Nord-Kivu : Kigali souhaite « toujours garder la main sur la situation militaire »

18 mai 2012

Actualités

Nord-Kivu : Kigali souhaite « toujours garder la main sur la situation militaire »
Jeudi, 17 Mai 2012

L’International Crisis Group (ICG) affirme que le Rwanda « souhaite toujours garder la main sur la situation militaire au Nord-Kivu ».« Kigali est toujours très sensible à l’argument de la sécurité des Tutsi congolais. Par conséquent, certaines voix se sont élevées à Kigali pour dire que, finalement, cette tentative d’arrestation était un peu +téméraire+ et que Bosco Ntaganda jouait un rôle important dans l’équation de paix au Nord-Kivu et qu’il fallait faire très attention à un possible retour des FDLR (forces démocratiques pour la libération du Rwanda) », explique son responsable de l’Afrique centrale, Thierry Vircoulon, dans un entretien à Afrikarabia.

Il note qu’« on voit de nouveau l’argument sécuritaire agité par Kigali qui ne verrait pas d’un très bon œil le désarmement des Tutsi au Nord-Kivu ».

A une question précise sur le « cas Ntaganda », il répond que « l’arrestation de Ntaganda ne résout aucun des problèmes parce qu’il s’agit essentiellement de problèmes structurels et non pas de problèmes individuels qui dépendent d’une ou deux personnes ».

S’agissant de l’arrestation probable du général Ntaganda, Vircoulon pense que « le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), ce mouvement politico-militaire dont Bosco Ntaganda est le leader, survivra à l’arrestation éventuelle de son leader ».

A son avis, « la tentative d’arrestation de Bosco Ntaganda a rouvert la compétition pour le pouvoir au Nord-Kivu ». Il souligne que « cette tentative d’arrestation a télescopé le résultat des élections ratées de novembre 2011, puisqu’au Nord-Kivu, les élections législatives ont été annulées dans le Masisi. Et en observant cette intervention militaire contre Ntaganda, un certain nombre de Tutsi se sont dit qu’il y avait une volonté de Kinshasa de désarmer la communauté tutsi et de réduire son poids politique ».

Les élections provinciales étant repoussées en 2013, Thierry Vircoulon estime qu’«on se retrouve donc dans une situation d’incertitude politique complète sur l’avenir de la province » du Nord-Kivu.

Malgré le démenti du gouvernement de Kinshasa – Kagame force Kabila à négocier avec Ntaganda
Mercredi, 16 Mai 2012
Pendant que les combats continuent sur terrain entre, d’un côté, les éléments des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les mutins dirigés par le général Bosco Ntaganda et de l’autre côté, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), du colonel Makenga, le pouvoir de Kigali vient de donner de la voix en proposant sa recette pour mettre fin à la situation d’insécurité qui prévaut dans l’Est de la RDC.

C’est à travers son ministre de la Défense, que le pouvoir de Kigali -incarné par Paul Kagame- s’est exprimé. En effet, selon un porte-parole de l’armée rwandaise cité par l’agence de presse Angolapress », «le ministre de la Défense de RDC, Alexandre Ntambo Luba, a rencontré samedi 12 mai 2012 son homologue rwandais James Kabarebe du côté rwandais de la frontière entre les deux pays». Les deux hommes, indique la source, ont discuté de la situation dans la province du Nord-Kivu, du côté congolais de la frontière, où des combats opposent depuis début mai les forces armées de RDC (FARDC) à des mutins, issus de l’ex-CNDP. De cette rencontre, l’on retiendra que le pouvoir de Kigali se dit prêt ouest décidé à «aider la République Démocratique du Congo à trouver une solution pacifique et politique à la crise en cours, sans l‘utilisation de la force militaire». En lisant cette déclaration entre les lignes, l’on peut vite comprendre que Kagame pousse son homologue congolais, Joseph Kabila à négocier avec Bosco Ntaganda, le général rebelle. En outre, les deux pays prévoient notamment d’échanger du renseignement sur l’état de la sécurité le long de leur frontière commune, a-t-on indiqué du côté rwandais. Les deux ministres, accompagnés de hauts responsables des services de renseignement et de sécurité, ont également évoqué la question des réfugiés. Par ailleurs, indique Angolapress, «les chefs d’état-major des deux pays doivent également présenter un plan concerté d’opération contre les rebelles rwandais de Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), composées notamment des Hutu soupçonnés de participer au génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994 et qui opèrent eux aussi dans le Nord-Kivu». L’agence de presse angolaise rappelle que «les chefs d’état-major des armées de la RDC et du Rwanda s‘étaient déjà rencontrés une semaine auparavant à Gisenyi».

