REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

24 janvier 2012

Non classé

24/01/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI
(CongoForum)

Nous ne pouvons qu’espérer que nos lecteurs sont de ceux pour qui les élections sont
« un sujet dont on ne se lasse pas »… car on en remet une couche ! L’organisation d’une
table ronde pour endiguer la crise postélectorale est diversement appréciée par la classe
politique congolaise. Quant aux Législatives, les tirs croisés sur la CENI font planer le
spectre de l’annulation et le torchon brûle visiblement au sein de la MP. JKK a déclaré son
patrimoine. La CPI a fait une « descente » en Ituri. Le procès Bemba a une fois de plus
été reporté.

Elections / « Table ronde » ou annulation ?
L’organisation d’une table ronde proposée par Léon Kengo Wa Dondo, Antipas Mbusa
Nyamwisi et Adam Bombole, trois candidats malheureux à l’élection présidentielle du 28
novembre, pour «tenter d’endiguer la crise politique se profilant à l’horizon en RDC», est
diversement appréciée par la classe politique congolaise. L’Union pour la démocratie et le
progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi rejette cette proposition. La Majorité
présidentielle (MP) exige «le respect du cadre républicain», explique Radio Okapi.
Dans une déclaration commune lue mardi 17 janvier, ces trois candidats malheureux
avaient indiqué que cette table ronde devrait réfléchir «sur la problématique de la
validation ou de l’invalidation des élections présidentielle et législatives ainsi que sur le
nouveau calendrier électoral».
Le secrétaire général de l’UDPS, Jacquemain Shabani, indique que son parti n’est pas
concerné par « ce genre de distraction », affirmant qu’au cours de l’élection
présidentielle, «le peuple congolais a porté son choix sur la personne de monsieur
Etienne Tshisekedi ».
Pour Aubain Minaku, secrétaire général de la MP, ce dialogue doit se tenir « dans un
cadre républicain ».
Il demande à la presse notamment d’aider les hommes politiques « à être de bons
perdants ». Réagissant à la proposition d’un dialogue entre Etienne Tshisekedi et Joseph
Kabila défendue par la Voix des sans voix, le secrétaire général de la MP avait aussi
évoqué le respect « du schéma républicain ». Il avait reconnu les difficultés dans
l’organisation des élections du 28 novembre, tout en déclarant que «la vérité, avec grand
V, émanant du peuple c’est que quelles que soient les imperfections, il y a un candidat
qui est sorti du lot au niveau de la présidentielle et c’est Joseph Kabila. Il a été élu par le
peuple congolais. Il a été confirmé par la Cour suprême de justice et il a été investi».
(Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est mal parti pour le « dialogue », si les deux
principaux interlocuteurs potentiels proclament à l’avance que seule « leur » vérité
pourra y être proclamée. Car enfin, ce qui rend le « dialogue » souhaitable, c’est que l’on
ne connaît pas la « vérité des urnes ». La thèse officielle suivant laquelle « les erreurs ne
paraissent pas de nature à remettre en cause l’ordre des résultats» n’est démontrée nulle
part. La thèse UDPS de la victoire « évidente » de Tshisekedi ne l’est pas davantage.
Tous les autres avis (Cenco, MOE-UE, Centre Carter, etc…) se bornent à constater un
chaos indescriptible d’où il ressort que les résultats officiels sont hautement suspects,
mais restent dans le vague quant aux divergences constatées entre les résultats
proclamés et ceux qui découleraient de l’addition des PV de bureaux – seuls documents
peut-être encore disponibles, les bulletins ayant été abandonnés à la merci du vent et de
la pluie à la Fikin. La thèse que « ces déficiences ne paraissent pas de nature à remettre
en cause l’ordre des résultats » n’est – contrairement à l’impression que l’on s’efforce
fréquemment de donner – pas affirmée dans les rapports internationaux. Elle ne l’est pas
dans le rapport de la Fondation Carter, qui est d’ailleurs souvent cité de manière erronée
et surtout elle ne l’est pas dans le rapport de l’Union européenne qui ne conclut jamais
que l’ordre des résultats n’est pas remis en cause. On le lui fait dire, mais il ne le dit nulle
part. D’ailleurs, Mme Nedelcheva, qui s’est encore exprimée sur cette question, insiste
pour qu’on ne lui attribue pas des conclusions qu’elle ne tire pas.
