27/04/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI

(CongoForum)

Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, sans doute, resteront inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. L’une de ces tâches est de constituer un gouvernement en donnant quelque apparence de solidité à une coalition, instable parce que purement électoraliste, au sein d’une Assemblée mal élue et en perpétuelle mutation. En effet, l’invalidation et la validation par la Cour suprême de justice de certains députés ou candidats députés dans le cadre des «Contentieux électoraux reste le principal sujet abordé par les journaux parus en Rdc. Mais il y a aussi les sujets qui concernent les provinces comme le Katanga (invalidations de députés), les Kivu (insécurité), l’Equateur (affaire Baende), le Kasaï oriental (fronde des députés provinciaux contre le bureau), le Bandundu (élection du gouverneur) et même Kinshasa (affaire du marché Kintambo).

Gouvernement

L’Observateur intitule: « Ces montagnes de C.V à la Primature ! » un éditorial dont, visiblement, la rédaction n’a pas dû être ennuyeuse.
Il indique que « les volcanologues, urologues, gynécologues, chimistes, licenciés en mathématiques appliquées, politiciens patentés, garçons de courses et de chambres, filles de joie, mécaniciens, « docteurs en pacification et en gestion des conflits », veulent tous faire partie de l’équipe gouvernementale ». « Cette fois-ci ou jamais », entend-on dire, rapporte L’Observateur. Le journal constate que ces candidats, parachutés par des chefs des partis politiques, ne désemplissent pas les allées de la Primature, CV en mains.
(Cette atmosphère de « toute le monde à la soupe » s’explique d’abord par le fait qu’en RDC les fonctions politiques sont, de plus en plus, les seuls emplois procurant un revenu substantiel et susceptible d’être, la plupart du temps, réellement payé. La « loi de l’Entrecôte » explique donc ces nombreuses « candidatures spontanées ». Mais ce n’est pas tout. La mission du formateur, même affublé d’un titre prématuré de « Premier Ministre » est en fait de sortir d’une « majorité » qui n’est qu’un conglomérat inconsistant, rassemblé par la même « loi de l’Entrecôte » combinée avec celle du Parapluie, qui leur a fait penser qu’ils seraient plus à l’abri derrière JKK, une coalition gouvernementale à peu près viable, sans toutefois mécontenter trop de mode dans cette « majorité » car alors, la soi-disant « large majorité » d’environ 350 sièges des joséphistes pourrait se trouver réduite à la maigre réalité d’environ 80 hommes-liges réellement fiables. Cette réalité est trop peu glorieuse pour être exposée telle quelle dans les médias. La formulation prudente utilisée par les journaux est que Matata cherche à composer un gouvernement « sans vieux caciques », qu’il veut une équipe « jeune », une « nouvelle génération » de ministres en vue de la « Révolution de la Modernité », une équipe de « technocrates ». Le « sang neuf » et les « compétences techniques » sont les motifs habituels mis en avant dans des cas de ce genre. Il ne faut pas s’étonner que d’aucuns les prennent à la lettre et tentent leur chance. NdlR)

Assemblée nationale

L’Observateur titre au sujet des législatives: « 32 députés invalidés par la Cour suprême de justice ».
Ce quotidien rapporte que dans son arrêt rendu dans la nuit du mercredi dernier, la Cour suprême de justice a invalidé les mandats de trente-deux députés déclarés élus par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Les députés invalidés, poursuit le confrère, sont remplacés par d’autres déclarés élus par la Cour. L’Observateur publie la liste des députés invalidés (sortants) et ceux validés (entrants).

La Prospérité revient aussi sur cette actualité déjà exploitée la veille. Ce quotidien relève que dans le tableau synthétique de la Cour, publié le jeudi 26 avril, vingt circonscriptions électorales ont été sensiblement revisitées par les hauts magistrats de la Cour, notamment celles de Kalemie, Malemba Nkulu et Kabalo dans la Province du Katanga pour ne citer que celles-là.

