24/02/12/ Revue de la presse congolaise de ce vendredi

24 février 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)
La « lutte des places » c’est-à-dire la compétition pour les postes dans les institutions et les entreprises du portefeuille de l’Etat est qualifiée dans les journaux congolais, qui ne reculent jamais devant l’amphigouri d’ « agitation qui prévaut au sein de la classe politique autour des ambitions de positionnement dans les nouvelles institutions ». Ces termes recherchés n’en signifient pas moins, en français populaire, que « ça se bouscule au portillon » et que « les faisans se battent pour l’assiette au beurre ». Le silence persistant de JKK l’invisible n’arrange rien. La polémique autour de la participation des partenaires extérieurs dans l’organisation des élections dans le pays se poursuit également.

Lutte des places

Le sujet dominant dans la presse congolaise de ce vendredi est la lutte pour les postes dans les institutions et les entreprises du portefeuille de l’Etat. Le Palmarès y consacre sa manchette: « Ceux qui briguent des postes paniquent. Grand chambardement : le silence de Kabila donne des palpitations ! ». Et il précise: « Entré dans un hermétisme complet, Kabila ne laisse rien filtrer de sa stratégie de combat pour la nouvelle législature qui commence. Tous ceux qui étaient dans le secret de Dieu sont aujourd’hui déconnectés. Nul à ce jour ne sait de quoi demain sera fait. Ainsi, au Gouvernement, à l’Armée, à la Police et dans les états-majors politiques, c’est la panique générale ».
Un deuxième article du même journal porte comme titre: « Gestion des ambitions à la MP (Majorité présidentielle) Le pouvoir discrétionnaire de Kabila va trancher ! »

Le Potentiel traite le sujet à l’intérieur du journal sous le (long) titre : « Manœuvres politiques. Boshab, Lumbi, Koyagialo, Minaku, Bahati… Kamerhe, Kengo, Fayulu, Kiakwama : ces hommes attendus dans les institutions ». Selon ce journal, « L’heure est aux grandes manœuvres politiques. La nomination ou l’élection, c’est selon, de principaux animateurs à la tête de différentes institutions nationale est en ordre utile dans les états-majors des partis politiques. Tant au sein de la mouvance présidentielle que de l’opposition. Tous les scenarii tournent désormais autour de certaines personnalités de plus en plus incontournables ».

Après l’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale le 16 février 2012, le PALU Adolphe Muzito, élu député national dans la ville de Kikwit, n’a plus que trois jours pour démissionner de ses fonctions. Du coup, son départ de la Primature va pousser le chef de l’Etat, Joseph Kabila, dont le camp politique est majoritaire à l’Assemblée nationale, de désigner un nouveau Premier ministre.
C’est ici que le problème se corse de ce que l’on a appelé « le silence « ou « l’invisibilité de Kabila ». Sans tomber dans les spéculations qui circulent abondamment sur « l’Internet congolais » et donnent JKK pour mort, fou, malade ou réduit à une vie végétative en divers points de la planète, il fat admettre que son silence ne peut qu’encourager les spéculations.
A ce sujet, les grandes manœuvres politiques ont déjà commencé dans les différents états-majors des partis de la Majorité Présidentielle. Des noms sont cités dans la presse et dans les milieux politiques en ce qui concerne le probable successeur de l’actuel locataire de la Primature. Au niveau de la MP, la lutte serait rude entre le PPRD – qui a perdu beaucoup des sièges à la Chambre basse – et ses alliés – qui sont devenus plus indispensables. A propos des alliés, la presse occidentale parle de Pierre Lumbi, le patron moral du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR) – comme le probable Premier ministre de Joseph Kabila. Modeste, Bahati, dont le parti, AFDC, a arraché plus de 15 sièges, se battrait pour devenir le futur Premier ministre. Mais, plusieurs analystes de la scène politique congolais ne lui accordent aucune chance.

