DANS LA PRESSE D’AUJOURDH’HUI

18/05/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (CongoForum)

La date du 17 mai a donné lieu à divers écrits et discours de circonstance qui, ce jour ayant été chômé, se répartissent entre des articles parus la veille ou le lendemain, des allocutions prononcées le jour même et divers messages sur Internet. Le tout sera commenté ici. Dans le cadre de la consolidation du coup d’Etat administratif, il est question du barrage Zongo II. Mais la presse est surtout inquiète au sujet des relations entre la RDC et ses voisins, et pas seulement à l’Est.

LDK et l’AFDL

Autour de la chute de Mobutu, la « guerre de l’AFDL » est l’objet de polémiques pour des raisons qui ont moins de rapport avec les faits eux-mêmes qu’avec la légitimité du régime qui a succédé à celui de LDK. En principe, pourtant, le régime mis en place en 2006, au sortir de la « transition » tire sa légitimité du consensus des différentes factions congolaises à Pretoria et Sun City, et du référendum constitutionnel de 2005. Cela devrait suffire. Quant à savoir si le régime « issu » des élections de 2011 peut encore se réclamer de cette légitimité-là, c’est une autre histoire.Il existe de cette guerre deux versions fortement contrastées. Les uns en font une première agression rwandaise pour laquelle l’AFDL n’aurait été qu’un prétexte. Pour les autres il s’est bien agi d’une guerre révolutionnaire de libération. Il est à remarquer que très fréquemment ceux-là même qui réduisent le rôle de l’AFDL à celui de « boys des Rwandais » leur attribuent cependant un rôle essentiel dans certains massacres, ce qui est au rebours de toute logique. Se greffe encore là-dessus la question des « accords de Lemera » par lesquels une partie du Congo aurait été « cédée » au Rwanda en compensation pour son appui à l’AFDL. L’existence même de ces accords est sujette à discussion. Le simple fait que Mzee Kabila eut au moins le mérite d’avoir battu les Rwandais lors de leur attaque « en profondeur » sur Kitona en 1998 est généralement passé sous silence. Si l’on va jusqu’à « oublier » une victoire militaire, c’est dire que la polémique est chaude !
Pour dire les choses de façon schématique, les Belges autrefois avaient laissé un Congo où personne n’était riche. Mobutu en laissa un où la grande masse de la population était dans la misère, et où quelques Congolais étaient très riches, n’ayant toutefois pas un sou qui soit gagné honnêtement.
Laurent-Désiré Kabila a certes une part de responsabilité dans la situation actuelle. C’est de n’avoir pas procédé à un « grand nettoyage », alors qu’il en avait l’occasion. Les raisons de cette carence de Mzee peuvent être multiples et ne sautent pas forcément aux yeux. Nous y reviendrons.

D’abord, il faut sans doute considérer que LDK était un homme de la génération de l’Indépendance, avec les qualités et les défauts qu’ils partageaient tous. D’un nationalisme intransigeant, il rêvait de remonter le temps et de faire de juin 1997 la date de la « véritable indépendance du Congo ». Certes, il était légitime de considérer que, depuis la mort de Lumumba, le régime Mobutu et tutti quanti n’étaient qu’une parenthèse. C’était vrai, du moins, du point de vue de la légitimité. Mais, durant ces années il s’était passé des choses et elles avaient laissé des traces. Cette génération avait aussi une tendance au panafricanisme naïf, une propension excessive à angéliser ses frères africains. Habitués à considérer les Noir, en bloc, comme des victimes, il leur était difficile de les voir dans le rôle du « méchant ». C’était l’attitude de Lumumba pardonnant à Mobutu son rôle d’indicateur de la Sureté coloniale parce qu’il voyait en lui une « victime du colonialisme ».

Il était aussi dans une position difficile et sans précédent : ancien chef maquisard marxiste, il était installé en RDC avec la bénédiction des USA. Le moment eût été mal choisi pour organiser une épuration que l’on n’aurait pas manqué, surtout dans l’UE où on le détestait, de comparer aux « purges staliniennes ». Il se réfugia dans des formules étranges et ambiguës, comme la « Révolution-Pardon » ou « l’économie sociale du marché » dont presque personne, à ma connaissance, n’a pu faire une exégèse claire et convaincante. Un récent article de Faustin Kuediasala dans Le Potentiel du 16.05.2012 donne cependant sur le « rêve économique de Mzee » des vues cohérentes, quoique sans doute incomplètes.

Radio Okapi nous dit que « les compagnons de Kabila appellent les dirigeants actuels à s’inspirer de lui ».

