La Cenco rattrapée par l’effet boomerang de sa déclaration !

23 janvier 2012

Actualités

La Cenco rattrapée par l’effet boomerang de sa déclaration ! / L’Eglise ne peut pas sortir indemne du débat politique, soyons-en sûrs…
(Digitalcongo.net 23/01/2012)

Daté du 11 et rendu public le 12 janvier 2012, le « Message de l’Assemblée plénière extraordinaire de la Cenco aux fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais » a dominé l’actualité politique la semaine passée. Acteurs politiques et sociaux majeurs se sont livrés à des empoignades verbales voulues certes édifiantes, mais révélées finalement embarrassantes pour l’Eglise catholique romaine elle-même. Certains de ses princes, en effet, n’ont pas eu « le courage de la vérité » évoqué pourtant en 2 Corinthiens 7 : 14…

Présenté en 15 points répartis en 6 Chapitres dont l’« Introduction » (1 à 2), les « Acquis du processus électoral » (3), les « Défaillances » (4 à 6), « Notre Mission prophétique » (7 à 11), les « Recommandations » (13) et la « Conclusion » (14 à 15), ce message résulte de l’analyse du document intitulé « Rapport d’Observation menée par notre Eglise ». Rapport connu des seuls Evêques, donc non soumis à toute critique des tiers. Rapport décrété top secret !

Censé inventorier tous les ratages ayant convaincu les princes de l’Eglise que les scrutins du 28 novembre 2011 ont été une « débâcle électorale », ce document souligne que « le processus électoral s’est déroulé, à beaucoup d’endroits, dans un climat chaotique » et révèle que « L’on a noté plusieurs défaillances, des cas de tricheries avérées et vraisemblablement planifiée, de nombreux incidents malheureux entraînant mort d’hommes, des cafouillages et, à certains endroits, un climat de terreur entretenu et exploité à dessein pour bourrer les urnes » (sic).

La sentence est alors cinglante. Au point 6, les Evêques estiment que « le processus électoral a été entaché de graves irrégularités qui remettent en question la crédibilité des résultats publiés » et demandent « aux organisateurs d’avoir le courage et l’honnêteté de tirer les conséquences qui s’imposent ». « Car, ajoutent-ils, reconnaître ses erreurs est une preuve de grandeur » (resic).

De quels organisateurs s’agit-il ? Ils ne l’identifient pas clairement. Mais, on peut avancer qu’il s’agit de la Céni conviée, au demeurant, à « avoir le courage de se remettre en question » et à « corriger impérativement les graves erreurs fustigées qui ont entamé la confiance de la population en cette institution ». Le couperet tombe en ces termes : « Sinon, de démissionner ».

Ainsi, jugement fait, condamnation est intervenue.

La question pertinente est, dès lors, de savoir si la Cenco – responsable d’une Eglise ayant pour vocation première d’être la « Reine de la paix » – a approché la Céni au nom du « courage de la vérité ». Juste pour s’informer. Après tout, l’Eglise dit disposer du rapport final (point 5) de sa mission de 30.000 observateurs. Il sied de rappeler, à ce propos, qu’aucours de son point de presse du 3 décembre 2011 (point 4), la Cenco – qui avait pris soin de déclarer, au grand dam de l’Opposition, que « ce n’est pas le rôle de l’Eglise de donner des résultats » – avait reconnu avoir déployé « 6.300 (…) équipés d’un système de transmission par SMS dans 3 000 bureaux test, répartis dans tout le pays ». Or, la Céni avait ouvert 63.685 ! Président de la Cenco, Mgr Nicolas Djomo avait admis, selon une dépêche de www.radiookapi.net, se rapportant à cette rencontre, que « ses observateurs n’ont pu couvrir que 23,9 % de l’ensemble des bureaux prévus par manque de moyens ».

Conséquence : « Le courage de la vérité », en ce qui concerne cette faible opérationnalité, n’apparaît pas dans le message du 11 janvier 2012. Hélas !