Quoi qu’il en soit, tous ces rapports montrent que les fraudes ont été massives, ce à
toutes les étapes de la compilation des résultats des élections présidentielles en RDC.
Tout cela démontre qu’en réalité on ne peut vraiment pas dire que Joseph Kabila a gagné
les élections présidentielles, qu’en réalité on ne peut vraiment pas dire qu’ Etienne
Tshisekedi a gagné les élections présidentielles et toute personne qui se veut être de
bon compte doit avouer que l’on ne connaît pas le résultat du suffrage du peuple
congolais et donc, la volonté de ce dernier. La thèse que « ces déficiences ne paraissent
pas de nature à remettre en cause l’ordre des résultats » n’a été affirmée jusqu’ici que par
le pouvoir congolais, par l’UA dont les « observateurs » ont tout regardé depuis les
fenêtres du GHK et … par Didier Reynders – non par le gouvernement belge qui a parlé
de « reconduction » de JKK, non de sa « réélection ». NdlR)
Pour Jean Lucien Busa, secrétaire général chargé des affaires politiques du MLC de Jean-
Pierre Bemba, seul un dialogue qui aboutirait au recomptage des voix de la présidentielle
pourrait résoudre la crise politique en RDC. Pour ce député de l’opposition, «la politique
n’est que le dialogue permanent. Maintenant que le processus est biaisé par le fait de la
tricherie à grande échelle, il faut penser à une approche technique avec le recomptage
des tous les bulletins.» Le député Bussa réagissait, lundi 23 janvier sur Radio Okapi, à
la déclaration du secrétaire général de l’OIF, qui demandait que «toutes les dispositions
soient prises par les institutions concernées afin que le processus électoral se poursuive
dans les meilleures conditions de rigueur, de transparence et d’équité.» Dans un
communiqué daté du vendredi 20 janvier, le secrétaire général de l’Organisation
internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf, avait proposé « la tenue d’un
dialogue inclusif pour calmer la tension politique en RDC ». Le parti de Jean-Pierre
Bemba se dit opposé à un dialogue «pour le partage des postes, sans tenir compte des
irrégularités enregistrés au cours des élections du 28 novembre dernier.»
La déclaration de Diouf montre que la RDC est mise «sous la loupe», a réagi pour sa
part, Henri-Thomas Lokondo, sénateur de la Majorité. Il a déclaré, toujours à Radio
Okapi: «Quand le président de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) dit
que le processus électoral doit être observé avec rigueur, il veut diplomatiquement dire
que le processus est bancal et que nous [la RDC] sommes mis sous la loupe». Le
sénateur Lokondo affirme qu’à tout moment l’OIF «peut tirer toutes les conséquences»
de la crise politique congolaise. «Il faut faire attention à ces genres des déclarations qui
ne se disent pas en l’air, surtout pas de la part d’un homme comme Diouf», a-t-il
poursuivi. Selon lui, l’OIF peut décider d’un éventuel transfert du sommet de la
francophonie, prévu à Kinshasa cette année, vers un autre pays pour sa crédibilité.
«N’oubliez pas qu’en 1991, le sommet de la francophonie qui aurait du se tenir en RDC a
été délocalisé pour des raisons politiques», a-t-il rappelé. (Il est certes salutaire de se
soucier de la prospérité de l’hôtellerie kinoise. Ceci dit, l’argument est tout de même
extrêmement faible. C’est un peu comme si, durant la fameuses crise de 500 jours qu’a
connu la Belgique, l’on avait déclaré avec sérieux qu’il fallait un gouvernement d’urgence
pour ne pas compromettre le succès du Grand Prix de Francorchamps ou des Francofolies
de Spa ! NdlR)
Le Potentiel annonce : «Tirs croisés sur la Ceni. Législatives : le spectre de
l’annulation» Apparemment, il reste pas grand-chose des législatives 2011. Le processus
électoral serait en train de tanguer à la manière du célèbre «Titanic». La Ceni est
soumise à des tirs croisés très intenses. Pour le quotidien, l’afflux des contestations et
réclamations s’apparente à un spectre d’annulation qui plane sur le scrutin législatif.
