30/04/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

(CongoForum)

Compte tenu du temps qui s’est écoulé, les résultats des élections du 28/11/11 demeureront sans doute à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. La CSJ a fini d’entériner les résultats des législatives et un gouvernement a été formé. La composition du gouvernement Matata Ponyo, a été rendue publique samedi 28 avril 2012 dans la soirée. Il y a quelques noms connus: Banza Mukalayi Nsungu, Bahati Lukwebo, Kin Kiey Mulumba, Raymond Tshibanda, Lambert Mende et surtout beaucoup de néophytes dont on peut déjà prévoir que les « vieux crocodiles » ne feront qu’une bouchée.

Gouvernement

La liste des nouveaux ministres a circulé d’abord, dans la nuit de samedi à dimache, sous forme de document établi d’après un enregistrement AUDIO de RTNC, d’où parfois des fantaisies dans l’orthographe des noms ou leur séparation. Peu après, on a eu connaissance du décret officiel, que l’on peut consulter ou télécharger à l’adresse http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=186557&Actualiteit=selected

Répartition par partis

PPRD: 9 (Kasweshi, Munga, Sadok, Mbuinga, Maker, Muyej, Atama, Mumba, Tunda wa Kasende)
MSR: 3 (Vahamwiti, Kibala, Ngokoso)
PALU: 2 (Mukoko, Kabwelulu)
PPPD: 0 ou 1?
ULDC: 1 (Tshibanda)
NAD: 1 (Inagosi)
ADH: 1 (Magbengu)
UNAFEC: 1 (Sakina)
ECT: 1 (Numbi)
UCP: 1 (Vunabandi)
UDCO: 1 (Banza Mukalay)
AFDC: 1 (Bahati Lukwebo)
PDC: (N’sa Mputu)
CDC: 1 (Nemoyato)
PR: 1 (Kalumba)
PA: 1 (Kin-Kiey)
UDCN: 1 (Rwakabuba)
ARC: 1 (Nawej)

[Munga et Mumba sont perçus comme PPRD, bien que leur appartenance soit incertaine. De même, Tshibanda est perçu comme PPPD. NdlR]

Distribution par Provinces

Katanga: 9
Province Orientale: 4
Kasai-Oriental: 3
Nord Kivu: 3
Sud Kivu: 3
Bandundu: 2
Maniema: 2
Bas-Congo: 2
Equateur: 2
Kasai-Occidental: ?

[Appartenance ethnique des originaires de l’Est - Celestin Vunabandi est Hutu de Rutshuru et proche d’Eugene Serufuli, Sadok Biganza est Munyamulenge du Sud Kivu, et Maguy Rwakabuba, Tutsi de Rutshuru. NdlR]

Ce que l’on sait d’eux
Premier ministre : Augustin Matata Ponyo, province du Maniema, 48 ans, spécialiste en questions monétaires. Parcours : fonctionnaire à la Banque centrale du Congo ; directeur (2003-2010) du BCECO (Bureau central de coordination) ; ministre des Finances (2010-2012).

Défense, anciens combattants et affaires coutumières : Alexandre Lubal Tamu (V/Premier ministre), Katanga, Lubakat.

Budget : Daniel Mukoko Samba (V/Premier ministre), Bas-Congo, docteur en sciences économiques, Japon. Parcours : fonctionnaire au PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), directeur de cabinet adjoint du Premier ministre (2010 – Adolphe Muzito).

Affaires étrangères, Coopération internationale et Francophonie : Raymond Tshibanda Ntungamulongo, 62 ans, Kasaï oriental, licencié en sciences politiques. Parcours : fonctionnaire international au HCR (Haut commissariat pour les réfugiés) ; directeur de cabinet adjoint du Premier ministre (1991 – Crispin Mulumba Lukoji) ; ministre du Tourisme, Environnement et Conservation de la nature (1996-1997) ; Porte-parole du collectif de l’opposition (Codep – 1999 à 2003); vice-ministre du Plan (2003-2006) ; directeur du cabinet présidentiel (2007) ; ministre de la Coopération régionale (2008).

Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières : Richard Muyej . Province du Katanga, 57 ans, licencié en histoire. Parcours : enseignant ; activiste de l’Uferi (Union des fédéralistes et des républicains indépendants) du duo Jean Nguz a Karl i Bond-Gabriel Kyungu wa Kumwanza (1990-1997) ; conseiller socio-culturel auprès du gouverneur du Katanga (1993-1994) ; DG de l’entreprise Kisenge Manganèse (1995-2001) ; co-fondateur du PPRD et président de la fédération du PPRD-Katanga (2002-2007) ; député national (2006), ministre chargé des Relations avec le Parlement (2010), ministre intérimaire de la Communication et des médias (2012).

Justice et Droits humains : Wivine Mumba Matipa, province du Katanga, avocate d’affaires.

Finances (ministre délégué) : Patrick Kitabi Kibol. Province du Katanga
Katanga, lubakat, pharmacien, ancien agent à la Gécamines

Agriculture et Développement rural : Jean-Chrysostome Vahamwiti
Nord Kivu ( ?)

Education primaire, secondaire et professionnel : Maker Mwangu Famba
Kasaï occidental, 51 ans, licence en sc. Po. Il garde le même portefeuille.

Genre, famille et enfant : Geneviève Inagosi, Province Orientale, journaliste RTNC ; députée nationale (législatives 2011).

Affaires sociales, Actions humanitaire et Solidarité nationale : Charles Nawej Mundele. province du Katanga.

Emploi, Travail et Prévoyance sociale : Modeste Bahati Lukwebo ; Sud Kivu, 56 ans, docteur en sciences économiques. Parcours : ministre du Budget (1994) et de la Fonction publique (1995) ; président de la société civile du Congo (2002-2005) ; député national (2006) ; Questeur à l’Assemblée nationale (2006-2009) ; président du Groupe des députés indépendants ; député national (repêché en avril 2012 par la Cour suprême de justice).

Santé publique : Felix Kabange Numbi. Province du Katanga, président du parti «ECT» (Eveil de conscience par le travail), une de ces formations politiques qui ont fait leur première apparition lors des élections du 28 novembre 2011. Malgré sa «jeunesse», l’ECT compte treize députés «élus» ou «nommés», c’est selon, à l’Assemblée nationale.

Enseignement supérieur et universitaire : Chelo Lotsima ;Province Orientale. Linguiste.

Jeunesse, Sport et Loisirs, ainsi que Culture et Arts : Banza Mukalayi Sungu. Province du Katanga, 59 ans, licencié en langue et littérature française. Parcours : Journaliste ; enseignant (1975-1980); commissaire du peuple en 1982 et 1987; ministre chargé des Relations avec le Parlement (1990); 1er vice-président du MPR (1992); vice-Premier ministre chargé des Mines (1996); ministre des Mines et énergie (avril-mai 1997); exil en Zambie; membre du RCD-Goma; vice-ministre des Travaux publics et infrastructures (2003); président fédéral du RCDpour le Katanga (2004); vice-ministre de la Coopération internationale (2005); député national (2006); président du conseil d’administration de l’INSS en 2008 (sécurité sociale).

Mines : Martin Kabwelulu. Province du Katanga, 64 ans, Palu, licencié en économie. Il occupe le très convoité portefeuille des Mines depuis février 2007.

Portefeuille : Louise Munga Mesozi. Province du Katanga – Kivu ? -. Parcours : cadre à la banque UZB (Union zaïroise des banques) ; membre du PPRD, conseillère principale à la Présidence de la République chargée de la «Bonne gouvernance» et «la lutte contre la corruption» (2007) ; ministre des PTT (2007-2008) ; trésorière du PPRD lors du 2ème congrès de ce parti organisé en août 2011.

Economie et commerce : Jean-Paul Nemoyato Bagebole ; Province Orientale. Parcours : député national initialement étiqueté CDC (Convention des démocrates chrétiens).

