17/04/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

(CongoForum)

Les résultats des élections demeureront sans doute à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Plusieurs sujets qui intéressent les journaux parus ce mardi à Kinshasa, comme la composition de l’Assemblée nationale, le futur gouvernement de la République, relèvent de cette politique du fait accompli. Il est aussi question de la poursuite de la farce électoral avec l’audit de la CENI. Enfin, on s’occupe de l’insécurité et du séjour de J. Kabila à l’Est du pays,

Elections

Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle.
Qu’en est-il des législatives ?
La Cour suprême de justice (CSJ) a terminé, le samedi 31 mars, l’instruction du contentieux électoral lié aux élections législatives. Plus de 500 affaires ont été prises en délibéré. La haute cour a jusqu’au 20 avril pour rendre les arrêts de chaque affaire puis un arrêt proclamant les résultats définitifs des législatives. Le 2 avril, le cabinet du premier président de la Cour suprême avait fait savoir que ce délai pourrait être plus court.

Aujourd’hui, Radio Okapi lève un coin du voile et titre « Contentieux électoral des législatives: la Cour suprême de justice déclare 200 recours non fondés ».
Aucun recours n’a été déclaré fondé sur les deux cents arrêts déjà prononcés depuis le vendredi 13 avril à la Cour suprême de justice (CSJ). Les cinquante dossiers du contentieux électoral des législatives du 28 novembre traités le lundi 16 avril ont été jugés non fondés sur la plan du fond. La haute cour a déclaré que les parties requérantes n’ont pas présenté des preuves suffisantes et valables pouvant remettre en cause les résultats de la CENI.
Selon elle, les cent cinquante autres recours traités précédemment ont péché par la forme. Les appels introduits par les candidats sont irrecevables pour défaut de qualité des demandeurs en justice. Les personnes qui ont saisi la cour pour contester les résultats n’avaient pas qualité de le faire, conformément à la procédure en vigueur sur le contentieux électoral, explique la haute Cour. Ce sont les partis politiques qui devaient saisir la cour et non les individus. La Cour suprême de justice a déjà traité 200 recours sur plus de cinq cents introduits. L’examen d’autres recours se poursuit.

(Comment évaluer ces « performances » ? Il n’existe pas, évidemment, de statistiques sur le nombre exact des erreurs judiciaires. Il n’existe en fait qu’un moyen d’en avoir une idée fort vague. On peut constater dans le monde entier que, là où il existe une possibilité d’aller en appel, la seconde décision réforme la première une fois sur trois. Autrement dit, une fois sur trois, en moyenne, le second juge estime que le premier s’est trompé. Il faut cependant pondérer cette appréciation purement statistique : 1° pour aller en appel, il faut le vouloir. On peut y renoncer pour des raisons, p. ex. d’argent, qui n’ont rien à voir avec la justesse du jugement, 2° La réforme du jugement peut ne concerner qu’un détail, par exemple augmentation ou diminution de la peine, alors qu’en matière électorale, bien sûr, c’est oui ou non. 3°Ce n’est pas forcément le juge d’appel qui a raison ! Il reste que les magistrats eux-mêmes, par leurs décisions, reconnaissent implicitement se tromper une fois sur trois. L’uniformité des jugements congolais est donc, à tout le moins, bizarre.
Il n’est pas étonnant, par contre, que tant de décisions portent sur la recevabilité, non sur le fond. L’argutie juridique formelle est un péché mignon des juristes congolais. On s’interroge toutefois sur cette prépondérance accordée aux partis sur les candidats. Es électeurs élisent des individus, non des partis. Et que devait faire un candidat UDPS, dont le parti considère les élections comme « nulle », par suite d’une décision de Tshisekedi, que celui-ci n’aurait de toute façon peu prendre en tant que Président de la République, s’il avait été proclamé comme tel, la loi ne reconnaissant pas ce droit au Président. On navique dans un délire juridique qui n’a avec la légalité que des liens fort ténus ! NdlR)

Politique / gouvernement

Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Cela porte le nom anodin de « processus d’installation de nouvelles institutions de la République » alors que c’est le parachèvement du coup d’Etat. L’une de ces tâches est de former un gouvernement. Mais bien que faisant partie du processus « fait accompli », elle recèle un danger. La « large majorité » dont on se gargarise chez les partisans de JKK, basée uniquement sur le choix présidentiel, risque de fondre comme neige au soleil quand la coalition gouvernementale sera connue, tant cette « majorité » est composite et inconsistante.

