09/04/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

(CongoForum)

Les élections du 28/11/11, organisées dans des conditions invraisemblables, ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Comme il est certain que les fraudes les plus importantes ont eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération à avoir été publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres publiés par la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, l’Eglise n’a jamais publié les résultats constatés par ses observateurs, parce qu’ils étaient partiels et les chiffres publiés par l’UDPS ne s’accompagnaient pas non plus de ces PV. On ne possède donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. La CSJ a cependant entériné les résultats de la présidentielle et est en train de faire de même avec les contentieux des législatives. Le temps s’est écoulé, la pluie tropicale est tombée sur les bulletins abandonnés en plein air. Tout ce que l’on peut dire, c’est que les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. L’actualité est dominée par le prochain épisode de cette série de faits accomplis : la mise en place du bureau définitif de l’Assemblée nationale dont l’élection de sept membres se déroulera le 12 avril prochain.

Pâques

Radio Okapi note qu’à l’occasion de Pâques « les autorités religieuses «parlent politique» à leurs fidèles ».

A l’occasion de la célébration de la fête chrétienne de Pâques à Kinshasa (RDC), dimanche 8 avril, l’Archevêque catholique de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo, et le président de l’Eglise du Christ au Congo (ECC), Mgr Marini Bodo, ont adressé des messages à la fois religieux et politiques à leurs fidèles. Si le cardinal a insisté sur l’amélioration des conditions de vie des Congolais, le chef de l’Eglise du christ au Congo, lui, a parlé de l’élection de Dieu. L’Archevêque catholique de Kinshasa a célébré la messe pascale à la Cathédrale Notre Dame du Congo, dans la commune de Lingwala, à Kinshasa. Dans plusieurs passages de son message de circonstance, Mgr Monsengwo a expliqué que «la société est appelée à créer pour tous des conditions empreintes de dignité humaine, sans répression, ni violation des droits de l’Homme». Le prélat catholique a invité les fidèles en particulier, et les Congolais en général, à ne pas avoir peur et à se confier «aux valeurs» et «à ne pas se livrer à la haine, au mensonge, aux assassinats, à la répression et à la violation des droits de l’Homme».

Le même jour, dans la même commune à Kinshasa, le président de l’Eglise du Christ au Congo célébrait le culte pascal à la Cathédrale du centenaire protestant. Dans sa prédication de 20 minutes, Mgr Marini Bodo s’est appuyé sur le vingtième chapitre de l’évangile de Jean, affirmant que « lorsque dans une société il y a problème, Dieu peut aussi utiliser les faibles et laisser de côté les sages». Il a, en outre, appelé à redonner à la femme la considération qui lui revient réellement et à reconnaitre son «rôle constructeur » ainsi que sa participation dans la résolution des problèmes dans la société, comparant ce rôle à celui que Marie de Magdala a joué dans l’histoire chrétienne du salut.

Parlement

AfricaNews titre à la Une : « Les fauves de Kabila créent Terre d’Avenir » pour annoncer la naissance à l’Assemblée nationale d’un groupe parlementaire qui se positionne comme une véritable machine politique décidée d’influencer les débats à l’hémicycle, sur laquelle le chef de la Majorité peut et doit compter. « Terre d’Avenir » est déterminé non seulement à influencer les débats à l’Assemblée nationale, à promouvoir la démocratie, les droits de l’homme et l’environnement mais aussi et surtout à contribuer efficacement à la cohésion de la Majorité qui porte le programme de la Révolution de la modernité prônée par le Président Kabila ».
Ce groupe parlementaire, le tout premier à être officiellement installé pour la législature 2011-2016 est composé de l’UDCO Banza Mukalayi, le CCU Lambert Mende, le CNC Pius Muabilu, le PA Kin-Kiey et autres ULDC Zacharie Babaswe.

Le Potentiel, qui s’intéresse à la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale, fait état de « Court-circuitage à la Majorité, cacophonie à l’Opposition ».
La mise en place du bureau définitif de l’Assemblée nationale a réveillé les vieux démons de la ruse et de la diabolisation au sein de la classe politique, pense Le Potentiel. Aucune famille politique n’est épargnée. Sans la Majorité, c’est le Palu de Gizenga qui laisse des plumes. Les opposants, quant à eux, se soupçonnent au point que la Majorité pourrait jouer le rôle d’arbitre pour les départager. Ce qui fait dire au journal qu’il s’agit là d’un court-circuitage et de la cacophonie.
Il rapporte que le Palu regrette que ses partenaires de la majorité n’aient pas laissé la possibilité d’une issue autre que l’unique élu du Katanga au poste de 1er vice-président du bureau de l’Assemblée nationale. Le parti d’Antoine Gizenga souhaitait proposer un élu de Kinshasa ayant des origines katangaises étant donné que la capitale est son deuxième bastion après le Bandundu. Aux dernières nouvelles, le poste de 1er vice-président aurait été finalement attribué à Mwando Nsimba, Informateur qui a procédé à l’identification de la majorité parlementaire. Du coup, le Palu se considère comme floué.
Dans l’Opposition, les candidatures d’Anzuluni Bembe (USC) et de Samy Badibanga (UDPS) au même poste de 2ème vice-président, sont loin de faire l’unanimité. Il en est de même de la candidature de l’ADR Tshimanga Buana soupçonné d’appartenir à la Majorité ou d’être manipulé par cette dernière.

