23/04/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

(CongoForum)

Le sujet vedette du jour reste la formation du gouvernement Matata Ponyo et l’ensemble de la presse semble l’attendre pour bientôt. Quelques commentaires, encore, sur l’avenir de la CENI. Il est aussi question de la sécurité et des rapports entre l’Afrique et le FMI. En Belgique, parution d’un document critique sur les élections congolaises.

Gouvernement

L’Observateur note que le Premier ministre Matata a inspecté la Primature le week-end dernier, question de s’imprégner de l’environnement dans lequel il va passer son mandat.

Encore plus optimiste, L’Avenir titre « Matata consulte : La formation du gouvernement n’est plus qu’une question d’heures ».
Et ce journal s’en explique comme suit : « Depuis vendredi dernier, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo consulte les partis politiques membres de la Majorité présidentielle, en vue d’échanger avec eux, quels objectifs assigner au gouvernement de la République, sa taille ainsi que la qualité de ses membres Le premier face-à-face entre le Premier Ministre et le Secrétaire général de la Majorité présidentielle, doublé de président de l’Assemblée nationale, visait à définir les lignes de conduite au sein de la plate-forme vis-à-vis du gouvernement. L’accélération constatée dans le processus des consultations, justifie la volonté du Premier ministre de former son gouvernement dans un délai raisonnable et de répondre d’urgence aux nombreux défis. La formation du Gouvernement de la deuxième législature de la troisième République n’est plus qu’une question d’heures. Et ce, au regard de l’accélération des consultations observée depuis la semaine dernière dans le chef du nouveau Premier ministre, Augustin Matata Ponyo Mapon.

La Prospérité, sous le titre « Matata Ponyo consulte ! » annonce à la Une les consultations de Matata Ponyo en vue de la formation de son gouvernement. C’est l’heure où ça s’agite véritablement dans les états-majors politiques congolais, indique La Prospérité ! Les CV qui se sont trompés d’adresse, en frappant malencontreusement à la porte de l’informateur Mwando Nsimba, peuvent être dirigés maintenant du côté du Premier ministre, formateur. « Mais, Combien de temps ces consultations vont-elles durer ? », s’interroge La Prospérité qui estime que la réponse à cette question relève de la volonté de tous, du moins de la Majorité parlementaire. Toutefois, le quotidien se fait le porte-parole des congolais indiquant que dans leur majorité, ils voudraient que le prochain cabinet soit moins éléphantesque que ceux qu’on a vu jusque-là et ce, depuis les années de transition où la philosophie voulait qu’on satisfasse tout le monde.

De son côté, Le Potentiel nous affirme que : « Le dossier du gouvernement est sur la table de Kabila ».
Il rapporte que la formation du gouvernement est aux derniers réglages. Ça tourne dans tous les sens au sein de la Majorité. Le partage sera difficile, prévient le journal. Mais, c’est au président de la République que revient le dernier mot pour incarner l’ouverture et s’entourer d’hommes capables de garantir sa vision de la révolution de la modernité, conclut le Potentiel.

L’Oscar de l’enthousiasme optimiste revient à Forum des As, dont la manchette hurle (les majuscules sont d’origine) :« AVEC LA FIN DES CONSULTATIONS INITIEES PAR LE PREMIER MINISTRE NOMME , Le Gouvernement attendu cette semaine * Les noms de ministrables étant déjà sur la table du chef de l’Etat, le ballet politique chez Augustin Matata s’apparente aux derniers réglages ».
Il s’en explique : « La liste des priorités politiques de l’heure indique qu’après le bureau définitif de l’Assemblée nationale et la nomination du Premier ministre, c’est le Gouvernement qui demeure le plus attendu ces derniers temps par les Congolais. Cette préoccupation ne semble pas échapper à la vigilance du chef de l’Etat. C’est ce qui justifierait d’ailleurs les consultations initiées par le Premier ministre depuis le vendredi 20 avril dernier et qui se clôturent, sauf changement de dernière minute, ce lundi 23 ou demain mardi 24 avril 2012. Apparemment, il est désormais question de racheter le temps pour permettre à la Rd Congo de se doter, plus de quatre mois après l’investiture du chef de l’Etat, du Gouvernement issu des législatives du 28 novembre 2011.
Cette semaine pourrait en tout cas être la bonne pour que ceux qui attendent depuis un bon bout de temps la mise en place du Gouvernement issu des résultats des scrutins législatifs du 28 novembre. Car, indiquent des sources dignes de foi, c’est ce lundi 23 ou demain mardi 24 avril que prennent fin les consultations initiées par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Plusieurs responsables des partis de la Majorité défilent, depuis la semaine dernière, dans les quartiers du nouveau patron du Gouvernement congolais pour lui fournir des renseignements susceptibles de lui permettre de fignoler l’architecture du prochain Gouvernement central ».