Pour Le Potentiel, qui titre : « Prochain gouvernement : rien de neuf sous les tropiques! », , le bureau définitif de l’Assemblée nationale ayant été mis en place, la dernière carte qui reste à jouer, du moins à ce stade du processus d’installation de nouvelles institutions de la République, concerne le nouveau gouvernement. Pour peu que l’on sache, si l’on en est effectivement à la dernière étape.
« Mais à quoi donc doit-on s’attendre ? » s’interroge le Potentiel qui répond : « A vrai dire, il n’y a pratiquement plus de suspense. On s’est tellement habitué dans l’opinion que la nomination du prochain gouvernement a cessé, depuis, d’être vécu comme un événement.» Actuellement, analyse le Potentiel, la question n’est plus abordée en termes de configuration du prochain gouvernement ou de personnes qui vont devoir le constituer. On sait, à moins d’une surprise, que c’est la Majorité – parlementaire ou présidentielle cela dépend – qui va piloter le prochain gouvernement.

Dans le même registre, La Prospérité écrit à la une : « Après l’Assemblée nationale, Gouvernement : l’urgence s’impose ! ».
Pour ce journal, la toute première plénière sous l’égide d’Aubin Minaku convoquée ce mercredi 18 avril est une page tournée à l’Assemblée nationale. La Prospérité annonce la tenue de la toute première plénière sous l’égide de Minaku ce mercredi 18 avril 2012. Selon ce journal, il sera question essentiellement de l’adoption de l’ordre du jour de la session ordinaire en cours. Le Bureau de cette chambre en profitera, pour donner des orientations sur la mise en place des commissions parlementaires. Afin de s’assurer de la réussite de cette session, Aubin Minaku a effectué lundi 16 avril une visite d’inspection dans différents services administratifs de cette chambre.
Mais, déjà, note La Prospérité , dans certains milieux, le débat sur les priorités à court terme de la chambre des représentants se porte bien. « Comment discuter d’un budget dont le projet a été présenté par le Gouvernement sortant, au moment où des paramètres économiques auront évolué dans l’entre-temps ? », s’interroge le journal. D’où, pour la Prospérité, la question de la mise en place de l’Exécutif central devient plus qu’une urgence. Le quotidien conclut : « La balle est dans le camp du Président de la République, lui qui rentre fraîchement de l’Est où il est allé éteindre un feu qui menaçait d’embraser cette partie de la République ».

Le Palmarès consacre sa manchette à la formation du gouvernement. « Les derniers réglages s’accélèrent », affirme ce journal en signalant que comme à l’Assemblée nationale, il est question de définir pour chaque poste ministériel, le profil sociologique attendu. Si tel ministère revient à tel parti, ce dernier a l’obligation de présenter un candidat issu de la province exigée. Une fois les principes de cette répartition formalisée, le Formateur se mettra en branle.

L’Avenir dresse le profil du futur Premier ministre. Pour le confrère, ce dernier devra être un homme jouissant d’une expérience avérée dans la gestion des affaires publiques. Il devra être loyal envers le chef de l’Etat et jouir d’une probité morale et intellectuelle. Le prochain Premier ministre ne devra pas être mêlé dans des crimes économiques etc.

