LA SOCIETE CIVILE INQUIETE

17 avril 2012

Actualités

La Société civile s’inquiète de l’état sécuritaire en RDC
(Le Potentiel 17/04/2012)

La situation sécuritaire reste préoccupante dans toutes les régions de la République démocratique du Congo. Le Réseau pour la réforme du secteur de sécurité et de justice (RRSSJ) tire donc la sonnette d’alarme en exhortant toutes les autorités à prendre leurs responsabilités.

Dans un point de presse tenu hier lundi 16 avril à l’hôtel Sultani de Kinshasa/Gombe, le Réseau pour réforme du secteur de sécurité et de justice a rendu public le mémorandum de la Société civile sur l’état sécuritaire en République démocratique du Congo.

En effet, les membres du Réseau pour la réforme du secteur de sécurité et de justice (RRSSJ), en réunion nationale au Centre Lassalien de Kintambo, dans la ville de Kinshasa, du 9 au 13 avril 2012, après avoir identifié et analysé la situation sécuritaire inquiétante prévalant dans toutes les provinces de la République démocratique du Congo en général, et dans la partie Est en particulier, ont résolu de saisir les institutions de la République des faits récurrents de sécurité épinglés dans les lignes qui suivent.

A ce tableau sombre, il y a les tracasseries militaires, policières et administratives sur toute l’étendue du territoire national ; la résurgence des groupes armés nationaux et étrangers, surtout dans la partie Est du pays ; l’existence de commandements parallèles au sein de certaines Régions militaires en provinces ; le climat de méfiance entre les communautés, notamment au Kasaï Occidental, en Province Orientale, au Katanga et au Sud-Kivu ; la défection au sein des Forces armées, avec le mouvement du général Bosco Ntaganda et de l’ex-Conseil national pour la défense du peuple (CNDP) du général déchu Laurent Nkunda.

Le RRSSJ note aussi la persistance de braconnage dans les parcs et réserves nationaux par des hommes armés incontrôlés ; la commission massive des actes des violences sexuelles contre les femmes et les jeunes filles par des hommes armés incontrôlés ; les actes d’agression quasi systématiques des défenseurs des droits de l’homme, des organes de presse privés et des journalistes.

A cela, il faut ajouter les cas de braquage des banques en pleine journée, surtout à Kinshasa et dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Katanga ; les crises sécuritaires survenues avant, pendant et après les élections présidentielle et législatives de novembre 2011, en l’occurrence l’usage abusif de la Police nationale à des fins personnelles, le recours à des « Pomba ou hommes forts» pour le maintien de l’ordre public, en lieu et place de la Police nationale ;

En outre, il fustige le phénomène tant décrié, sur toute l’étendue du territoire national, de détournement des soldes des agents de la Police nationale congolaise, des militaires et autres personnels du secteur de sécurité ; la résurgence de la criminalité urbaine avec les phénomènes « Kuluna » à Kinshasa, « Shégués » dans les autres provinces, « Maï Bobo » au Nord-Kivu et Sud-Kivu, « Suicidaires » au Kasaï Oriental, etc., la détérioration du tissu socio-économique.

Face à cette situation déplorable, les membres du Réseau pour la réforme du secteur de sécurité et de justice recommandent ce qui suit : au président de la République de rétablir l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, de prendre des mesures urgentes et réalistes pour mettre fin à l’activisme des groupes armés nationaux et étrangers qui tracassent la population du jour au jour, de prendre des mesures urgentes tendant à accélérer le processus de la réforme de l’armée, de la Police nationale, des services étatiques de sécurité et de justice en vue de garantir la paix et la sécurité nationales.

Au Parlement, de proposer, voter et adopter toutes les lois relatives à la réforme de l’armée, de la Police nationale, des services de sécurité et de la justice ; d’initier des actions parlementaires en vue de trouver solution aux cas récurrents de sécurité et de justice.

Au gouvernement, de veiller sur la sécurité de la population victime des atrocités commises par les agents de la Police nationale congolaise, des Forces armées congolaises et de l’Agence nationale des renseignements ; de prendre des mesures coercitives contre les mouvements des groupes d’éleveurs étrangers Mbororo occupant illégalement une partie du territoire d’Ango en Province Orientale, ainsi que ceux des groupes armés nationaux et étrangers régnant en maîtres dans les provinces de l’Est ; de prendre des mesures de sécurité conséquentes de lutte contre la criminalité urbaine.

Au pouvoir judiciaire, de lutter contre l’impunité des auteurs des cas d’insécurité à tous les niveaux, en disant le droit en toute indépendance.

Par Donatien Ngandu Mupompa

© Copyright Le Potentiel

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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