26/04/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE JEUDI

(CongoForum)

Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, demeureront sans doute à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Les informations qui défraient la chronique concernent les différents épisodes de ce « coup d’état par le fait accompli », les obstacles qu’il rencontre, les tentatives pour s’y opposer. Ainsi en va-t-il des nouvelles concernant la mise en place des commissions au Parlement, la composition du future gouvernement, l’invalidation de quelques députés par la Cour suprême de justice, l’insubordination dont ont fait montre hier des éléments de la police à l’égard du ministre Luzolo Bambi, les espoirs que mettrait Tshisekedi dans un boycott de Kin par le Sommet de la Francophonie en cas de victoire de François Hollande…

Parlement

D’après La Prospérité, qui titre « La Cour Suprême de Justice a tranché : Dr Jacques Mokako, Modeste Bahati, Laurent Batumona et Henriette Wamu validés ! », les nouvelles en provenance de la Cour Suprême de Justice ont fait trembler le Palais du peuple, ce mercredi 25 avril 2012. Toutes affaires cessantes, les Députés provisoirement élus, siégeant imperturbablement au sein de l’Hémicycle et bénéficiant déjà des premiers émoluments, ont pris d’assaut la Haute Cour. Question d’avoir le cœur net au sujet de derniers verdicts qui ont invalidé et validé une série de Députés Nationaux. L’ambiance était donc à la confusion. Cris de joie par-ci, pleurs par-là. « Dans la foulée, Jacques Mokako du PPRD a été validé et devient, ipso facto, le meilleur élu de la circonscription électorale de Bumba, avec 22.246 voix, très loin devant ses poursuivants : Basiala, Magbengu, Mabunda Jeannine, Egwake Omer et Ambena. Président de l’AFDC, Modeste Bahati triomphe à Kabare, dans le Sud-Kivu, à l’issue d’une rude bataille judiciaire et, avec lui, Mme Ilunga Nkulu Néné, membre de l’AFDC validée dans la Circonscription électorale de Malemba Nkulu, au Katanga, permettant ainsi à l’AFDC de passer de 17 à 19 élus à l’Assemblée Nationale. Ce qui lui vaut un poids politique non négligeable au sein de la Majorité Présidentielle. Laurent Batumona Kandi Kham dit Diatabau, Président du MSC est également réhabilité par la Haute Cour. Celui qu’on appelle affectueusement Nkolo Lopango s’est battu, haut la main, à Kinshasa II, Funa. Dans la même circonscription électorale, Henriette Wamu et Patrick Bologna ont également été validés.
Par contre, Coco Tshomba, Jean-Jacques Mutuale, Michel Kabeya, Edo Kiaku Mbuta, Jean-Claude Baende, Kiziamina, Ngoy Mulunda… ont été invalidés. La série est loin de terminer. D’autres surprises sont attendues ce jeudi 26 avril 2012 à la Cour Suprême de Justice, à la Gombe. La méthodologie aura été imprévisible. Qui aurait imaginé qu’on en arriverait à l’invalidation de certains élus, au niveau de la Cour Suprême de Justice ? Surtout lorsqu’on passe en revue l’évolution des prononcés tels que vécus jusque-là par plus de 300 requérants qui, au fil de jours, n’ont été que déboutés. Soit parce que leurs requêtes étaient recevables mais non fondées ; soit pour défaut de qualité ou encore tout simplement qu’elles étaient irrecevables ».

Le Potentiel s’intéresse aussi à l’’Assemblée nationale avec ce titre : « report de la composition des commissions permanentes ». Le journal écrit dans ses pages intérieurs que le bureau de la chambre basse du Parlement n’a pas eu le temps matériel de procéder à la répartition des députés par Commissions permanentes. Le Potentiel note que le délai de 48 heures accordé aux différents groupes parlementaires constitués, afin de faire parvenir les listes de leurs délégués dans les Commissions permanentes a expiré depuis le lundi 23 avril. Le Potentiel informe tout de même de la formation de trois nouveaux groupes parlementaires.