Politique / CENI

Tout autre chose à la Une de L’Observateur qui s’intéresse à la « Clôture de l’atelier d’évaluation organisé par la Ceni ». Il annonce que des recommandations quant aux vingt-deux problèmes identifiés par le président de la Ceni, Daniel Ngoy Mulunda sont attendues ce mardi. (En fait, cet article ne fait, en substance, que recopier le discours de Ngoy Mulunda, dont nous reproduisons ici le texte intégral. Nous n’avons coupé que les formules de politesse et fioritures protocolaire, et les invocations religieuses qui donnent trop l’impression que l’on essaye de mêler le Tout-Puissant à une sale affaire. NdlR)

« A l’issue de ce double scrutin, surtout après la proclamation des résultats provisoires, des critiques et attaques sont venues et continuent de venir de partout. En tant que pouvoir organisateur, nous nous sommes décidés de regarder la vérité en face, et d’étudier froidement les avis et rapports des uns et des autres pour voir réellement ce qui n’a pas marché. De notre côté, avec nos techniques, sur le plan interne, nous avons étudié et analysé toutes les critiques qui fusaient de partout et notre conclusion est qu’il y a certes des choses vraies qui ont été soulignées et auxquelles nous devrions faire attention et nous y consacrer pour chercher les causes profondes afin de les éviter dans l’avenir. Pour arriver à avoir les avis de toutes les voix qui se lèvent contre le processus et bien sûr contre la CENI, nous nous sommes décidés de trouver un temps pendant lequel nous pourrions nous mettre à l’écoute des uns et des autres et échanger dans la franchise et le respect mutuel. Ces échanges ne se feront pas dans le but de dire qui a raison et qui a tort, mais dans le but d’améliorer le travail de la CENI. D’où la volonté du Bureau d’organiser une évaluation à mi-parcours sans complaisance de notre processus électoral en y impliquant les acteurs de la société civile et ceux des partis politiques.
Avant de lancer les travaux de cette évaluation, je voudrais que nous puissions tous avoir une même compréhension du travail que nous allons faire et du résultat que nous devons atteindre à l’issue de cet atelier.
D’abord que signifie évaluer ?
Selon le dictionnaire Larousse, évaluer c’est déterminer la valeur, le prix, l’importance ou l’estimer. C’est aussi apprécier la valeur technique d’une chose, son prix et son importance.
Cette définition de Larousse nous laisse sur notre faim. En décidant d’organiser cet atelier, le Bureau de la CENI a voulu créer un espace de libre expression où tout le monde qui est sincèrement préoccupé par la bonne marche du processus électoral c’est-à-dire : tous les partenaires, le gouvernement, les partis politiques et les organisations de la société civile, les missions d’observation, vont s’associer à nous pour déceller et identifier tous les problèmes majeurs ayant entaché les élections du 28 novembre 2011. Les définir, les préciser, en donner les causes et proposer les solutions dans le but d’améliorer l’organisation des échéances à venir.
Tout ceci doit se faire dans un esprit d’ouverture et de courtoisie mutuelle. L’écoute devra caractériser tous les participants à l’atelier.
Je voudrais souligner et attirer l’attention de tout le monde que cet atelier d’évaluation n’est pas un tribunal où la CENI est mise à la barre pour être accusée et jugée. Venir avec une telle idée, c’est tout simplement se tromper. Nous allons être à l’écoute de tout le monde et en tant que Président, je vais demander aux cadres et responsables de la CENI de ne pas se mettre sous la défensive. Qu’ils écoutent avec beaucoup d’attention tout ce qui sera dit dans le but de prendre en compte les préoccupations de tous les intervenants.
Aussi, à ces derniers, je demande d’utiliser un langage courtois pour que leur message passe.
En organisant cet atelier nous avons voulu déplacer les débats des journaux, des antennes des télévisions, des radios, des rapports écrits et créer un espace d’échanges et de recherche des solutions. Car si d’aucuns ont dénoncé et accusé la CENI, nous ne pensons pas que tout le monde l’a fait de mauvaise foi. Je suis d’avis que c’est dans le souci de voir les choses bien marcher et de voir la démocratie se consolider dans notre pays que toutes ces voix se sont levées.
L’objectif principal fixé à cet atelier est de permettre à la CENI, en concertation avec l’assistance électorale internationale et toutes les parties prenantes, de faire le point sur les activités déjà menées dans l’exécution du processus électoral 2011-2013 afin d’améliorer la gouvernance électorale globale dans l’organisation des prochains scrutins ».
…….