Le Phare titre, au sujet de l’invalidation et de la validation par la cour suprême de justice de certains députés ou candidats députés dans le cadre des «Contentieux électoraux, « La cour suprême de justice invalide des députés : « Baende à la porte de la prison » ».
Le Gouverneur de la province de l’Equateur, Jean-Claude Baende figure au nombre des députés « nommés » par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) mais que vient d’invalider la Cour suprême de justice. L’homme qui avait fait marcher le Sénat qui enquêtait sur sa gestion se retrouve aujourd’hui comme simple citoyen, sans immunité ni parapluie protecteur. Le verdict de la Cour suprême de justice vient d’ouvrir ainsi la voie aux poursuites judiciaires dont il devait logiquement faire l’objet, pour avoir commandité des actes de violence à Mbandaka lors des élections législatives. Pour ce journal, c’est une bonne chose que de punir les candidats députés qui ont « volé » les voix des électeurs. Mais l’œuvre serait incomplète si les réseaux maffieux de la Ceni et leurs commanditaires demeurent impunis. (Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et s’active à faire de même pour les législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Mais, qu’il s’agisse d’y voir clair dans les résultats de 2011 ou d’éviter à l’avenir des élections semblablement calamiteuses, on ne pourra éviter de s’en prendre à la CENI)

L’Avenir titre « Dossiers des contentieux électoraux : Plus de 350 arrêts ont été rendus par la Cour suprême de Justice ».
Il évoque « un adage africain (qui) dit que «Les loups ne se mangent pas ». (Vu l’absence de loups en Afrique, il doit y avoir là comme un petit « couac » géographique). Cet adage, poursuit-il, ne s’est pas appliqué chez les candidats à la députation nationale. L’Avenir note par ailleurs qu’ «il appert qu’aucun parti de l’opposition n’a pu invalider les candidats de la Majorité présidentielle. Les candidats de l’opposition se sont fait la guerre entre eux et se sont invalidés, bien que la Majorité a réconforté encore sa force au sein de la Chambre basse du parlement ».

Le Potentiel en ce qui le concerne titre : « Contentieux électoraux : la Cour suprême de justice invalide des députés ». Après des recours en annulation qu’elle a examinés dans le cadre des contentieux électoraux, la Cour suprême de justice (Csj) a rendu publique la première vague d’invalidations des députés nationaux, indique ce journal qui souligne aussi que « La Haute cour s’est basée surtout sur ses propres compilations des résultats». (On serait bien sûr curieux de savoir d’où la CSJ aurait tiré une novelle compilation, et comment elle se justifie !!! NdlR)

Provinces

Forum des As titre en forme de mise en garde: « Kabila appelé à calmer le tempête au Kasaï Oriental ». Le journal dresse un tableau de la situation qui prévaut dans cette partie du pays. Au Kasaï oriental, la situation demeure marquée par une fronde des députés provinciaux contre le bureau de l’Assemblée provinciale dirigé par Alidor Denis Kabuba Mpetembe. Le journal s’étonne que le chef de l’exécutif se soit posé en « arbitre » intéressé dans le conflit en paraissant prendre faits et causes pour les députés frondeurs.

« Des milices à Kinshasa : Les Congolais à la recherche d’un Etat », titre Le Phare. Très active à l’Est et au Nord du pays, les milices sont en train de prendre progressivement pied à Kinshasa, estime ce journal.
En effet, dans le dossier sécuritaire, Le Phare titre « Le ministre de la Justice et Droits humains, Luzolo Bambi, qui assume par ailleurs l’intérim au ministère de la Défense, l’a appris à ses dépens le mercredi 25 avril », commente notre confrère. Ce membre du gouvernent a en effet, été défié et humilié par des éléments armés postés dans la concession de l’Hôpital de Kintambo, dont une portion est présentement envahie par des constructions anarchiques. Selon des sources proches de son entourage, son « Excellence » était dans une mission d’inspection de ce site loti dans l’anarchie la plus totale. Interdit d’accès par des gardiens armés en uniforme, il n’a pu faire prévaloir la force de la loi face aux personnes qui se sont engagées dans la spoliation d’un espace public destiné à la construction d’une nouvelle morgue.

