10/02/12 / REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI

10 février 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)
La presse congolaise de ce vendredi ressemble étrangement à celle d’hier. Les sujets
principaux qu’elle présente dans ses colonnes sont fondamentalement les mêmes. Ils ont
simplement glissé d’un journal à un autre. On parle donc à nouveau du le traitement par
la Cour suprême de Justice des innombrables dossiers des contentieux électoraux. Il y a
ensuite la question du dialogue politique proposé dans certains cercles pour trouver un
compromis pouvant vider la crise postélectorale qui prévaut dans le pays. La mission
onusienne en RDC a présenté son rapport au Conseil de sécurité sur. Enfin sont rapportés
des échos alarmants du progrès des épidémies

Elections
La RDC n’est toujours pas sortie de l’auberge s’agissant du complexe processus électoral
en cours. Aujourd’hui est le dernier jour où l’on peut valablement introduire un recours
auprès de la Cour suprême de Justice. Le développement actuel de ce processus au
niveau de la CSJ appelée à proclamer les résultats officiels des législatives est
considérable. En fait, L’on aurait déjà enregistré plus de 1000 recours alors qu’il n’y a
que 500 députés. Cela ne signifie cependant pas que tous les sièges soient contestés. La
dispute concerne environ deux tiers des sièges mais, pour ceux-là, il y a souvent
plusieurs recours différents. Autrement dit : il y a tris, voire quatre candidats qui
prétendent être le « vrai vainqueur ». Les journaux présentent l’état de l’examen que la
CSJ doit faire des contentieux électoraux qu’il lui revient de trancher.
Le Potentiel titre: « Contentieux électoraux. 168 circonscriptions sur 169 concernées…
349 candidats élus contestés sur 500 ! » et indique que les premières audiences en
contestation des résultats des législatives devraient démarrer dans les tout prochains
jours. Lundi probablement. Aux termes de la Loi électorale, rappelle le quotidien, la cour
suprême dispose d’un délai de «deux mois» pour épuiser tous les contentieux électoraux
et publier les résultats définitifs. Mais, les procès s’annoncent intéressants, croit savoir ce
quotidien. Un deuxième article du Potentiel sur le même sujet annonce « Législature
2011. La CSJ poursuit la publication de la liste des députés élus contestés ».
Cette même liste a retenu l’attention de La Prospérité sous le titre: « Cour Suprême de
Justice: la nouvelle série de députés contestés ! ».
La Prospérité pense que la bataille sera âpre au vu des preuves que détiennent les
parties aux procès. Le quotidien rapporte que « C’est en principe ce vendredi 10 février
que la Haute Cour clôture l’étape de la réception des recours en contestation des
résultats provisoires publiés par la CENI, avant que le traitement des dossiers
proprement dits commence, avec l’entrée en série des avocats tant de l’accusation que
de la défense, mais aussi des Magistrats de la Haute Cour ».
Pour La Prospérité, des surprises, probablement plus qu’en 2006, seront assurément au
rendez-vous, au regard des irrégularités décriées, particulièrement à l’étape de la
compilation des résultats et du nombre assez élevé des recours en contestations. Ce
journal explique « La bataille sera toute aussi âpre étant donné des preuves que
détiennent les parties aux procès. Des surprises probablement plus qu’en 2006, seront
assurément au rendez-vous, au regard des irrégularités décriés, particulièrement à
l’étape de la compilation des résultats et du nombre assez élevé des recours en
contestations ». Et également que « Par ailleurs, le Greffier en Chef de la Cour suprême
de Justice supprime, pour erreur, la Circonscription de Kiri (RCE 474/DN) dans le
communiqué du 02 février 2012 mais également le nom de M. Mulya Kalonda par les
requérants (RCE 556/DN) dans le communiqué du 04 février 2012 ».
Pour démontrer comment se corse le problème La Prospérité présente dans deux autres
articles les cas de deux dossiers dans qui vont certainement exiger une sagesse de
Salomon pour trancher sur les contentieux posés. Les titres de ces articles en disent
long, à savoir, pour le premier, « Contentieux électoral devant la Cour suprême. Mweka :
Valentin Bope Bope ira jusqu’au bout ! », et pour le second, « Luiza : étudiants et
femmes s’opposent aux poursuites judiciaires contre Delly Sessanga ! ».