Entreprendre un exercice d’évaluation comme celui qui nous occupera tout au long de cette semaine impose que soient identifiés clairement sous forme d’un état des lieux et d’un questionnement objectif, les problèmes connus, les difficultés rencontrées et les causes de ces problèmes et les propositions de solutions pour mieux relever les différents défis à venir lors des prochaines échéances électorales.
Le Bureau de la CENI ainsi que ses techniciens ont pris leur temps pour identifier les problèmes que nous allons tout de suite vous présenter afin de dire à notre peuple et à la Communauté Internationale que nous avons pris le temps d’écouter les uns et les autres. Nous avons identifié les problèmes qui sont soulevés et quelques-uns sont vrais et que nous sommes engagés à l’issue de ces travaux à présenter des propositions de solution que nous aurons trouvées ensemble.
Les questions que nous devons nous poser tout au long de cet exercice sont celles de savoir les causes de ces problèmes ; sont-elles systémiques ? Emanent-t-elles de la vision et du vouloir des membres du Bureau ou du personnel de la CENI ? Avons-nous expressément planifié toutes ces difficultés et comment en sommes-nous arrivés là où nous sommes. Dans quel contexte socio-politique se sont organisées et déroulées ces élections ? Qu’est-ce qui a fait courir la CENI ?
Y a-t-il eu une volonté de la classe politique congolaise d’aller aux élections dans le délai constitutionnel ? Quel a été le niveau de coopération des uns et des autres ? Dans quelles conditions la CENI a-t-elle reçu le financement de ces élections ? Y- a-t-il eu une bonne volonté des uns et des autres de voir la CENI organiser ces élections dans le délai constitutionnel ? Est-ce que tout le monde voulait de ces élections comme l’exige bien la Constitution de la République ? Est-ce que les gens sont sincères quand ils s’expriment ?
C’est en essayant de répondre sincèrement et avec toute la bonne volonté possible à ces questions que nous pouvons corriger et améliorer le processus électoral congolais.
Voici la liste des problèmes que nous avons identifiés et que nous soumettons aux participants afin de les analyser et de proposer des solutions pour qu’ils ne puissent plus ressurgir lors des scrutins futurs:
Le traitement chaotique des candidatures.
Il y a-t-il eu une situation chaotique dans la réception et le traitement des candidatures qui ont conduit à des reports des dates ?
La mauvaise cartographie.
Il y a eu des électeurs qui n’ont pas retrouvé leurs noms dans les bureaux de vote. Il leur a fallu des heures de marche pour retrouver leur lieu de vote. Plus de 300 groupements n’ont pas eu des centres de vote. Ces difficultés étaient-elles créées à dessein par la CENI?
Analysons et cherchons ensemble les causes et proposons les solutions.
L’affichage tardif des listes électorales.
Il est vrai que les listes électorales n’étaient pas affichées dans la plupart des cas trente jours avant le scrutin. Il y a des endroits où les listes ont été affichées la veille du scrutin. Pourquoi ?
Le nombre très élevé des omis sur les listes électorales.
Nous avons tous remarqué qu’il y a eu comme en 2006 un nombre élevé d’électeurs estimés à 1 million de détenteurs des cartes dont les noms ne figuraient pas sur les listes électorales ? L’audit tant demandé du fichier électoral allait-il nous permettre d’éviter cette crise et comment ? Parlons-en sincèrement au cours de cet atelier.
Le coût excessif de transport.
Les factures élevées de transport et les grandes acquisitions ont été à la base de l’explosion du budget des élections. Parlons-en à l’occasion de cet atelier.
Le non respect de la loi sur la passation des marches.
Les achats faits en rapport avec les élections du 28 novembre 2011 n’ont pas fait l’objet des appels d’offres tel que l’exige la législation en la matière. Y a-t-il une explication à cette violation des textes légaux ?
Le désordre et le clientélisme dans les CLCR
Les cas de clientélisme, d’usage de la corruption ont été remarqués, et souvent punis dans les CLCR, par les agents temporaires et circonstanciels que la CENI a employés. Comment améliorer à l’avenir cet état de chose ?
La complication et le volume des bulletins de vote surtout pour les électeurs en âge avancé.
Les bulletins de vote étaient difficilement manipulables et volumineux, mettant en difficulté les électeurs qui prenaient beaucoup de temps pour retrouver leurs candidats et surtout les électeurs avancés en âge.
Tous les témoins n’ont pas reçu les copies des procès verbaux des résultats.