Infrastructures et Travaux publics, l’Aménagement du territoire, Urbanisme et Habitat : Fridolin Kasweshi. Province du Katanga. Parcours : ministre provincial des Infrastructures au Katanga. Il garde le même portefeuille au niveau national.

Plan et suivi de mise en œuvre de la révolution de la modernité : Célestin Vunabandi. Nord Kivu, licencié en économie. RCD-Goma. Parcours : inspecteur des contributions ; conseiller au cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur ; enseignant à Goma ; ministre de l’Economie (2003) ; ministre du Portefeuille (2004); député national (2006).

Transport et Voies de communication : Justin Kalumba Mwana Ngongo. Maniema. Parcours : co-fondateur du Panu (Parti de l’alliance nationale pour l’unité). Petit-fils d’un chef coutumier.

Environnement, Conservation de la nature et Tourisme : Bavon N’sa Mputu Elima. Province de l’Equateur, 49 ans, licencié en sciences économiques et maîtrise en gestion. Parcours : cadre à la banque de crédit agricole ; inspecteur des finances ; conseiller puis directeur de cabinet adjoint au ministère de l’Economie (1994-1996) ; directeur général de la DGRAD (Direction générale des recettes administratives et domaniales).

Ressources hydrauliques et électricité : Bruno Kapandji Kalala;Kasaï Oriental (?)

Hydrocarbures : Crispin Atama Tabe Magodi. Province Orientale. Parcours : PPRD, ministre provincial de l’Intérieur et de la sécurité. Cette «promotion» ressemble à une manifestation de «gratitude» de «Joseph Kabila» pour le «bon score» réalisé en sa faveur lors de l’élection présidentielle. Il y a peu l’ancien gouverneur de la Province Orientale, Médard Autsaï, a été « congratulé » par le Premier ministre intérimaire Louis Koyagialo.

Industrie, Petites et Moyennes Entreprises : Remy Musunganyi Bampale. Kasaï Occidental. Licencié en sciences politiques. Parcours : député national (2006-2011).

Postes, Télécommunication et Nouvelles technologies : Tryphon Kin-Kiey Mulumba. Province de Bandundu, 62 ans, docteur en sciences politiques. Correspondant de l’agence britannique Reuters à Kinshasa (1983-1994) ; fondateur au début des années 80 du mensuel économique et politique «Finance» et de sa version «journal» «Le Soft»; professeur de l’histoire de la presse à l’Isti rebaptisé Ifasic (Institut facultaire des sciences de l’Information et de la communication); conseiller technique au cabinet du secrétaire général de l’Institut Makanda Kabobi ; ministre de l’Information dans l’éphémère gouvernement Likulia (avril-mai 1997) ; exil en Belgique et lancement du journal «Soft International» ; membre du mouvement rebelle pro-rwandais RCD-Goma, chargé successivement des Affaires sociales, femmes et familles et Communication ; rupture avec le RCD-Goma et création du RCD Congo à l’issue des travaux du dialogue intercongolais (2002) ; Retour au RCD-Goma et rapprochement avec Kigali et Kinshasa ; élu député national «indépendant» et rejoint l’«Alliance pour la majorité présidentielle» (AMP) en 2006. Président du PA (Parti de l’action); député national (2011).

Affaires foncières : Robert Mbuinga Bila. Province du Bas Congo, 58 ans, docteur en économie appliquée. Parcours : directeur adjoint du cabinet du ministre des Mines (1996) ; Assistant principal du directeur du cabinet présidentiel (1999) ; vice-ministre des Affaires étrangères (2004) ; ADG Régie des Voies maritimes (2008-2011).

