09/02/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE JEUDI

9 février 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)
La RDC ne connaît toujours pas la vérité des urnes et ignore même si elle a toujours un
« Président ma élu », celui-ci n’ayant pas donné signe de vie depuis le 5 janvier. Il y a
cependant des journaux pour se demander, sur le mode interrogatif, si le pays est en
crise ! Les signes en ce sens sont pourtant nombreux ? Sans crise pourquoi y aurait-il
une mission de médiation Kufuor/ Moka ? Pourquoi l’embarras du choix dont sont
victimes les députés élus de l’Udps, entre l’Assemblée nationale et le mot d’ordre de
Tshisekedi ? Pourquoi la séquestration de Tshisekedi et les violences contre Shabani ? Et
l’on peut se poser les mêmes questions à propos des violences, des pillages et de
l’immunité dans l’Est.

Contentieux électoral
A Mweka (Kas. Occ.), l’on a eu une idée géniale: pour que les Congo ne soit pas en crise,
il suffit de le décréter. C’est ce qui ressrt d’un article de La Prospérité: « Annulation des
élections, Fausses manoeuvres dénoncées à Mweka ! » .
Ce quotidien constate qu’au moment où de nombreux candidats ont déposé leurs recours
àla Cour Suprême de Justice, soit pour invalidation de tel ou tel autre candidat, soit pour
annulation des résultats dans telle ou telle autre circonscription, à Mweka, dans la
province du Kasaï Occidental, les choses se passent autrement. Un Collectif de Candidats
d’au moins dix partis politiques, tant de la majorité présidentielle que de l’opposition, est
monté au créneau, pour mettre en garde quiconque, dans cette circonscription,
s’évertuerait à percevoir des fonds dans le but d’introduire des requêtes fantaisistes en
annulation des élections. Pour ce collectif, note le quotidien, les élections se sont
déroulées dans des conditions acceptables comme il ressort des différents rapports de la
Monusco, du Centre Carter, des observateurs et de la Police nationale congolaise.
Médiation Kufuor/Moka
« Négociations politiques : J. Kufuor et JP Moka médiateurs jeudi 9 février 2012 », titre
L’Avenir, pour lequel la médiation de l’ancien président ghanéen John Kufuor,
accompagné du révérend Jean-Pierre Moka, candidat invalidé à la présidentielle de
novembre dernier, est annoncée pour mars prochain afin de trouver des solutions aux
« graves insuffisances du processus électoral en cours » en Rdc.
La première rencontre de médiation avec toutes les parties congolaises se tiendra du 22
au 27 mars dans la capitale belge, en présence de 7 membres issus de la majorité, 7 de
l’opposition et 7 de la société civile. La 2ème rencontre, quant à elle, aura lieu à Accra,
avant la grand-messe dans la capitale congolaise.
Le Potentiel s’interroge ce matin: crise ou pas crise politique ?
Les réponses varient selon que l’on se trouve de tel ou tel autre côté de la barrière. Mais
entre-temps, des voix s’élèvent pour inviter les Congolais à continuer à se parler. C’est
sur ces entrefaites que le quotidien signale la mise en place d’un duo médiateur : celui du
Ghanéen John Kufuor et du Congolais Jean-Paul Moka. Une première rencontre entre
Congolais pourrait avoir lieu au mois de mars à Bruxelles. Pourquoi, pour quels objectifs
et avec la bénédiction de qui et de quelles organisations ? Interrogation pertinente,
poursuit Le Potentiel qui souligne qu’il est important de quitter les sentiers battus pour
éviter de tirer le peuple congolais par le bout du nez, même au nom du dialogue. « Pas
mal d’Africains ont débarqué en RDC pour enseigner la modestie, la tolérance, la
démocratie alors qu’ils ne sont pas prophètes dans leurs propres pays », estime ce
journal. L’on ne peut en aucun cas oublier que la RDC se trouve à un moment crucial et
déterminant de son histoire. Pour le confrère, il faut éviter la distraction.
La question fondamentale est celle de savoir comment accompagner le peuple congolais
dans sa volonté de conserver les attributs de l’indépendance et de la souveraineté
nationale. Ou comment faire face aux défis du développement et aux périls qui menacent
la RDC, pense ce quotidien. Si la réponse à cette question est affirmative, le dialogue
envisagé par le duo «Kufuor–Moka» devrait répondre à ces préoccupations, induit le
journal qui recommande de définir clairement les contours encore flous d’un tel dialogue
en répondant de façon précise aux interrogations soulevées ci-dessus.
Rentrée parlementaire
Dans les colonnes du même quotidien, on peut lire : « Gouvernement-Assemblée : les
indemnités de sortie des députés posent problème ».
Le Potentiel explique que les 500 députés de 2006 sont en fin de mandat et pour
l’heure, ils expriment quelques inquiétudes liées au paiement de leurs indemnités de
sortie de six (6) mois estimées globalement à au moins neuf (9) millions USD. «Le
dernier salaire devait leur être payé le 31 janvier 2012», a déclaré mercredi le député
Lutundula, révélant que «les émoluments des députés ont été réduits de moitié depuis
décembre 2011» à la suite de la «réduction du train de vie des institutions».