Cependant, il y a aussi une autre hypothèse, celle de ce qu’on appelle «Un Gouvernement d’ouverture ». Il est à noter que cela n’a rien de radicalement nouveau : cette hypothèse a été émise à peu près à chaque remaniement ministériel. Et c’est là qu’intervient encore une fois le silence du « Président fantôme ». Car « l’ouverture » avait précisément été le thème de a dernière allocution publique de JKK.
Lors de sa prestation de serment le 20 décembre 2011, Joseph Kabila avait pris l’engagement, dans son discours, d’ouvrir son gouvernement à l’Opposition. C’est dans ce cadre que le nom de François Mwamba, ancien du Mouvement de Libération du Congo (ML C) de Jean-Pierre Bemba, circulait pour occuper la Primature.
Cependant, il semble que le chef de l’Etat aurait gardé son idée de nommer un membre de l’Opposition à la tête du futur gouvernement, mais l’ancien secrétaire général du MLC ne serait plus favori. François Mwamba ? Louis-Alphonse Koyagialo ? Evariste Boshab ? Modeste Bahati Lukwebo ? Pierre Lumbi ? Les noms de toutes ces personnalités circulent dans la presse et/ ou dans les milieux politiques pour remplacer Adolphe Muzito à la Primature. Sur cette liste, vient de s’ajouter, depuis quelques jours, un autre nom, et pas de moindre, celui de Léon Kengo wa Dondo, le président du Sénat.
Selon certaines indiscrétions. C’est désormais le nom de Léon Kengo wa Dondo qui serait le plus cité.

Arrivé 4ème à l’issue de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 avec 4,75%, l’actuel président du Sénat aurait la faveur de ses soutiens occidentaux. Certaines sources citent même la Belgique. D’aucuns se souviendront qu’après la publication des résultats de l’élection présidentielle, Léon Kengo s’était réjoui du score qu’il avait réalisé dans l’Equateur, sa province d’origine. Ce n’est pas tout : il a même dit tout haut que ces élections ont fait de lui le leader de l’Ouest du pays, comprenant les provinces du Bandundu, du Bas-Congo, de l’Equateur et la ville de Kinshasa.
Le message de Léon Kengo était clair à ce sujet : dans la perspective du partage du pouvoir entre l’Est et l’Ouest du pays, lui serait le Premier ministre du Président de la République qui est de l’Est.

Léon Kengo, c’est possible, affirment certaines sources diplomatiques. Mais, serait assorti de certaines conditions posées par l’homme de la rigueur. Des sources proches de l’Union des Forces du Changement (UFC), le parti du président du Sénat, indiquent Léon Kengo pourrait remplacer Adolphe Muzito si jamais le camp politique adverse lui laissait la liberté de nommer certains de ses lieutenants à la tête du ministère des Finances (et de certains de ses services connexes) et de la Banque centrale du Congo (BCC).
«Je ne vois pas le camp présidentiel donner une telle passe en or à Léon Kengo», soutient un analyste politique. Cette analyse peut s’avérer vraie quand on sait que l’argent reste le nerf de la guerre, mieux, de la politique. A moins que l’affaire soit négociée à haut niveau pour ceux qui veulent voir Kengo occuper, la Primature, sinon…

L’Observateur titre sur un autre sujet qui a aussi des liens avec « l’invisibilité de JKK »: «inquiétude sur le problème de présentation des lettres de créances au chef de l’Etat ».
Il n’est un secret pour personne que depuis quelques temps déjà, note le journal, de nombreuses puissances amies se plaignent du temps, anormalement long, que mettent leurs plénipotentiaires à présenter leurs lettres de créances auprès du chef de l’Etat. Et le confrère poursuit : il est inutile de dire, ici qu’à cause de cela, notre réputation devient de plus en plus mauvaise aux yeux des nations amies.
L’Observateur rappelle que la pratique consacrée veut que dès lors que l’agrément a été donné, l’agenda du chef de l’Etat soit aussitôt adapté en fonction du jour d’arrivée du nouvel ambassadeur.
Ainsi, conclut-t-il, il n’y a pas de raisons pour qu’un plénipotentiaire d’une puissance attende des mois avant de présenter ses lettres de créances.