Tous les témoins des candidats n’ont pas reçu les copies des procès-verbaux des résultats. Certains témoins dépassaient la trentaine dans un bureau de vote et repartaient sans preuve des résultats affichés. Cette situation a poussé certains d’entre eux à créer leurs propres résultats et mentir aux candidats qui les ont mandatés.
Le nombre important des personnes non enrôlées.
Il y a eu des villages entiers dont les électeurs n’ont pas été enrôlés et qui se sont vus exclus du processus ?
Le retard dans la distribution du matériel électoral
Il y a eu des centres de vote qui n’ont reçu le matériel que le jour du scrutin et les autres pas du tout.
Avant de continuer nous devons poser la question de savoir si c’était de la mauvaise foi de la CENI ou de son incapacité de faire le travail. Il revient de souligner ici que le Bureau de la CENI a retenu tous les techniciens qui ont organisé les élections de 2006. Quatre-vingt-dix-neuf pourcent est avec nous ce jour et occupe les mêmes fonctions qu’en 2006. Qu’est-ce qui fait qu’ils soient tombés si bas ? Ont-ils oublié le travail qu’ils étaient sensé améliorer à cause de l’expérience acquise et des différentes formations reçues ? Je n’ai pas de réponse.
Epuisement des bulletins de vote à la mi-journée.
Nous avons remarqué, surtout dans les grandes villes comme Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji-Mayi et Kananga que vers la mi-journée, certains bureaux de vote ont manqué des bulletins de vote, mettant ainsi les électeurs et les organisateurs en désarroi. Etait-ce de la mauvaise foi ou un plan d’empêcher les électeurs à voter pour l’un ou l’autre candidat ?
La perte du matériel et des plis électoraux.
Beaucoup de plis étaient perdus à l’issue du vote et ne se sont pas retrouvés dans certains centres de compilation des résultats.
La destruction des bureaux de vote.
Un grand nombre des bureaux de vote ont été détruits surtout dans les grands centres urbains. Pourquoi ?
Violences et attaques contre les agents de la CENI.
Beaucoup d’agents de la CENI ont été battus et molestés par les militants des partis politiques et parfois par les candidats eux-mêmes.
Sécurité du matériel sensible.
Il y a dans certains endroits où la présence de la police était insuffisante pour sécuriser et le matériel sensible et le personnel.
Les directeurs ou propriétaires des écoles désignés de facto chefs de centres de vote et présidents des bureaux de vote et de dépouillement.
Le fait de confirmer que les directeurs des écoles étaient automatiquement les chefs des centres de vote et présidents des bureaux de vote de dépouillement a favorisé la tricherie et les arrangements au préalable entre candidats et responsables des écoles.
La formation ou mauvaise formation en cascade des agents électoraux.
La formation en cascade a prouvé ses limites au cours de ce processus car nous avons trouvé des agents qui ne savaient pas remplir les fiches des résultats. Cette carence dans la formation des agents a causé beaucoup de torts au scrutin.
Hostilité de certains partis politiques.
Les partis politiques hostiles à la tenue des élections ont fait une campagne de violence qui a sérieusement causé l’insécurité pendant les élections.
Insuffisance de communication et absence de cadre de concertation avec la société civile et les medias.
Il n’y a pas eu assez et presque pas de communication surtout avec les associations de la Société Civile et les média. Comment améliorer ?
Le non-paiement à temps des primes et honoraires des agents électoraux et policiers.
Le retard ou le non-paiement des agents électoraux a été à la base de la démotivation de ces derniers et les a souvent exposés à la corruption.
Echec et défaillance de l’éducation civique et électorale.
S’il y a quelque chose qui a desservi le scrutin du 28 novembre 2011, c’est la défaillance de l’éducation civique électorale et la sensibilisation qui n’ont pas du tout marché. Nous devons nous poser la question de savoir pourquoi ? Cet atelier nous donne l’occasion d’en parler. Il est important de noter que plusieurs contraintes externes ont perturbé la meilleure exécution des opérations logistiques. C’est le moment pour tous les participants, acteurs de la chaîne logistique (livraison, déploiement et ramassage) d’analyser objectivement les défaillances remarquées et de tirer de leçons pour mieux corriger lors des actions futures.
Nous reconnaissons également n’avoir pas récupéré tous les plis des Bureaux de Vote et de Dépouillement (BVD) surtout dans la ville de Kinshasa. Nous savons également que plus de 50 chefs de centres de vote (CCV) n’ont pas remis leurs plis et matériels à cause de la violence. Jusqu’à ce jour, leur rémunération est toujours consignée à l’agence financière qui assurait la paie. En effet, la paie était souvent conditionnée à la présentation des preuves de dépôt des plis et matériels.