Mais, déjà, on peut relever à ce stade le désaveu, manifesté à l’égard de la Cenco, par Mgr Laurent Monsengwo en personne. Car, en accompagnement de sa déclaration du 12 décembre 2011, le cardinal avait proclamé sur Rtbf Etienne Tshisekedi vainqueur de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. D’où la réaction de la Majorité présidentielle. On se souviendra, en plus, que le cardinal avait livré à cet effet des faux résultats partiels au sujet du candidat n°11. Il n’avait pas eu « le courage de la vérité » en reconnaissant son erreur, acte constituant aux yeux de son église « une preuve de grandeur ».

Drôles de recommandations

N’ayant finalement pas approché la Céni pour confronter les résultats électoraux et les faits rapportés par ses observateurs en plus des « témoignages recueillis de divers diocèses et d’autres sources », les Evêques ont volontairement disqualifié leur rapport. Ils se sont empressés de juger et de condamner alors qu’ils sont sans savoir que le jugement et la condamnation, au nom de la vérité et de la justice, ne se conçoivent que sur base des preuves irréfutables produites !

Aussi, non basées sur des preuves irréfutables, les recommandations formulées perdent-elles leur fondement, elles aussi.

A preuve, vagues quand il s’agit du peuple et des acteurs politiques, elles se désintègrent facilement devant les observations objectives, en ce qui concerne les institutions.

Ainsi, à la Céni qu’elle recommande d’avoir le courage de se remettre en question, la Cenco offre, dans le cas contraire, l’alternative de démission, sans cependant se demander ce qu’il adviendrait de l’ordre institutionnel en gestation ou même du pays si le Bureau de cette institution décidait de démissionner aujourd’hui ! Personne de raisonnable ne voit les 500 députés nationaux sortants se retrouver en plénière pour désigner des nouveaux animateurs et y parvenir dans les jours à venir ! Moralité : à moins de s’inscrire dans le schéma d’un agenda caché, la Cenco préconise un remède pire que la maladie…

Au Parlement, appelée à « revoir de toute urgence la composition de la CENI » et à « y intégrer la représentation de la Société civile pour plus d’indépendance », la Cenco prévient que « le peuple n’admettra aucune tentative de modifier les articles verrouillés de la Constitution » ! Aucun esprit avisé ne peut trouver quelque lien de cause à effet entre, d’un côté, la recomposition du Bureau de la Céni et, de l’autre, une révision de quelque article verrouillé de la Constitution. Il peut constater cependant, de façon aisée, qu’avant la Céni, il y avait eu la Cei exclusivement composée de la Société civile. L’abbé Apollinaire Malu-Malu avait été littéralement massacré par l’Udps/Tshsiekedi et ses alliés sans que la Cenco ne volât à son secours. Finalement, on devrait se demander si le problème, le vrai, n’est pas dans l’homme politique congolais. L’Eglise prophétique connaît la réponse.

Le Gouvernement, recommandé par la Cenco primo de « tirer des leçons » de la débâcle électorale des élections du 28 novembre 2011, secundo de « prévoir les moyens pour les élections à venir » et, tertio, de « les libérer à temps pour un meilleur déroulement », se voit enjoint « d’arrêter de puiser dans le trésor public pour des intérêts personnels et de prendre conscience que le peuple veut le changement » ! Tout comme pour le Parlement, aucun esprit avisé ne peut trouver quelque lien de cause à effet entre, d’une part, le financement du processus électoral et, d’autre part, l’utilisation des fonds publics à des fins personnelles. Visiblement, la dernière phrase est un ajout de trop.

A la Police et à l’Armée, la Cenco recommande « de faire preuve de professionnalisme, de protéger la population et surtout de ne pas obéir aux ordres injustes ». Elle ne dit pas dans quelles circonstances un ordre peut être juste ou injuste. Prenons alors le cas des incidents qui ont émaillé, à Kinshasa, la clôture de la campagne électorale le 26 novembre 2011. La Cenco est-elle sûre que si les policiers avaient estimé injuste l’ordre donné par sa hiérarchie de neutraliser tous les foyers de tension, les élections auraient pu se dérouler le 28 novembre ou à une autre date ultérieure ? Est-elle sûre que le pays aurait survécu à ce qui virait à un soulèvement populaire ?

