28/01/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI

28 janvier 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

La Commission électorale nationale indépendante, CENI, a publié hier les résultats des
législatives de 156 circonscriptions électorales pour 432 députés. Excepté ceux de sept
circonscriptions électorales annulés pour causes de violence et irrégularités avérées : Kiri
(Bandundu), Ikela (Equateur), Punia (Maniema), Masisi (Nord-Kivu), Nkole et Lomela
(Kasaï Oriental) et Demba (Kasaï Occidental). Ces résultats partiels des législatives 2011
continuent de focaliser l’attention des journaux parus à Kinshasa ce week-end.

Processus électoral
Sur 169 circonscriptions électorales que compte la Rd Congo, 163 seulement ont
fonctionnés. Dans ces 163 circonscriptions, 156 ont connu un déroulement normal, dans
des conditions régulières et 7 ont été notoirement affectées par des actes de violence.
Enfin, restent à terminer les dépouillements de Kin I, III et IV. Tous les résultats des
législatives de 2011 n’ont pas pu être apprêtés comme prévu le jeudi 26 janvier, mais la
CENI aurait exaspéré tout le monde si elle avait osé repousser encore la publication de la
liste des élus dont la compilation des résultats était terminée à cette date. Ces résultats
sont donc incomplets à tous les points de vue !
Cela n’empêche pas L’Avenir de nous dire que « La CENI a tenu parole même si la
totalité des élus n’a pas été publiée à la date annoncée du 26 janvier ». A part ce titre
paradoxal, il contient des indications utiles sur le travail qui a pris tant de temps. « Le
travail a consisté à vérifier la cohérence des données centralisées à celles contenues dans
les procès-verbaux. Pour y arriver, la CENI a dû introduire certains changements dans les
équipes de travail en relevant de leurs fonctions les agents qui s’étaient compromis, la
remise à la justice d’une trentaine d’agents surpris la main dans le sac et dont certains
ont été condamnés, l’utilisation des plis comparés à ceux déjà ouverts, vérification pour
se rendre compte que les résultats ont été affichés et les procès-verbaux signés.
Dans son discours devant la presse, le président de la CENI a indiqué que son bureau
s’est déployé dans toutes les provinces pour contrôler les opérations en tenant compte
des réclamations. C’est ainsi qu’il a été procédé au recomptage des voix. Et les résultats
qui ont été rendus public tiennent compte des résultats après examen des contestations.
Toutefois, la CENI demande à ceux des candidats qui ont de contestations à s’adresser à
la Cour suprême de justice, tout en indiquant qu’elle reste au service de tous les
candidats qui auraient quelques préoccupations à lui soumettre ».