Radio Okapi se penche également sur cette question. La présentation des commissions permanentes de l’Assemblée nationale prévue mercredi 25 avril a été reportée au vendredi 27. Le bureau de la chambre basse du Parlement n’a pas réceptionné toutes les listes des députés qui doivent composer ces commissions. Mais déjà, des partis de l’opposition réclament la présidence d’au moins trois de sept commissions.
Pour Emery Okundji, député de l’opposition, le fait d’attribuer la direction de trois commissions permanentes à l’opposition garantirait « l’harmonie, la concorde et la bonne ambiance » au sein de la chambre basse du Parlement. « Après ce qui s’est passé [lors de l'élection des membres] au bureau de l’Assemblée nationale, l’opposition compte sur la sagesse du président et de son bureau pour que l’opposition se retrouve avec trois commissions», a-t-il affirmé. Emery Okundji faisait ainsi allusion au mécontentement qu’ a suscité dans l’opposition l’élection de Timothée Kombo Nkisi de l’UDPS et de Tshimanga Bwana de l’ADR aux postes de 2e vice-président et de rapporteur adjoint du bureau définitif. Les députés de l’UDPS ne reconnaissaient pas la candidature du premier, ceux du MLC réclamaient le poste de rapporteur adjoint attribué au second.
Au cours de la plénière de mercredi, le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku a déclaré que son bureau n’avait pas eu le temps de procéder à l’arbitrage afin d’instaurer un équilibre entre les différentes commissions permanentes. Le bureau dispose de la journée du jeudi pour poursuivre l’arbitrage avant la présentation des membres des commissions prévue le lendemain.

(Admirons d’abord une « congolaiserie » typique : faire un drame de toute entorse à un calendrier stéréotypé qui ne peut, évidemment, avoir prévu des circonstances toutes spéciales et inédites.
Ensuite, il faut bien constater que les actes qui découlent du « coup d’état par le fait accompli », sont posés avec le seul souci d’avancer, ou du mois d’en avoir l’apparence, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli, sans trop se soucier de logique et de cohérence, en dehors de celle précisément de ce fait accompli. Cela mène à réunir un Parlement à la composition incertaine et à « géométrie variable ». Aucune tentative n’a eu lieu pour y voir clair dans les résultats des élections. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et est en train de faire même avec ceux des législatives.
Dans cette Chambre où la limpidité n’est certainement pas le trait le plus marquant de la situation, on répartit des fonctions entre une « majorité » et une « opposition » qui ne peuvent, évidemment, se définir comme il se doit, c à d. par rapport à un gouvernement encore dans les limbes… Sans aller jusqu’à souligner méchamment que tous les « honorables » ne sont pas des aigles, il faut bien admettre qu’ils ont des excuses pour ne pas s’y retrouver toujours… NdlR)

Gouvernements (sortant, intérimaire et en formation)

Sous le titre « Spoliation des biens publics : Luzolo Bambi essuie des tirs à Kintambo »,
Le Potentiel rapporte que le mercredi 25 avril, le ministre de la Justice et des droits humains, Luzolo bambi Lessa, a rencontré une résistance farouche sur le site de l’hôpital général de Kintambo présentement envahi par des constructions anarchiques. Pour avoir pris la décision de les déloger, le ministre a été accueilli hier à coup de rafales par des policiers commis à la garde du site précité, occupés par certains dignitaires du pays. D’après Le Potentiel, ce terrain illégalement occupée est une propriété de l’hôpital de Kintambo qui envisageait y construire une morgue moderne. (Pourquoi ne pas laisser le marché et construire la morgue ? Les morts sont les seuls Kinois qui ne souffrent pas devant les prix du marché ! NdlR). Le ministre Luzolo parti s’enquérir de la situation de ce terrain s’est vu refuser l’accès dans cette concession par les policiers en faction à cet endroit. « … Mais à la vue de sa délégation et de sa garde rapprochée, les policiers postés à cet endroit par certains intouchables ont opposé une résistance farouche, jusqu’à se livrer aux tirs des balles. » reprend le journal.

La Prospérité y voit une preuve palpable du dysfonctionnement des institutions des la République démocratique du Congo, et de l’indiscipline caractérisée qui a élu domicile au sein des FARDC et de la Police nationale.