A l’occasion de la célébration du quinzième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Laurent Désiré Kabila, ce jeudi 17 mai 2012, les anciens compagnons du défunt président ont demandé aux dirigeants actuels de s’inspirer des idées de l’ancien leader de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) qui a chassé le maréchal Mobutu du pouvoir il y a quinze ans, jour pour jour.
Pour les anciens collaborateurs de Laurent Désiré Kabila qui ont participé à une messe en mémoire du chef de l’Etat assassiné en 2001, le 17 mai devrait être une journée de réflexion sur l’héritage du défunt président. « Les dirigeants actuels doivent faire un effort pour appliquer absolument les idées de Laurent Désiré Kabila », a déclaré Babi Mbayi, ministre dans plusieurs gouvernements de « Mzee ». Il a dit regretter que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale « soient revenus en maître chez nous alors que Laurent Désiré avait beaucoup de suspicions à leur égard ».
De son coté, Agathe Mulimbi, responsable d’une structure chargée du social dans le régime de Laurent Désiré Kabila, a plaidé pour une plus grande participation des femmes à la gestion de la République.
L’ancien ministre de la Justice et sécurité sous Laurent-Désiré Kabila (LDK), Mwenze Kongolo, regrette que le rêve de LDK d’améliorer le social du peuple congolais soit brisé bien que le combat contre la dictature soit gagné. Pour lui, le régime actuel est constitué «des pilleurs, des aventuriers qui sont en train de se chercher des jeeps et tout [...] Il n’y a rien de M’zee.»Apres la mort de Mzee, le régime actuel est rentré dans les tares du mobutisme, explique Mwenze Kongolo: «L’essentiel a été fait. C’est qu’on a mis fin à la dictature. Le reste, ce n’est pas de la responsabilité de l’AFDL. Je le dis parce que le rêve de M’zee [Laurent-Désiré Kabila] n’a pas été respecté par son fils.»

Au cours d’une conférence de presse organisée ce jeudi, le président de Patriotes Kabilistes, un parti politique d’opposition, a salué la chute du régime de Mobutu, évincé par une rébellion conduite par Laurent Désiré Kabila avec l’aide des pays voisins comme le Rwanda et le Burundi. « Je pense que tous les Congolais devraient se rappeler que c’est la date d’aujourd’hui qui a fait qu’ils ont été libérés de la dictature. Nous avons donc toutes les raisons de fêter », a indiqué Mwenze Kongolo. Pour lui, le bilan de Laurent Désiré Kabila à la tête du pays (mai 1997-janvier 2001) est très positif. « Il y a eu un redémarrage », s’est-il félicité, ajoutant qu’à la tête du ministère de l’Intérieur, il a créé la police et la Direction générale de migration (DGM) « pour mettre de l’ordre et renflouer les caisses de l’Etat ».

Les collaborateurs de Joseph Kabila, qui a succédé à son père en 2001, disent comprendre les préoccupations des proches de l’ancien président. Mais selon eux, l’action de l’actuel président s’inscrit bien dans la pensée de son prédécesseur. Christophe Kolomony, Administrateur directeur général de la RTNC (chaîne de télévision et de radio publique) et membre du parti présidentiel, explique, par exemple, que Joseph Kabila matérialise le souci de son père d’améliorer les conditions de vie de la population par son programme quinquennal intitulé : « révolution de la modernité ».

Les Kinois interrogés par Radio Okapi ce jeudi sont partagés sur le bilan de ces quinze dernières années. « 15 ans après le départ de Mobutu, je trouve que le bilan est un peu positif. Il y a certaines choses qui ont changé. Nous avons acquis certaines libertés qu’on n’avait pas avant », a affirmé un Kinois.
Un autre pense plutôt que l’arrivée au pouvoir de Laurent Désiré Kabila n’a rien apporté au pays.
Un autre Kinois estime que ce changement de régime a permis à tous les partis politiques de participer activement au débat public.
Pour un autre habitant de la capitale congolaise, ces quinze dernières années ont été marquées par des violations des droits de l’homme et l’impunité.