Médias, relations avec le Parlement et Initiation à la nouvelle citoyenneté : Lambert Mende Omalanga. Province du Kasai oriental, 59 ans. Licencié en criminologie. Parcours : chef du bureau au ministère de la Jeunesse et sports et animateur des émissions radiophoniques (1976-1980) ; exil en Belgique en qualité de président du MNC-L ; retour à Kinshasa après le discours présidentiel du 24 avril 1990 restaurant le pluralisme politique ; participation à la Conférence nationale souveraine en qualité de président de la commission des biens mal acquis (1991-1992) ; vice-Premier ministre chargé des Transports (1994-1996) ; Membre du RCD-Goma chargé de la Communication (1999) ; membre du RCD-K/ML pro-ougandais ; participation au dialogue intercongolais (2002) ; sénateur de transition sous le régime 1+4 (2003) ; député national (2006) ; ministre des Hydrocarbures (2007) ; ministre de la Communication et des médias (2008-2012); député national du parti CCU (Convention Congolais unis).

Fonction publique : Jean Claude Kibala. Province du Sud Kivu. Formation militaire en Allemagne, 47 ans. Formation ingénieur civil à Munich (Allemagne). Parcours : agent au département des travaux Publics de la ville de Troisdorf (1997) ; ingénieur conducteur des travaux chez Bilfinger & Berger ; ingénieur à la Deutsche Bahn-Ag (Chemins de fer – 2001) ; études et coordination du métro en construction à Alger (2003) ; député national (2006); vice-gouverneur de la province du Sud Kivu.
Dans la presse internationale, la plupart des commentaires se font sur le même ton que celui d’AFP : « nomination d’un nouveau gouvernement resserré, peu politique »
L’équipe du Premier ministre Augustin Matata Ponyo compte 36 membres (2 vices-Premiers ministres, 25 ministres, un ministre délégué et 8 vice-ministres) contre 46 dans le précédent gouvernement. Peu de poids lourds de la politique congolaise figurent dans cet exécutif composé à l’image du technocrate Matata Ponyo, 47 ans, ministre des Finances sortant.
Un professeur d’économie, Daniel Mukoko Samba, directeur de cabinet adjoint du Premier ministre sortant, hérite du Budget avec rang de vice-Premier ministre, tout comme le ministre de la Défense, Alexandre Lubal Tamu, peu connu. Le Premier ministre garde la main sur les Finances, avec un ministre délégué, Patrice Kitebi, membre de son cabinet dans le précédent gouvernement.
Six ministres sortants gardent ou occupent un nouveau portefeuille: Lambert Mende (Médias), Martin Kabwelulu (Mines), Raymond Tshibanda, (Affaires étrangères), Richard Muyej (Intérieur), Fridolin Kasweshi (Aménagement du territoire) et Justin Kalumba (Transports).
Plusieurs ministères ont été fusionnés: Sport et Culture, Affaires étrangères et Coopération, Industrie et PME, Infrastructures et Aménagement du territoire/urbanisme/habitant, Médias et Relation avec le Parlement…
Les femmes occupent cinq postes (ministre ou vice-ministre), dont celui de la Justice et des Droits humains, qui revient à l’avocate Wivine Mumba Matipa.

On suligne en général que le nouvel exécutif va devoir répondre à une forte demande sociale dans un pays aux infrastructures délabrées, doté de richesses naturelles -notamment des minerais- mais où deux tiers des 68 millions d’habitants vivent dans la pauvreté, et qui cumule les mauvaises. Après sa nomination, M. Matata Ponyo, réputé gestionnaire rigoureux, avait insisté sur la rigueur et la discipline par lesquelles toutes les économies des pays développés sont passées (…) pour pouvoir atteindre la performance et le succès. La rigueur d’aujourd’hui, la discipline financière d’aujourd’hui c’est une rigueur conformément à la volonté du chef de l’Etat, c’est une rigueur à portée sociale, c’est une discipline à portée sociale, a-t-il insisté.