(Comme on le voit, l’ensemble de la presse s’attend à la publication rapide d’un gouvernement, alors que, de manière assez incongrue, Matata Ponyo Mapon a été nommé PM alors qu’officiellement du moins, le travail du formateur restait encore à faire.
Officiellement, disons nous, car il y a trois mois que les résultats élections ont été définitivement dissimulés et que la CENI a publié ses résultats qui, quoique non crédibles, servent de base aux activités politiques. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Rien n’empêchait cependant, pendant que l’on accomplissait ce rituel vide de sens, que de véritables négociations se soient déroulées pour arriver à accomplir la tâche la plus délicate de ce vénéneux processus : donner frme et consistance à ne « majorité » informe et gélatineuse.
JKK et MPM se trouvent devant la nécessité de faire beaucoup de mécontents alors que leur « majorité » est brinquebalante parce que c’est un conglomérat regroupé par les Lois de l’Entrecôte et du Parapluie. Faire des mécontents, c’est courir le risque de voir leur soi-disant « majorité » de 350 députés se réduire à la minorité de 80 environ sur qui ils peuvent vraiment compter. Pour cela, la formule est connue depuis longtemps. Elle est même éculée et l’on s’étonne un peu de voir qu’apparemment elle puisse encore surprendre! On embouche la trompette pour proclamer la patrie en danger. L’heure est à l’Unité – autour d’un Président mal élu – et à l’oubli des petits intérêts. Il faut faire appel à des gens qui seront surtout incolores ou irisés de couleurs opportunément changeantes, mais dont on proclamera qu’ils sont « compétents et intègres » et tout mécontentement passera pour « antipatriotique ». Et passez muscade…
Si la liste des nouveaux ministres est publiée rapidement, ce sera bien sûr une preuve qu’à côté des actes publics destimés à amuser la galeriie, de vriaes tractations avaient lieu dans l’ombre. NdlR)

FMI

Par ailleurs, Le Potentiel indique que Jean-Baptiste Ntahwa, ministre sortant du Budget, a présidé le dimanche 22 avril à Washington la réunion du Groupe consultatif africain en l’absence de Matata Ponyo Mapon, Premier ministre nommé. Il était à côté de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, lors de cette réunion du Caucus africain.
A l’issue de cette rencontre, les dirigeants africains ont convenu que l’amélioration du climat des affaires, du marché du travail, de la gouvernance et de la fourniture des services publics seraient nécessaires à moyen terme pour générer une croissance soutenue de l’emploi et réduire les inégalités de revenus.
Le Potentiel rappelle aussi incidemment que le Groupe consultatif africain a été créé en 2007 pour renforcer le dialogue entre le FMI et le groupe des gouverneurs africains.

CENI

L’Observateur note que la Ceni s’engage à appliquer les recommandations formulées au cours de l’atelier d’évaluation à mi-parcours du processus électoral 2011-2013 qu’elle a organisé pour améliorer le processus électoral.

Le Potentiel, dont nous signalions samedi l’appréciation très critique sur la « déclaration d’autosatisfaction » de la CENI, affirme que la société civile ne veut qu’une chose, la restructuration de la Ceni. « … elle propose, entre autres pistes de solutions l’organisation d’un dialogue politique pour une concertation entre les principaux acteurs impliqués ; la restructuration profonde de la CENI, de sa conception comme institution citoyenne ou institution politique bipolarisée et de sa composition.
Pour ce qui est de la restructuration de la CENI, les participants recommandent son audit externe et celui de PNUD/PACE. Ils ont également recommandé d’organiser l’évaluation externe de la CENI ; procéder à l’audit du fichier électoral pour la crédibilité et la transparence du processus ; instituer une plénière comme organe de décision, d’orientation et d’évaluation de la CENI ; instituer le bureau comme organe de gestion et d’exécution des décisions…
S’agissant de la composition du bureau, celui-ci devra comprendre des représentants de la Société civile (70%) et des partis politiques (30%). Quant à la plénière, elle devra être composée de 22 personnes représentant toutes les provinces de la RDC.
Parlant de voie de sortie à la crise, l’organisation d’un dialogue politique à format réduit et dans un très bref délai entre les acteurs impliqués dans la crise. Cette rencontre aura comme parties prenantes le président de la République et la Majorité ; les principaux leaders de l’Opposition, la Société civile et la communauté internationale. »