L’Avenir signale que le calendrier électoral pour la mise en place du bureau définitif de l’Assemblée nationale a été décalé. Ainsi, initialement prévue pour la mardi 10 avril, l’élection de sept membres du bureau définitif se déroulera le jeudi 12 avril 2012. Les députés postulants au bureau définitif de l’Assemblée nationale ont eu une journée de plus pour procéder au dépôt de leur acte de candidature, ce qui a bousculé le calendrier initial qui prévoyait pour mardi 10 avril prochain l’élection des membres du Bureau définitif.
Le Palu, constate ce journal, risque de tout rater pour avoir présenté la candidature de Godefroid Mayobo au poste du 1er vice-président alors que géopolitique oblige ce poste est attribué au Katanga.
Quant à la candidature de M. Aubin Minaku au perchoir de la Chambre basse, il fait l’unanimité. Ce dernier a la confiance du chef de l’Etat, l’autorité morale de la Majorité et n’est pas contesté par ses pairs députés.
Ce qui n’est pas malheureusement le cas à l’UDPS où les loups se mangent entre eux. Ils sont trois dans la course Timothé Kombo, Samy Badibanga et André Paluku.

New Trends déplore la confusion qui règne autour de la mise en place du bureau définitif de l’Assemblée nationale. Le confrère constate que les agitations et revirements au sein de la classe politique sont devenus monnaies courantes à la veille de l’installation des institutions. Les acteurs de la scène politique congolaise s’entredéchirent, s’invectivent, se toisent et se piègent.
Au Palu, là où on attendait Justin Kiluba surgit Godefroid Mayobo. Au PPRD, malgré la désignation de Minaku pour la présidence de l’Assemblée nationale, le torchon ne cesse de brûler. L’on continue à avoir des ambitions pour la Primature alors que ce parti a déjà été servi en obtenant la présidence du bureau définitif de l’Assemblée nationale. Pour ce journal, c’est la cacophonie, du tohu-bohu, l’impasse, le chambardement et finalement le désordre. A Joseph Kabila donc et à lui seul d’agir vite et bien pour non seulement apaiser et rassurer les esprits des uns et des autres ; mais aussi et surtout en vue de sortir de cet embrigadement qui la guette impitoyablement.

Sur le même sujet, La Prospérité titre : “Bureau définitif de l’Assemblée Rendez-vous mercredi !”.
L’élection et l’installation du bureau définitif ont été décalées de 24 heures par le bureau provisoire que dirige Kombo Nkisi, rappelle La Prospérité à ses lecteurs. D’ores et déjà, des noms circulent dans les états-majors des partis concernés ainsi qu’à l’hémicycle du Palais du peuple. « Si pour le poste de président, il ne fait plus l’ombre d’un doute qu’il va échoir à Aubin Minaku, celui de 1er vice présidence reviendrait au Palu Mayobo Godefroid tandis que la 2ème vice présidence serait confiée à l’UDPS Kombo », croit savoir La Prospérité. D’autres noms qui sont les plus cités sont ceux de Justin Kiluba, Jean Lucien Busa, Germain Kambinga,…tous dans la course, pour siéger au sein du bureau définitif de la chambre basse. L’opposition étant servie, il ne doit plus y avoir un obstacle quelconque qui viendrait bloquer l’appareil législatif. Dans ce camp de l’opposition, le MLC, fort de son poids politique, briguerait aussi un des sept postes, renseigne le journal.

