dilemme : trouver une solution conforme aux règles démocratiques fondamentales ou
faire « la politique de l’autruche », en laissant ce pays plonger dans une phase
d’inconstitutionnalité du pouvoir et d’instabilité politique avec tous les risques
socioéconomiques imaginables.
Pourquoi les soupçons de fraudes et de « vol » sont-ils si évoqués par une grande partie
de la population et de l’opposition ? Premièrement, dépossédé de ses droits
fondamentaux pendant des décennies et reconnu pour sa servitude à « l’opium du peuple
» sinon à l’équation Congolais = BMW (Beer, Money & Music, Women), le Congolais
moyen s’est, depuis lors, affranchi.
Il a suivi, crayon et portable à la main, les différentes péripéties du scrutin ; il a entendu
et lu les réserves émises sans ambigüité par la Mission d’observation électorale de l’UE
mais aussi par le Centre Carter sur la crédibilité des résultats non fondés sur «les procès
verbaux établis sur les lieux mêmes des opérations de vote» ; il a enfin assisté à la
grossière parodie de jugement rendu par la Cour suprême de justice (consolidée par des
magistrats nommés par Kabila à la veille des élections), suite à une plainte déposée par
l’opposition.
En outre, la majorité des gens refuse d’admettre que les congolais aient pu faire le choix
de reconduire une équipe qui a érigé la corruption en système au sommet de l’État. Avec
une note de 2 sur 10 de l’Indice de Perception de la Corruption (Transparency
International), la RDC se maintient au 168ème rang sur un total de 182 pays. Une
position justifiée entre autres par l’opacité entourant la signature des contrats miniers
avec les Chinois, les contrats léonins avec des firmes multinationales étayés par le
parlementaire britannique Eric Joyce, etc.
1 Professeur d’économie au Collège de Saint-Jérôme, Canada
Enfin, exception faite de quelques personnalités, telles que Christine Lagarde, patronne
du FMI ou Charles Tannock, porte-parole des Affaires étrangères au Parlement européen,
qui se sont prononcés, l’une pour un État de droit en RDC et l’autre pour le respect de la
volonté du peuple, il est inconcevable que l’Occident ait gardé un silence glacial face à la
répression dans le sang des manifestants désarmés avant, pendant et après les
élections.
En définitive, les élections sont un moment d’évaluation de l’action d’un gouvernement
sortant. Or, l’analyse chiffrée à partir de faits incontestables (taux de chômage, ratio
dépenses en santé/PIB…) – que tout économiste objectif peut faire –, révèle un bilan
plutôt négatif du gouvernement sortant au vu des atouts dont il disposait.
Selon la figure 1, la RDC s’est remise, depuis 2002, sur le chemin de la croissance grâce
au programme de stabilisation macroéconomique supervisé par le FMI. En 2010, elle a pu
obtenir un allègement du fardeau de sa dette dont le stock est passé de 13,7 milliards de
dollars (124% du PIB) à 2,8 milliards (25%). Cependant, malgré cette évolution positive,
le salarié moyen (tout comme l’exploitant agricole) attend toujours de voir les effets de
ces « performances » rejaillir dans son panier de consommation. Sans doute, dans un
pays où, selon le syndicat des enseignants, 90 % de la masse salariale va à la classe
politique, cela dénote clairement une double défaillance : institutionnelle et de
gouvernance.
L’inexistence d’un mécanisme institutionnel de redistribution équitable de revenu et d’un
système judiciaire fort, pouvant sévir les cas de corruption et de détournements des
fonds publics, constituent une contrainte majeure à une croissance durable et soutenue
qui pourrait, à long terme, améliorer les conditions matérielles des gens.
Enfin, le véritable défi que l’équipe sortante n’a pas su relever en 10 ans de mandat est
celui de créer les conditions structurelles et institutionnelles d’une croissance endogène
basée sur l’action des PME dynamiques, créatrices des produits à haute valeur ajoutée et
donc d’emplois rémunérateurs pouvant extirper progressivement de la pauvreté les 70%
de la population active en chômage endémique. Son échec ici est patent. Le climat des
affaires est non seulement pourri par les activités prédatrices d’une élite dirigeante
aliénée mais en plus il s’est détérioré : la RDC occupe la 178ème place au Doing Business
(en baisse), et la 172ème (en baisse aussi) pour la liberté économique selon le Wall
Street Journal.
Et pourtant, en dépit de ce bilan, l’Occident fait l’autruche. La question est de savoir :
pourquoi ? Doit-on comprendre que sa critique sur le non respect de la démocratie et sur
la violation des libertés humaines serait à géométrie variable, en ce sens qu’elle
dépendrait non pas de l’aspiration des peuples à se doter d’un État de droit, mais plutôt
des intérêts géostratégiques occidentaux ?
Que veut la Belgique au Congo ?
(Marie-France Cros – La Libre – 10 01 12)
« Vingt jours après, la Belgique reconnaît Joseph Kabila », titrait mardi le journal congolais
pro-gouvernemental « L’Avenir ». Et le site Internet kabiliste « Digitalcongo », commentait
l’information : « Mieux vaut tard que jamais ».
Ce cri de victoire, survenant six semaines après les élections les plus visiblement
frauduleuses des dernières années en Afrique, avait de quoi étonner. Mais le journal
kinois publiait un fac-similé d’une lettre identifiée sous le code EDR/JJS/AVK/004A, datée
du 3 janvier 2 012 et signée du Premier ministre Elio Di Rupo, adressée à « Monsieur
Joseph Kabila, Président ».