(Tout cela pose tout de même une question, qui s’ajoute à celle, plus globale, de la
« vérité des urnes ». Quel sens cela a-t-il de convoquer le 17 février une Assemblée dont
les deux tiers des membres seront assis sur un siège éjectable ? A première vue, cela ne
pet en avoir qu’un : pus on accomplit de faits, en se comportant comme s’il y avait eu
des élections normales et crédibles, et plus le monde est is devant le fait accompli.
Jusqu’ici, il y a fondamentalement UN partisan de ce fait accompli : JKK, invisible depuis
le 5 janvier. Si l’on installe la Chambre des députés, le fait accompli aura subitement, en
vertu de la « loi de l’entrecôte », 501 partisans. NdlR)
Le Phare présente le problème sous une autre face, celle de la virulente dénonciation
par des organisations de la Société civile qui sont allées jusqu’à s’en plaindre auprès du
numéro un de l’ONU: « La Société civile congolaise au SG de l’ONU. Elections : recompter
les voix ou organiser un second tour ».
Dans une lettre datée du 07 février 2012, la Société Civile Congolaise regroupée au sein
de l’AETA (Agir pour les Elections Transparentes et Apaisés) interpelle le Secrétaire de
l’ONU, Ban Ki-Moon, au sujet de la crise multiforme qui prévaut en République
Démocratique du Congo, et dont la plus redoutable est d’ordre politique. Pour ce qui est
du volet politique, le pays baigne dans une ambiance délétère provoquée par les
contestations et les frustrations postélectorales. Les militants de la Société Civile font
savoir au numéro un des Nations Unies que la RD Congo court le risque d’une implosion
aux conséquences difficiles à prévoir. Il n’y a, selon eux, qu’une thérapeutique pour
résoudre la crise la politique, c’est le retour à la vérité des urnes. Aussi, dans ce
créneaux proposent-ils une alternative : faire recompter les voix tant pour les élections
présidentielle que législatives ou organiser un 2me tour couplé pour les mêmes scrutins.
Afin de garantir leur transparence et leur crédibilité, le Secrétaire Général de l’ONU est
appelé à solliciter, auprès du Conseil de Sécurité, la certification des résultats par la
Monusco. Ban Ki-Moon est invité personnellement à s’investir pour aider les Congolais à
sortir de la crise. Compte tenu de la gravité de la situation, la Société Civile Congolaise
pense que la communauté internationale ne devrait plus tergiverser et agir dans un délai
minimum de six mois.
(Malgré le pluriel du mot « élections », la mention du « second tour » montre clairement
que c’est la présidentielle qui est visée. La « vérité des urnes » pourrait encore être
connue – mais, plus le temps passe, plus la possibilité s’en amenuise – non pas en
recomptant les voix – car des bulletins emballés dans du plastique et abandonnés sous la
pluie à la Fikin sont sans doute retournés à l’état de pâte à papier – mais en totalisant les
résultats portés sur les PV de dépouillement de chaque bureau de vote, après vérification
de l’authenticité des signatures les authentifiant, à condition évidemment que cette
vérification et cette totalisation soient effectuées par des personnes neutres. Jusque là,
on ne peut rien connaître avec certitude de ce que pouvaient être les résultats réels et,
partant, il ne serait même pas possible de savoir entre qui et qui un second tour devrait
être organisé ! NdlR)
D’après Afrikarabia « l’opposition jette ses derniers espoirs dans la mobilisation des
chrétiens prévue le 16 février 2012 dans tout le pays. Après la réélection contestée de
Joseph Kabila, l’opposition n’a jamais réussi à faire descendre massivement les
Congolais dans la rue. L’opposition compte donc sur la « grande marche pacifique » de
l’église catholique pour « faire éclater la vérité des urnes ». Un test ultime pour
l’opposition ».
La manifestation des chrétiens pour commémorer les martyrs de 1992 constitue sans
doute le dernier rendez-vous pour l’opposition avec la rue congolaise, les différents
appels à la mobilisation d’Etienne Tshisekedi étant tous restés lettre morte. Il a plusieurs
fois appelé l’armée et l’administration à lui faire allégeance… sans succès. Le dispositif
sécuritaire mis en place par Joseph Kabila a été particulièrement efficace pour réprimer
les timides tentatives de rassemblements populaires. Il lui reste à essaer de « sufer » sur
les rassemblements organiss par d’autres. L’opposition semble donc tout miser « la
grande marche » des chrétiens pour prouver sa capacité à mobiliser la population. Si cette
manifestation est organisée en mémoire des martyrs du 16 février 1992, le message de
l’Eglise catholique est clair :  » réclamer la légitimité et la légalité du pouvoir ». Midécembre,
, le cardinal Monsengwo avait sévèrement critiqué les résultats de la
présidentielle du 28 novembre, jugés « conformes ni à la vérité ni à la justice ». L’Eglise
catholique a également demandé l’annulation des scrutins (présidentielle et législatives)
et la démission de la Commission électorale (CENI) qu’elle juge partiale.