« Nouvelle rébellion en Ituri : la Monusco se dédouane », titre Le Potentiel. Une nouvelle rébellion est en gestation en Ituri, annonce-t-il. Elle porterait la marque Bosco Ntangada, général Fardc en cavale. La révélation est de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo. (Monusco), écrit ce journal.
Curieusement, explique Le Potentiel, la nouvelle tombe à deux mois de l’examen par e Conseil de sécurité des Nations Unies du mandat des forces onusiennes en Rdc. La révélation de la Monusco est la preuve des plus de son l’incapacité à jouer véritablement son rôle. Une façon de se dédouaner pour camoufler sa compromission.

« Election du gouverneur : le Bandundu divisé », titre L’Avenir.
Selon lui, « la province du Bandundu ne sait pas émettre sur la même zone d’onde. La Majorité présidentielle a choisi son candidat gouverneur, Jean Kamisendu, pendant que circule dans le chef-lieu de cette même province un document qui porterait la signature du Directeur de cabinet du chef de l’Etat apportant son soutien à un candidat indépendant. Entre-temps, poursuit-il, le cadre de réflexion pour le développement de la province du Bandundu porte son choix sur un autre candidat, l’ingénieur Beleke Tabu, et estime qu’il entreprendra une vraie réforme en vue de placer les jalons pour l’éclosion d’un développement socio-économique de la province ».
(Est-ce « la province » qui n’émet pas sur une seule longueur d’onde ? Ne serait-ce pas la « majorité », qui n’est qu’un conglomérat inconsistant rassemblé par les lois combinées de l’Entrecôte et du Parapluie, qui émet des signaux contradictoires ? NdlR)
L’Avenir s’interroge alors : « Qui de tous ces candidats parviendra à avoir le vote des députés provinciaux de cette province le lundi 30 avril 2012, même si ces derniers n’ont pas droit à l’erreur. D’autant plus que le Bandundu demeure une province très en retard dans tous les secteurs. Qui sera le prochain gouverneur de la province du Bandundu, en remplacement du Dr Richard Ndambu qui avait démissionné pour occuper exercer son mandat entant que député élu dans cette province ? »
Déjà, constate L’Avenir., les violons ne semblent pas s’accorder entre candidats. Ce qui est tout à fait normal, et c’est l’essentiel d’un point de presse qu’a animé le porte-parole de la Majorité présidentielle, Sébastien Luzanga Shamandevo, au siège de cette plate-forme.

Diaspora

Après le dépôt du rapport final des observateurs de l’UE sur les élections, les Congolais de le « douzième province », entendez la Diaspora, on adressé un mémo à l’UE. En voici quelques extraits. Le texte intégral peut être télécharger sur notre site à l’adresse suivante : http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=2&newsid=186517&Actualiteit=selected

Permettez-nous de .. vous exprimer notre satisfaction à la lecture du rapport publié par la Mission d’Observation des Elections de l’Union Européenne (MOE UE) … Cette satisfaction se renforce également par la décision de l’Union Européenne de conditionner le décaissement du reste de son financement au processus électoral congolais par le respect des critères liés à la mise en œuvre effective des recommandations de votre mission d’observation électorale en RDC.

En parcourant rapidement les différents rapports établis par les organismes d’observation nationaux et internationaux, on relève unanimement que là où le Centre Carter déclare que le processus électoral n’est pas crédible et que les résultats donnant la victoire à Joseph Kabila n’offraient pas la crédibilité requise, le principal regroupement d’ONG de la région de l’Afrique australe, le CONG-SADC, déclare pour sa part :
« Les élections en RDC ne répondent pas aux standards et aux principes et lignes directrices de la SADC en la matière ; encore moins à la conformité de la Loi électorale congolaise, compromettant ainsi leur « crédibilité » ». Avant de conclure que « la tension politique qui en résulte pourrait, en cas d’incidents violents, entraîner « désastre » pour la SADC, l’Afrique Centrale et l’Afrique tout entière. »

A l’inverse du Ministre belge des affaires étrangères, Mr Didier REYNDERS, le seul et unique responsable politique européen, qui contre toute attente, déclare haut et fort, à qui veut l’entendre, qu’en dépit des irrégularités l’ordre d’arrivée des candidats reste inchangé, la MOE UE précise dans son rapport définitif du 29 mars 2012 que les résultats des élections de 2011 en RDC ne sont pas crédibles.