D’autres précisions concernent la violence électorale.
« Dans les circonscriptions d’Ikela dans la province de l’Equateur, Puna dans le Maniema,
Masisi au Nord-Kivu, Kole et Lomela au Kasaï-Oriental et Demba au Kasaï-Occidental, il a
été constaté que des violences et troubles ont entaché le déroulement du scrutin. De
même que tous les résultats de ces circonscriptions concernées. C’est ainsi que la CENI
se réserve le droit d’annoncer les résultats de ces circonscriptions et sollicite de la Cour
suprême de justice faisant office de la Cour constitutionnelle la réorganisation de
nouvelles élections législatives.
De même en ce qui concerne les candidats Ngandu, BiayiMutoke, Sessanga,
BeyawaKabenga, Bamani Séverin, Likinda, GapeMonoko, Bosekota, BaendeJean-Clause,
Kanobo, Mulamba et autres qui se sont distingués par plusieurs actes de violence
(pillages, menaces, passage à tabac des agents CENI, etc.), la CENI se réserve le droit
de les proclamer élus et s’en remet à la Cour suprême de justice.
Mais pour les circonscriptions de Kongolo, Popo Kabaka, Rutshuru et Mbuji-Mayi, la
publication interviendront après vérification. De même pour les circonscriptions de
Kinshasa I, III et IV où les opérations de vérification continuent. Ainsi, le premier
Rapporteur adjoint de la CENI a été désigné séance-tenante, pour présider les opérations
de vérification des résultats à Kongolo dans le Katanga, Popo Kabaka dans le Bandundu
et Rutshuru dans le Nord-Kivu ».
(La CENI annule donc pour causes de violence et irrégularités avérées les scrutins de Kiri
(Bandundu), Ikela (Equateur), Punia (Maniema), Masisi (Nord-Kivu), Nkole et Lomela
(Kasaï Oriental) et Demba (Kasaï Occidental).
Fort bien !
Mais – une fois de plus – comment nous expliquera-t-on de manière raisonnable et
crédible l’attitude qui consiste à se comporter comme si présidentielle et législatives
s’étaient déroulées sur deux planètes différentes ?
Il est tout de même manifeste que si les électeurs de Kiri, Ikela , Punia , Masisi, Nkole,
Lomela et Demba n’ont pas pu s’exprimer en toute sérénité pour les législatives, ils n’ont
pas pu le faire davantage pour la présidentielle !
Mais il y a mieux : en annulant les législatives de Masisi, pour causes de violence et
irrégularités avérées, la CENI confirme la teneur du rapport de l’ONU sur l’Est de la RDC.
Mais celui-ci est pus précis en ce qu’il indique clairement d’où venaient les pressions
violentes et où elles tendaient : il s’agissait de menaces des militaires ex-CNDP visant à
favoriser Kabila. Le rapport dénonçait de plus le fait que les officiers (dont le fameux
criminel de guerre Bosco Ntaganda) avaient été récompensés de cette attitude par des
promotions. Il suffit à la CENI de s’appuyer sur les constatations de l’ONU pour arriver à
la conclusion que la personne ayant promu ces officiers est le responsable premier des
violences et irrégularités avérées à Masisi. Devinez qui est Chef des FARDC ? NdlR)
Contentieux
« Près de 3 000 recours attendus à la CSJ », rapporte Le Potentiel qui consacre sa
manchette à la publication partielle des résultats provisoires des législatives. La tâche
s’annonce aussi laborieuse que lors de l’étape de la compilation des résultats au niveau
de la CENI. Selon les premières estimations, s’il faut aujourd’hui prendre une moyenne
de 60 recours par siège sur les 500, la Cour suprême de justice devrait s’attendre à
examiner environ 3.000 recours.
Et cela pendant les deux mois lui impartis. En plus de ces recours, la CENI a déjà
demandé à la Cour suprême de justice d’annuler les résultats des circonscriptions
électorales à problèmes.
Le Potentiel publie également une dépêche de Belga sur les élections congolaises. En
effet, sous le titre : « Elio Di Rupo s’oppose au recomptage mais espère un résultat
« crédible », il est rapporté qu’interrogé pour savoir s’il allait lui aussi jusqu’à préconiser
un recomptage des voix, le Premier ministre belge n’est pas allé aussi loin, précisant
« qu’il y avait plusieurs points de vue ». « Ce qui est fondamental, c’est que le travail
(mené par les autorités congolaises), soit jugé de qualité », a-t-il insisté. Tel n’est pas le
point de vue du sénateur Philippe Moureaux (PS) qui a suggéré vendredi un recomptage
des voix exprimées lors des élections présidentielle et législatives du 28 novembre
dernier en RDC pour lever les suspicions qui pèsent sur les résultats de ce double scrutin,
voire l’organisation de nouvelles élections.
Résultats
La Référence+ signale à propos de la publication partielle des résultats des législatives
qu’à ce niveau de compilation, seules une quarantaine de femmes (44) sont élues sur les
432 députés déjà connus. Il est clair que la parité souffrira encore et que le minimun de
30% d’une représentation nationale féminine ne sera pas atteint.
On note la montée en flèche du PPRD, de l’UDPS, du MSR, de l’UNC, du MLC, de l’AFDC,
qui n’ont pas manqué de récolter des voix un peu partout.
A en croire Le Points saillants, « la jeunesse de Bagata dénonce haut et fort les
interférences d’Adolphe Muzito ». Ce dernier est accusé de recourir à des manoeuvres
dilatoires pour chercher à truquer, à modifier les résultats des urnes afin d’arracher les
sièges au profit d’un ou de deux candidats de son obédience (le Palu) et cela par souci de
son repositionnement.
La RDC dans les documents et la presse internatinaux de cette semaine

RDC : Quitte ou double pour Tshisekedi
(Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 21 01 12)
Où va Etienne Tshisekedi ? Après une longue période de silence, l’opposant congolais
s’est exprimé vendredi. Le leader de l’opposition a annoncé vouloir former son propre
gouvernement et a décidé « d’annuler les élections législatives ». Etienne Tshisekedi a
rejeté la réélection de Joseph Kabila en dénonçant une fraude massive et revendique la
victoire à la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC). Une situation
très inconfortable pour le patron de l’UDPS, qui peine à trouver une stratégie efficace.
La bataille pour la présidentielle est-elle terminée pour l’opposant congolais Etienne
Tshisekedi ? Battu « officiellement » par Joseph Kabila, mais sûr de sa « victoire », Etienne
Tshisekedi s’est autoproclamé « président élu » de la République démocratique du Congo
(RDC). L’opposition estime que la réélection de Joseph Kabila est très contestable et
entachée de multiples irrégularités. Mais la Commission électorale et la Cour suprême de
justice congolaise (toutes deux proches du pouvoir) ont validé le scrutin et la
communauté internationale, pourtant très critique, à laisser faire.
Etienne Tshisekedi se trouve donc dans une situation délicate. Depuis son
autoproclamation, Tshisekedi est plus isolé que jamais : la rue congolaise n’a pas suivi
(pas de printemps congolais) et la communauté internationale semble se satisfaire de la
réélection (certes contestable) de Joseph Kabila. Après une longue période de réflexion,
de consultation… et de silence, le leader de l’UDPS a donné une conférence de presse ce
vendredi. Une conférence devant très peu de journalistes, puisque le quartier de Limete
où réside Tshisekedi est bouclé depuis plusieurs semaines par la police congolaise. Le
moins que l’on puisse dire, c’est que pro et anti-Tshisekedi n’ont pas été déçus pour le
programme du « Sphinx de Limete ».
Fidèle à son caractère, « intraitable », « irréductible » et « jusqu’au boutiste », nous avons
assisté à du Tshisekedi « pur jus »… toujours entre le génial et le pathétique. Dans son
discours, Tshisekedi persiste et signe. Le leader de l’opposition s’estime toujours le
« président élu » de la dernière présidentielle et compte se rendre prochainement au Palais
de la Nation afin de former son propre gouvernement. Le « président » Tshisekedi a
également décidé « d’annuler les élections législatives », dont on attend toujours les
résultats. Le patron de l’UDPS a annoncé l’organisation d’un nouveau recensement de la
population (dès le mois de février) et la tenue de nouvelles élections législatives et
locales rapidement. Quant à une future participation à une quelconque table ronde avec
le président Kabila ? Il n’en est pas question.
Une fois son programme annoncé… que peut-il se passer ? Rien sans doute. Quelques
jours après les résultats de la présidentielle, Etienne Tshisekedi avait déjà appelé l’armée
et la machine étatique de lui faire allégeance… dans l’indifférence générale. Il avait
ensuite appelé la rue à le soutenir… sans plus de résultat. Autant dire qu’avec ses
annonces de vendredi, Tshisekedi semble abattre ses dernières cartes.
Dans son propre camp, on hésite entre deux sentiments. La tendance « optimiste » estime
qu’il faut aller au bout et qu’il se passera bien « quelque chose ». Une autre tendance
considère que « c’est mort »… et pense déjà à 2016, date des prochaines élections.