Ce sont là, …, des questions essentielles qui méritent des réponses idoines lors de cet atelier. Il s’agit d’analyser en toute honnêteté toutes ces difficultés. Notre liste n’étant pas exhaustive, nous vous encourageons à soulever toutes les difficultés que vous avez identifiées et que vous les ajoutiez dans la liste afin de chercher des solutions d’amélioration et de correction.
Le déroulement des opérations mérite d’être analysé de façon approfondie au cours de cet atelier. Tout en tenant compte du contexte dans lequel la CENI a travaillé et des nombreuses difficultés rencontrées dans l’exécution des opérations, les participants à cet atelier devront en toute objectivité s’interroger sur les causes des défaillances que j’ai déjà évoquées et d’autres encore afin de sortir des recommandations justes.
En dépit de toutes ces faiblesses, que du reste, nous reconnaissons, la CENI a développé des stratégies appropriées pour relever le défi d’organiser, dans un délai record de 7 mois, les élections présidentielle et législatives nationales le 28 novembre 2011 dont les résultats annoncés sont justes et crédibles. Toutes ces difficultés énoncées, n’ont pas joué sur les résultats des urnes dans les deux scrutins.
………
Le présent atelier d’évaluation sera conduit de manière la plus inclusive et participative possible telle que librement décidés par les membres du Bureau et souhaité par le comité de partenariat au cours de sa réunion du 15 mars 2012. Il va requérir une implication active de toutes les parties prenantes au processus électoral et des acteurs de la chaîne opérationnelle, à savoir : le Bureau de la CENI, le Secrétariat Exécutif National, les Secrétariats Exécutifs Provinciaux, la chaîne de supervision et les partenaires de l’Assistance Electorale Internationale (DE/MONUSCO et PACE/PNUD).
Pour permettre à tous de participer activement, le programme consacre les trois premiers jours aux séances plénières au cours desquelles les déclarations des parties prenantes seront présentées et suivies d’échanges.
Les quatrième et cinquième jours seront réservés aux travaux en commission qui permettront aux acteurs opérationnels de la CENI et de l’assistance électorale internationale d’analyser en groupe intégré les principales préoccupations soulevées lors des interventions en plénière.
Les différentes déclarations des partis politiques, de la société civile, des missions d’observation, des partenaires et bailleurs de fonds ainsi que d’autres intervenants seront versées dans cinq commissions composées des binômes de la CENI et de l’assistance électorale.
Il s’agit des commissions suivantes :
- Commission 1 : Aspects juridiques, financiers, administratifs et budgétaires ;
- Commission 2 : Logistique, sécurisation et archivage ;
- Commission 3 : Recrutement, formation, sensibilisation et communication ;
- Commission 4 : Opérations électorales et traitement des données;
- Commission 5 : Management et relations avec les porteurs d’intérêt.
….
Après les travaux en commission, le sixième jour sera consacré aux séances plénières de restitution auxquelles seront encore conviés les partis politiques, société civile, observateurs nationaux et internationaux, bailleurs de fonds et partenaires au processus.
L’idée étant de permettre à tous de s’assurer de la prise en compte de leurs observations et recommandations dans les rapports des commissions.
Le septième jour sera réservé à l’adoption du rapport général et à la cérémonie de clôture.La participation active et constructive de tous sera pour la CENI une manifestation de votre attachement à la consolidation de la démocratie et de la paix en République Démocratique du Congo ».
(On en retiendra essentiellement que « En dépit de toutes ces faiblesses, que du reste, nous reconnaissons, la CENI a développé des stratégies appropriées pour relever le défi d’organiser, dans un délai record de 7 mois, les élections présidentielle et législatives nationales le 28 novembre 2011 dont les résultats annoncés sont justes et crédibles. Toutes ces difficultés énoncées, n’ont pas joué sur les résultats des urnes dans les deux scrutins ». C’est-à-dire que, même reconnaissant que des ballots entiers de résultats se promènent encore dans la nature, l’on maintient, en dépit du bon sens, que « tout cela ne changerait rien aux résultats ». Comment peut-on le savoir ?
A noter également que ce texte long et verbeux est muet quant à une réforme et une recomposition de la CENI qui mettrait fin à sa composition actuelle, uniquement politique. NdlR)

