(CongoForum)
L’élection des membres du Bureau définitif de la chambre législative suivie de l’installation de ce bureau est le sujet qui domine l’actualité en République démocratique du Congo. Ce fait stimule les imaginations quant à de multiples hypothèses quant à la formation d’un gouvernement. A propos de l’Est, on s’interroge sur les intentions précises de JKK envers Bosco Ntaganda. Le tout est parsemé de quelques « divers ».
Politique
Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Comme il est certain que les fraudes les plus importantes ont eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération à avoir été publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres publiés par la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On ne possède donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, la pluie est tombée sur les bulletins abandonnés en plein air. Les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.
Dans ce cadre, on vient de procéder à l’élection du bureau de l’Assemblée nationale. Le député de la circonscription d’Idiofa, Aubin Minaku a été élu, jeudi 12 avril, président de l’Assemblée au cours d’une cérémonie boycottée par une partie de députés de l’opposition. Six autres députés élus dirigeront le bureau définitif de l’Assemblée nationale avec lui. Ce bureau se compose de la manière suivante :
Président : Aubin Minaku (PPRD)
1er vice-président : Charles Mwando Nsimba (MP)
2è vice-président : Timothée Kombo Nkisi (UDPS)
1er rapporteur : Norbert Ezadri (MSR)
Rapporteur adjoint: Tshimanga Bwana (ADR)
Questeur : Elysée Munembwe (ARC)
Questeur adjoint : Jean Bosco Kaboyi (AFDC)
« Il n’y a pas eu match », souligne Le Potentiel dans son éditorial.
Pour lui, il n’y avait apparemment aucun enjeu majeur autour de ce scrutin. C’est une partie qui a été jouée à l’avance ; une partie où les acteurs et les gagnants étaient connus bien avant que le coup d’envoi ne soit lancé. La leçon à tirer est que comme pour la défunte législature, celle de 2011-2016 reste inféodée à la logique de la majorité. C’est elle qui fixe les règles de jeu. A l’opposition de voir comment tempérer les ardeurs de la majorité.
« Peu avant le vote, écrit Le Potentiel dans un autre article, un climat de tension a été observé dans la salle. Et pour cause. Les députés de l’Opposition n’ont pas apprécié l’attitude affichée par leurs collègues de la Majorité. Ils dénoncent le noyautage de l’Opposition par ces derniers qui manifestent une préférence de certains candidats aux postes qui reviennent à l’Opposition. Ainsi, la présence de deux tickets différents est à la base du spectacle honteux vécu avant le déroulement du scrutin dirigé par le président du bureau provisoire, Timothée Kombo.
La divergence au sujet des tickets à présenter à pousser un grand nombre de députés de l’Opposition à quitter la salle des Congrès du Palais du peuple. Pour ces élus du peuple, la Majorité présidentielle est à la base de cette situation, au motif qu’elle avait déjà porté son choix sur deux membres de l’Opposition proche d’elle. Un comportement qui, à en croire les députés de l’Opposition est de nature ’à barrer la route à l’émergence d’une véritable démocratie en RDC’ ».
Cette désapprobation a eu lieu avec quelque chahut et pas mal de folklore, si l’on en croit L’Avenir.
« Peu avant l’élection, après l’adoption de l’ordre du jour, les députés de l’opposition comme un seul homme, sifflet à la bouche ont demandé la motion. Motion dite incidentielle lue par l’Honorable Jean Lucien Busa. Celui-ci a posé des préalables avant de procéder au vote des membres du bureau définitif. Lesquels préalables conformément au respect des articles 22 ; 24 et 11 du Règlement intérieur qui octroie à l’opposition le droit de siéger au bureau de l’Assemblée nationale. Lequel droit, exige la Majorité présidentielle à retirer les candidats dont l’opposition n’a pas avalisé les candidatures, à savoir Timothée Kombo Nkisi et Jean Pierre Tshimanga.