« Grogne à la Primature : le personnel politique réclame ses indemnités de sortie », fait remarquer Le Phare.
Le personnel politique de la Primature est sur les nerfs. Alors que les membres de tous les cabinets des ministres sortants ont perçu leurs indemnités de sortie depuis plus d’un mois, c’est le statu quo au cabinet du Premier ministre. Pour Le Phare, selon des informations parvenues au journal précité, seuls les directeurs de cabinet, les directeurs et les conseillers principaux d’Adolphe Muzito ont pu être désintéressés par le Trésor public.
Quant aux autres catégories du personnel politique, elles sont invitées à la patience.

Le Palmarès annonce « Partage du gâteau, Majorité présidentielle : l’heure des sanctions a sonné ».
Avec la mise en place des institutions, dit ce journal, l’opinion découvre que Kabila tient de plus en plus au rajeunissement de la classe politique. Le fait de faire monter en avant-plan, des personnalités politiquement vierges dit tout, souligne-t-il.

L’Observateur parle de la publication ratée du gouvernement et titre : « Matata Ponyo bloqué par des caciques de la MP et du PPRD ».
Le journal affirme que la publication de l’équipe gouvernementale serait intervenue hier, n’eût été l’intransigeance de certains bonzes du PPRD, le parti présidentiel et la voracité des chefs des partis politiques membres de la majorité. Ces derniers seraient opposés à un gouvernement composé essentiellement des technocrates chargés de booster l’action de l’ancien ministre des finances, Matata Ponyo.

Divers

Le Potentiel indique « Le Pays-Bas soutiennent l’arrestation de Bosco Ntaganda et son transfert à la CPI »
Les Pays-Bas joignent leur voix à celle de l’Etat congolais Joseph Kabila, dit-il, pour demander l’arrestation du général Bosco Ntaganda et son transfert à la Haye.
L’Ambassadeur néerlandais, Robert Van Embden l’a déclaré hier mercredi à la presse.

A en croire Le Palmarès, qui titre « Nord-Kivu : un camp militaire pris pour cible par un groupe d’hommes, bilan : 1 mort et plusieurs blessés », les principales victimes de ce drame sont des femmes et des enfants, agressés à la machette dans leur sommeil. Les assaillants ont tablé sur l’effet de surprise et sur la terreur qu’ils inspirent.

Mais, selon le nonce apostolique : « Benoît XVI porte une grande affection pour la Rdc ».
A l’occasion de la réception organisée à la nonciature apostolique pour célébrer le 7ème anniversaire du pontificat Benoît XVI, le nonce apostolique, Mgr Tito Adolfo, a déclaré que l’actuel pape porte dans son cœur une grande affection pour la Rdc.