Quelques éléments de réponse à une poignée d’”indignés” congolais.
(Colette Braeckman, le 23 01 2012)
(Le texte qui suit est la réponse de CB à la lettre qui a été diffusée, soit sous le titre
« Lettre d’indignation » (notamment sur CongoForum), soit sous celui, plus pittoresque
de « Colette Braeckman se fait remonter les bretelles… »)
“J’ai bien reçu votre lettre exprimant vos sentiments d’ « indignation » à la suite de mes
articles et j’ai eu l’occasion de voir la large diffusion de votre prose sur Internet. Je salue
aussi les diverses ONG et le sites qui relaient votre point de vue avec obligeance.
Quelques points ont retenu mon attention et je me permets de vous les communiquer.
1. Ayant suivi les derniers jours de la campagne électorale et le déroulement des
élections à Kinshasa, j’ai pu constater, de visu, le climat de violence et de méfiance qui a
marqué le dernier jour de cette campagne et le déroulement du scrutin. J’ai constaté le
déployement des forces de sécurité, les provocations auxquelles elles ont été confrontées
et les réponses, parfois violentes, qu’elles ont apporté. J’ai relevé aussi la dignité et le
sérieux de la plupart des électeurs, la vigilance des observateurs, la bonne volonté de la
plupart des responsables des bureaux de vote qui ont tenté de trouver des solutions aux
nombreux problèmes qui se posaient. J’ai observé la réalité d’un « vote sanction », le
désir de voir les conditions sociales s’améliorer au plus tôt et la critique généralisée d’une
certaine corruption du système. Partout ces aspirations ont été exprimées de vive voix et
elles se sont traduites dans les votes enregistrés dans la capitale.
2. N’ayant pas suivi les élections à l’intérieur du pays, je n’ai pu, pour me faire une idée
d’ensemble, que m’en remettre aux conclusions des principales missions d’observation :
les Africains, les Européens, la Commission Carter. Si les observateurs africains n’ont
pas critiqué le déroulement du scrutin, en revanche les missions « occidentales » ont
relevé des cas de fraude, d’irrégularités. En outre, de nombreux témoignages,
confirmant des scènes que j’avais pu observer moi-même dans la capitale, ont fait état
d’actes de violence et d’intimidation commis par les partisans de M. Tshisekedi durant les
opérations de vote. Cela aussi fait partie des « irrégularités » et certains résultats
enregistrés dans le Kasaï sont au moins aussi surprenants que des scores obtenus dans
le Katanga.
Cependant, aucune de ces missions d’observation n’a remis en cause « l’ordre d’arrivée
des candidats », ce qui signifie que M. Kabila aurait obtenu davantage de votes que son
challenger immédiat M. Tshisekedi. Cela fait de lui, arithmétiquement, le vainqueur des
élections présidentielles. Seul Mgr Monsengwo a remis ce fait en cause, mais les chiffres
qu’il avançait ont par la suite été démentis. Dans d’autres pays, le vaincu félicite le
vainqueur et se prépare pour l’échéance suivante. Tel n’est pas le cas au Congo…
3. Au vu des résultats obtenus par tous les candidats de l’opposition, je persiste à
penser que si trois d’entre eux avaient réussi à s’entendre et à présenter un front uni, un
programme commun et une répartition équilibrée des postes, ils auraient eu une chance
de l’emporter. Comme ce ne fut pas le cas, à qui faut-il imputer les conséquences de ce
manque d’unité ? Malgré le coup de force qu’a représenté le changement de la
Constitution, où le scrutin à deux tours a été représenté par un vote à un tour,
l’opposition gardait une chance de modifier la donne, à condition de le vouloir vraiment et
de mettre en place une stratégie adéquate.
4. Relatant la conférence de presse de M. Felix Tshisekedi (où les journalistes
professionnels étaient en nette minorité par rapport aux militants et où la prise de parole
commença avec un retard de 45 minutes) j’ai jugé utile de rappeler, outre l’essentiel de
ses propos, qu’il était le fils de son père. Reprenant une pratique éprouvée en la
matière, aurais je du mettre ce fait en doute ? Comment imaginer que cet élément
d’information rappelé aux lecteurs pouvait être considéré comme une critique ?
5. En ce qui concerne la situation dramatique de l’Est du Congo, j’en ai déjà parlé
souvent, dans des reportages, des articles, des livres et je le ferai encore. Je vous invite
vivement à vous y rendre à votre tour pour marquer sur le terrain votre solidarité avec
ces populations qui souffrent.
6. Je vous remercie pour l’attention avec laquelle vous lisez mes articles, pour le ton
correct de votre mise au point, dont pour une fois les injures sont absentes, et je vous
assure de tout l’intérêt que je porte au débat démocratique au Congo et plus largement,
au développement de ce pays qui m’est cher, à moi aussi.
Je vous confirme aussi mon intention de continuer à écrire librement sur des sujets
d’actualité congolaise en dépit des menaces éventuelles, des intimidations et des procès
d’intention, qu’elle qu’en soit la provenance.
Bruxelles, le 23 janvier 2012.