« Tshisekedi, Kengo, Kamerhe : le choix du chef de l’Opposition s’impose », titre aussi Le
Potentiel.
Selon lui, la rentrée politique est fixée au 16 février. Si la course à la primature est
lancée, sans oublier la constitution du gouvernement, du côté de l’Opposition c’est,
apparemment, de l’expectative. On traine les pieds. Au point où, à l’instar de la dernière
législature, l’Opposition ne disposera pas de leader.
Il sera question, poursuit le confrère, au niveau de l’Assemblée nationale, de la
désignation du « chef de file de l’Opposition ». Aux termes de la loi, ce dernier aura rang
de vice-premier ministre. Il est un fait qu’il revient à l’Opposition de tirer toutes les
conséquences qui s’imposent si elle tient à jouer efficacement son rôle de contre-pouvoir.
(Flash back explicatif : l’idée d’un statut spécifique pour une « Chef de l’Opposition »
date de 2006 et de la « sortie de scène » de JP Bemba. L’on avait alors eu un cycle
électoral complet, y compris les provinciales et les sénatoriales. L’élection des Sénateurs
avait permis de « repêcher » quelques « grosses pointures » qui n’avaient pas pris part
aux législatives, notamment Bemba. Cette fois, les candidats à la Présidentielle, qui de ce
fait n’étaient pas candidats députés, n’ont donc pas été élus, et comme les provinciales,
donc aussi les sénatoriales sont encore à venir, ils n’ont pu être « repêchés ». Si Kengo
garde son titre de Sénateur, Tshisekedi et Kamerhe restent des citoyens ordinaires.
NdlR)
Opposition
« Après la mise en résidence surveillée de Tshisekedi : le secrétaire général de l’Udps
refoulé de l’aéroport de Ndjili », titre Le Phare.
Il souligne qu’invité par le parlement allemand pour aller y donner le message du leader
de l’Udps, Jacquemain Shabani a été interpellé le mardi 8 février dernier par les services
spéciaux basés à l’aéroport. Il n’a été libéré qu’un jour plus tard, renseigne le confrère.
Voici, dans les grandes lignes, comment l’incident a été relaté par AFP.
Jacquemain Shabani, numéro 2 du parti de Tshisekedi puisque secrétaire général de
l’UDPS, qui devait se rendre à Berlin via Bruxelles, a été arrêté par les services de
migration à l’aéroport de Kinshasa peu avant l’embarquement mardi soir, puis transféré à
l’Agence nationale de renseignement (ANR) dans le centre de Kinshasa. Il a subi des
violences lors de sa brève détention et a été libéré vers 02H30 (01H30 GMT) mercredi,
selon des sources tant sécuritaires que de son parti.
Il transportait un deuxième passeport autre que le sien et un tas de documents
inutilement subversifs, offensants, a déclaré à l’AFP sous couvert d’anonymat une source
proche de l’ANR, évoquant des infractions avérées. Il n’a pas déclaré un passeport qu’il
emmenait pour une tierce personne. Quant aux autres documents, il s’agit d’un rapport
interne au parti, avec photos, sur le processus électoral et notamment sur les violations
des droits humains, a indiqué à l’AFP une source à l’UDPS, qui a également requis
l’anonymat.
M. Shabani a été conduit dans les locaux de l’ANR où il a été dénudé, cagoulé et
sauvagement torturé par des personnes cagoulées. Il sera par la suite relâché par le
patron de l’ANR en personne, a affirmé dans une déclaration à la presse Raymond
Kahungu Mbemba, secrétaire général adjoint du parti, après avoir recueilli le témoignage
de M. Shabani.
Ce dernier a été emmené par ses proches dans un établissement de soins pour des
examens, dont une radio, et pourrait être autorisé à rentrer d’ici jeudi, selon l’UDPS, qui
entend porter plainte, de même que la corporation des avocats, M. Shabani étant luimême
avocat.
Selon l’UDPS, à au moins une reprise des agents de l’ANR seraient intervenus pour
arrêter les violences. M. Shabani avait une main enflée et une ecchymose sur le front, a
indiqué à l’AFP une autre personne qui l’a vu.
Interrogé sur ces accusations, la source proche de l’ANR a démenti et accusé l’UDPS de
propager des balivernes et de distraire le peuple.
(Il reste évidemment des points obscurs. Shabani semble en bon état pour un homme
« sauvagement torturé ». S’il a été arrêté par l’ANR, qui le maltraitait quand «des agents
de l’ANR seraient intervenus pour arrêter les violences ». Pourquoi avoir pris le risque de
le charger de documents compromettants sous forme papier alors que l’on pouvait fort
bien envoyer ces documents en Allemagne par ordinateur ? NdlR)
« La soi-disante (sic) résidence surveillée de Tshisekedi : Lambert Mende coupe court ».