Le réseau des contestations s’est élargi à la majorité présidentielle. Ce qui pousse le
journal à se demander si cela ne pourrait ne pas confirmer les premières récriminations
contre la vérité des urnes, pourtant balayées d’un revers de la main par cette même
tendance du pouvoir. A l’allure où les révélations sont en train d’être faites, l’on détruit
l’un après l’autre les alibis, levant ainsi le pan de voile sur la vérité des législatives 2011.
Tout est parti de la menace de démission du président de la, Ceni, Ngoy Mulunda. Il est
sous pression de la Mouvance présidentielle qui veut voir ses « candidats retenus». Une
liste des «députés», tant de la mouvance présidentielle que de l’Opposition, choisis par la
MP aurait même été déposée à la Ceni afin qu’elle soit respectée. La pression est
tellement forte que le président de la Ceni aurait déjà parlé de rendre son tablier pour
être en phase avec sa propre conscience, rapporte le journal, ajoutant que la confiance à
l’ endroit de la Ceni s’effrite de plus en plus et que le spectre de l’annulation plane audessus
des législatives.
Forum des As relève que les Législatives posent déjà un problème particulier pour
l’UDPS et titre : « Conséquence de la décision d’Etienne Tshisekedi: les députés Udps
devant un dilemme! ».
Les Législatives sont nulles et de nul effet pour l’UDPS. Etienne Tshisekedi l’a déclaré lors
d’une conférence de presse le vendredi 20 janvier, en sa résidence familiale à Limete.
Que deviendra alors la trentaine de députés nationaux jusqu’ici élus de l’UDPS ? Cette
option a-t-elle fait l’objet d’une discussion interne ? Sinon, les députés de l’UDPS devront
choisir entre le respect du mot d’ordre de leur leader et leur mandat chèrement acquis.
D’où, le dilemme.
Dans les rues de Kinshasa, la «décision» d’Etienne Tshisekedi portant annulation des
législatives de novembre dernier est diversement commentée. Certains estiment que les
propos du leader de l’Udps sont graves de conséquence. Par ailleurs, d’autres les
qualifient d’irréalistes. Quel que soit le jugement que l’on aura porté, une chose reste
indiscutable : « Etienne Tshisekedi a parlé ! ». L’Udps, on le sait, est l’un des partis
politiques où les décisions du chef n’appellent aucun débat en plénière. « Le chef a dit !»
Quelles que soient les conséquences de la décision prise, les autres membres du parti
l’assument. Ils peuvent au plus maugréer, mais pas trop fort!
A priori, le fait que le leader de l’Udps annonce l’annulation des législatives, met mal à
l’aise ses élus. Tous sont mis en demeure de choisir entre le Palais du peuple, siège du
Parlement et le respect de la décision de leur leader. Les résultats provisoires même
contestés, indiquent que l’UDPS compte parmi les partis politiques ayant raflé beaucoup
de sièges à l’Assemblée nationale : une trentaine de députés nationaux. Ce chiffre n’est
pas négligeable, quand on sait qu’avec le jeu de cartel, l’Udps pourrait s’imposer à
l’hémicycle, avec l’apport de ses alliés. A tout le moins, les déclarations d’Etienne
Tshisekedi donnent des insomnies aux députés élus de son parti. Ils devront, soit se
soumettre à l’ «incontestable et irrévocable » décision du président national de leur parti,
soit défendre leur mandat de député, par ailleurs chèrement acquis après le boycott du
processus électoral de 2006. A l’hypothèse que les députés élus de l’Udps se solidarisent
avec le chef du parti, ils devront, par conséquent, renoncer à leur élection avant même la
publication des résultats provisoires et définitifs. De question en question, on se trouve
en droit de se demander ce que prévoit la loi en pareille circonstance, si Etienne
Tshisekedi ne revenait pas sur sa décision. Ces élus seraient-ils tous prêts à renoncer à
leur poste pour plaire au président national de leur parti ? Des moyens financiers
personnels dépensés aux fins de cette élection iront-ils en eau de boudin ? Tout bien
considéré, si les députés élus de l’Udps observent la décision de leur leader, il ne fait
alors aucun doute que le futur Parlement congolais sera délesté d’une trentaine voire
d’une quarantaine de ses membres. Moralité, on aura une Chambre basse composée de
moins de 500 membres. On serait alors en deçà du nombre constitutionnel qui prévoit
500 députés nationaux élus. (Ce qui reviendrait à supprimer le seul résultat