ELIO DI RUPO: LA RECTITUDE, LA DROITURE ET L’HONNETETE DES RESULTATS,
GAGE DU FUTUR CONGOLAIS.
(Cheik Fita, Mardi 24 janvier 2012)
Dimanche 22 janvier 2012 l’émission « Internationales » sur TV5 Monde et sur les
antennes de RFI, a accueilli monsieur Elio Di Rupo, Premier Ministre belge. Durant
quarante-cinq minutes, les journalistes Xavier Lambrechts (TV5MONDE), Bruno Daroux
(RFI) et Jean-Pierre Stroobants (Le Monde) ont fait le tour de la politique belge avec leur
invité: la crise de la zone euro et l’avenir de l’Union européenne, la politique intérieure
belge, la politique internationale et … Les dernières élections chahutées de la RD Congo.
En ce qui concerne les élections congolaises, le Premier Ministre belge a tenu à souligner
d’entrée de jeu que par la bouche de son ministre des affaires étrangères, monsieur
Didier Reynders, la Belgique avait condamné les irrégularités.
À la prestation de serment de monsieur Kabila, seuls les ambassadeurs avaient
représenté la communauté internationale.
Dans tous les cas, la Belgique n’était pas arbitre des élections congolaises.
Néanmoins, la RD Congo était un pays important avec ses 70.000.000 d’habitants et qu’il
avait malheureusement de grandes difficultés.
Et de poursuivre: la rectitude, la droiture et l’honnêteté dans les résultats sont la seule
garantie pour le futur congolais.
Les Congolais devraient en prendre conscience.
Pour l’avenir proche, la Belgique était en attente des résultats des législatives, quoique
les informations actuelles à ce propos n’étaient pas bonnes.
En conclusion, monsieur Di Rupo dira: « Ce que la Belgique veut, c’est qu’il y ait pour
le peuple congolais un chemin de paix, de stabilité et de prospérité .

La crise politique persiste après 2 mois de l’élections présidentielle et législative
(XinHua / Casafree –Maroc – le 25 01 12 )
La crise politique monte d’un écran en République Démocratique du Congo (RDC) après
la tenue de l’élection présidentielle et législative de 28 novembre 2011, exacerbée par la
réélection du président Joseph Kabila et contesté par l’opposant Etienne Tshisekedi
autoproclamé « président élu », a observé Xinhua.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait proclamé vendredi 9
décembre 2011 Joseph Kabila vainqueur de cette élection avec 48% des voix suivi de
l’opposant Etienne Tshisekedi 33%, résultats confirmés par la Cour Suprême de Justice
(CSJ) après l’introduction d’une requête de Vital Kamerhe candidat malheureux à la
présidentielle venu en troisième position avec 7% demandant l’annulation de la victoire
de Joseph Kabila à cause de la tricherie.
L’élection présidentielle et législative « marquées par des fraudes et beaucoup
d’irrégularités », selon les missions d’ observation diplomatiques notamment la mission
d’observation de l’Union Européenne et le Centre CARTER ainsi que l’Eglise catholique.
« Ces fraudes organisées par le pouvoir de Kabila ont poussées Tshisekedi à
s’autoproclamer et à prêter serment comme président élu de la RDC étant donné que
nous avons des procès-verbaux qui prouvent à suffisance que c’est notre candidat qui a
gagné ces élections », a déclaré Jacquemin Shabani, secrétaire général de l’ Union pour
la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti de Tshisekedi.
Pour sa part Lambert Mende ministre de communication et médias explique que « l’auto
proclamation de l’opposant Tshisekedi est un non événement : il y a qu’un seul président
proclamé par la CENI et la CSJ » .
Les évêques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO)
réagissant dans leur mission prophétique ont estimé que « le processus électorale a été
entaché de graves irrégularités qui remettent en question la crédibilité des résultats
publiés ».
Ils recommandent par ailleurs à la CSJ de dire le droit en conscience et en toute
indépendance dans le traitement des contentieux électoraux et la CENI d’avoir le courage
de se remettre en question, de corriger impérativement les graves erreurs fustigées qui
ont entamé la confiance de la population en cette institution , sinon de démissionner.
Deux serments ont été prêtés par deux présidents en RD Congo, le 20 décembre 2011
Joseph Kabila a été investit par la CSJ et vendredi 23 décembre 2011 Etienne Thisekedi
avait prêté serment dans sa résidence devant ses militants et quelques responsables de
l’opposition.
Depuis les prestation de serment du président autoproclamé, Etienne Tshisekedi reste en
résidence surveillée non déclarée. Malgré sa résidence surveillé, l’opposant Tshisekedi a
annoncé vendredi 20 janvier 2012 la formation de son gouvernement dans cette
semaine, il a aussi annulé l’élection législative dont les résultats ne sont pas encore
connus et l’organisation d’un recensement populaire d’ici le mois de février. Par ailleurs,
certains observateurs de la politique nationale congolaise ne cessent de s’interroger à
travers les médias locaux sur cette escalade de la crise politique qui risque a déjà de
créer des clivages politiques au sein de la population, soulignant qu’ils ne veulent pas
que la RDC puisse connaître la situation de la Côte d’Ivoire.