En effet, dans sa lecture politiquement orientée et son interprétation délibérément fallacieuse du rapport du Centre Carter, devenu désormais sa référence biblique électorale, avec le concours d’une certaine journaliste partisane, en l’occurrence Mme Colette BRAECKMAN, qui, pour le besoin de la cause, a mis son code déontologique dans sa poche, le Ministre belge des affaires étrangères oublie, à dessein, de restituer cet extrait dans son contexte originel décliné en ces termes : « En effet, cette déclaration ne remet pas, expressis verbis, en cause l`ordre des résultats des candidats tel qu`annoncé par la CENI mais précise simplement que le processus de compilation est non crédible. Cependant une analyse plus détaillée des résultats préliminaires pourrait faire apparaitre d’autres tendances et variations qui suggèrent un dépouillement et une compilation qui manquait d’application uniforme de procédures pour tous les électeurs congolais. »

Ainsi, pour couper court à ceux qui prétendent que son premier rapport ne remettait pas en cause l’ordre d’arrivée des candidats, le Centre Carter a ouvertement reconnu dans son dernier rapport, l’existence d’une crise de légitimité et a proposé soit de revoter ou de dialoguer afin de doter le Congo des dirigeants politiques légitimes vu que les élections de novembre n’y étaient pas parvenues.
De plus, il nous revient, par ce biais, de rappeler à l’attention du Ministre belge des affaires étrangères, au cas où cela aurait échappé à son attention, qu’aucune mission d’observation n’avait reçu mandat de certifier les résultats, encore moins d’établir l’ordre d’arrivée des candidats. Ainsi l’a d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises, Mme Mariya NEDELCHEVA, députée bulgare et chef de la mission d’observation de l’Union européenne en RDC. Ainsi, à la lumière de la mission et du rapport définitif du Centre Carter, sa déclinaison, quant au fameux ordre d’arrivée, ne résiste pas à la moindre analyse rationnelle rigoureuse, qui pis est nulle et sans objet. Par conséquent, le Peuple Congolais, au nom de sa Diaspora, soucieux du respect des valeurs démocratiques universelles et d’une marche sereine des institutions républicaines, invite le Ministre précité à faire preuve d’honnêteté intellectuelle et à revoir sa copie en toute humilité.
Une constante se dégage unanimement des différents rapports de principales missions d’observation : le processus électoral et les résultats des présidentielle et législatives manquent de crédibilité. On y reconnaît explicitement une grave atteinte à la démocratie et une crise de légitimité du pouvoir actuel.
Force est de constater que le rapport définitif de votre institution donne une petite lueur d’espoir au Peuple Congolais qui ne cache pas sa faim de démocratie et reste sur sa soif de connaître la vérité des urnes vers lesquelles il s’est mobilisé, en toute maturité et responsabilité politique le 28 novembre 2011. C’est ici pour nous l’occasion de saluer cette prise de position de votre part qui a le mérite de ne pas cautionner, ni protéger, encore moins soutenir des résultats électoraux frauduleux. Cette attitude courageuse et responsable de l’ensemble des Etats de l’Union Européenne isole de ce fait même la position éhontée, marginale et politiquement incongrue de certaines autorités belges qui se sont empressées à encenser ou à subtilement légitimer les institutions issues de ces élections de la honte pour l’Afrique.
Au regard de diverses constatations et du déroulement du processus électoral, il appert clairement que le pouvoir sortant, se sachant impopulaire et désapprouvé par une grande majorité de la population, et de surcroît incapable de renouveler démocratiquement son mandat, a entrepris en amont comme en aval une vaste opération ayant rendu le processus et les résultats électoraux non crédibles afin d’en tirer illicitement profit et de se maintenir au pouvoir contre la volonté du Peuple.