véritablement démocratique et satisfaisant qui soit jusqu’ici sorti de ce scrutin
cafouilleux : réinscrire l’UDPS dans le paysage politique institutionnel, à sa juste place de
parti majeur de l’opposition, au lieu d’être confiné dans un rôle marginal d’opposition
extraparlementaire. NdlR)
(On l’aura remarqué : quant à l’annulation des élections, il y a deux points de vue. Les
« petits perdants » comme le trio Léon Kengo Wa Dondo, Antipas Mbusa Nyamwisi et
Adam Bombole, ou le MLC admettent ce qui devrait être évident pour tout le monde : les
critiques ont concerné l’ensemble du processus, on ne peut dissocier les scrutins et la
présidentielle est l’objet d’autant de points d’interrogation que les législatives. Il faudrait
donc tout annuler. Par contre les deux « vainqueurs possibles » veulent une dissociation
complète des scrutins et le maintien des résultats de la présidentielle. Bien entendu, cela
n’a pas le même sens chez JKK que chez ETwM, mais le fait est là : de part et d’autre,
c’est « changez tout ce que vous voulez, pourvu que je sois le président ». D’où
découlent des idées à propos d’une concertation qui ne serait qu’une sorte de
« redistribution des cartes à l’intérieur du joséphisme », sans trop se soucier de choses
aussi négligeables que l’opinion des électeurs.
Il peut sembler à première vue que la position consistant à maintenir envers et contre
tout des résultats électoraux douteux est dépourvue de fondement. C’est vrai si par
« fondement » on entend uniquement « fondement logique ». Il y en a par contre un
dans l’expérience pratique : faire annuler une élection est extrêmement difficile. On
obtient dans une infime minorité des cas une annulation partielle – p.ex. dans une
commune sur l’ensemble des municipales. Dans le cas d’élections nationales, il n’y a
qu’un précédent : l’Ukraine. En 2004, les soupçons de fraude électorale y ont entraîné
d’importantes manifestations de rue, la révolution orange. Sous la pression, le second
tour de l’élection présidentielle a été réorganisé le 26 décembre 2004. La pression de la
rue était sans doute l’arme sur laquelle comptait Tshisekedi. Elle tarde à se manifester…
Cela ne signifie nullement qu’il faut cesser de réclamer la « vérité des urnes ». Mais il
faut savoir, ce faisant, qu’il existe, mondialement, une très puissante « inertie molle » en
faveur de l’acceptation ou du replâtrage des élections, même douteuses. NdlR)
MP
De son coté, La Prospérité titre: «Redistribution des cartes / MP : la tête de Boshab
recherchée !» Joseph Kabila est la cible de tous les coups politiques depuis sa réélection.
Des coups venant principalement de l’opposition qui critique son action avec ou sans
raison. C’est de bonne guerre, écrit le quotidien. Mais, que ces genres d’attaques
proviennent de la MP où le Raïs est supposé avoir des alliés ‘‘sûrs’, cela surprend outre
mesure les observateurs de l’agora politique congolaise.
Forum des As abonde dans le même sens: « Vaste cabale contre Boshab » Le secrétaire
général du PPRD est victime d’une cabale, dont les commanditaires se recrutent dans
toutes les loges politiques. A la base de cette fatwa contre l’élu de Mweka, souligne le
journal, la grande redistribution des cartes qui pointe à l’horizon.
JKK
Le Potentiel semble apprécier beaucoup l’image du naufrage du Titanic, puisqu’il ressert
la comparaison à ses lecteurs aujourd’hui. On pourrait tout aussi bien remarquer que
contrairement au Titanic, avec lequel Edward Smith a noblement coulé dans la plus pure
tradition marine, la RDC serait plutôt un navire dont le capitaine est aux abonnés
absents. Alors que la crise politique et économique est telle que le bateau risque de
chavirer au premier soubresaut du fleuve, le président Kabila n’a plus fait de sortie
médiatique depuis la prestation de serment le 20 décembre dernier. Même les principales
chaînes de télévision nationales toutes acquises à sa cause, friandes de propagande et du
culte de la personnalité ne diffusent aucune image le concernant. On en parle, on le cite,
mais le fait est là, le président reste invisible et surtout inaudible, laissant place à des
rumeurs aussi farfelues les unes que les autres. Sa mort subite et sa fuite en Chine ne
sont que deux des hypothèses les moins absurdes qui aient circulé sur « l’Internet
congolais ».