A la Cour suprême de justice, la Cenco recommande « de dire le droit en conscience et en toute indépendance dans le traitement des contentieux électoraux ». Tout esprit avisé constate que les Evêques se retiennent de stigmatiser la disqualification anticipée de l’institution judiciaire par l’Udps. Au demeurant, sans l’intervention du cardinal Laurent Monsengwo du 12 décembre 2012, l’Unc aurait emboîté le pas à ce parti. Et quand bien même elle a fini par actionner le mécanisme du contentieux électoral, c’était plus pour ridiculiser la Cour suprême de justice que pour rechercher véritablement justice. La tentative d’impliquer l’Udps dans sa requête a été d’une grossièreté choquante.

A la Communauté internationale, la Cenco recommande « de privilégier l’intérêt du peuple congolais, de ne pas être complaisante, d’appuyer le peuple congolais dans sa recherche de justice et de la paix et de le respecter dans son autodétermination » ! Que faut-il entendre par autodétermination ? S’il s’agit de la véritable indépendance à l’image de celle revendiquée par Patrice-Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila, alors les cieux ou les dieux (au choix) nous sont décidément tombés sur la tête. Pour la bonne et simple raison que depuis l’existence du Congo comme Etat formel (Conférence internationale de Berlin), le clergé catholique sait de quel côté il s’est toujours penché.

De l’erreur au crime

A dire vrai, certains Evêques – présents à l’assemblée générale extraordinaire du 9 au 11 janvier 2012 – ont tenu à se prononcer sur les élections du 28 novembre 2011 avant la publication des résultats provisoires des élections législatives fixée au 13 janvier 2012. Car, ils savaient et savent qu’à la lumière de la Constitution, le véritable enjeu n’est pas l’élection du Président de la République, dès lors que les prérogatives du Chef de l’Etat sont fortement réduites au profit du chef du gouvernement (article 91).

L’enjeu véritable est la composition de l’Assemblée nationale. C’est, en effet, de cette institution que sont issues la Majorité (qui désigne le Premier ministre appelé à former le gouvernement) et l’Opposition. Les tendances étant jusque-là favorables à la Majorité présidentielle sortante, la Cenco a déjà prononcé sa sentence au point 5. « Ce qui se passe présentement au niveau de la compilation des résultats des élections législatives est inacceptable. C’est une honte pour notre pays », déclare-t-elle, comme pour décrédibiliser par avance l’institution parlementaire à venir.

C’est à croire que ces évêques, proches de l’Opposition, veulent voir le pays s’installer dans la cohabitation à la française, avec un Président de la République flanqué d’un Premier ministre et un gouvernement majoritaires à l’Assemblée nationale, à défaut d’une cohabitation à la congolaise, alias gouvernement d’union nationale. C’est ce qui explique, au point 6, la suggestion du dialogue. « Il est donc indiqué que dans une démarche inclusive, l’on privilégie la voie du dialogue pour l’intérieur supérieur de la nation congolaise », dit la Cenco. Dans ce pays, on sait ce qu’il faut entendre par « démarche inclusive ». On voit (re)venir le dédoublement institutionnel suivi de la 3ème voie !

Au regard de ce qui précède, la conclusion à tirer est que pour s’être trop politiquement engagée dans la question électorale sans avoir les ressources humaines, financières et matérielles suffisantes pour couvrir les 63.685 bureaux de vote, la Cenco n’a pas eu de choix alternatif que d’utiliser ce ton-là dans son « brûlot », sans se préoccuper de l’effet boomerang qui la rattrape. D’autant plus que ne remettant pas en cause l’élection du Président Joseph Kabila alors que le cardinal Laurent Monsengwo avait unilatéralement proclamé vainqueur Etienne Tshisekedi, elle se voit aujourd’hui lamentablement récupérée par une Opposition aux abois.

Le 26 janvier prochain, elle sera choquée de constater que malgré le soutien dont elle est se croit l’objet de la part des Opposants, les candidats opposants qui seront élus députés nationaux préféreront garder leurs mandats plutôt que de les remettre en question, alors qu’ils sont tous d’accord qu’il y a eu débâcle électorale ! (Lisez l’article ayant pour surtitre « Par solidarité avec la Cenco » et pour titre « Les députés élus de l’Opposition vont-ils renoncer aux mandats acquis ? ».