Le feu de la contestation des législatives s’étend
(Le blog de Colette Braeckman, le 25 01 12)
Au départ, le feu était circonscrit à la violente contestation de l’élection présidentielle par
les partisans d’Etienne Tshisekedi. Deux mois après le scrutin du 29 novembre, les
résultats des élections législatives ressemblent à des flammèches qui embrasent tout le
pays ! Contestée de tous côtés, la Commission électorale, dont certains membres
seraient prêts à jeter le gant, a annoncé un report « sine die » de la publication des
résultats définitifs, afin, a déclaré son vice président Jacques N’Djoli, de « pouvoir gérer
en toute impartialité les recours et réclamations ». Il a rappelé qu’à Kinshasa, où près de
5500 candidats se sont présentés pour 51 sièges, plus de 70% des votes avaient été
compilés et qu’en province le travail était pratiquement terminé. C’est précisément là
que le bât blesse : au vu des résultats définitifs, les protestations fusent de toutes parts,
y compris dans les rangs de la majorité. En effet, nombreux sont les candidats qui, au vu
des procès verbaux affichés sur les bureaux de vote le soir même des élections et
contresignés par tous les témoins, avaient crié victoire. Or, une fois passés par les
centres de compilation, il apparaît souvent que les résultats définitifs ne correspondent
pas aux premières indications. Et pour cause : les observateurs européens avaient déjà
souligné qu’avant de publier les résultats finaux, les centres de compilation les
soumettaient à Kinshasa. Comme si un « deuxième tour dans l’ombre » avait bousculé
les cartes ! Dix huit mille candidats s’étant présentés pour 500 sièges à pourvoir, les
contestataires sont innombrables, y compris au sein de la majorité présidentielle où sont
dénoncées les pressions exercées sur la Ceni pour qu’elle bouscule les cartes.
Au sein de l’opposition, le malaise n’est pas moindre : alors que le parti de Tshisekedi
compte plusieurs dizaines d’élus, très désireux de siéger à l’Assemblée, le « lider
maximo » risque de torpiller leurs ambitions. Prenant la parole vendredi dernier dans sa
maison de Limete où il est toujours confiné, entouré de forces de police, Etienne
Tshisekedi a considéré comme « nulles » les élections législatives et prévu un
recensement général avant les élections régionales et locales. Comment les élus de
l’opposition pourraient ils siéger dans une Assemblée récusée par leur chef ?
Pour endiguer la crise, trois candidats battue à la présidentielle dont le président du
Sénat Kengo wa Dondo, ont préconisé une table ronde au sujet de la validation ou non
des législatives, d’un nouveau calendrier électoral et de la réorganisation de la Ceni. Si
officiellement, le pouvoir n’est pas chaud, demain peut-être c’est tout le pays qui brûlera,
les flammes étant attisées par plus de 17.000 mécontents criant à la fraude pour la seule
raison qu’ils n’ont pas été élus…..