Cette exigence n’a pas été du goût de la Majorité présidentielle. L’honorable Célestin Mbuyu Kabangu s’est même posé la question de savoir, au nom de quelle loi l’opposition exige-t-elle à la Majorité de retirer les candidats outre que ceux qu’elle a présentés ?, avant d’ajouter que l’opposition est plurielle et que chaque candidat est libre de postuler selon ses ambitions. D’ailleurs, la Majorité a deux candidats au poste lui consacré de premier Vice-président (Ndlr Charles Mwando Nsimba et Toussaint Ekombe Mpetsi) n’a pas exigé de l’opposition de nous retirer un candidat. Seules les urnes vont trancher. Car selon lui, puisqu’il y a deux candidats de la Majorité au même poste. Avez-vous entendu la Majorité dire à l’opposition de retirer cette candidature ? Nous sommes en démocratie et les ambitions sont libres, s’est-t-il exprimé. Après un moment de perturbation occasionné par l’opposition parlementaire, sifflets toujours à la bouche, carton rouge à la main, signe de l’exclusion des candidats pseudo opposition, les députés de la Majorité quant à eux, avaient les mouchoirs blancs en mains, signe de paix et d’apaisement en vue de poursuivre l’ordre du jour de la plénière. Que de tensions et d’empêchements, le président Timothée Kombo Nkisi a suspendu momentanément la plénière en vue d’apaiser les esprits surchauffés par la motion de Jean-Lucien Busa ».
« On le sentait venir, précise Forum des As. Des députés de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et alliés, ainsi que ceux du Mouvement de libération du Congo (MLC) ont, dans leur grande majorité, séché la plénière électorale hier dans la salle des congrès du palais du peuple. Après avoir vainement tenté de bloquer la machine, ces élus, auxquels se sont joints des candidats ayant postulé aux postes de deuxième vice-président (en dehors de Kapuku) et de rapporteur adjoint, ont carrément choisi de boycotter l’élection du bureau définitif de la Chambre.
Au poste de deuxième vice-président du bureau de l’Assemblée nationale, on a compté quatre candidats de l’Opposition: Anzuluni Bembe, Paluku, Samy Badibanga et Timothée Kombo Nkisi. Si, sur les quatre candidats, Anzuluni Bembe détient la qualité d’opposant indépendant, tous les trois autres se réclament de l’UDPS/Tshisekedi. Pour ce qui est du poste de rapporteur adjoint, on a aussi enregistré quatre candidats en course, dont deux du MLC…
En fait, pour deux postes attribués à l’Opposition, cette famille politique, certains élus de ce camp politique tentaient de remettre le ticket jugé gagnant au départ en fonction de certaines tractations. Mais, les jeux étant faits à l’avance, même la fameuse campagne de diabolisation orchestrée n’a pas pu remettre les pendules à l’heure. C’est donc là que des élus de l’UDPS/Tshisekedi et alliés et du MLC ont mis en place une autre stratégie: boycotter le vote du bureau définitif de la chambre basse du Parlement au motif que, dans le ticket proposé par la Majorité présidentielle aurait coopté d’office certains candidats de l’Opposition…
C’est de la sorte que bon nombre d’opposants n’ont pas voté hier au Palais du peuple. Un acte qui renseigne déjà sur l’une des stratégies de ces opposants et ce, durant l’actuelle législature. Sans nul doute qu’à chaque fois qu’ils auront en tout cas l’impression que l’Assemblée nationale fait la part belle à la Majorité présidentielle ou même pour d’autres raisons jugées hautement stratégiques, des opposants se retrouveront de temps en temps en dehors de la salle des congrès pour revenir par la suite. En fait, le boycott ne sera jamais complet dans les rangs de ces opposants. Car il ne s’agit nullement de pratiquer la politique de la chaise vide au Palais du peuple ».
La Prospérité titre: « Malgré le courroux de l’Opposition, Aubin Minaku, Mwando et Kombo sont aux commandes de l’Assemblée nationale ! »
Comme il fallait s’y attendre, il n’y a pas eu suffisamment de surprise dans la soirée de jeudi 12 avril au sein de l’hémicycle du Palais du Peuple. Le Président élu du bureau définitif est Aubin Minaku du PPRD, son adjoint Charles Mwando Nsimba a devancé Ekombe, aussi de la Majorité Présidentielle tandis que le poste de 2ème Vice-Président est revenu au président du bureau provisoire sortant M. Timothée Kombo Nkisi de l’UDPS. Pour La Prospérité, la page est ainsi tournée, pour la vacance au perchoir. La Majorité qui joue à la redistribution des cartes doit aller jusqu’au bout de sa logique, en mettant sur pied un gouvernement en vue de mettre fin au régime des intérimaires, conclut ce journal.