La célébration jeudi du 15ème anniversaire de la victoire de l’AFDL sur le régime de Mobutu constitue le sujet principal présenté dans la presse congolaise de ce vendredi. Le Palmarès y a consacré sa manchette avec le titre suivant : « 17 mai 2012. Les nouvelles consignes de Monsengwo changent la donne ! ».
Ce journal constate que le quitus qu’aurait donné le primat de l’Eglise catholique en RDC pour célébrer dans la Cathédrale Notre-Dame du Congo à Kinshasa un culte sur la commémoration de l’avènement du Libérateur Laurent-Désiré Kabila maque un retour de bons rapports entre le pouvoir et la hiérarchie de l’Eglise catholique. Il écrit: « Il est désormais loin le temps où l’on a failli assister à une empoignade entre le pouvoir temporel et celui spirituel. La détermination du Cardinal et du gouvernement à revenir à la normale dans leurs rapports a triomphé. La messe célébrée hier en la Cathédrale Notre-Dame du Congo en a donné une magistrale démonstration ». Un deuxième article du Palmarès sur le même événement sit « Kinshasa. Une messe en mémoire de feu président Laurent-Désiré Kabila ! ».

De son côté, L’Avenir relève aussi dans son article sur l’anniversaire du 17 Mai l’aspect d’apaisement constaté à cette occasion dans les rapports qui lient désormais les responsables temporels et religieux du pays. Le titre du dit article en dit long, à savoir : « 15ème anniversaire de l’entrée de l’AFDL à Kinshasa. Les dirigeants doivent apprendre à se faire mutuellement confiance ».

La Prospérité a lui aussi publié une série d’articles portant sur la célébration du 15ème anniversaire de la Libération du 17 Mai. Le premier parait sous le titre: « 15ème anniversaire de la Libération. Les compagnons de M’Zee Laurent-Désiré Kabila honorés ! » et rapporte qu’un groupe de combattants de l’AFDL ont organisé sous la conduite du ministre de l’Intérieur Richard Muyej un hommage à leurs défunts collègues en allant déposer des gerbes de fleurs sur les tombes de quelques uns de ces patriotes disparus.
Un deuxième article dans La Prospérité, sous le titre « Libération, 15 années après. Les Compagnons de M’Zee se souviennent », rapporte les principales cérémonies commémoratives organisées dans la capitale Kinshasa pour célébrer le 15ème anniversaire de l’avènement de feu Mzee Laurent-Désiré Kabila.

Barrage

Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.
Aussi s’ingénie-t-on à montrer JKK engageant le pays à pas de géant dans la « Révolution de la Modernité », nouveau slogan qui succède aux « Cinq Chantiers » quelque peu enlisés dans des sentiers bourbeux. On ne sort d’ailleurs pas de la boue, puisqu’il s’agit de barrages. Après Kakobola, qui a déjà servi à deux élections, voici Zongo !

A la Une, L’Avenir titre « Joseph Kabila lance Zongo II : 36 mois pour électrifier Kinshasa et Bas-Congo »

Il revient ainsi sur le lancement des travaux de construction du barrage hydroélectrique de Zongo II lancé mercredi 16 mai dernier par Joseph Kabila. Le quotidien indique que les travaux évalués à 376,5 millions de dollars américains sont financés par la Chine et la RDC. « Synohydro qui exécute les travaux doit les achever d’ici 2015 pour réduire sensiblement les délestages à Kinshasa et au Bas-Congo », explique le journal. D’une capacité de 150 Mégawatts, la centrale hydroélectrique de Zongo 2 va répondre à l’insuffisance de l’offre énergétique et sur le plan social, le projet va générer 2.000 emplois directs, renchérit L’Avenir.

(Le paysage hydroélectrique congolais est encombré et gâché par Inga. Mégaprojet estimé à 460 millions de $, ce barrage sur le fleuve Congo devait alimenter en électricité toute l’Afrique noire. Rien que le quart de la première tranche, Inga 1, aurait suffit pour assurer l’approvisionnement complet de Kinshasa en électricité. Pour utiliser le courant produit en trop, des esprits ingénieux proposèrent à Mobutu de construire une ligne à très haute tension -un million de volts continus, une nouveauté jamais testée en matière de transport électrique- entre Inga et le Katanga, pour alimenter les principales mines de cuivre du pays. Estimée à 255 millions $, celle-ci a fini par coûter 1,6 milliards, un dépassement étonnant si l’on oublie la longueur de la ligne à construire: 1’800 kilomètres de haute technologie installée dans la brousse. Aucune ligne secondaire ne part de cette autoroute. Et pour amuser Mobutu, un grand levier rouge permet d’arrêter d’un seul coup la livraison de courant.

Mais le Katanga n’a pas besoin de cette énergie: les ressources hydrauliques exploitables sur place sont suffisantes. On aurait ainsi pu, pour 10% du prix de la ligne, moderniser les mines et créer des barrages plus proches. Mobutu et sa clique ont profité grassement de cette construction; le Zaïre n’a payé qu’un partie infime de la facture (prise en charge par la garantie publique à l’exportation américaine) et Morrison-Knudsen, le grand bureau américain responsable du projet, n’a pas dû fermer boutique.