Tshisekedi

D’après DigitalCongo, « L’Udps pense à François Hollande pour boycotter le 14ème sommet de la Francophonie à Kinshasa » et Tshisekedi miserait sur l’élection de François Hollande pour saborder le 14ème sommet de la Francophonie à Kinshasa et rééditer ainsi le boycott du 4ème sommet sous François Mitterand. « Insolite : alors qu’il a mis deux mois à se faire passer pour gravement malade à la suite des « violences » subies dans les installations de l’Anr, à porter plainte auprès du Parquet général de la République à charger celle-ci et à alerter les ONG et les radios périphériques pour son évacuation rapide à l’étranger, Jacquemin Shabani a soudain réapparu le mardi 24 avril 2012 à l’occasion du 22ème anniversaire de la proclamation de la libéralisation politique par le maréchal Mobutu. Visiblement en forme, il a procédé à la présentation de deux rapports produits par l’Udps, le premier sur les élections de 2006, le second sur les élections de 2011. Au même moment, l’Asadho et Jed – réputées pro-Udps – ont rappelé à l’opinion leur existence.
La seconde en adressant une lettre ouverte au nouveau Premier ministre de la « République pompeusement appelée Démocratique du Congo » ; la première en se souvenant d’un engagement pris de publier chaque année l’état des lieux des droits de l’homme en RDCongo.
En cinq ans, cette ONG a eu tout le temps de produire des rapports sur des questions politiques, économiques et sociales ponctuelles. Elle n’en a pas eu pour le rapport annuel global. Il a fallu le 24 avril 2012 pour recouvrer la mémoire…
Décidément, rue Pétunias (lisez Union pour la démocratie et le progrès social) a du mal à se démocratiser et à progresser. Alors que Valentin Mubake n’a pas encore fini de rouer de coups le très-très opportuniste Eugène Diomi Ndongala – initiateur de la fameuse Majorité présidentielle populaire (Mpp) pour laquelle son parti se dit non concerné – alors que le débat autour de l’exclusion ou de l’auto-exclusion des 33 des 41 premiers députés nationaux élus depuis la création de l’Udps en février 1982 fragilise davantage la maison Tshisekedi, voilà que Jacquemin Shabani (re)monte au créneau pour relancer la vieille recette du boycott du 4ème sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie qui devait se tenir en 1991 à Kinshasa, à l’époque du maréchal Mobutu.
« … 21 ans après, superstitieux, le parti actuellement réduit au leadership de Tshisekedi espère tenter la chance de voir le 14ème sommet délocalisé, rien qu’en sentant entrer à l’Elysée un autre socialiste, prénommé aussi François, nommé Hollande.
Si l’Udps a attendu les résultats du premier tour de l’élection française, c’est pour s’assurer de l’identité du prochain locataire de ce palais ; les pronostics étant favorables pour le candidat du Ps. Il n’est pas étonnant d’apprendre dans les jours qui viennent que l’Internationaliste socialiste ait reçu un courrier ou un courriel appelant au boycott du rendez-vous de Kinshasa…
« A en croire Jacquemin Shabani, l’Udps s’apprête donc à lancer une série d’actions – certainement de rue comme elle croit en détenir l’expertise – pour atteindre son objectif.
C’est sûr que l’on verra l’ex-Azadho (comme cela fut le cas à l’époque) servir de relais au boycott préconisé, avec l’avantage de s’appuyer sur des ONG comme Jed, Aeta, Eurac etc., en plus de Human rights watch, Amnesty international et autres Transparency international.
Déjà, le député national Clément Kanku a promis son soutien au lider maximo. Il se fait seulement que de 1991 à 2012, beaucoup d’eau a coulé sous le pont, charriant des tas d’incongruités. L’une de ces incongruités est la décision prise par Etienne Tshisekedi, président de la République autoproclamé et auto-investi, d’annuler des élections législatives pour cause d’irrégularités, même celles des circonscriptions où les choses se sont passées correctement !
Pourtant, le lider maximo et ses hommes savent qu’une telle décision ne peut en aucun cas relever d’une institution autre que les Cours et tribunaux. En s’y substituant, Tshisekedi a donné et donne un mauvais signal à ses « parrains » et ses fervents supports, surtout en Occident. C’est comme s’il déclarait ‘L’Etat, c’est moi !’ ».

(L’article, dont ce qui précède n’est qu’une partie, relève très bien les erreurs et illogisme de la manière dont Tshisekedi a réagi aux « résultats » proclamés par la CENI. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a que des résultats dont la crédibilité est nulle. Dans ces conditions, tous les démocrates – car l’intérêt de la démocratie doit primer sur celui des partis et candidats, quels qu’ils soient – devraient réclamer ENSEMBLE – que, soit l’on proclame les résultats, jusqu’ici inconnus, en se référant aux PV des bureaux de vote, soit l’on refasse les élections dans de meilleures conditions. L’autoproclamation de Tshisekedi et son « annulation » des législatives – illégale, même de la part d’un Président régulièrement élu et installé – ne sont que de caricaturales imitations du « coup d’état par le fait accompli » de Kabila. La logique voudrait que Digitalcongo pousse son raisonnement jusqu’au bout et écrive que, ni l’un, ni l’autre, ne peuvent se dire élu, faute de résultats connus qui soient crédibles.

Pour le reste, on s’efforce de nous faire croire que, de la part des élus de l’UDPS, le fait de siéger à l’Assemblée vaudrait acceptation des résultats, y compris bien sûr ceux qui intéressent avant tout les joséphistes : ceux de la présidentielle, alors que les intéressés ont eux-mêmes, dans un discours chahuté à l’ouverture de la session, fait savoir que ce n’était pas le cas.
Quant à l’avantage de s’appuyer sur des ONG comme Jed, Aeta, Eurac etc., en plus de Human rights watch, Amnesty international et autres Transparency international – on oublie au passage notamment l’Union Européenne, la Fondation Carter et quelques autres- on vise là à profiter dans l’autre sens de la confusion faite entre « contester les élections » et « proclamer Tshisekedi élu ». NdlR)

© CongoForum, le jeudi 26 avril 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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