Polémique

Elle porte, bien sûr, sur l’implication (tantôt relativisée, tantôt reconnue importante) de la communauté internationale dans le financement du processus électoral, au point que le scrutin provincial, seconde étape du processus électoral, est donné pour incertain.

Le Potentiel présente cette situation à la Une sous le titre: « Elections provinciales : l’incertitude plane ». La caricature qui illustre l’article montre un minable petit véhicule identifié comme la RDC en panne sur une route piteuse et dont la charge composée de matériel électoral est en train de tomber.
Il explique que : « Le gouvernement n’est pas prêt à délier le cordon de sa bourse pour financer les prochaines échéances électorales. La révélation est de Lambert Mende, son porte-parole. Sa seule issue de secours est le concours financier imminent des partenaires extérieurs. Sinon c’est l’adieu aux élections provinciales, municipales et locales ».

Pour bien comprendre l’enjeu en cause, Le Potentiel y a consacré son éditorial « Guerre des chiffres ». Selon ce que ce journal écrit, « La tension est vive entre le gouvernement et les partenaires au développement. La petite-goutte qui a fait déborder le vase est cette dernière apparition médiatique du porte-parole du gouvernement ».
« A cette occasion, le ministre de la Communication s’est félicité du financement sur fonds propres de l’Etat, sans concours extérieur, des élections couplées du 28 novembre 2011. Sans doute asphyxié financièrement le ministre appelait par la même occasion les partenaires extérieurs à apporter leur appui pour la poursuite en 2012 du processus électoral avec l’organisation des élections provinciales, municipales et locales ».
« Les réactions n’ont pas tardé. La première à rompre le silence a été la Monusco, suivie 24 heures après par la délégation de l’Union européenne en RDC. Les partenaires extérieurs n’ont donc pas hésité à sortir leur grande artillerie pour condamner la supercherie de l’exécutif national ». Le nœud du problème est l’évaluation mise en cause de la contribution des partenaires extérieurs, ce que Le Potentiel a bien considéré comme une guerre des chiffres de leurs appuis. Il rapporte que le gouvernement n’est pas prêt à délier le cordon de sa bourse pour financer les prochaines échéances électorales. La révélation est de Lambert Mende, son porte-parole. Sa seule issue de secours est le concours financier imminent des partenaires extérieurs, sinon, adieu aux élections provinciales, municipales et locales, relève le journal.

Le Potentiel constate, avec curiosité, que le gouvernement semble avoir décidé de prendre les devants en alertant l’opinion sur des difficultés d’ordre financier susceptibles de bloquer le processus électoral. Curieux ! C’est bien le terme approprié, affirme Le Potentiel, qui note une inversion des rôles, dans la mesure où seule la CENI – pouvoir organisateur selon la Constitution – est habilitée à se prononcer sur toutes les matières touchant au processus électoral. Et le journal de s’interroger : Qu’est-ce qui justifie donc cette sortie en fanfare du gouvernement ? Est-ce pour brouiller les cartes ? Nul ne le sait, conclut Le Potentiel!

L’Observateur titre : « élections provinciales à l’ordre du jour ».
Il annonce que le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders prépare un long voyage qui le conduira successivement en RDC, au Rwanda et au Burundi. En RDC, souligne le confrère, le chef de la diplomatie belge, sera de tous les enjeux avec tout ce qui tente d’assombrir le ciel des relations de l’Union européenne et la RDC.
L’Observateur fait allusion à l’escalade verbale entre l’UE et la RDC, l’interdiction musclée de la marche pacifique des chrétiens le 16 février, l’absence des députés de l’UDPS à l’Assemblée nationale à la suite de la « fatwa » décrétée par le leader du parti, Etienne Tshisekedi. Il précise que Didier Reynders souhaite « voir comment travailler avec les nouvelles autorités [issues des élections de novembre 2011 et préparer les élections locales et provinciales » dont le financement incertain semble hypothéqué.