UDPS
L’Observateur, sous le titre : « Les différents « non » d’Etienne Tshisekedi à l’origine de la descente aux enfers de l’UDPS », consacre ses colonnes à la position d’Etienne Tshisekedi qui refuse que les députés élus sur sa liste siègent à l’Assemblée nationale.
« Il y a une vérité que les observateurs les plus attentifs de la politique congolaise ne peuvent plus se cacher : l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) parti cher à Etienne Tshisekedi, n’est plus la formation politique où il fasse bon d’entamer ou de finir sa carrière politique. Pourquoi ? Parce que la direction politique du parti dévoile, une incapacité à transcender son « moi » en excommuniant à tour de bras et en refusant le dialogue, tant avec le pouvoir, qu’avec la communauté internationale », note L’Observateur.
Les exemples les plus récents sont les « rendez-vous manqués » avec l’informateur Mwando Nsimba et le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders.
Concernant I’UDPS et ses alliés des Forces de changement, L’Observateur rapporte que le 3 avril 2012, une chaîne de télévision kinoise a montré Etienne Tshisekedi déclarant avoir reçu les mamans de ce parti et indiqué que les députés élus de I’UDPS qui siègent à l’Assemblée nationale se sont auto-exclus du parti et ne peuvent en aucune façon l’engager. Et d’ajouter que les députés dits « acquis au changement » y sont présents pour avoir 6.000 dollars américains et une jeep, et non pour défendre le peuple.

Ce journal précise dans un autre article que 40 des 42 députés élus sur la liste de ce parti ont décidé de siéger à l’Assemblée nationale. Le dernier des députés à lâcher Etienne Tshisekedi est Roger Lumbala un allié qui a finalement décidé de siéger à l’Assemblée nationale après avoir pratiqué la politique de chaise vide depuis le début de la nouvelle législature.

Censure
RFI se demande si l’on va « vers une interdiction de la diffusion du film ‘l’affaire Chebeya, un crime d’Etat ?’ »
Dans une lettre au président de la Commission nationale de censure, le ministre de la justice Luzolo Bambi lui enjoint de ne pas autoriser la diffusion du film en RDC. Le ministre a deux reproches à faire. D’abord, le titre : « L’affaire Chebeya, un crime d’Etat ? » Même si la mention « un crime d’Etat » est suivie d’un point d’interrogation. Ensuite, il est reproché au réalisateur de laisser passer des séquences portant atteinte au chef de l’Etat. Par exemple, dans ce film on revoit des manifestants filmés lors des obsèques de Chebeya, qui scandaient « Kabila assassin au Congo».
Le ministre rappelle dans son courrier que « le président de la République a démontré sa volonté de lutter contre l’impunité et permis à la justice de mener ses enquêtes en toute indépendance ». Il est demandé au réalisateur Thierry Michel de revoir son montage

Cette interdiction jette un trouble parmi les ONG partenaires du film qui avaient pu le voir en projection privée à Kinshasa en mars. Parmi les partenaires, il y a aussi l’OIF, l’Organisation internationale de la francophonie, à quelques mois de son sommet qui se tiendra précisément à Kinshasa.

Réaction de Thierry Michel : « J’espère que cela a été un excès de zèle d’un ministre aux abois parce qu’il n’a sans doute pas fait son travail, et qu’il essaie par la censure d’étouffer la voix comme on a étouffé la Voix des sans-voix, et comme on a étouffé évidemment Floribert Chebeya ».

Est-il bien opportun d’interdire, avant le prochain sommet de la francophonie à Kinshasa en octobre prochain, un film co-produit par l’OIF et TV5 parmi d’autres partenaires dont la FIDH et les coopérations belges et suédoises.

Une diffusion du film est actuellement programmée du 10 au 30 juillet prochain dans plusieurs villes et provinces de la RDC (Kinshasa, Kisangani, Bukavu, Lubumbashi) . Cette diffusion est organisée de manière conjointe par de nombreuses organisations de défenses des droits de l’homme, les avocats de ce méga-procés, le Centre Carter, Osisa, mais aussi parmi d’autres partenaires la Délégation Wallonie Bruxelles, l’Ambassade de France et de Suède.

Reste la question de voir si ces projections pourront avoir lieu dans les enceintes diplomatiques.

Reste aussi à voir comment les organisations de défenses des droits de l’homme vont réagir à cette brutale censure.

La diffusion de ce film est indéniablement un test de maturité démocratique et de respect de la liberté d’expression en RDC après les dernières élections dont la légitimité est fortement contestée par la Mission d’observation de l’Union européenne (MOE-UE) qui estime dans son rapport de 71 pages que les résultats officiels ne sont pas crédibles.

Mais la question se pose : peut-on assassiner Floribert une 2° fois en interdisant ce film sur le procès de ses assassins. D’autant que les victimes ont déjà subi la double peine en étant obligée de partir en exil à l’étranger. De même que le témoin camerounais Gomer Martel, installé en RDC où il gérait ses affaires depuis de très nombreuses années et qui n’a eu d’autre choix que de fuir le pays.

© CongoForum, le lundi 9 avril 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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