Décryptant cette élection, Le Palmarès souligne que « J. Kabila a gagné le pari de la cohésion des troupes ». En effet, la Majorité parlementaire a fait honneur à son chef. Elle a scrupuleusement respecté les consignes de vote et de discipline du groupe. A l’issue de l’élection, Aubin Minaku, le nouveau speaker de la chambre législatif, a été plébiscité avec 343 voix sur 349 votants, un score au-delà de la majorité absolue.
Aubin Minaku, qui entend faire de l’Assemblée nationale un vrai temple de la démocratie et un haut-lieu de la défense de l’intérêt général, a pris 10 engagements fermes à accomplir au cours de cette nouvelle législature.
S’il existe quelque part un Oscar ou une médaille pour distinguer un journaliste qi produit un article alignant le plus d’évidences et enfonçant le plus possibles de portes ouvertes, Le Soft d’aujourd’hui montre qu’il y a dans l’équipe de Tryphon Kin-Kiey Mulumba un candidat très valable.
C’était prévisible. « Le ticket Minaku plébiscité », note Le Soft. Il note que ceux qui ont gagné ont gagné, ceux qui ont perdu ont perdu. (On ne s’en doutait pas ! Cela vaut vraiment le coup d’acheter un journal ! NdlR)
La majorité a bien respecté la loi portant statut de l’opposition qu’elle a elle-même votée lors de la législature qui a pris fin. Elle a confié des postes à l’opposition en l’occurrence au bureau de la chambre basse dont la prestigieuse 2ème vice-présidence en charge du contrôle parlementaire.
Le Soft tient à souligner qu’il n’appartient pas à la majorité de faire le lit de l’opposition. (Tiens ! On ne s’en doutait pas non plus ! NdlR). La majorité a une mission à conduire : exécuter la vision et le programme dont est porteur J. Kabila. Ce n’est pas avec des opposants qui l’ont houspillé qu’il va conduire l’œuvre de la révolution de la modernité.
(Que retenir de tout ceci. D’abord, que le « baroud d’honneur » de l’opposition était davantage platonique qu’autre chose. Quant à leur composition, les deux « blocs » – dont il faut rappeler qu’en l’absence d’un gouvernement ils se définissent toujours par rapport à la Présidence – sont assez semblables. L’un et l’autre sont un conglomérat « grands partis + mini-partis + électrons libres ». Avec sept postes seulement, l’on n’était sûr que de faire des mécontents.
Ensuite, il faut bien constater que diriger la campagne électorale de JKK semble être l’antichambre du « perchoir » de la Chambre. C’est peut-être étonnant, dans la mesure où les résultats électoraux de Kabila lui-même et du PPRD, même « revus et corrigés » par la CENI et la CSJ, n’ont rien d’éblouissant. Mais, précisément, la « vérité officielle » est que Kabila a été triomphalement réélu et dispose d’une forte majorité, alors que sa réélection est des plus hypothétique et que sa « majorité certaine » se réduit à 16% des élus. Tant qu’à faire, décorer le général renforce l’illusion de la victoire.
Enfin, la Présidence des Assemblées est généralement prise en compte, de même que les portefeuilles ministériels, lorsque, une coalition étant formée, on se livre à la « lutte des places ». Si demain le PPRD grogne parce qu’il n’a pas asez de ministres à son goût, on pourra lui répondre : « Vous oubliez que vous avez la présidence de la Chambre… ». De là à penser que ce parti a devant lui des lendemains qui déchantent… NdlR)
Gouvernement
AfricaNews s’intéresse aux suites du choix de Minaku au perchoir de l’Assemblée nationale. « Premier ministre, 7 noms probables », dit son titre à la Une.
Pour AfricaNews, après l’élévation du PPRD Minaku au perchoir, la piste ouest a peut-être complètement disparu dès lors que Kengo, originaire de l’Ouest comme Aubin Minaku, a encore de beaux jours à la tête du bureau du Sénat.
AfricaNews croit savoir qu’il reste trois ou quatre pistes probables qui s’offrent à Joseph Kabila et qui mettent en pole position pour la Primature : Jean-Claude Masangu (Katanga), Georges Buse (Province Orientale) ; Floribert Mbatshi (Bas-Congo), Matata Ponyo ou Denis Kalume (Maniema) et Emile Ngoy (Kasaï).