L’Objectif entre aussi dans la danse de la querelle qui fâche autour des appuis à l’organisation des élections. Sa manchette en dit long avec sa question « Est-ce la dérive ? ».

L’Avenir présente la situation sous un jour différent en considérant qu’il n’y a pas lieu de soulever la tempête autour de l’apport des partenaires extérieurs. Aussi ce journal annonce-t-il en gros titre de sa machette que : « L. Mende – M. Mounoubai. Pas de polémique. Le Gouvernement n’a pas nié l’apport des partenaires au processus électoral ».

(On peut sans doute se demander si, en se laissant attirer dans le piège de la « guerre des chiffres », la presse congolaise n’a pas en grande partie raté le coche. Les critiques des partenaires n’ont jamais concerné l’importance des sommes. Elles ont fondamentalement visé le caractère chaotique et frauduleux des élections. C’est d’ailleurs pour imposer le « fait accompli » des résultats officiels – qu’il est, en toute bonne fois, impossible de considérer comme crédibles – que Lambert Mende a enfourché le destrier du souverainisme sourcilleux, avant de tendre la sébile au sujet de la suite du processus. Cela paraît maladroit, mais Lambert Mende est tout ce que l’on voudra, sauf un lourdaud ou un maladroit !
En fait, le pouvoir est tout disposé à rééditer 2006, et à se contenter d’une présidentielle qui reconduit JKK et de législatives qui lui donnent une majorité. Peu lui chaut qu’il soit impossible de croire ces résultats – voir en annexe le dernier rapport du Centre Carter.
Se passer des provinciales et des locales qui pourraient ouvrir la porte à des contre-pouvoirs, cela l’arrangerait plutôt ! NdlR)

Divers

La Prospérité titre : « Refus de l’office religieux en mémoire de Katumba ! »
Ce journal note que Le Président de l’Interfédéral PPRD/Ville de Kinshasa, M. André Kimbuta, a adressé une lettre de protestation à l’Archevêque de Kinshasa, à cause de l’interdiction de la messe de suffrages en mémoire de l’Honorable Augustin Katumba Mwanke, devant être organisée le 16 février 2012.
Pour André Kimbuta, rapporte le journal, cette prise de position a suscité un émoi considérable et une grande frustration parmi les organisateurs et invités à ladite cérémonie dont la plupart sont, du reste, des fidèles catholiques. Tout en reconnaissant que l’Eglise catholique demeure le havre commun qui jouera son rôle de rassembleur du peuple de Dieu, André Kimbuta et tous les membres de l’Interfédéral PPRD/Ville de Kinshasa espèrent connaître les raisons qui ont justifié ce traitement réservé à leur parti.

Le Phare a préféré traiter d’autres sujets non moins « chauds ».
Il y a d’abord l’article de manchette qui annonce « Le syndrome des années 90 » et concernant lequel le journal évoque deux cas de surchauffe de l’agitation politique en cours. Le sous-titres est : « Le député Kombo est pillé à Mbandaka… le sénateur Londo à Mbandaka ».

Un second article, sous le titre « Procès Bakungu (le député arrêté du parti Union pour la Nation Congolaise, UNC, de Vital Kamerhe et dont requis une peine de mort). La CSJ (Cour suprême de Justice) décrète la réouverture des débats ». Un troisième titre indicateur est : « Droits de l’homme. La VSV (Ong de défense des droits de l’homme) exhume les dossiers Chebeya et Bazana ». Un quatrième titre est « Gouvernance citoyenne. Le FSC a outillé les ONG sur la prévention à la fraude ».

© CongoForum, le samedi vendredi 24 février 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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