Commentaires de la presse congolaise
La Prospérité titre : « Enfin, le gouvernement Matata est là ! »
Attendu depuis plus d’une semaine, le gouvernement Matata Ponyo a été finalement rendu public, le samedi 28 avril. Il est composé, outre le Premier Ministre, de 36 membres dont 2 Vice-premiers ministres, 26 ministres et 8 Vice-ministres. Des particularités, relève le journal, l’on retiendra qu’il y a 30 hommes et 6 femmes (3 Ministres et 3 Vice-ministres). Contrairement aux gouvernements éléphantesques de la transition et de la première législature, Matata Ponyo s’est efforcé de réduire la taille de son équipe, en fusionnant plusieurs ministères jadis écartelés, dans le seul but de caser un plus grand nombre.
Ainsi, La Prospérité constate que, les Affaires Etrangères, la Coopération Internationale et la Francophonie seront désormais gérées par un seul Ministre. De même que le Ministère des Médias et Relation avec le Parlement ; Aménagement du territoire, Urbanisme, Habitat, TP/AT ; Environnement, Conservation de la nature et Tourisme ; Industrie et PME ainsi que le Ministère de la Jeunesse, Sports, Culture et Arts.
Aussi souligne le quotidien, Sept Ministres de l’équipe Muzito reviennent au Gouvernement. Il s’agit de : Lambert Mende, Raymond Tshibanda, Fridolin Kasweshi, Maker Mwangu, Martin Kabwelulu, Justin Kalumba et Richard Muyej.
Les 29 autres, tous, font leur entrée. Ici, la consoeur fait remarquer l’entrée de Tryphon Kin-Kiey Mulumba ; Mbwinga Bila ; Bavon N’sa Mputu, Modeste Bahati, Geneviève Inagosi, Tunda ya Kasende, pour ne citer que ceux-là.

Le Potentiel titre : « Matata I : un gouvernement test ».
Ayant le contrôle de toutes les manettes du secteur des finances, le Premier ministre s’est fixé un défi qu’il se doit de relever. Matata Ponyo est donc un homme sous pression, acculé par le devoir des résultats. De ce fait, il se place sous haute surveillance de tous côtés. D’un côté, les chefs des partis «exclus» l’attendent au tournant pour juger de l’efficacité de ses méthodes et surtout de ses choix.De l’autre, il y a l’Opposition qui n’entend pas baisser les bras. Elle aurait pu calmer le jeu si l’ouverture promise avait été effective. Or, ce n’est pas le cas. Par conséquent, le chef du gouvernement aura toute l’Opposition sur le dos. Une pression de plus qui l’oblige à exceller durant son mandat pour ne pas élargir davantage le cercle des frustrés. Voilà autant des pressions sur ses épaules. En cas d’échec, on pourrait assister au «grand retour» des chefs des partis et des caciques de la Majorité présidentielle. Tous, assoiffés de «revanche».
La surprise a été réellement au rendez-vous. Pas d’ouverture à l’Opposition. Même sort aussi pour la plupart des chefs des partis qui n’ont pas su s’imposer. Le Premier ministre s’est finalement entouré de ses hommes, choisis selon ses critères. Ce qui le met sous pression, obligé de gagner le pari pour ne pas donner raison aux exclus qui sont aux aguets.
S’agissant de la composition de gouvernement, Le Potentiel note que si le Palu a réussi son come-back, après le couac de l’Assemblée nationale, le PPRD a eu l’avantage de raffermir sa position de leader de la Majorité.

C’est-ce que pense aussi Le Phare qui titre: « Matata I le plus dur commence ». et l’un des défis à relever estime-t-il, c’est la corruption. « Nous ne cessons de répéter, depuis qu’il est passé au devant de la scène, que ce fléau est présent dans les structures d’entrée des recettes publiques, la chaine des dépenses, les marchés publics, la gestion des entreprises du portefeuille, la gestion des ressources humaines, les financements des projets de développement… »
Le Phare rapporte qu’à en croire des sources branchées, le chef de l’Etat et le Premier ministre étaient confrontés à des choix forts embarrassants. Au départ, il était question de mettre une croix sur tous les présidents des partis et de ne retenir que des technocrates âgés de moins de quarante ans. Mais l’agitation était telle au sein de la famille politique du chef de l’Etat qu’au finish, une voie de sortie a été trouvée avec la récupération de quelques chefs de partis et l’élimination du critère d’âge.
Pour Le Phare, le plus dur va bientôt commencer pour l’équipe Matata I. En effet, dans un environnement où tout est à refaire ou presque, les besoins vitaux des Congolais des villes et des campagnes sont si multiples et immenses que des priorités devraient être définies et effectivement satisfaites selon l’échéancier à décliner au Parlement.