Mais ce silence a fait dresser les oreilles à certains, au nom de l’article 99 de la
Constitution de février 2006, imposant aux élus de déclarer leur patrimoine dans les
trente jours de leur entrée en fonction. Et, s’il ne le fait pas, l’article 99 de la
Constitution considère comme «démissionnaire» l’auteur d’un tel manquement. Ô joie, ô
intense jubilation ! Le 20 janvier on n’avait toujours rien entendu à propos d’une telle
déclaration de la part de Kabila. Les Congolais ne sont pas meilleurs que les autres
hommes : le malheur d’un ennemi nous fait plaisir à tous et s’il peut crever d’une
maladie bien pénible, bubonique et pustuleuse, le régal est encore meilleur. Mais s’il est
éliminé par une argutie juridique imparable, alors là, c’est le super-pied ! Amba Wetshi,
sur CongoIndépendant prenait même la précaution de signaler qu’il s’agissait d’une
forclusion (qui contrairement à la prescription, ne peut pas être interrompue) et que
« L’article 195 du code de procédure civile précise que lorsqu’un délai s’exprime en jour,
il s’agit de «jours calendrier». C’est à dire, samedi, dimanche et jours fériés compris ». Et
de donner alors libre cours à des suppositions… peu aimables. « Question : Pourquoi
«Joseph Kabila» tarde-t-il à accomplir cette exigence constitutionnelle? Oubli ou
démonstration du mépris que l’homme témoigne à l’égard d’une Constitution dont il n’a
pas peu contribué à transformer en une coquille vide? Autre question: Et si ce
manquement était motivé par l’embarras de déclarer l’immense fortune accumulée par
l’intéressé et sa famille biologique au bout d’une décennie passée à la tête de l’Etat? »
Or, L’Avenir a annoncé hier : «Joseph KABILA vient de déclarer ses avoirs devant la
Cour suprême de justice, faisant fonction de Cour constitutionnelle. Une façon pour lui de
montrer l’exemple aux membres du gouvernement dont personne jusque-là n’a pris le
courage de faire la même chose…
Pour le ministre de la Justice et Droits Humains Luzolo Bambi Lessa qui a donné cette
information à la RTNC, c’est pour le besoin de transparence dans la gestion que le 1er
des Congolais a déclaré ses biens. Et ce, lorsqu’on sait qu’il est demandé aux hauts
responsables de l’Etat de communiquer leurs avoirs de manière à ce qu’à l’issue du
mandat, l’opinion soit rassuré que les charges auxquelles ils ont été appelés ne leur ont
pas permis de s’enrichir personnellement. Une injonction a été donnée au Procureur
général de la République pour ouvrir une information judiciaire à toutes fins, à l’encontre
des membres du Gouvernement qui enfreindraient cette disposition ».
CPI
L’Observateur affiche à la Une: «Affaire Ngudjolo et Katanga: Fin de la mission
d’inspection en Ituri d’une délégation de la CPI».
Le quotidien rapporte qu’une délégation de la Cour pénale internationale (CPI) vient de
boucler le 19 janvier une mission d’inspection des deux jours dans le territoire d’Ituri,
dans la Province Orientale, après avoir visité différents endroits concernés par des faits
jugés dans l’affaire Mathieu Ngudjolo et Germain Katanga. La délégation était composée,
selon le journal, de trois juges, des avocats des victimes, de ceux de la défense ainsi que
des représentants du bureau du procureur de la CPI. « La mission a été conduite par le
juge qui préside le procès de ces deux miliciens, le Français Bruno Cotte. Elle s’est
rendue à Zumbe, Bogoro, Kambutso et à Aveba, villages situés au sud de Bunia. La
mission a eu pour objectif de permettre à la délégation de bien voir les endroits où se
sont commis les faits et de mieux comprendre ce que disent certains témoins. « Dans
certains cas, [il s'agit] de nous rendre compte que ce qu’ils [les témoins à charge] nous
ont dit ne sont peut-être pas tout à fait possibles compte tenu de ce que nous avons pu
voir sur place. C’est une vision personnelle à chacun d’entre nous que nous sommes
venus chercher et que nous avons trouvé parce que nous avons été bien accueillis », a
expliqué Bruno Cotte, persuadé que la mission de la CPI a obtenu gain de cause.