RDC : chez Étienne Tshisekedi, dans l’antre du Sphinx
(Tshitenge Lubabu M.K., envoyé spécial – Jeune Afrique – 26/01/2012)
Depuis qu’il a « prêté serment », le 23 décembre, Etienne Tshisekedi se tait. Dans le
quartier de Limete, où il vit retranché, le vieil opposant reçoit, consulte, mais ne
s’exprime pas. Question de stratégie pour celui qui s’est proclamé président à l’issue de
l’élection du 28 novembre. Rencontre.
Avenue des Pétunias, quartier de Limete, à Kinshasa, RDC. C’est là qu’habite Étienne
Tshisekedi, leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Là aussi que
le vieil opposant (79 ans) s’est proclamé « président élu », le 9 décembre, et qu’il a
« prêté serment », le 23. Quelques maisons avec jardins, des arbres sur le bord des
routes et une succession de dos d’âne et de nids-de-poule. À quelques mètres de là, un
pick-up de la légion nationale d’intervention, une unité de la police, monte la garde. Des
policiers armés sont assis sous un arbre… Il faut présenter une pièce d’identité pour aller
plus loin.
La résidence d’Étienne Tshisekedi n’a rien d’un palais. Des murs blancs surmontés de
barbelés, un grand portail noir et une trentaine de militants venus soutenir leur
champion… C’est « une zone où aucun soldat, aucun policier n’a le droit de
s’aventurer », explique un habitué des lieux. À l’entrée, un grand poster annonce « S.E.
Étienne Tshisekedi wa Mulumba Président ». Dans la cour, des collaborateurs s’affairent.
Deux 4×4, un Land Cruiser Prado et un Nissan. Il faut contourner la villa pour trouver
Tshisekedi. Vêtu d’une chemisette beige et d’un pantalon marron clair, sandales aux
pieds, il s’entretient avec des visiteurs. Sa femme, Marthe, est à côté de lui. Sur une
table basse trône un petit transistor. Aucune garde pour assurer la sécurité ou protéger
le leader de l’UDPS. On lui donne du monsieur le président, mais sans solennité…
L’ambiance est décontractée.
Depuis qu’il a contesté les résultats officiels de l’élection du 28 novembre (qui lui
donnaient 32,3 % des suffrages, contre 48,9 % pour le président sortant, Joseph Kabila),
le Sphinx de Limete est devenu avare de sa parole. Il n’accorde plus d’interviews à la
presse et évoque « des raisons stratégiques ». Tout juste accepte-t-il de dire ce qu’il lit
en ce moment (un ouvrage sur l’Université Lovanium, dans laquelle il a été étudiant) et
de raconter qu’il écoute chaque jour Radio France Internationale (« et Radio Okapi »,
selon un membre de sa famille). Inutile d’insister pour aborder d’autres thèmes. Pourquoi
ce mutisme ? « Il ne parlera pas avant que la communauté internationale, dont les
représentants continuent d’arriver à Kinshasa, ne se prononce sur les dernières
élections », explique Joseph Olenghankoy, dirigeant des Forces novatrices pour l’union et
la solidarité (Fonus, opposition), qui le fréquente.

Exercice du pouvoir
Tshisekedi a déjà reçu la visite des ambassadeurs des États-Unis et de Grande-Bretagne
en poste à Kinshasa. Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, Jacob Zuma, le
président sud-africain, Jean Ping, le président de la Commission de l’Union africaine (UA),
et Johnny Carson, sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines, l’ont
tous appelé – la plupart pour lui demander de ne pas faire descendre les Congolais dans
la rue. Jacob Zuma, lui, a insisté sur les actions violentes menées en Afrique du Sud par
des Congolais se réclamant du chef de l’UDPS.
Au quotidien, Tshisekedi a un emploi du temps précis. Le matin, il travaille dans son
bureau et lit les rapports et les dossiers que lui ont préparés ses collaborateurs. « Cela
porte sur le recouvrement de l’exercice du pouvoir, confie son conseiller politique,
Valentin Mubake. Autrement dit, la maîtrise de l’armée, de la police et des forces de
sécurité. Il est également question de notre programme de gouvernement et du
fonctionnement des institutions issues des élections, et de l’insécurité que le pouvoir est
en train de créer à travers le pays. » En fin de journée, Tshisekedi reçoit. Autour de lui :
Valentin Mubake, mais aussi Albert Moleka, son directeur de cabinet, Jacquemin Shabani,
le secrétaire général de l’UDPS, l’ancien occupant de ce même poste, Alexis Mutanda,
Samy Badibanga, son conseiller spécial, et, bien sûr, son fils, Félix Tshisekedi. Autres
personnes influentes, sa femme et Marcel Mbayo, un ami de longue date.
Ambiguës
À Limete, la logique de l’affrontement n’est pas à l’ordre du jour. Il n’est pas non plus
question de former un gouvernement ou de nommer des ambassadeurs. « La priorité
reste le rétablissement de la vérité des urnes, martèle Albert Moleka. Étienne Tshisekedi
ne demande pas qu’on le soutienne, lui ou son parti, mais que l’on soutienne le peuple
congolais qui a clairement exprimé sa volonté de changement. »
Du côté des autres formations politiques de l’opposition, surtout celles qui ont soutenu
Tshisekedi dès le départ, le ton reste ferme. Pour Diomi Ndongala, président de
Démocratie chrétienne (DC), « Tshisekedi s’est fixé un timing. Il attend, prend tout le
monde à témoin, avant d’envisager des solutions personnelles ». Au risque, peut-être, de
se faire oublier. À moins qu’il attende les résultats des élections législatives, organisées
le même jour que la présidentielle, et un rééquilibrage politique ? « Non, réplique-t-on
dans son entourage. Les résultats des législatives seront encore pires, et on peut déjà
dire qu’ils ne compteront pas. » Désormais sous la surveillance de la police à Limete,
Tshisekedi n’a pas de contacts avec Vital Kamerhe, bien que celui-ci l’ait reconnu comme
vainqueur du scrutin. Encore moins avec Kengo wa Dondo, le président du Sénat, qui
était également candidat le 28 novembre, et dont les prises de position lui ont semblé
plus qu’ambiguës. À Kinshasa, certains reprochent à Kengo d’avoir félicité Joseph Kabila
pour sa réélection et le soupçonnent de négocier un rapprochement avec le chef de l’État.
Mais les proches de Tshisekedi sont convaincus d’une chose : il récupérera sa
« victoire ».