Au sujet de la taille réduite du gouvernement, New Trends estime que l’important est de voir cette équipe réduite répondre au critérium tracé, il y a quelques jours par le n° 1 du nouvel exécutif congolais : compétence, efficacité, intégrité et moralité. Il faut y ajouter aussi les qualités managériales. Les uns et les autres sont donc avertis et mis devant l’épreuve. Quitte à eux de jouer, bien jouer en toute responsabilité pour gagner la confiance de la part de leur mandant mais aussi et surtout faire oublier aux Congolais les stigmates de la gestion délétère du pays et la sempiternelle chanson du social assortie de ses multiples couplets.

AfricaNews souligne, pour sa part, que Matata Ponyo a su doser et coudre du vieux avec du neuf, privilégiant les hommes de l’ombre aux tonitruants chefs des partis, déjà trop visibles et parfois moins efficaces. Même si certains gros poissons ont la peau la dure. Six d’entre eux sont en effet revenus dans le cabinet, certainement pour donner du relief à une équipe composée dans la majorité des technocrates, comme prévu.

L’Avenir titre aussi sur la composition du gouvernement Matata Ponyo mais insiste plus sur les particularités : « Enfin le gouvernement : Une équipe serrée de deux vice-premiers ministres, vingt-six ministres et huit vice-ministres ».
Comme on peut bien s’en rendre compte, le Premier ministre s’est entouré de deux vice-Premiers ministres. L’un, chargé du Budget, Daniel Mukoko, est peu connu du grand public. C’est un économiste universitaire réputé brillant qui a fait ses études au Japon. Ancien directeur de cabinet de la Primature, il est également un ancien collaborateur du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). L’autre vice-Premier ministre, chargé de la Défense, Alexandre Lobotambo, est aussi moins connu du grand public.
Sept ministres sortants gardent ou occupent un nouveau portefeuille : Lambert Mende (Médias), Martin Kabwelulu (Mines), Raymond Tshibanda, (Affaires étrangères), Richard Muyej (Intérieur), Fridolin Kasweshi (Aménagement du territoire), Maker Mwangu (EPSP) et Justin Kalumba (Transports). Des nouvelles têtes font leur entrée, il s’agit de Bruno Kapanzi (Ressources hydrauliques), Remy Musungay (Industrie), Bahati Lukuebo (Emploi), Kin-KieyMulumba (Postes), Tunda ya Kasende (Vice-ministre des Affaires étrangères, Banza Mukalay (Jeunesse), etc.
Dans cette liste, le Groupe parlementaire « Terre d’Avenir » se voit soustrait de ses trois éminents membres. Il s’agit de Banza Mukalay, Lambert Mende et Tryphon Kin-Kiey. Ce qui conduira inévitablement ce Groupe parlementaire à se recomposer. Dans ce trio, Lambert Mende demeure le gardien du temple que Joseph Kabila ne pouvait pas mettre de côté. Par ses qualités intrinsèques, c’est une personne disposée à se donner corps et âme pour la défense du président de la République, la sauvegarde de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, etc.