Démenti du gouvernement congolais

Réagissant à la déclaration du général Joseph Nzamwita, porte-parole de l’armée rwandaise, Lambert Mende, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais a eu cette réponse: «Nous ne sommes saisis d’aucune demande de médiation par aucun de nos pays voisins. Un gouvernement sérieux ne travaille pas sur base des propositions qui pourraient être faites. S’il y a une proposition, nous nous prononcerons pour l’instant il n a pas de proposition». En fait, le ministre Mende contredisait l’information publié sur RFI et faisant état d’une proposition du Rwanda de jouer au médiateur entre le gouvernement congolais et la nouvelle rébellion du M23 au Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC. «C’est une information que je ne peux pas confirmer au nom du gouvernement. Notre collègue le ministre de la Défense a rencontré son homologue rwandais pas plus tard qu‘il y a 48 heures. Nous avons une ambassade à Kigali, il y a une ambassade rwandaise à Kinshasa. Il n y a que la chaîne française RFI qui a donné cette information qui peut savoir quelle en est la source», a déclaré le ministre Mende, dans une interview accordée à «radio Okapi», sans préciser le but de la visite du ministre congolais de la Défense au Rwanda.

Comment va agir Kinshasa?

En lançant ses troupes sur les trousses de l’ancien bras droit de Laurent Nkunda (ancien leader du CNDP détenu à Kigali depuis quelques années), le gouvernement congolais avait pourtant pris l’engagement de l’arrêter et de le juger. En plus, il y a lieu de rappeler qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre le général Bosco Ntaganda depuis 2006 par la Cour Pénale Internationale (CPI). Question: comment va agir le gouvernement de Kinshasa face à la proposition du pouvoir de Kigali? Parce qu’en proposant d’aider la RDC à trouver une solution pacifique et politique, Kigali pousse clairement Kinshasa à entamer des discussions avec Bosco Ntagaii1a dont les’ hommes affrontements les éléments des FARDC. Reste à savoir si le régime de Kinshasa prendra le risque de mettre fin aux opérations militaires actuellement en cours au Nord-Kivu afin d’opter pour la voie des négociations proposée par le gouvernement du Rwanda, mieux, par Paul Kagame, au moment où la Cour Pénale Internationale (CPI) vient de lancer un nouveau mandat contre le général Bosco Ntaganda.

Thomas NABOR

Des nouvelles alliances des groupes armés au Nord-Kivu
Agence Xinhuanet, 17/05/2012

KINSHASA — De nouvelles alliances ou une reconfiguration entre des groupes armés, parfois contre nature ont été constatées dans Rutshuru, le Masisi, Lubero et ailleurs au Nord-Kivu, notamment avec des groupes Maï-Maï APLCS, ex-CNDP, Cheka dans Walikale, a fait relever mercredi devant la presse, le porte-parole militaire de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), le Lieutenant Colonel Félix Prosper Basse.

Compte tenu de cette situation, la Force de la MONUSCO a pris des « mesures » pour soutenir les FARDC en affrontements contre ces groupes armés mais également pour la protection de la population, devant la situation sécuritaire au Nord-Kivu qui, selon le lieutenant-colonel Prosper Basse, demeure hautement tendue et instable.

Les FARDC mènent actuellement des opérations dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Walikale contre les soldats déserteurs, mais aussi à cause des nouvelles alliances nouées entre groupes armés dans cette province.

Le 9 mai dernier, rappelle-t-on, 60 éléments de l’ex-CNDP ( Congrès national de la Défense du peuple) se sont rendus avec leurs armes et une grande quantité de munitions suite à une opération de bouclage par les FARDC à la résidence du général Bosco Ntaganda, dans le quartier « Les volcans » à Goma, dans le but de désarmer sa garde.

Des affrontements entre les FARDC et les mutins du général Bosco Ntaganda, recherché par la CPI, ont eu lieu dans plusieurs localités de la région de Tshanzu-Runyoni, et provoqué le déplacement d’environ mille personnes. Deux hélicoptères d’attaque des FARDC ont pilonné les positions des dissidents du général Bosco Ntaganda.

© Copyright Xinhuanet

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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