Insécurité

D.I.A. rend compte, dans un article dû à Marthe Bosuandole sous le titre « La Paix au cœur des échanges entre les journalistes et le professeur John Braithwaite », d’une rencontre, le 10 avril dernier au Centre Interdiocésain entre ugroupe de journalistes épris de paix et le Professeur australien John Braithwaite de Australian National University pour réfléchir sur la promotion de la paix en République Démocratique du Congo par les professionnels des médias. La question : ‘Comment construire la paix ?’ a constitué la toile de fond de cette rencontre.
« Professeur des Relations internationales, John Braithwaite a échangé avec les journalistes sur une vision plus large des conflits et les situations politiques qui, souvent, engendrent ces conflits. S’attardant sur le climat politique actuel en RDC, les journalistes congolais ont soutenu que l’opinion n’est pas favorable à l’émergence d’un nouveau conflit. Mais, à condition que le pouvoir en place donne des assurances que les prochaines élections provinciales et locales seront plutôt crédibles. Sinon, projettent les journalistes, deux tendances se dessineront. Il s’agit, soit de boycotter ce scrutin, soit de s’abstenir de voter. Pour ne pas arriver à cela, que ce soit les membres de la Société civile, que ce soit les politiques (Majorité et Opposition), tous réclament le changement au sein du Bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Tous les participants à cette rencontre ont prôné la nécessité de travailler pour le renforcement des capacités sur les questions de paix au-delà des violences que certaines situations engendrent. Il faut dire que cette rencontre avait aussi pour objectifs, entre autres, d’apporter des éléments d’appréciation au professeur sur les recherches qu’il mène dans le domaine de la résolution pacification des conflits, mais aussi sur la publication en cours d’élaboration sur « La Cascade de violences d’un pays à un autre» comme c’était le cas du printemps arabe. Car, a dit John Braithwaite, pour un professeur qui a pour champ de recherches les conflits, la RDC est un pays où la cascade de violences est un des plus criantes dans le monde. Pour ce professeur australien qui arrive pour la première fois en RDC après l’Afrique du Sud et la Tunisie, la Société civile, les Eglises et les journalistes ont un grand rôle à jouer pour rompre la chaîne de violences afin de voir le rétablissement d’une paix durable.
Les journalistes congolais qui ont participé à ces échanges ont relevé que leur travail est parfois entravé du fait que les médias congolais accordent plus d’importance aux dirigeants en tant qu’individus chargés de diriger des institutions. Ce qui fait qu’une institution comme la CENI, organisatrice des élections du 28 novembre 2011 entachées de nombreuses irrégularités, s’est éclipsée et que c’est plus la figure du Pasteur Ngoy Mulunda qui apparaît comme auteur des comportements reprochés à l’institution qu’il dirige. D’où la question soulevée par les journalistes : « Pourquoi ne pas mettre plus l’accent sur les institutions dans nos reportages ? » Pour ces professionnels des médias, une telle approche fera en sorte que des responsables politiques et chefs d’entreprise cesseront de se mettre en vedette, mais travailleront pour le renforcement des institutions qu’ils dirigent ».

Elections

Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus.

Les organisations belges Broederlijk Delen et Pax Christi Vlaanderen ont écrit un MO*paper sur les élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011 en République Démocratique du Congo.

Les élections récentes au Congo ont-elles abouti à plus de démocratie dans le pays? Comment des partenaires internationaux comme la Belgique se sont-ils engagés? Que doivent faire les communautés congolaise et internationale afin que des élections en RD Congo contribuent de façon durable au processus de démocratisation?

On peut y lire notamment : « Dans les années passées, les processus électoraux sur le continent africain se sont souvent déroulés de façon problématique. Les élections récentes en Afrique centrale (le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda) ou dans des pays comme la Côte-d’Ivoire, le Zimbabwe et le Kenya l’illustrent. Dans ces états, des élections ne servaient pas pour rendre possible un changement de pouvoir, mais elles étaient plutôt un moyen utilisé par le régime régnant pour légitimer son pouvoir. Le processus électoral récent en Rd Congo ne déroge point à cette règle.

Ce constat soulève des questions fondamentales. Est-ce que notre définition de la démocratie, notamment un système multipartite avec des élections libres et crédibles à intervalles réguliers, correspond-t-elle comme système à l’histoire africaine, ses traditions et sociétés ? N’est-ce point un concept artificiel occidental qui a été imposé aux états africains ? Est-ce que les états africains ne bénéficieraient-ils pas plus d’un modèle démocratique qui est plus cadré sur l’idée du consensus ? Ce sont des questions pertinentes qui requièrent plus de recherche. Mais nous ne les aborderons pas dans ce paper. Nous sommes d’avis que des discussions fondamentales à ce sujet sont seulement crédibles, si des politiciens africains, des diplômés et des représentants de la

société civile les mènent”.

(On aura reconnu quelques uns des thèmes qui ont été avancés comme essentiels, depuis plus d’un an, dans la série « élections africaines » de « Dialogue », diffusé par CongoForum. Pourquoi dès lors prétendre qu’il faut mener ces discussions « plus tard » ? NdlR)

Veuillez trouver le document en pièce jointe, ou en prendre connaissance à l’adresse http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=186431&Actualiteit=selected

© CongoForum, le lundi 23 avril 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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