D’aucuns affirment qu’il n’est pas exclu que le Président manie totalement un ticket de l’ouverture en confiant la Primature à un opposant, une personnalité issue du Kasaï Oriental, la province d’origine d’Etienne Tshisekedi, ou celui de la cohésion nationale en désignant encore une fois un originaire de l’Ouest, un fils du Bas-Congo.
Est
Le Potentiel titre « Après le Nord-Kivu – Joseph Kabila depuis mercredi à Bukavu ».
« Le président de la République, Joseph Kabila, séjourne depuis mercredi à Bukavu. Sa visite au chef-lieu de la province du Sud-Kivu s’inscrit dans le cadre de rétablissement de l’autorité de l’Etat dans le Kivu. Le président de la République, Joseph Kabila, séjourne depuis mercredi à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Il vient de Goma, au Nord-Kivu où il a déployé une intense activité liée à la situation sécuritaire et militaire. Il a aussi pris contact avec des différentes couches sociales, mettant un accent particulier sur la paix, la cohésion nationale et l’espoir d’un Congo uni et indivisible, rapporte l’ACP. Le chef de l’Etat et commandant suprême des Forces armées de la RDC (FARDC), qui avait eu à réunir les chefs militaires basés au Nord-Kivu, a insisté sur la discipline, le respect de l’unité de commandement et l’esprit de corps dans les rangs des Forces armées. Avant de dénoncer l’instrumentation des communautés qui, pourtant, sont appelées à vivre en parfaite harmonie. Pour Joseph Kabila, « la nation congolaise est un trésor inestimable à préserver, vu les efforts conjugués durant des années par l’autorité suprême du pays pour que la paix règne à jamais à l’Est du pays ainsi que sur toute l’étendue du territoire national et que la sécurité soit renforcée à tout prix ». Il n’a pas oublié aussi des sanctions exemplaires à prendre à l’égard notamment des éléments indisciplinés des FARDC. Par ailleurs, le président de la République a rassuré que la situation sécuritaire au Kivu est sous contrôle et que de profondes réformes sont envisagées pour préserver l’image d’une armée nationale et républicaine. Au Sud-Kivu, l’on croit savoir que Joseph Kabila va poursuivre le même périple de paix et de sécurité en moralisant aussi bien la population civile que les militaires. D’après la Monusco, la situation sécuritaire dans cette partie du pays est restée volatile la semaine dernière, et ce, suite à une série de défections et de troubles internes provoqués par des soldats ex-CNDP, dans les territoires de Kalehe, Kabare, Fizi et Uvira. En outre, l’opération Amani Kamilifu (La paix renforcée) lancée conjointement par les Forces de la Monusco et les FARDC se poursuit, et continue d’inciter à de nombreuses redditions dans les rangs des FDLR, suite aux affrontements avec les FARDC. C’est que, entre le 5 et le 9 avril, les accrochages ayant eu lieu entre les FDLR et les Maï-Maï Rahiya Mutomboki à Bushiboa Bombo et Ekingi, situés respectivement à 25 et 22 kilomètres au Nord-Ouest de Bunyakiri, ont fait sept tués chez les FDLR et onze chez leurs adversaires. Au chapitre de redditions, six combattants FDLR se sont rendus avec trente et un membres de leurs familles à Ngoneyano, Bunyakiri et Burhini ».
L’Avenir explique « Cas Bosco Ntaganda : Ce que Joseph Kabila a dit réellement ».
