J. Kabila – E. Tshisekedi : dialogue incontournable

8 mars 2012

Actualités

(Le Potentiel 08/03/2012)

Les observateurs nationaux avertis de même que les partenaires extérieurs sont convaincus des vertus du dialogue face à cette crise qui couve et ne dit pas encore son mot. Ils ont mis en marche la «diplomatie secrète» pour anticiper sur l’éventuelle impasse politique. La balle est désormais dans le camp de J. Kabila et E. Tshisekedi, deux personnalités majeures dont la rencontre ferait sauter le goulot d’étranglement.

La période postélectorale est difficile à gérer. Le contraire aurait surpris dans un contexte politique marqué par des contentieux électoraux et la non reconnaissance des résultats de dernières élections. S’il est vrai que la machine politique poursuit son chemin, le parcours est encore parsemé d’embûches. En témoigne cette situation tendue entre le président Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi, leader de l’UDPS et candidat malheureux à la dernière présidentielle. Si le premier se conforte dans sa position après la proclamation des résultats par la CENI, confirmés par la Cour suprême de justice, le second rejette ces résultats et se considère comme président de la République.

Une situation qui a des effets d’entraînement au niveau de la nouvelle Assemblée nationale avec des pressions exercées sur les députés élus de l’Opposition. Particulièrement ceux de l’UDPS, menacés d’exclusion de leur parti, s’ils s’obstinaient à siéger au sein de l’Assemblée nationale. Quel que soit l’impact de cette décision, il s’agit d’un événement politique qui pourrait influer négativement sur la bonne marche de cette institution. Au-delà, sur tout le processus politique.

Entre-temps, les regards sont toujours braqués sur la Cour suprême de justice qui examine en ces moments les contentieux électoraux. Peu importe les verdicts de la Haute cour. Toujours est-il qu’il y aura des grincements des dents. Voire un jugement sévère, de part et d’autre, sur la crédibilité de cette juridiction dont les arrêts sont sans appel. Des conséquences politiques ne sont pas à exclure.

La nécessité d’un dialogue

Il y a des signes qui ne trompent pas. Aucune initiative exclusive n’apporterait une nouvelle sève en République démocratique du Congo. Seule une démarche inclusive ouvrirait une nouvelle ère d’opportunités porteuses d’espoir. Qu’on le veuille ou pas, la crise politique est là. Il serait dangereux et irresponsable de faire preuve de surdité et cécité politiques pour balayer d’un revers de la main cette évidence. Il ne faut donc pas se voiler la face.

Certes, les élections se conjuguent déjà au passé. Les résultats sont ce qu’ils sont après que toutes les parties, y compris la CENI et les partenaires extérieurs, ont reconnu qu’elles ont été entachées de graves irrégularités. A partir de ce constat, la classe politique est divisée, et le débat tourne autour de la légalité et de la légitimité. Mais entre-temps, le processus politique évolue avec la mise en place de nouvelles institutions nationales sans pour autant arrêter les contestations. Ce qui ne favorise nullement un climat de paix.

La crise politique actuelle dépend de l’attitude du président de la République Joseph Kabila Kabange et d’Etienne Tshisekedi, son désormais adversaire politique. Il est vrai qu’en pareille situation, le rapprochement de deux hommes pose de réels problèmes. Cela au vu de leurs positions diamétralement opposées. Joseph Kabila se fait fort de sa légalité, Etienne Tshisekedi demeure dans sa logique de «libération».

Et pourtant, des voix s’élèvent en faveur d’un terrain d’entente dans l’immédiat entre les deux protagonistes. Ce sont des «réalités politiques vivantes» qui incarnent la «vie politique nationale». D’où, rien ne saurait se faire sans eux. Il est important qu’ils conviennent de regarder dans la même direction, malgré leurs différences. Loin de nous l’idée d’amener les deux personnalités à se donner des accolades. Tant mieux si cela était possible dans l’intérêt supérieur de la Nation. Mais l’on doit éviter de «gouverner par défi» ou à «rendre ce pays ingouvernable» par une succession de manifestations qui feraient bel et bien le lit des ennemis de la RDC.

Pour éviter cette impasse politique, seul le dialogue s’avère le moyen le plus sûr pour une solution durable. C’est la panacée, voire la voie incontournable. A la seule condition de faire preuve de courage politique de part et d’autre.

La diplomatie secrète

Le plus urgent est d’amener les deux personnalités à trouver un «modus vivendi». Ou un «gentleman agreement». Ce qui est loin d’être une compromission. Au courage, il faut ajouter une attitude responsable. Dans le cas contraire, le pays sera donné en pâture ou voué aux gémonies, dès lors que les tenants de la thèse de l’éclatement de la RDC sont loin de désarmer. Le complot de la balkanisation est une réalité.

C’est ici que l’on salue la démarche des partenaires internes et externes visant à rapprocher les deux poids lourds de l’espace politique congolais. Le bloc occidental s’est déjà manifesté par cet entretien avec Etienne Tshisekedi lors de ce dîner politique offert par l’ambassadeur d’Allemagne en RDC. Au plan interne, l’activisme politique des évêques ne faiblit point. Fidèles à leur vocation de rassembler les Congolais, ils sont allés à l’écoute de Joseph Kabila Kabange, d’Etienne Tshisekedi (UDPS), de Vital Kamerhe (UNC). Ils ont échangé avec quelques proches collaborateurs de Léon Kengo wa Dondo (UFC).

Ces rencontres soulignent l’importance du dialogue. «Comme pasteurs vivant aux côtés de la population congolaise, il persiste un malaise au niveau social et politique qui engendre une frustration tant chez le peuple que chez les acteurs politiques de l’Opposition comme ceux de la Majorité. Cela est une source d’inquiétude. Dans cet esprit, nous avons tenu à rencontrer les principaux acteurs politiques pour nous mettre à l’écoute des uns et des autres afin de voir comment reconstruire ensemble notre pays dans la paix, la justice et la vérité», ont déclaré les évêques qui brandissent cette trilogie Paix-Justice – Vérité, pour l’émergence d’un Etat de droit, la fondation d’une Nation forte et solidaire.

Quant aux vertus fécondatrices du dialogue, Jules-Fontaine Sambwa, illustre gouverneur de la Banque centrale, le disait déjà à l’époque, «sont la tolérance et la fraternité. Elles permettent aux uns et aux autres de se côtoyer, de se connaître, voire de s’apprécier et pourquoi pas de se respecter mutuellement. Ces vertus représentent la base concrète à partir de laquelle on peut mobiliser le génie créateur congolais». C’est tout dire.

Par Le Potentiel

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À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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