Dans la même veine, Alusuisse a failli créer un fonderie d’aluminium. Proche des mines de bauxite et avec le courant bon marché d’Inga, l’affaire promettait d’être juteuse. La chute du prix de l’aluminium, l’incapacité de l’Etat mobutuesque à agrandir un port en eau profonde à Banana, ont fini par enterrer le projet en 1976. Reste que pendant des années, des bureaux d’ingénieurs suisses ont planché sur ce grand projet et ont gagné leur pain.
Le Congo a toujours sur les bras “l’éléphant blanc” d’Inga, à peu près complètement en panne et devrait simultanément essayer de construire les “petits” barrages nécessaires et rationnels que Mobutu n’a pas fait construire et faire réparer le dinosaure afin qu’il serve au mois à quelque chose. Avec un budget limité, ce n’est pas de la tarte! NdlR)

Insécurité

De son côté, Le Potentiel s’intéresse à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et trouve qu’ « avec le recrutement des enfants dans ses rangs, l’arrestation de Ntaganda devient une urgence ». Il y a consacré sa manchette avec une caricature de ce général en cavale recherché par la justice.
Ce journal rapporte l’avis de Human Rights Watch (HRW). Pour l’ONG des droits humains, la chasse à l’homme engagée contre le général FARDC Bosco Ntaganda doit prendre sa vitesse de croisière. Human Rights Watch craint que l’enrôlement des enfants en cours n’aboutisse à la reconstitution de son armée. Cette urgence est également de stricte rigueur du côté congolais. Les autorités viennent de s’engager sur tous les fronts : militaire, diplomatique, … Plus qu’une traque, il faut resserrer l’étau autour du criminel, conclut Le Potentiel !

Toujours à ce sujet, Le Potentiel nous informe que : « Kigali souhaite toujours garder la main sur la situation militaire, selon L’International Crisis Group ».
Selon cette organisation, « Kigali est toujours très sensible à l’argument de la sécurité des Tutsis congolais », note Le Potentiel. Par conséquent, peut-on lire dans les colonnes du quotidien, certaines voix se sont élevées à Kigali pour dire que, finalement, cette tentative d’arrestation était un peu téméraire, que Bosco Ntaganda jouait un rôle important dans l’équation de paix au Nord-Kivu et qu’il fallait faire très attention à un possible retour des FDLR.

L’arrestation appelée de tous les vœux de Bosco Ntanganda est le sujet de l’éditorial « A haute voix » du Potentiel sous le titre « L’embarras ». Le journal décortique le dilemme qui se pose dans le cas de l’arrestation du proscrit en cause parce qu’il y a un tiraillement entre la justice du pays et celle internationale qui marque une pression de plus en plus forte sur Kinshasa.

Quant au développement de cette tragique situation sur terrain, Le Potentiel signale dans un troisième article que « Selon la Monusco. Sud-Kivu : les FDLR s’illustrent par des actes de barbarie ». Il indique que : « La situation sécuritaire au Sud-Kivu est demeurée tendue à cause notamment des actes de barbarie des FDLR, de regain d’activités criminelles contre les populations civiles ».

La Prospérité titre sur un autre sujet d’actualité lié aux « troubles du voisinage »: « Congolais expulsés des pays voisins : Clément Kanku appelle à une réaction rapide ! ».
Des familles congolaises entières sont expulsées des pays voisins comme du bétail, sans aucune considération de la vie humaine. C’est un constat du député national, Clément Kanku Bukasa, dans une motion d’information formulée lors de la plénière du mercredi dernier, rapporté par le journal. Pour cet élu de l’opposition, bien que cette question ait été soulevée lors de la législature passée, le gouvernement n’a pris aucune disposition sérieuse, pour mettre un terme à ce drame humain récurrent, poursuit le journal. Que faire ? S’interroge ce député de l’opposition qui trouve que « Même si nous devons privilégier les bonnes relations avec les voisins, nous ne devons pas pour autant fermer les yeux sur cette tragédie ».

A côté de ces inextricables dossier sécuritaires, Le Palmarès se tourne vers un autre sujet tout aussi alarmant : les télécommunications en révélant que : « Sur 14 pays à connecter. Seule la République démocratique du Congo rate sa connexion à la fibre optique ».

