09/05/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

(CongoForum)

On reparle de la réforme de la CENI mais c’est, selon toute apparence, pour lui faire un enterrement de première classe… Présenté lundi devant l’Assemblée nationale, le Programme du gouvernent présenté au parlement par le Premier Ministre Mata Ponyo continue à inspirer les journaux de la Rdc. Il en est de même de la situation sécuritaire dans le Kivu.

CENI

Radio Okapi relate que « L’ambassadeur de l’Union européenne en République démocratique du Congo (RDC), Jean-Michel Dumond, a recommandé mardi 8 mai la restructuration de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ».

Il a toutefois précisé que la restructuration de la Ceni dépend des députés qui siègent à l’Assemblée nationale. Ces derniers devront décider de ce réaménagement s’ils l’estiment nécessaire, a-t-il dit.

Intervenant dans l’émission « Paroles aux auditeurs », il a exhorté les autorités congolaises à organiser les élections provinciales et locales initialement prévues en 2012 et reporter à janvier 2013. Jean-Michel Dumont indique que les élections provinciales et locales sont dans l’intérêt des Congolais, car « elles sont pas organisées pour l’intérêt de l’Union européenne».
Au cours d’une émission sur Radio Okapi, le vice-président de la Ceni, Jacques Djoli avait affirmé mardi 17 avril que “la Ceni n’est qu’un maillon dans la réforme du système électoral”. Il avait prôné un respect mutuel avec l’Union européenne et a promis que la Ceni doit évoluer dans un esprit d’ouverture et de reforme pour la transparence du processus électoral. (Des mots ! Le « séminaire d’évaluation » de la CENI a montré surabondamment que la CENI n’est prête qu’à des changements cosmétques, sans rien changer au fond, c’est-à-dire à sa composition purement politique ! NdlR)
L’appel au réaménagement de la Ceni avait aussi été lancé par la société civile de la RDC. Dans une pétition initiée dimanche 18 mars, la coalition de la société civile de la RDC s’était mobilisée pour une restructuration du bureau de la Ceni. Elle a pu collecter neuf mille signatures à soumettre à l’Assemblée nationale pour demander la démission des membres du bureau de la Ceni.
Plusieurs missions d’observation électorale dont celle de l’Union européenne et du centre Carter avaient estimé que les résultats de l’élection présidentielle de 2011 manquaient de crédibilité. Ces organisations avaient par ailleurs dénoncé un scrutin émaillé d’irrégularités.

Le Palmarès qui aborde la problématique de la restructuration de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) titre : « Pour l’Union européenne, la restructuration de la Ceni dépend de l’Assemblée nationale ». L’Ambassadeur de l’Union européenne en République démocratique du Congo, Jean-Michel Dumond, a recommandé la restructuration de la Ceni. Il a toutefois précisé que cette restructuration dépend des membres de l’Assemblée nationale qui devront décider ou non si cette institution sera réaménagée.
(Cela revient une fois de plus à confier aux pyromanes la direction des équipes de pompier. C’est ‘ancienne Chambre, issue des élections de 2006, qui avait élaboré l’invraisemblable CENI actuelle, uniquement composée de politiques et complètement dominée par les joséphistes. Elle avait pour cela écarté un projet beaucoup plus raisonnable émanant du Sénat, qui prévoyait la participation de la société civile. Et la Chambre actuelle se compose des députés qui ont bénéficié des élections suspectes. En outre, accepter une réforme sérieuse de la CENI et une enquête impartiale sur le déroulement du scrutin ne pourrait aboutir qu’à une remise en cause de TOUS les résultats, présidentielles comprises. On en revient toujours au même point : Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. NdlR)

Débat d’investiture

Les « coup d’Etat par le fait accompli » se poursuit actuellement sous la forme du débat d’investiture du gouvernement Matata Ponyo, (ce qui nous ménage une transition harmonieuse d’un sujet à l’autre ! NdlR)

L’Avenir estime que «Le Premier ministre se prépare pour sa réplique et n’attend que le quitus de la représentation nationale pour procéder à la remise- reprise, de façon à se mettre au travail pour matérialiser la révolution de la modernité, nouveau paradigme mobilisateur du Chef de l’Etat, Joseph Kabila ».

«La Majorité parlementaire surprend Matata », titre Le Palmarès.
«Alors qu’on s’y attendait le moins, il est sorti des critiques plus que constructives dans les rangs de la MP autour du programme de Matata. La tentation de rester prisonnier des statistiques risque de mener Matata droit dans le mur », note Le Palmarès qui estime que le Premier ministre doit se lancer sur le terrain inconnu de la mobilisation de recettes extrabudgétaires. La balle, dit-il, est dans le camp du Premier ministre pour relever les nombreux défis qui l’attendent.

« Face à l’avalanche des questions pertinentes de l’Opposition, le Premier ministre Matata devant un nœud gordien ». titre Le Phare. « Quelle sera ce matin la réaction d’Augustin Matata Ponyo ?, s’est interrogé un étudiant en Sciences politiques de l’Université de Kinshasa ? ».
Certes, poursuit ce journal, la plénière d’avant-hier au Palais du peuple a été comme d’habitude, riche en folklore, particulièrement des députés de la Majorité qui ont donné l’impression de venir à la rescousse du Premier ministre sans pour autant convaincre.
Cependant, souligne Le Phare, faut-il reconnaître, d’une manière générale, les débats ont été fades, insipides, inodores, incolores et souvent sans objet si l’on sen tient à quelques unes des interventions de ceux qui sont venus en spectacle.

