La VSV invite le Pouvoir et l’Opposition au dialogue

14 janvier 2012

Actualités

Vendredi, 13 Janvier 2012 14:03

Avant la tenue des nouvelles élections dans un délai raisonnable

Kinshasa, le 13 janvier 2012 – (D.I.A.) – L’Organisation de défense des droits de l’homme ‘La Voix des Sans Voix’, VSV, en sigle, a rendu public son rapport final sur l’observation des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, au cours d’un point de presse qu’elle a organisé le dimanche 8 janvier 2012 à la paroisse Notre-Dame de Fatima à Kinshasa. De ce rapport, il ressort, selon la VSV, que lesdites élections ne sont pas crédibles.

Face à la crise de légitimité dans laquelle le pays est plongé, suite à la contestation des résultats qui ont proclamé Joseph Kabila vainqueur de l’élection présidentielle avec 48,95% des voix devant Etienne Tshisekedi avec 32% des suffrages exprimés (Ndlr), la VSV recommande un dialogue entre le Pouvoir en place et l’Opposition politique, en général, et MM. Etienne Tshisekedi et Joseph Kabila, en particulier, pour une gestion consensuelle du pays avant l’organisation de nouvelles élections crédibles, dans un délai raisonnable et, cela, insiste la VSV, avec des nouveaux dirigeants impartiaux de la CENI et en faisant certifier les résultats par la Communauté Internationale. Les élections, pour la VSV, devront déboucher impérativement sur le respect de la vérité des urnes afin d’éviter des contestations dues aux graves et flagrantes irrégularités.

Dans son rapport, en effet, la VSV précise qu’elle avait déployé deux cent soixante et un observateurs électoraux, à court terme, dans les provinces de l’Equateur, du Bandundu, du Bas-Congo, du Kasaï-Oriental, du Kasaï-Occidental et dans la Ville-Province de Kinshasa. Sur base des données récoltées sur le terrain par ses observateurs électoraux, la Voix des Sans Voix a conclu que les élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011 ont été émaillées d’irrégularités, de fraudes et/ou de tentatives de fraude. Eu égard à cette situation, la VSV pense que lesdites élections n’ont pas été transparentes et, par conséquent, non crédibles, et ce, « au grand dam de la population congolaise désillusionnée et déçue par la boulimie du pouvoir de ses acteurs politiques ».

Ainsi, dans ce rapport de 59 pages, la VSV dénonce des irrégularités relatives au cadre légal avec la violation des articles 5, 6, 8, 41, 56 de la loi électorale. Selon la VSV, en effet, des centaines de Centres de vote et des milliers de Bureaux de vote ont reçu des bulletins de vote dont le nombre était de loin inférieur au nombre d’électeurs attendus. A ce sujet, la VSV cite, par exemple, le Centre de vote Mwana Muyombo/22364 où 105 bulletins de vote ont été reçus alors que plus de 2500 électeurs se sont présentés ; le Centre de vote Mabaka/30540017, qui a reçu 200 bulletins de vote alors que plus de 500 électeurs se sont présentés, mais qui n’ont pas pu voter par manque de bulletins, etc. Dans plusieurs Bureaux de vote, dit la VSV, les bulletins de vote n’étaient toujours pas arrivés le jour du scrutin, mais un jour après le vote (cas de Tembo, Kawungula, …). En outre, plusieurs Centres de vote n’ont pas eu de bulletins de vote et les électeurs n’ont pas joui de leur droit civique, le droit d’élire leurs dirigeants et leurs représentants (cas de la Circonscription électorale de Kasongo-Lunda dans la province du Bandundu).

Des manœuvres politiciennes à l’origine de l’insuffisance des bulletins de vote

Pour la Voix des Sans Voix, des manœuvres politiciennes ont été à l’origine, dans certaines Circonscriptions électorales, de l’insuffisance de bulletins de vote dans bon nombre de Centres de vote. En effet, soutient-elle, « des politiciens du Parti au pouvoir se seraient arrangés avec des responsables locaux de la CENI pour envoyer plus de bulletins dans les Centres où le vote leur était favorable et moins de bulletins dans les Centres où le vote était manifestement en faveur de l’Opposition occasionnant ainsi la rupture du stock des bulletins de vote ».

De nombreuses autres irrégularités ont été dénoncées. C’est, entre autres, la confiscation et la détention illégale des bulletins de vote par certaines autorités politiques et autres personnalités pour des fins inavouées, note le rapport. A ce sujet, précise la VSV, « des parlementaires se sont arrangés pour faire nommer les membres de leur famille et autres proches à la CENI, notamment dans les Centres et Bureaux de vote ainsi que les Centres locaux de compilation des résultats. Ce sont ces agents partiaux et non indépendants qui ont donné, avant les opérations de vote, des bulletins vierges à certains candidats pour les cocher d’avance pour eux-mêmes ou pour un candidat à la présidence de la République ». Dans ce chapelet d’irrégularités, la VSV note nommément le bourrage des urnes en faveur d’un candidat présidentiable et des candidats à la députation nationale de la Majorité Présidentielle (cas de la Circonscription électorale de Demba, province du Kasaï-Occidental). Mais, aussi la détention par certains électeurs des bulletins déjà cochés en faveur d’un candidat présidentiable (cas de Monsieur Tshinyama Tshibuabua surpris avec deux bulletins de vote déjà cochés qu’il voulait introduire dans l’urne au Centre de vote EP4 Tshisele, Bureau de vote H). La VSV dénonce également l’absence d’urnes pour les élections législatives dans plusieurs Bureaux où des sacs non transparents ont été utilisés (cas de la Cité de Kamonia : Centre de vote EP Diboko, Bureaux de vote A, B, C, D).

Pour la VSV, les irrégularités dénoncées dans son rapport ne sont pas dues à une quelconque inexpérience de l’administration électorale congolaise, mais plutôt le fruit d’une longue et minutieuse préparation en amont et en aval du tripatouillage électoral pour le besoin de la cause. Sinon, s’interroge la VSV, comment expliquer la similitude d’irrégularités dans plusieurs Circonscriptions électorales comme la rupture du stock des bulletins de vote dans beaucoup de Centres et Bureaux de vote où le nombre d’électeurs attendu était supposé être connu par la CENI ?

Face à l’ampleur des irrégularités, la VSV considère que les résultats confirmés par la Cour Suprême de Justice ne sont pas conformes à la vérité des urnes. De ce point de vue, dit-elle, le pouvoir en place est certes légal, mais pas légitime. C’est pourquoi elle plaide pour le dialogue entre Etienne Tshisekedi et Joseph Kabila étant donné que le pays traverse une crise réelle de légitimité. Ce dialogue contribuera à la mise en place d’un gouvernement consensuel avant la tenue de nouvelles élections dans un délai raisonnable.

Agence de presse DIA

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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