L’argent des politiques

Tant dans la diaspora qu’en RDC même, aussi bien au Parlement que dans la presse, il est beaucoup question de l’argent des hommes politiques. Outre l’intérêt de la chose, parce que dans tout les pays du monde, mettre « politique » et « argent » dans la même phrase déclenche n ricanement qui n’est pas loin du sanglot, l’actualité s’y prête du fait des mesure ostensibles de restrictions prises par divers gouvernements européens. Voici ce que cela donne chez les Congolais de Belgique (blog de Cheik Fita).
« À peine arrivé au pouvoir, François Hollande, le nouveau Président Français a réduit son salaire brut. Nicolas Sarkozy et François Fillon touchaient un salaire brut mensuel de 21 000 euros. Pour Hollande et Ayrault ce sera 14 000.
Le salaire des ministres français lui passe de 14 000 à 9 940.
En Belgique, le Premier ministre et les vice-premiers touchent aujourd’hui 17.500 euros mensuels brut.
Et en RD Congo?
Sauf erreur de source, en 1960, le Premier Ministre Lumumba avait un salaire de 90.000 francs congolais, et l’huissier de la fonction publique 15.000 FC, soit une tension salariale de 1/6.
Par la suite, que gagnait mensuellement le Maréchal Mobutu?
Et son successeur Joseph Kabila? Pourquoi en Belgique et en France les salaires des dirigeants ne sont pas un mystère? Pourquoi le sont-ils en RD Congo? Le salaire du Président provient directement de la caisse de l’état. La caisse de l’état est alimentée par les différentes taxes et autres impôts, fruits de la sueur du front de chacun des citoyens du pays. Même en RD Congo, malgré la grande désarticulation de l’état, celui-ci n’a d’autres sources de recettes que le travail des citoyens, leurs consommations.
Supprimez les citoyens, l’état tombe en faillite, et les dirigeants deviennent désargentés.
Pourquoi en occident, les dirigeants sont-ils enclin à publier leurs salaires à l’intention de tous les citoyens, et pourquoi cela n’est-il pas le cas dans nos « républiques » du tiers-monde?

Parce qu’en occident, d’une part, le dirigeant est conscient que son pouvoir vient du peuple, du citoyen, et d’autre part, le citoyen sait que c’est lui qui choisit les dirigeants et les paie.

Dans nos pays sous-développés par contre, les dirigeants se considèrent comme au dessus des autres citoyens, au point de croire qu’ils n’ont pas de compte à rendre aux plus petits.

De leur côté, les citoyens n’ont pas encore intériorisé l’idée selon laquelle c’est eux qui donnent le pouvoir et que c’est le fruit de la sueur de leur front qui rétribue les dirigeants.

La conséquence de cet état de choses est plus catastrophique: ayant pris goût au pouvoir et s’en étant pratiquement enivré, les dirigeants de nos pays poussent leur cynisme trop loin:

- Ils ne veulent plus partir du pouvoir,

- Ils s’y cramponnent. Malheureusement de très mauvaise manière. Quand ils veulent bien organiser des élections, non seulement ils puisent l’argent de leur campagne dans la caisse de l’état, en fait dans la poche de chaque citoyen, pire, en cas d’échec, ils trichent. Et quand la tricherie est grotesque, découverte, et dénoncée, ils menacent et tuent parfois. Avec quoi? Avec des armes. Des armes achetées avec quel argent? Avec l’argent puisé dans la caisse de l’état, autrement dit, puisé dans la poche de chaque citoyen.

Nous les citoyens congolais, sommes-nous tous suffisamment conscient de cela ?

Par distraction ou par ignorance, n’engraissons-nous pas nos bourreaux … Avec le fruit de la sueur de notre front? »

Dans une motion présentée à la plénière du mercredi 16 mai à l’Assemblée nationale, nous dit Radio Okapi, le député de l’opposition Fidèle Babala (MLC) « demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour surveiller la déclaration écrite du patrimoine du chef de l’Etat congolais Joseph Kabila et des membres du gouvernement, conformément à l’article 99 de la constitution ».
On a bien sûr objecté que cette surveillance était déjà prévue ce serait une des compétences de la Cour Constitutionnelle.
(Que penser des constatations suivantes :

1. Les résultats des élections devraient être vérifiés par la Cour Constitutionnelle.

2. Les patrimoines des élus devraient être surveillés par la Cour Constitutionnelle.

3. On n’a jamais trouvé le temps de créer la Cour Constitutionnelle.

Vous devinez sans peine les conclusions que certains en tirent ! Ah ! Les gens sont si méchants ! NdlR)

© CongoForum, le vendredi 18 mai 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22