Ce rassemblement, qui se déroulera sous haute surveillance policière, constituera donc
un test ultime sur la capacité de mobilisation de l’opposition. L’Eglise catholique est très
puissante en RDC et ses consignes sont en générale très suivies. Un autre élément
pourrait stimuler la mobilisation populaire : la tension sociale. La mise en place récente
de la TVA a fortement augmenté les prix… et la colère gronde sur les marchés congolais.
En cas d’échec, l’opposition aura vraisemblablement perdu tout espoir de pouvoir peser
sur le cours des événements. Le statu quo politique risque de l’emporter : Etienne
Tshisekedi apparaît plus isolé que jamais et les autres opposants sont quasi aphones…
sans aucune stratégie pour contrer Joseph Kabila.

Kufuor – Moka
Le deuxième grand sujet retenu par la presse est celui de la proposition d’un dialogue
politique à tenir en dehors du pays par les trois principales parties congolaises (Majorité,
Opposition et Société civile) pour décanter la crise née des contestations des résultats
provisoires des législatives.
Le Palmarès annonce en manchette : « Exclusif. Dialogue politique. La guerre des
préalables bloque la M.P. et l’Opposition ! ». Le journal présente l’info comme son
« exclusivité », appellation qui semble prendre la relève de « Révélations » dont Le
Palmarès était autrefois très friand.
Le Palmarès écrit que : « On apprend que du côté de la Majorité, personne ne compte
effectuer le déplacement de Bruxelles du 22 au 27 mars prochains. L’opposition et la
Société civile risquent de se retrouver seules face aux co-médiateurs. Un problème
d’approche divise fondamentalement les deux grandes familles politiques du Congo.
Entretemps, à l’opposition la suspicion s’est installée parmi les membres ».
A propos de ces suspicions L’Avenir annonce le cas du député Jean-Lucien Busa au
coeur d’une polémique au sein de son parti MLC. Il est annoncé à ce sujet par ledit
journal en titre de sa manchette que : « MLC menacé d’implosion. La tête de Jean-Lucien
Busa mise à prix ».
L’Avenir titre aussi : « Négociations politiques: John Kufuor et JP Moka médiateurs ». Il
explique que la médiation de l’ancien président ghanéen John Kufuor, accompagné du
révérend Jean-Pierre Moka, candidat invalidé à la présidentielle de novembre dernier, est
annoncée pour mars prochain afin de trouver des solutions aux « graves insuffisances du
processus électoral en cours » en RDC. La première rencontre de médiation avec toutes
les parties congolaises se tiendra du 22 au 27 mars dans la capitale belge, poursuit le
tabloïd, en présence de 7 membres issus de la majorité, 7 de l’opposition et 7 de la
société civile. La 2ème rencontre, quant à elle, aura lieu à Accra, avant la grand-messe
dans la capitale congolaise. Tout cela, note L’Avenir, comme si l’on était dans un
laboratoire de sciences politiques d’une université, plutôt que dans un pays doté d’une
Constitution, de lois et d’institutions opérationnelles. Il prévient que toute initiative qui
ne prendra pas en compte le recours aux instruments légaux ne pourra récolter que du
vent… !
(Cela n’apparaît peut-être pas aussi clairement que d’habitude, mais les « frères
ennemis » s’empoignent à nouveau. Le Phare est manifestement ravi de voir la Société
Civile s’égarer en direction d’un second tour parce qu’il y voit une possibilité d’entériner
une victoire de Tshisekedi. L’Avenir avec son « recours aux instruments légaux » estime
qu’une concertation devra accepter ce qui a été fait par la CENI et la CSJ, ce qui revient à
exiger l’acceptation de la réélection de JKK.
Ne soyons cepedant pas médisants : il arrive que Le Phare et L’Avenir sient d’accord …
sur la météo et les résultats des matches de football. NdlR)
ONU
Un troisième grand sujet traité dans la presse est la présentation au Conseil de sécurité
du rapport du S.G. des Nations Unies sur la mission onusienne en RDC. Le Palmarès
titre: « On en parle. Zoom sur le Rapport présenté au Conseil de Sécurité sur la RDC ». Il
s’agit des problèmes que rencontre et essaie de résoudre cette mission et de la
réaffirmation de sa détermination de mieux sécuriser les populations civiles congolaises.