Les errements du procès Bemba
(Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 26 janvier 2012)
Le procès de l’ancien vice-président de République démocratique du Congo (RDC), Jean-
Pierre Bemba suscite toujours des controverses. L’enquête de la Cour pénale
internationale (CPI) piétine et le procureur peine à rassembler les preuves. Les
défenseurs du sénateur congolais dénoncent un montage judiciaire destinée à écarter
leur client du jeu politique. Le procès tourne en rond et le dossier paraît mal ficelé. Très
critiquée en Afrique, la CPI engage sa crédibilité dans l’affaire Bemba.
Après de nombreux reports, le procès de Jean-Pierre Bemba devrait reprendre le 26
janvier 2012. Jean-Pierre Bemba est poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes
de guerre commis par ses troupes du MLC en Centrafrique en 2002 et 2003. Jean-Pierre
Bemba avait alors accepté d’envoyer des soldats pour venir en aide au président
centrafricain Ange-Félix Patassé, menacé par les miliciens de François Bozizé. La CPI
accuse Bemba d’avoir commandé ses troupes à distance et même de s’être rendu sur
place, ce qui nie l’accusé. Pour Jean-Pierre Bemba, ses soldats étaient « prêtés » au
président Patassé et donc sous commandement centrafricain.
Suspendu depuis le 10 décembre dernier, le procès a été reporté plusieurs fois en raison
des difficultés rencontrés par le procureur de la CPI, à faire venir les témoins à la barre.
Une trentaine de témoins ont pourtant été auditionnés par le procureur, mais la CPI n’a
toujours pas bouclé la présentation des preuves. Le procureur Moreno Ocampo veut
encore entendre 4 témoins importants. Des témoins-clés de l’affaire, puisqu’il s’agit
d’anciens alliés de Jean-Pierre Bemba qui pourraient sans doute éclairer la Cour sur les
contacts qui pouvait avoir le leader du MLC avec ses troupes en Centrafrique. Seul
problème : ces témoins refuseraient de se rendre à la barre et la CPI ne dispose pas de
moyens suffisants pour les y contraindre. Une épreuve de plus pour le procureur de la
CPI qui essuie depuis plusieurs mois un flot de critiques.
Un procès politique ?
Depuis l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, en mai 2008, la CPI peine à convaincre dans
ce dossier. Car s’il apparaît évident que les soldats du MLC ont bien commis des atrocités
(viols, pillages, meurtres) en Centrafrique, la responsabilité de Jean-Pierre Bemba
semble moins claire. Pour les soutiens du patron du MLC, il s’agit ni plus ni moins d’un
procès politique : Jean-Pierre Bemba ayant été écarté de la scène politique congolaise
pour laissé le champ libre au président Joseph Kabila en 2011.
La défense de Jean-Pierre Bemba soulève plusieurs interrogations :
- pourquoi avoir attendu de 2003 à 2008 pour arrêter Jean-Pierre Bemba ? Candidat à
l’élection présidentielle de 2006, Jean-Pierre Bemba a pu se présenter sans être inquiété.
Et ses avocats de poser cette autre question : « Jean-Pierre Bemba aurait-il été arrêté s’il
avait été élu président de la République ?
- il y a ensuite l’absence sur le banc des accusés du principal intéressé : Ange-Félix
Patassé (décédé depuis), le président centrafricain. Patassé était sur place avec les
hommes de Bemba et l’armée centrafricaine. Les avocats de Bemba estiment que leur
client n’a aucune responsabilité dans les meurtres, les viols et les pillages commis par les
soldats du MLC en Centrafrique. Jean-Pierre Bemba déclare être resté dans son fief
congolais de Gbadolite ou en Afrique du Sud en train de négocier les accords de paix de
Sun City.
Pour bon nombre d’observateurs, les charges contre Bemba « ne tiennent pas debout » et
les nombreux reports du procès en sont la preuve. Selon la journaliste Colette
Braeckman, spécialiste de la région, « l’affaire n’est pas claire et risque de jeter le
discrédit sur la CPI qui n’est pas très objective avec Jean-Pierre Bemba ». Pour le
procureur Moreno Ocampo, le défi est de taille : éviter l’enlisement et l’impasse. Le
procès Bemba constitue un test décisif pour la future crédibilité de la Cour pénale
internationale, souvent accusée d’être partiale et de faire le jeu des puissants.