Au travers de votre rapport et de votre ferme condamnation de la répression brutale des paisibles chrétiens survenue ce 16 février 2012 – s’étant accompagnée de la profanation des lieux sacrés du culte jusqu’où certains manifestants ont été pourchassés -, à l’instar du rapport de BCNUDH, vous y déclinez publiquement, à la face du monde, votre refus de servir de manteau à tous les crimes horribles qui ont été commis avant, pendant et après les scrutins. Nous saluons également cette prise de position.

Le Peuple Congolais perçoit, à travers votre rapport, votre volonté de ne pas être complice de tous les crimes odieux qui sont perpétrés dans son pays par des individus sans éthique morale ni politique, qui détiennent le pouvoir par la force des armes et des chars de combat, en collusion d’intérêts avec des groupes mafieux et des multinationales sans scrupules agissant entre autres sous le couvert de quelques politiciens belges et une certaine presse acquise à leur cause.

Si la justification des scrutins … était d’imposer et maintenir… des dirigeants honnis par le Peuple Congolais …, pourquoi l’UE, au péril de sa crédibilité et son prestige, a choisi d’investir des dizaines millions d’Euros en cette période difficile où l’Europe est gravement confrontée à une crise financière sans précédent? Ces millions dont l’utilisation opaque par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) ne permet pas à ce jour d’éclairer l’opinion sur leurs affectations respectives, auraient permis un tant soit peu d’épargner à des milliers de familles en Grèce, en Espagne, en Irlande ou au Portugal de se retrouver du jour au lendemain sans emplois ou dans la rue.

Quelle est cette démocratie où l’on ne tolère pas la liberté de manifestation publique ? Est-ce ce type de régime et d’institutions que l’Union européenne et ses Etats-membres veulent promouvoir au Congo ?

La Diaspora Congolaise …, au-delà de la symbolique scripturale des recommandations du rapport de la MOE UE, éprouve beaucoup de peine à suivre la rhétorique de votre institution. D’un côté, elle apprécie les prémisses de votre rapport qui stigmatise le processus électoral congolais. D’autre part, elle ne comprend pas que votre institution s’abstienne d’arrêter des mesures adéquates qui, en toute logique, devraient découler des constatations que vous avez pu établir. C’est-à-dire les mesures de contrainte fortes de nature à favoriser la mise en place des institutions réellement légitimes en vue de sauvegarder la cohésion nationale fragilisée à la suite de ces élections. En effet, comment pouvez-vous, d’une part, dénoncer des faits tels que la non crédibilité des résultats électoraux ayant placé à la tête du pays des dirigeants illégitimes et, d’autre part ne rien faire contre cette situation d’imposture ? Une telle prise de position ferme de votre part aura plus d’impact qu’une simple condamnation de principe, présentée sous forme d’un placebo diplomatique souvent accommodant pour les régimes autocratiques, comme on le constate aujourd’hui en Syrie. Le Peuple Congolais attend de l’UE, premier contributeur pour la RDC, et des Etats-membres, dans le cadre de l’aide au développement, une position et des mesures d’accompagnement fermes à l’encontre du régime en place afin de sauvegarder la démocratie et de garantir les droits du peuple congolais. Ainsi donc votre auguste institution n’apportera pas, aux yeux des congolais, sa caution morale à la mascarade électorale de 2011, aux institutions ainsi qu’aux dirigeants illégitimes issus desdits scrutins.

Permettez-nous enfin de vous demander de transmettre aux Peuples frères de l’Union Européenne ces paroles de René CASSIN, Prix Nobel de la Paix en 1968 et un des artisans, aux côtés de Stéphane HESSEL, de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :
« L’essentiel est que notre Conscience ne devienne jamais indifférente même par l’excès de l’horreur aux injustices et aux souffrances qu’il a été possible d’épargner à d’autres hommes par un effort fraternel. Aucun de nous n’a le droit d’être en repos en face de l’oppression ou de la misère ».

(Les mots en exergue – gras, soulignés, etc…, le sont d’origine. NdlR)

© CongoForum, le vendredi 27 avril 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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