Mathieu Ngudjolo est incarcéré à la CPI depuis février 2008 aux côtés de Germain
Katanga. Ils sont poursuivis pour enrôlement des enfants soldats, meurtres, pillages,
viols et esclavage sexuel, des exactions qualifiées des crimes contre l’humanité qui
auraient été commises lors du massacre de Bogoro, en Ituri, le 24 février 2003.
Ouvert le 24 novembre 2009, leur procès, le deuxième de la CPI, devrait prendre fin au
début de 2012, après l’audition des plaidoiries finales des victimes et de la défense.
Mathieu Ngudjolo Chui et Germain Katanga sont deux anciens seigneurs de guerre à la
tête des milices qui se sont illustrées en 2003 dans plusieurs exactions qualifiées des
crimes contre l’humanité et des crimes de guerre.
Lorsque la CPI dresse un mandat d’arrêt contre lui en 2007, Mathieu Ngundjolo se trouve
alors au centre de formation militaire de Kinshasa. Transféré au siège de la cour à la
Haye aux Pays-Bas, il y trouve Germain Katanga. Les deux miliciens congolais partagent
depuis deux ans leur quotidien en prison. Le procureur accuse les deux anciens miliciens
d’avoir conspiré ensemble et planifié de concert l’attaque de Bogoro. Accusations que
tous deux nient ».
Radio Okapi et Afrique en Ligne rapportent d’autre part, toujours à propos de la CPI,
que le procès de Jean-Pierre Bemba a de nouveau été reporté, ce lundi 23 janvier, et
devrait reprendre le jeudi 26 janvier avec l’audition du 37è témoin, appelé par
l’accusation depuis l’ouverture du procès, il y a plus d’un an. Suspendu le 10 décembre
dernier, en raison des vacances judiciaires, le procès aurait dû reprendre le 9 janvier.
Mais il a été reporté à plusieurs reprises, en raison des difficultés, pour le procureur, à
faire venir les témoins à la barre.
Depuis l’ouverture du procès, en novembre 2010, le procureur a pu conduire à la barre
36 témoins contre le sénateur congolais, poursuivi pour crimes contre l’humanité et
crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003. Pour boucler la présentation
de ses preuves au mois de février avant de laisser la parole aux victimes et à la défense,
le procureur souhaite appeler encore quatre témoins, considérés comme des «insiders »,
c’est-à-dire d’anciens alliés de Jean-Pierre Bemba à l’époque du crime reproché. Or ces
témoins, dont les noms sont confidentiels, refuseraient de se présenter devant les juges.
La Cour dispose de très peu de moyens de contrainte pour faire venir les témoins. Mais
les difficultés du procureur à obtenir leur venue à la barre a, pour l’instant, conduit le
procès dans l’impasse. Leur statut d’insider en fait des témoins clés pour le procureur. Il
est cependant difficile aujourd’hui d’évaluer si leur absence pèsera sur le résultat final de
l’affaire, ont indiqué des observateurs à la Haye.
L’essentiel du procès du sénateur congolais s’est déroulé à huis clos et la majorité de
témoins a déposé sous pseudonyme, le procureur a également fait appel à plusieurs
experts, 21 victimes et les membres du MLC ainsi que les soldats centrafricains alliés au
MLC lors du combat.
Les avocats du sénateur congolais estiment que leur client n’a aucune responsabilité dans
les meurtres, viols et pillages commis en République Centrafrique aussi longtemps que
ses soldats avaient appelés en renfort par le président d’alors Ange-Félix Patassé. Pour
les avocats de la défense, c’est cet ancien président de la RCA et non Bemba qui
contrôlait les miliciens venus renforcer l’armée régulière. Selon l’accusation et plusieurs
témoins, JP. Bemba était en contact constant avec ses troupes et il avait effectué
plusieurs visites sur le terrain.
© CongoForum, le mardi 24 janvier 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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