La Cenco va alors (re)découvrir à ses dépens, ainsi qu’aux dépens des fidèles catholiques et de l’ensemble du peuple congolais, combien les acteurs politiques congolais savent se servir de son aura pour leur propre positionnement ou repositionnement.

L’ennui est que si cela remonte quasiment à l’Indépendance, c’est toutefois depuis avril 1990 que ce qui était dans un premier temps une erreur de sa part est finalement passée de la faute au crime.

Le paradoxe est que la faute est devenue un crime sous le même leadership politique et le même leadership religieux. Le constat n’a rien de provocateur ni de blasphématoire.

Omer Nsongo die Lema
(TN/Yes)

L’Eglise ne peut pas sortir indemne du débat politique, soyons-en sûrs…

Kinshasa, 23/01/2012 / Politique

Comme Ponce Pilate qui croyait qu’en se lavant les mains, il se tirait d’affaire du complot du meurtre du Christ, l’Eglise catholique de la RDC ferait une mauvaise lecture de la situation en croyant qu’après avoir allumé le feu de la contestation des elections elle n’assumerait aucune responsabilité des retombées, quelles qu’elles fussent, qui s’en suivraient

Juan Gomez de Rfi a animé son émission « La Libre Antenne » du mardi 17 janvier 2012 avec un thème attractif : la place de l’Eglise africaine dans la gestion politique de l’Etat. Il s’est appuyé, notamment, sur le cas de la RDC en mettant en exergue la question électorale. On sait, en effet, que l’Eglise catholique romaine a déployé 30.000 observateurs électoraux sur toute l’étendue du pays dans le cadre des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011. Mais, ce que l’on ne dit pas assez, c’est que ce déploiement n’a concerné que 23,9 % des 63.685 bureaux ouverts par la Céni.

Le 3 décembre 2011, Mgr Nicolas Djomo, président de la Cenco, a attribué cette faible représentativité au manque de moyens. Ce qui, tout naturellement, fausse d’emblée tout débat politique impliquant son Eglise. Or, le 11 janvier 2012, la Cenco a pris position en qualifiant ces élections de « débâcle électorale »…

Au cours de l’émission de Juan Gomez sur Rfi, certains auditeurs se sont prononcés pour l’implication de l’Eglise africaine dans la gestion politique de l’Etat, d’autres non. Evidemment, les auditeurs « pour » étaient du côté de l’Opposition ; les auditeurs « contre » du côté de la Majorité. Le débat reste ouvert.

C’est justement parce qu’il l’est qu’il est intéressant de circonscrire l’enjeu. Car, le débat démocratique est essentiellement un débat d’idées entre des personnes qui s’estiment égales. Des personnes qui ont le même statut et qui doivent être traitées sur base de ce principe.

Dans cette logique, un abbé, un pasteur ou un berger qui veut débattre de la gestion politique doit accepter d’être l’égal de son debater qui, lui, peut être un acteur politique, un juriste, un journaliste etc. N’étant pas intemporelle, la question politique est temporelle.

Or, nous sommes dans une société où le ministre de Dieu, quelle que soit la religion à laquelle il appartient, incarne une autorité sacrée. Il passe même, aux yeux de certains, pour l’être qui ne peut pas faillir ni défaillir ! C’est le saint.

Figurons-nous alors que les fidèles viennent à découvrir, au cours d’un débat démocratique, que le représentant sur terre de leur Dieu est littéralement mis K.O. sur le plateau d’une chaîne de télévision, au studio d’une chaîne de radio ou dans les colonnes d’un journal, sinon dans le forum d’un site Internet, par un redoutable debater laïc, voire athée ! C’est une calamité…

Cette calamité, les Congolais en ont vécu l’avant-goût le 12 décembre 2011 lorsque Mgr Laurent Monsengwo, Cardinal pour la RDCongo et le Congo-Brazzaville, a manifestement failli en évoquant des chiffres partiels erronés, s’agissant du candidat Etienne Tshisekedi. Non seulement qu’il a été attrapé en flagrance de mensonge, mais en plus il a violé l’engagement de la Cenco qui, neuf jours plus tôt, a affirmé que « ce n’est pas le rôle de l’Eglise de donner des résultats ».