Dans cette lettre, le Premier ministre écrit : « Comme vous le savez, la Belgique est
engagée aux côtés du peuple congolais sur la voie du renforcement de la démocratie. Au
moment où je viens de prendre mes fonctions en qualité de Premier ministre, je souhaite
féliciter l’ensemble des forces congolaises pour la tenue des élections qui vous
reconduisent au poste de Président de la République démocratique du Congo. Avec la
communauté internationale, je reste à vos côtés pour aider le peuple congolais à
répondre aux aspirations qu’il exprime en matière de progrès social. »
Révélée après le refus du ministre belge des Affaires étrangères, le MR Didier Reynders
qui avait refusé de se rendre à l’investiture de Joseph Kabila en raison de la manière
cavalière dont les élections avaient été menées par l’appareil d’État au bénéfice du
Président sortant, cette missive du Premier ministre socialiste belge pouvait-elle être un
faux ? Après tout, le régime Kabila n’avait pas hésité, juste avant le scrutin, à dénoncer
le meurtre d’un Congolais en Espagne par l’opposition de son pays – meurtre inexistant
avait bientôt rectifié Madrid. Vérification faite, il n’en est rien. Cette lettre a bien été
écrite. Chez le Premier ministre, on l’explique comme une démarche « purement
diplomatique ».
Il est vrai, à y regarder de plus près, que M. Di Rupo ne félicite pas Joseph Kabila d’une
victoire non avérée mais « l’ensemble des forces congolaises pour la tenue des élections
qui vous reconduisent ». Manière subtile de ménager la chèvre et le chou. M. Di Rupo
félicite sans féliciter. Mais ce n’est pas ainsi que c’est utilisé par le régime congolais et
notre Premier ministre devait s’y attendre.
Du coup, alors que la Commission électorale congolaise, compromise dans les fraudes,
doit proclamer vendredi ses résultats législatifs, bien malin qui pourrait dire quelle est la
position de la Belgique. Didier Reynders avait soufflé le froid, annonçant qu’il espérait
pouvoir se rendre à Kinshasa à l’ouverture de la session parlementaire, si le
dépouillement des législatives était conduit avec plus de transparence que celui des
présidentielles. Or, il n’en a rien été. Et voilà qu’Elio Di Rupo souffle le chaud.
Que veut la Belgique au Congo ?
L’église catholique conteste les élections
(Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 12 janvier 2012)
Un mois après la réélection contestée de Joseph Kabila, l’église catholique entre dans le
débat post-électoral en fustigeant l’action de la Commission électorale congolaise (CENI).
L’église catholique, qui avait déployé 30.000 observateurs pendant le scrutin, demande à
la CENI de « de corriger impérativement les graves erreurs » ou de « démissionner ».
Les irrégularités et les soupçons de fraudes massives des élections présidentielle et
législatives en République démocratique du Congo (RDC) continuent de faire débat.
Après les rapports des missions d’observation électorales du Centre Carter ou de l’Union
européenne (tous très critiques sur la crédibilité du scrutin), c’est au tour de l’église
catholique de donner son avis sur le déroulement des élections. Et le constat est
sévère.Dans son rapport, la Conférence épiscopale nationale (CENCO) estime que la
Commission électorale (CENI), « doit avoir le courage de se remettre en question et de
corriger impérativement les graves erreurs qui ont entamé la confiance de la population
en cette institution… sinon de démissionner ». Un message on ne peut plus clair. La
CENCO note que « le processus électoral s’est déroulé dans un climat chaotique » avec de
nombreuses « défaillances » et « des cas de tricheries avérées et vraisemblablement
planifiées », ainsi qu’un « climat de terreur entretenu et exploité à dessein pour bourrer les
urnes ». L’église catholique note également que « la compilation des résultats des élections
législatives est inacceptable »… « une honte pour notre pays ».
Le rapport de l’église catholique congolaise sur ces élections controversées était très
attendu, pour deux raisons. Tout d’abord, par le poids de l’église catholique qui
représente entre 60 et 70% de la population congolaise… une influence très forte.
Deuxième raison : le nombre important de ces observateurs le jour du scrutin. L’église
catholique avait en effet dépêché plus de 30.000 observateurs dans les 64.000 bureaux
de vote de RDC. Il s’agit de la mission la plus importante et la plus présente sur le
terrain… ce qui lui donne une certaine valeur.
Réputé proche de l’opposition, le cardinal Laurent Monsengwo avait déjà fustigé le bilan
de la CENI en déclarant que « les résultats de l’élection présidentielle en RDC ne sont
conformes ni à la vérité ni à la justice ». Le rapport de la Conférence épiscopale nationale
ne vient confirmer cette déclaration.
Le candidat malheureux et opposant au président Kabila, Etienne Thsisekedi, qui s’est
autoproclamé « président élu de la RDC », compte sur une mobilisation populaire pour faire
plier Joseph Kabila. L’église catholique vient, par ce rapport, de lui apporter un soutien
implicite. Pas sûr seulement que ce soit suffisant à faire descendre les Congolais dans la
rue.
Pendant ce temps, la CENI a annoncé un rapport de l’annonce des résultats des
législatives, prévu le 13 janvier. Les résultats seront donnés « aux comptes gouttes », dans
une semaine « environ ».
© CongoForum, le samedi 14 janvier 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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