RDC : le parti du président Kabila en tête du scrutin législatif
(LEMONDE.FR avec AFP | 27.01.12)
Le parti du président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et
ses alliés devancent nettement l’opposition aux élections législatives du 28 novembre
2011, selon les résultats donnés dans la nuit de jeudi à vendredi par la Commission
électorale et portant sur près de 87 % des 500 sièges à attribuer.
Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), du président Kabila,
obtient 58 des 432 sièges pour lesquels les résultats ont été annoncés par circonscription
par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et totalisés par l’AFP. Le
PPRD avait obtenu 111 sièges lors des précédentes législatives de 2006.
En deuxième position arrive le parti de l’opposant Etienne Tshisekedi, l’Union pour la
démocratie et le progrès social (UDPS), avec 34 sièges. L’UDPS avait boycotté les
élections de 2006 et son leader a récemment considéré « comme nulles » celle de 2011. La
CENI avait déjà été critiquée après la publication en décembre des résultats de la
présidentielle – couplée aux législatives –, attribuant la victoire au sortant Joseph Kabila
mais contestés par Etienne Tshisekedi. Ce dernier, arrivé deuxième, s’est autoproclamé
« président élu » après avoir dénoncé de nombreuses irrégularités lors du scrutin,
constatées également par des missions d’observation nationale et internationale.

UNE CENTAINE DE PARTIS REPRÉSENTÉS
Parmi les partis alliés à M. Kabila, quatre se détachent et obtiennent entre une douzaine
et plus d’une vingtaine de sièges, alors que du côté de l’opposition deux partis seulement
arrivent à des résultats similaires, dont le Mouvement de libération du Congo (MLC), qui
recueille 20 sièges. Le MLC était le principal parti d’opposition à l’Assemblée en 2006,
avec 64 sièges. Une centaine de partis devraient être représentés à l’Assemblée, avec un
ou deux sièges. Sur les 432 députés donnés élus par la CENI figurent 44 femmes.
Le reste des chiffres sera livré lundi par la CENI qui a reporté à plusieurs reprises
l’annonce – initialement prévue le 13 janvier – des résultats de ce scrutin après la
multiplication des critiques sur le processus de compilation et des contestations de
candidats. La Commission électorale a annoncé avoir demandé à la cour suprême de
justice – qui proclamera les résultats définitifs d’ici deux mois après examen des
probables recours – l’annulation du scrutin dans 7 des 169 circonscriptions à cause de
violences ou incidents lors du vote, de même que des poursuites judiciaires pour une
quinzaine de candidats accusés de violences.

Et maintenant, où va le Congo ?
(Marie-France Cros – La Libre – 28.01.12)
“On espère qu’on aboutira à un résultat qui sera crédible”, a déclaré le Premier ministre
belge, Elio Di Rupo, vendredi, alors qu’avaient été publiés dans la nuit les résultats
officiels presque complets des législatives, tenues le même jour que la calamiteuse
présidentielle du 28 novembre dernier au Congo.
L’optimisme est une qualité pour un homme politique mais on voit mal comment le
souhait de M. Di Rupo pourrait se réaliser alors que les observateurs internationaux,
nationaux et la Conférence des évêques du Congo (l’Eglise disposait de 30000
observateurs) ont déjà indiqué qu’il n’en était rien. “Ce qui se passe présentement au
niveau de la compilation des résultats des élections législatives est inacceptable. C’est
une honte pour notre pays”, avaient dit les évêques du Congo le 12 janvier. Les experts
électoraux internationaux, appelés pour donner un peu de crédibilité au dépouillement,
avaient quitté Kinshasa précipitamment le 14 janvier, devant la mauvaise volonté de la
CENI (Commission électorale nationale indépendante) pour leur laisser libre accès aux
données.
Pour l’essentiel des observateurs, c’est un fait: les élections du 28 novembre au Congo
ont été maculées de tant d’irrégularités qu’elles n’ont pas de légitimité.
Le ministre belge des Affaires étrangères est le seul à soutenir qu’elles “n’ont pas changé
l’ordre d’arrivée” à la présidentielle: avec 3 millions de voix d’écart officiel entre les deux
hommes, mais 3,6 millions de doubles enregistrements d’électeurs, 1,6 million de
bulletins disparus et des transferts frauduleux de voix de Tshisekedi ou Kamerhe sur les
totaux de Kabila, il a du mal à faire partager sa position.
Le problème, aujourd’hui, ce n’est pas tant les résultats annoncés par la CENI (58 sièges
sur 432 pour le parti de Kabila, 150 avec les alliés), décrédibilisée, que de savoir où va le
Congo. Où va-t-il avec un Président considéré comme illégitime par plus de la moitié
des Congolais? Où va-t-il avec une armée qui a, ces dernières années, attaqué la
résidence Kabila à Kinshasa, perpétré deux attaques au Katanga et s’indigne de la
prépondérance de la garde présidentielle sur le reste des forces nationales? Où va-t-il
avec une population qui n’a pas confiance en ses dirigeants alors qu’elle ne mange pas,
que les prix montent et qu’il faudra dans les prochains mois rembourser les dettes
contractées pour ces élections-mascarade?
© CongoForum, le samedi 28 janvier 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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