Forum des As lui revient sur les ministres écartés. Comme exemple d’un bon ministre, le quotidien parle de Maj Kisimba Ngoy et titre à la Une : « L’ombre de Maj Kisimba planera longtemps sur les Affaires foncières ».
Longtemps ce ministère a été considéré juste comme une vache à lait pour son occupant. Il a fallu attendre l’avènement de Maj Kisimba pour que ce ministère commence à véritablement décliner son objet social. Conscient du fait que la quasi-totalité des procès dans nos cours et tribunaux ont trait aux différends fonciers, Maj Kisimba a tôt fait de jouer la carte de la transparence, de la pédagogie et de la proximité. Révolution sur le front du titre de propriété. Longtemps objet de moult falsification, le titre de propriété a subi une mutation via la reconversion pour un document beaucoup plus sécurisé que la bonne vielle fiche parcellaire. L’informatisation au niveau de titre de propriété était déjà à un stade avancé. Faisant sien l’adage selon lequel on ne fait pas d’omelettes sans casser les œufs, Maj Kisimba a entrepris d’assainir l’administration des Affaires foncières. Nombre de Conservateurs de titres immobiliers (CTI) et des Chefs de division du cadastre (CDC) véreux ont été virés sans état d’âmes.

Sur l’Internet congolais circule aujourd’hui une remarque de JP Mbelu qui, à lire ce qui précède, est des plus pertinentes : « Il est parfois étonnant de remarquer que plusieurs journaux de notre pays se limitent à commenter l’actualité telle qu’elle est faite par les tenants du pouvoir sortant (ou ayant fait le coup d’Etat administratif après les élections chaotiques de novembre et décembre 2011) sans faire de lien avec ce qui se vit et est dit sur notre pays sous d’autres cieux. Ce faisant, ils aident difficilement leurs lecteurs à avoir une vision plus ou moins lucide de notre histoire collective. Pourtant, une certaine efficacité de nos actions à impact visible sera liée à la maîtrise que nous aurons de cette histoire ».
(Est-ce un mérite en soi que d’avoir beaucoup ou peu de ministres ? Un gouvernement ne se juge pas sur son nombre, mais sur son efficacité et celle-ci dépend bien plus de l’administration que des ministres. Or, en RDC, l’administration est inefficace et pour ainsi dire inexistante. L’équipe Matata passe pour jeune… si l’on veut. Tryphon du Soft et de Masi-Manimba, avec ses 62 balais, n’est plus précisément un jeunot. L’âge peut de toute manière être perçu au choix comme un avantage ou un inconvénient : les jeunes sont dynamiques mais inexpérimentés, les vieux ont de la sagesse, mais elle est gâchée par la sénilité…
Il est dommage que tant de commentaires soient aussi superficiels. On peut admettre que les journaux de RDC acceptent, par prudence, de se situer dans le « fait accompli ». On le comprend moins de la presse internationale.
Comme tout acte, la formation du gouvernement Matata doit être mise en rapprt avec son cotexte, qui est celui d’un coup d’état. Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives.
La question était moins de former un gouvernement que de voir quelle majorité gouvernementale on pourrait sortir d’une Majorité Présidentielle essentiellement volatile et composite. Elle était aussi de savoir ce qu’il en serait du « gouvernement parallèle », dit aussi « cercle katangais », après la mort de Katumba Mwanke. Le gouvernement récupèrerait-il le contrôle perdu au profit d’instances sinon occultes, du moins non officielles ? Il semblerait que Matata récupèrera les clés de la caisse, mais son gouvernement est régionalement déséquilibré en faveur du Katanga – 9 sur 36, soit un quart – et, pour l’Est, des « congwandais » – 3 sur 36, soit la moitié des Kivutiens. Cela pourrait faire penser que peut-être c’est le gouvernement « parallèle » qui a avalé le gouvernement « officiel ».
Du point de vue des partis, la montagne des bruits d’ « ouverture » a accouché d’une souris. Le PPRD s’adjuge la part du lion. La surprise -relative – est le fait que l’on n’a pas entassé au gouvernement tous les leaders de partis. Mais cela peut résulter d’un calcul : comme les partis sont tous plus ou moins la « propriété » de leur leader, un président devenu ministre est presque intouchable car son parti réagira en bloc. C’est moins certain pour un « jeunot technocrate de seconde zone ».
Il reste à savoir, et ce sera fait dès que Matata présentera son gouvernement à la Chambre, combien i obtiendra de votes positifs. On saura alors de quelle majorité la MP dispose réellement. NdlR)

© CongoForum, le lundi 30 avril 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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