D’après un article ainsi intitulé dans Africanews, le porte-parole du gouvernement a
renseigné, au cours d’un point de presse, que les éléments de la police sont déployés
aussi bien pour protéger Etienne Tshisekedi que les habitants de Limete. (Grâce à Mende,
l’affaire est enfin claire. Si ETwM est empêché de sortir de chez lui mais n’est pas en
résidence surveillée, cela porte un nom : il est séquestré. Merci Lambert ! NdlR)
Au regard de l’important nombre des députés de l’opposition élus, écrit La Prospérité, le
Parlement aura une opposition significative. Mais « Assemblé nationale : Tshisekedi pose
problème à ses députés ». Se pose la question de savoir si cette opposition siégera ou
pas à l’hémicycle car Etienne Tshisekedi ne reconnaît pas cette nouvelle législature.
« Mlc : Jean-Lucien Busa sur une chaise éjectable ! », titre à la Une Forum des As.
Dans un mémo adressé hier au collège des fondateurs et au bureau politique, les Bangala
demandent la déchéance de l’élu de Budjala, de ses fonctions de secrétaire général du
parti bembiste.
Est
« Les Fardc chassent les rebelles rwandais et les Maï-Maï de deux sites miniers », écrit
Le Palmarès.
Sur ces sites, on produit aussi bien de l’or que de la cassitérite. Selon le journal citant le
responsable des Fardc, l’armée régulière va se retirer de ces carrés miniers une fois que
la police des mines se sera positionnée dans ces deux localités à savoir, Bisile et Omate.
L’Agence Belga annonce dans une dépêche une prise de position énergique de Didier
Reynders au sujet de l’Est du Congo.
« La Belgique souhaite l’arrestation et la comparution devant la justice internationale de
l’ex-rebelle Bosco Ntaganda, aujourd’hui général dans l’armée congolaise, a affirmé
mercredi le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, invoquant la nécessaire
lutte contre l’impunité.
La Belgique plaide pour la comparution de Bosco Ntaganda devant la Cour pénale
internationale (CPI) – que refuse le président congolais Joseph Kabila, qui estime que « la
paix et la sécurité (à l’est de la RDC) passent avant toute chose » – a affirmé M. Reynders
(MR) en commission des relations extérieures de la Chambre, en réponse à une question
de la députée Eva Brems (Groen).
« Je peux vous assurer que nous ne manquerons pas, lors des contacts officiels avec les
responsables congolais, de rappeler (le caractère) inévitable de l’arrestation de M.
Ntaganda et de son transfèrement à la Cour pénale internationale. Nous constations que
le gouvernement congolais n’a pas encore pris les mesures nécessaires de crainte que
l’arrestation gêne le désarmement des milices dans l’est et leur intégration au sein des
FARDC (les Forces armées de la RDC). Que M. Ntaganda serve certains intérêts
électoraux a sans doute aussi joué un rôle », a poursuivi le ministre.
Ntaganda, un ancien lieutenant du chef rebelle tutsi Laurent Nkunda – désormais détenu
au Rwanda, son ancien soutien, à la faveur d’un renversement d’alliance – est accusé par
la CPI de crimes de guerre qui a émis un mandat d’arrêt jamais exécuté à son encontre.
Tout en rappelant que la RDC était un pays souverain, M. Reynders a noté que Kinshasa
avait ratifié le statut de la Cour pénale internationale et avait dès lors l’obligation de lui
livrer Bosco Ntaganda.
Sa non arrestation « va à l’encontre de la lutte contre l’impunité » qui est une des priorités
de notre politique en RDC, a-t-il souligné, assurant que la question serait un élément de
discussion avec le futur gouvernement congolais (issu des élections du 28 novembre
dernier).
« Je suis convaincu que les autorités congolaises, sous la pression de la communauté
internationale, respecteront leurs engagements. Le président Kabila a la possibilité de
l’arrêter », a encore dit le ministre, estimant que cette situation (la liberté laissée à
Ntaganda) « ne va pas durer ».
Sous le coup d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI en 2006, Bosco Ntaganda, ex-chef
d’état-major de la rébellion tutsie congolaise du Congrès national pour la Défense du
Peuple (CNDP), est accusé de crimes de guerre notamment pour l’enrôlement d’enfants
en 2002-2003 en Ituri, quand il était dans la milice congolaise de l’Union des Patriotes
congolais (UPC).
Il a rallié début 2009 le camp de Kinshasa et a été intégré, avec le grade de général,
dans les Forces armées de la RDC (FARDC), comme la majorité des ex-CNDP.
Officiellement chargé de l’intégration des anciens rebelles, Ntaganda est en fait, selon
plusieurs rapports d’ONG et de l’ONU, le numéro 2 des opérations menées dans l’est
depuis mars 2009 contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de
Libération du Rwanda (FDLR) réfugiés depuis 18 ans dans l’est de la RDC. »
(Il serait intéressant de savoir comment le Ministre concilie ces déclarations avec son
assertion sur les « irrégularités qui ne changent pas les résultats de la Présidentielle »,
compte tenu du fait que Ntaganda sévit dans les régions les plus peuplées de RDC et a
dû une récente promotion au fait d’y avoir forcé les électeurs de certains bureaux à voter
Kabila, ceci non d’après des assertions de l‘Opposition, mais d’après un rapport de

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22