Est / Ntaganda / FARDC

Sous le titre : « Confidence de Kabila : Ntaganda sur les traces de Bemba », Africanews rapporte les détails de la rencontre de Goma entre JKK et les forces vives de la province du Nord-Kivu.
Pour ce confrère, c’est un chef d’Etat et commandant suprême des armées plus rassurant et plus confiant de son pouvoir et de la remontée en puissance de son armée qui s’est adressé aux membres de la Société civile. Pour la première fois Kabila évoque clairement la possibilité d’arrêter Bosco Ntaganda, non pas pour le transférer à la CPI, mais avant tout pour le juger des crimes commis sur le territoire congolais. Après le diplomate -d’entre 2001 et 2003- qui a su négocier et ramener la paix, le fin politicien, 2003 – 2006, qui a su conduire une transition de tous les dangers, le reconstructeur, de 2006 à 2011, voici venu le redresseur, en fait le vrai Kabila, celui que tout le monde attendait.

Le Potentiel s’intéresse au mixage et brassage au sein des FARDC. Il note qu’avec la résurgence du dossier Ntaganda, on en sait un peu plus sur la face cachée de toutes les opérations militaires menées dans l’Est de la République, allant du brassage jusqu’au mixage en passant par l’intégration.
Toute la thérapie militaire appliquée dans l’Est pour ramener des éléments égarés dans les rangs des FARDC s’est avérée inappropriée. Prix à payer pour une paix durable à l’époque, le coût de ces diverses opérations s’est révélé au finish du saupoudrage. Un discrédit pour tous ceux qui les ont initiées et soutenues au pays et sur le plan international.

© CongoForum, le mardi 17 avril 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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