« Hier jeudi, les auditeurs de la Rfi de la Rd Congo ont été désagréablement surpris d’apprendre que le chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange a manifesté son intention d’arrêter Bosco Ntaganda pour le livrer à la CPI. « Je vais arrêter Bosco Ntaganda parce que l’ensemble de la population souhaite la paix », a dit Joseph Kabila. Cette information, loin d’être saluée par la population, a au contraire surpris plus d’une personne, surtout que de différentes sources contactées sur place à Goma, aucune n’était à même de confirmer cette information. Même la Radio Okapi n’est pas tombée dans ce piège. Elle écrit sur son site Internet, en citant Joseph Kabila que « Bosco Ntaganda peut être arrêté et jugé au Nord-Kivu ou n’importe où en RDC ». Ici, Joseph Kabila ne dit pas qu’il a l’intention de le livrer à la CPI, mais « nous pouvons nous-mêmes l’arrêter, car nous avons cent raisons de l’arrêter et de le juger ici au pays ». Devant les représentants de la société civile réunis à l’Hôtel Ihussi à Goma (province du Nord-Kivu), Joseph Kabila a rappelé qu’en 2002, il y a à peine 10 ans, lorsqu’on négociait pour l’instauration de la paix à l’Est du pays, précisément en Ituri, j’avais dit à Thomas Lubanga, au chef Kawa et aux autres qui sont aujourd’hui en prison, d’arrêter la guerre. Malheureusement, Thomas Lubanga a continué sa salle besogne. Il a été arrêté et transféré à la CPI où il attend sa condamnation. Si Thomas Lubanga avait écouté, peut-être qu’il ne serait pas aujourd’hui à la CPI. A cause de cette indiscipline manifestée par Bosco Ntaganda, indique le chef de l’Etat qui s’adressait aux représentants de la société civile en swahili, nous n’avons pas besoin de le remettre à la CPI. « Nous-mêmes, nous avons des raisons de l’arrêter et de le juger chez nous ». Quant à la pression de la Communauté internationale qui n’est pas de nature à s’estomper, le chef de l’Etat a répondu qu’il ne travaillait pas pour la Communauté internationale, mais pour les populations congolaises. « Tout ce que nous faisons doit être pour l’intérêt de cette population », dit-il. Concrètement, souligne-t-il, un autre cas d’indiscipline de Bosco Ntaganda nous donnera raison de l’arrêter et de le juger, de même que les autres. Cette fois-là, ça ne sera pas un officiel ex CNDP, mais un officier des FARDC. Toujours au sujet de Bosco Ntaganda, il sied de relever un principe capital contenu dans le Statut de Rome portant création de la CPI. Il s’agit de la subsidiarité. Ceci pour dire que certains crimes contre l’humanité peuvent être de la compétence tant de la CPI que des juridictions internes de la Rd Congo. Dans ce cas, la CPI ne peut intervenir qu’en cas de défaillance avérée de la part de l’Etat Congolais. Au cas contraire, il revient à ce dernier de juger son citoyen et de prouver que sa justice peut être prise en exemple dans le monde entier ».
(C’est joliment présenté, mais cela revient finalement à dire que RFI, que ce soit ar ignorance du swahili ou en sortant les mots de leur contexte, a fait dire à JKK ce que JKK n’a pas dit. Il aurait donc finalement dit qu’il pourrait arrêter Ntaganda, mais qu’il ne le fera pas, et que s’il ne le fera pas, c’est précisément la preuve que le Congo est souverain. Bref, la preuve de l’indépendance du Congo, c’est qu’il fait tout ce que veut le Rwanda et son grand frère américain.
Travestir ses capitulations en se drapant dans le nationalisme le plus ombrageux est un numéro dont on a l’habitude. Justifier cela en faisant allusion à des « protestations populaire », c’est un pas de pus dans l’infamie. Il est un fait, cependant, qu’on entend de moins en moins de protestations dans l’Est : à force de le tuer, les habitants sont de moins en moins nombreux. NdlR)
Divers
Le Potentiel publie un article sous le titre « Fibre optique : halte à la mascarade ! ».
Il y relève que « le lancement de la fibre optique achoppe sur l’affrontement entre deux forces. La première est apparente et s’affaire sur le terrain ; la seconde évolue dans l’ombre avec des arguments fallacieux de rentabilité. Au final, c’est l’extérieur qui dicte sa loi avec la complicité des dirigeants congolais, relais du libéralisme sauvage au détriment des intérêts majeurs du peuple congolais. Le mal étant identifié – c.-à-d. : la maffia, selon ce journal, il faut l’extirper au plus tôt.