La Prospérité, sous le titre « Matata Ponyo réplique aujourd’hui ! », s’intéresse ce matin à la réponse du Premier ministre aux questions des députés sur son programme de gouvernement. « La kyrielle des préoccupations des Honorables Députés sur le programme d’action du Gouvernement va trouver des éclaircissements ce mercredi ». Ce journal indique que Matata Ponyo s’est préparé pour sa réplique et n’attend que le quitus de la représentation nationale pour procéder à la remise et reprise, de façon à se mettre au travail, pour matérialiser la révolution de la modernité, nouveau paradigme mobilisateur du Chef de l’Etat, Joseph Kabila.

Est

Encore une occasion de passer souplement d’un sujet au suivant ! En effet, il était aussi question de l’Est dans le débat parlementaire d’investiture !

L’Avenir titre : « Est de la RDC : Gouvernement – M23, une priorité pour le Premier ministre Matata Ponyo ». Le quotidien annonce que c’est aujourd’hui que le Premier ministre apportera des réponses aux préoccupations des députés. Il note que «Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo passe son premier baptême de feu à l’Assemblée nationale. Après avoir présenté son programme quinquennal lors de la plénière du lundi 7 mai dernier, c’est bien ce matin qu’il retourne à l’hémicycle, gibecière chargée de réponses voulues convaincantes aux préoccupations des honorables députés ». Mais, souligne ce journal, au – delà de toutes ces considérations, si l’on n’y prend garde, la question de la sécurisation et de l’intangibilité des frontières du territoire national, partant de sa partie kivutienne, où des coalitions sont encore signalées, sera une priorité pour le Premier ministre : une question de vie ou de mort.
Car c’est pendant ce temps, rapporte l’Avenir, que l’on parle de plus en plus d’une nouvelle rébellion au Kivu, le « M23 » (Mouvement du 23 juin 2009), inspiré du M23 sénégalais. Il souligne que la guerre aurait éclaté de plus belle le 8 mai 2012 à Kibumba, en territoire de Nyiragongo, au pied des volcans Mikeno et Karisimbi et des Monts Hehu, à la frontière entre la RDC et le Rwanda ! « Que prévoit concrètement le chef du gouvernement pour restaurer la paix dans l’Est, avec cette nouvelle donne ? », s’interroge-t-il.
Pour l’Avenir, le Premier ministre aura tout intérêt à présenter les pistes de sortie de cette crise qui risque de s’étendre, embraser le pays et saper au bout du compte les efforts de pacification et de l’envol du pays dans la vision de la révolution de la modernité. Il précise par ailleurs que « Bien que toutes les stratégies ne se dévoilent guère en pareille matière, le Premier ministre aura donc tout intérêt à présenter les pistes de sortie de cette crise qui risque de s’étendre, embraser le pays et saper au bout du compte les efforts de pacification et de l’envol du pays dans la vision de la révolution de la modernité ».

« CNDP, M 23 : Le Kivu gangrené ». titre Le Phare. Selon ce journal, «Un grand flou est en train de planer sur la situation sécuritaire qui se développe dans le Kivu ».
A Kinshasa, déplore ce journal, les décideurs obnubilés par la chasse aux privilèges et aux honneurs, sont davantage occupés à «s’installer » et à « installer » qu’à se pencher sérieusement sur la crise politico- militaire relancée au Nord- Kivu.
Les vrais patriotes réclament un débat public, de préférence au parlement, autour des enjeux cachés d’un cycle d’insécurité qui ne s’arrête jamais. Le problème de la guerre de l’Est doit cesser d’être une affaire d’initiés, dit-il.

«Le général mutin Bosco Ntanganda et ses hommes en fuite depuis plusieurs jours », titre Le Palmarès.
« Le général mutin Bosco Ntanganda et ses hommes en fuite depuis plusieurs jours ont échangé des tirs nourris avec l’armée dans la nuit de lundi à mardi et se dirigent vers le parc national de Virunga, dans l’Est de la Rdc », écrit ce journal qui cite des sources militaires.

Qu’est-ce que ce « M23 » ? C’est ce qu’essaye de nous apprendre Radio Okapi.

« Des militaires déserteurs se réclamant du haut commandement militaire de l’Armée nationale congolaise (ANC) viennent de créer un nouveau courant politico-militaire dénommé Mouvement du 23 mars (M23). L’annonce de la création de ce mouvement est contenue dans un communiqué de presse du dimanche 6 mai signé par le lieutenant Colonel Kazarama Vianney qui en est le porte-parole. Le but de ce mouvement, selon leurs créateurs, est de redynamiser l’accord de paix signé en 2009 entre le gouvernement congolais et le CNDP. »
Le document précise que le M23 est coordonné par le Colonel Makenga Sultani, ex-commandant adjoint des opérations Amani Leo au Sud-Kivu qui a fait défection des rangs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), il y a quelque temps. Le M23 a été créé à l’issue d’une rencontre des officiers de l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dans le territoire de Rutshuru, précise le communiqué.
En réaction, les responsables du CNDP original agréé comme parti politique soulignent qu’ils restent attachés au processus de paix conclu avec le gouvernement congolais le 23 mars 2009. Ils saluent la trêve décidée par le haut commandement militaire des FARDC dans sa traque contre les mutins et demandent au gouvernement de privilégier le dialogue afin d’aider le Nord-Kivu à sortir pacifiquement de cette crise, peut-on lire dans leur communiqué dont une copie est parvenue à Radio Okapi mardi 8 mai.
Mais les ténors du M23 ont indiqué dans leur communiqué à eux que l’accord de paix de paix négocié avec le gouvernement le 23 mars 2009 a échoué. Il fallait donc, souligne le communiqué du M23, en « redynamiser l’application ».

(http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=2&newsid=186756&Actualiteit=selected pour lire le communiqué « dans le texte ». )

© CongoForum, le mercredi 9 mai 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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