Les auditeurs de Rtbf ont entendu le prélat proclamer Etienne Tshisekedi vainqueur. Paradoxalement, même en affichant sa solidarité à l’égard de Laurent Monsengwo dans son message du 11 janvier 2012, la Cenco n’a pas relayé cette proclamation ; preuve – si besoin est – d’un désaveu qui ne dit pas son nom.

Il y a lieu de le souligner déjà : Laurent Monsengwo n’en est pas à sa première « douche froide ». Soupçonné d’être l’initiateur du schéma « ni Cns-ni Conclave », c’est-à-dire ni « Conférence nationale souveraine » ni « Conclave politique de Kinshasa » – le schéma dit « 3ème voie » ayant ramené Léon Kengo wa Dondo à la primature – le prince de l’Eglise catholique romaine est resté 17 ans durant en rupture de communion avec les Tshisekedistes de l’Udps. Au nombre desquels, cela va de soin, des Chrétiens catholiques acquis à la cause du lider maximo.

Même s’ils le portent aujourd’hui aux anges en raison du soutien à l’Opposition, ces Chrétiens sont des compatriotes frustrés. On ne serait pas étonné d’apprendre que bon nombre ont cessé de croire en l’Eglise catholique romaine comme organisation ecclésiale, mais surtout en l’Eternel Dieu.

Aujourd’hui, les Kabilistes catholiques remplacent les Tshisekedistes catholiques dans cette perte de confiance. Qu’ils soient minoritaires ou majoritaires dans leur confession religieuse, ils considèrent, de façon légitime, que le cardinal a choisi son camp. Par voie de conséquence, ils se laissent convaincre de la faillibilité du prélat.

En fait, pour revenir au débat proposé par Rfi, la Cenco a habitué les Congolais à des messages politiques généralement sévères à l’égard des gouvernants mais tolérants à l’endroit des opposants. Il a cependant toujours été constaté qu’elle table ses analyses sur des éléments en sa possession et ne cherche pas à recueillir à la source des éléments susceptibles de contredire les siens. Elle se comporte comme si elle a le monopole de la science et de la conscience.

Revenons à Mgr Laurent Monsengwo. Dans sa même déclaration du 12 décembre 2011, il a fait sienne, au point 4, l’information de l’ONG américaine Human Rights Watch faisant état de 18 personnes mortes dont 14 tuées, selon elle, par la Garde républicaine, entre le 26 et le 28 novembre 2011. « Dix-huit morts pour des élections, c’est trop ! », dit-il.

Pourtant, le prélat n’est pas sans savoir que depuis une dizaine jours plus tôt, le Gouvernement n’a eu de cesse de recommander cette ONG d’entrer en contact avec la Haute cour militaire pour aider celle-ci à disposer d’éléments nécessaires à une enquête devant identifier les victimes et les coupables, et de sanctionner ceux-ci. Hrw ne l’a pas fait. D’ailleurs, un mois et demi après, elle continue d’ignorer cette requête. Comme si elle n’a pas de preuves de ses affirmations.

Figurons-nous alors que le prélat se soit retrouvé dans un débat politique avec un membre du gouvernement ou un magistrat de la Haute cour militaire ! Est-on sûr qu’il s’en serait sorti indemne ? On peut multiplier des exemples en abordant des questions sécuritaires, économiques, sociales etc. pour lesquelles la Cenco se montre chaque fois savante, sans en réalité l’être une fois confrontée aux réalités du terrain.

La leçon à tirer est qu’à force de croire qu’elle connaît tout par elle-même et qu’elle n’a pas besoin de s’informer auprès des experts pour une meilleure appréciation des enjeux du pouvoir temporel, l’Eglise (toutes confessions confondues) pèche par l’autosuffisance. Et, ses enfants (ses ouailles) sont souvent décontenancés au point d’être affectés dans leur foi.

La Bible dit alors aux ministres de Dieu tentés par le pouvoir temporel : « Malheur à vous aussi, docteurs de la loi ! Parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et que vous ne touchez pas vous-mêmes de l’un de vos doigts ». C’est en Luc 12 :46.

Depuis le 24 avril 1990, que de fardeaux difficiles faits porter au peuple congolais par une Eglise qui se fourvoie dans le débat politique, une Eglise qui crie au blasphème à toute voix discordante !

Omer Nsongo die Lema

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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