A ce propos, un deuxième article du Palmarès présente ce problème de sécurisation des
populations congolaises: « Sud-Kivu. Les Fardc et la Monusco à nouveau sur pied de
guerre contre un nouveau groupe armé ! ».
Santé
Il faut recourir à Radio Okapi et à XinHua pour entendre parler d’un quatrième sujet,
pourtant très menaçant pour la RDC: « La résurgence des épidémies inquiète les
humanitaires ».
Les humanitaires installés en RDC s’inquiètent de l’accroissement des cas de choléra, de
rougeole et de paludisme dans le pays. Ils se sont exprimés, jeudi 9 février, au cours
d’une conférence de presse à Kinshasa. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS),
dans la Province Orientale, par exemple, près de 18 000 cas de paludisme ont été
enregistrés en trois semaines et plus de 1 000 cas de choléra en deux mois. Pour
l’agence onusienne, la résurgence des épidémies en RDC est due au changement de
l’écosystème et à la détérioration des mesures d’hygiène et d’assainissement.
Le coordonnateur du programme de préparation et réponse aux urgences à l’OMS,
Docteur Kossi Ayigan, a affirmé que le choléra, le paludisme, la poliomyélite et la
rougeole ont déjà occasionné des milliers de décès en République démocratique du
Congo. Il plaide pour la multiplication des actions pour lutter contre ces épidémies. «
Nous devons améliorer l’apport de la réponse pour qu’il n’y ait pas assez de décès
comme on le constate. Pour le choléra, le taux de mortalité ne doit pas dépasser 1%
mais actuellement nous sommes à 5%. Donc, il y a encore beaucoup de choses à faire »,
a-t-il dit à Radio Okapi.
La chargée de la section eau, assainissement et hygiène au Fonds des Nations unies pour
l’enfance (Unicef), Dina Rakutu, a déclaré pour sa part que la lutte contre ces épidémies
doit être multisectorielle et requiert beaucoup d’investissements. « Nous gérons un peu
moins de 4 500 000 dollars américains pour lutter contre l’épidémie de choléra. On
continue à mobiliser des ressources pour aider le gouvernement », a-t-elle expliqué.
Pour un autre expert de l’Unicef, l’inefficacité des actions humanitaires dans la lutte
contre ces épidémies est due au manque de collaboration entre la population et les
prestataires de santé. Il a invité la population à ne pas refuser le vaccin et à respecter les
règles d’hygiène de base. 47 millions de Congolais n’utilisent pas de latrines améliorées,
plus de 10 millions défèquent dans la nature et 40 millions ne se lavent pas les mains
aux moments critiques ou après avoir été aux toilettes, ajoute le rapport.
Pour la responsable du programme Eau, Hygiène et Assainissement (Wash) au sein de
l’OMS, le Dr Kossi Ayigan, qui a présenté ce rapport jeudi à Kinshasa, « avec ces
comportements, il n’est pas étonnant d’avoir la poussée des épidémies ces derniers
temps en République démocratique du Congo ». « L’environnement dans lequel nous
vivons se dégrade de plus en plus au point de nous rendre très vulnérables aux
maladies », a-t- elle dit. Le Dr Kossi Ayigan a déclaré que le choléra qui sévit en RDC
depuis mars 2011 ne cesse de faire des victimes. Selon elle, pour un total de 8.360 cas
et 444 décès, la province du Bandundu compte 2.408 cas et 145 décès, la province de
l’Equateur a enregistré 3.046 cas contre 165 décès. Kinshasa a enregistré 1.185 cas et
48 décès, la Province Orientale 90 cas et 2 décès et le Bas-Congo 1.631 cas et 84 décès.
Dans la ville de Kinshasa, ce sont les communes de Limete, de Maluku et de Masina, et le
quartier Kingabwa riveraines du fleuve Congo qui battent le record de personnes
contaminées, a-t-elle affirmé.
« La vérité est que si l’Etat congolais ne s’implique pas dans la sensibilisation de la
population sur les conditions salubres à imposer dans notre environnement en
l’impliquant totalement, tous les efforts que les acteurs humanitaires sont en train de
mener resteront vains. Et par conséquent, on aura chaque année à déplorer la
résurgence des épidémies et les morts qu’elles entraîneront », a conclu la responsable du
programme Wash.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22