« Halte à la mascarade ! Le Premier ministre intérimaire a effectué un aller-retour Kinshasa-Muanda-Kinshasa pour s’enquérir de l’évolution de la situation en rapport avec la mise en service de la fibre optique. Les choses traînent, sans une raison valable. Du fait des tireurs de ficelles qui ont manifestement la peau dure. Cette visite du chef du gouvernement intérimaire à Muanda, a le mérite de mettre à nu les insuffisances, l’irresponsabilité caractéristique et des appétits gloutons des décideurs congolais, qui se mettent au service de l’étranger et des milieux financiers maffieux. Il y a à boire et à manger dans ce dossier de la fibre optique. Le blocage actuellement constaté ne se justifie pas que de la volonté de s’assurer une meilleure rentabilité à travers une gestion saine de la fibre optique. Des forces occultes freinent tous les élans que prend ce projet pour des raisons inavouables. La Société congolaise des postes et des télécommunications (SCPT) a pu obtenir d’une banque commerciale de la place un crédit de 12 millions USD. Des tergiversations injustifiées ont entouré la délivrance de ce précieux sésame pour qu’enfin la banque accepte de libérer le solde du prêt consenti. Auparavant, 3 millions USD de cette enveloppe avait pris des destinations inconnues. Les murs non appropriés construits, sur le site prévu pour l’installation de la station d’atterrage, ont été démolis. Un nouvel opérateur est à pied d’œuvre et promet de tout finir au plus tard le 9 juin 2012. Pendant ce temps, les 3 millions ne constituent plus une préoccupation pour ceux qui ont en charge la protection des finances de la République. Pour quelles raisons le gouvernement paiera-t-il une créance de 3 millions USD pour des murs détruits par la nonchalance et la gloutonnerie de certains décideurs ? Ils sont connus, l’heure est venue pour que la justice se charge réellement de leur sort ainsi que la société étrangère qui avait gagné ce marché. Effectuer des missions sur le terrain est considéré comme une mascarade de plus. Ce serait même contreproductif dans l’avancement des travaux en cours. Le plus intéressant serait de traquer ces fossoyeurs des finances publiques, dans le but de dissuader quiconque se hasarderait à rééditer les mêmes indélicatesses. La SCPT étant très avancée, rien ne devra l’arrêter surtout que les équipements fournis par Alcatel n’attendent que leur installation pour servir les usagers et à travers eux la nation entière. Sur le site devant abriter la station d’atterrage, des briques appropriées sont déjà apprêtées et n’attendent plus qu’à être utilisées. Les 6 000 m2 d’espace seront occupés non seulement par la station d’atterrage, mais aussi par d’autres équipements, notamment des groupes électrogènes de secours. Le câble à fibre optique passe à 30 km de la côte de Muanda. Le point d’atterrage étant construit, la SCPT n’aura plus qu’à matérialiser la connexion à la partie qui va jusqu’à Kinshasa pour qu’enfin la boucle soit définitivement bouclée. Selon des sources, la dernière correspondance du ministre des Finances sur instruction expresse du chef de l’Etat, garantissant le prêt, a permis de verser respectivement 3 millions et 5 millions aux soumissionnaires concernés. A tout prendre, rien n’empêche la RDC de disposer de sa fibre optique, en optant pour ligne tracée par le consortium WACs. Les moyens pour sécuriser la ligne, par la construction de 16 stations tout le long du trajet, et les véhicules pour le déplacement des ingénieurs formés en Chine ne font pas défaut. Faire prévaloir un autre plan ne serait pas un agenda de la RDC. Le Premier ministre intérimaire arriverait-il à résister aux assauts des maffieux ? Il doit pousser vers la bonne direction, en n’écoutant pas les champs des cygnes habituées à servir les intérêts autres que ceux de la Nation congolaise ».
(Le PM intérimaire, c’est Koyagialo. Outre le fait qu’un passé de dinosaure mobutiste ne done pas forcément un garand sens de l’intérêt supérieur de l’Etat, il faut tout de même se souvenir qu’avant cela, dans le gouvernement Muzito, il était ministre… des Postes et Télécommunications, c’est-à-dire aussi… responsable de l’installation cafouilleuse de la fibre optique. NdlR)
Enfin, Radio Okapi nous permet de clore cette revue sur une note plus gracieuse : L’élection Miss Congo 2012 aura lieu le 23 juin à Kinshasa autour du thème « lèves-toi et défends la beauté congolaise ».Cette compétition nationale sera précédée de concours provinciaux de beauté. Odiane Lokako, Miss Congo édition 2003, assume le rôle de directrice artistique et technique de ce concours de beauté.
© CongoForum, le vendredi 13 avril 2012










13 avril 2012
Aujourd'hui dans la presse