NORD-KIVU: LA SOCIÉTÉ CIVILE VEUT EN FINIR AVEC L’IMPUNITÉ, “POUR AVOIR LA PAIX, IL FAUT LA VOULOIR”

19 mai 2012

Actualités

Agence Misna, 18 mai 2012

La résolution des problèmes du Kivu ne passera pas par un mandat d’arrêt contre le chef rebelle Bosco Ntaganda mais par une lutte acharnée contre l’impunité qui caractérise les crimes et les abus commis chaque jour sur les civils, affirme à la MISNA le président de la société civile du Nord-Kivu, Thomas D’Aquin Muiti, alors que la région est de nouveau en proie à de violents troubles.

Les anciens rebelles du Cndp (Congrès national pour la défense du peuple) sous commandement de Ntaganda, enrôlés aux forces armées depuis l’accord de paix de 2009, ont déserté les rangs réguliers et sèment la panique sur les territoires de Masisi et Rutshuru, où 20.000 déplacés sont actuellement recensés.

“Si nous assistons aujourd’hui à la mutinerie de soldats contre le gouvernement qu’ils auraient dû défendre, c’est parce que les accords de paix ne reposent sur aucune base solide”, observe notre interlocuteur, qui estime que “le seul fait de montrer aux gens que la loi doit être respectée en infligeant des punitions exemplaires contre les responsables de crimes horribles suffirait au Kivu à rétablir un peu plus d’ordre et de confiance dans les institutions”.

Mais la situation actuelle est compliquée par “les accords passés, d’une part, par les militaires mutinés et le groupe Maï-Maï Lafontaine, qui est lui-même allié de l’autre aux rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr)”, explique Muiti, qui y voit la cause de l’échec du processus de réinsertion dans l’armée à la base de l’accord de paix. Par ailleurs, insiste le président de la société civile en allusion au Rwanda, “les acteurs de la région doivent adopter une position conjointe sur la situation au Kivu et certifier noir sur blanc qu’ils n’armeront plus ou ne financeront plus les groupes armés qui sévissent chez nous”.

Selon les quelques informations en provenance du terrain, les habitants de Bunagana, à environ 90 kilomètres de Goma, qui s’étaient dernièrement enfuis en Ouganda, auraient repassé la frontière et rentreraient progressivement au village. “Ils auraient été encouragés à revenir par la présence des casques bleus de la Monusco et de l’armée sur les collines de Runyoni et Chanzu, qui était auparavant occupées par les rebelles”, ajoute Muiti, tout en précisant que “les villages ont été systématiquement pillés et les champs détruits”.

Maints observateurs estiment que cette nouvelle insurrection pourrait découler d’une stratégie de Ntaganda – recherché par la justice internationale pour crimes de guerre et contre l’humanité – pour déstabiliser la politique congolaise et forcer le gouvernement à négocier et collaborer avec lui.

D’ailleurs, “tant que les conventions internationales ne seront pas ratifiées et appliquées et que la législation congolaise ne sanctionnera pas l’enrôlement des mineurs, qui n’est pas formellement un crime chez nous, aucun progrès ne sera envisageable”, rappelle Muiti, qui estime que “pour arriver à la paix, il faut d’abord la vouloir”.

(ADL/CN)
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Condamnés à l’errance
Par Le Potentiel, le 19 mai 2012

Il n’est pas bon de vivre dans l’Est de la République démocratique du Congo. Depuis le génocide rwandais de 1994, cette partie de la RDC est plongée dans un cycle infernal d’instabilité. Le peuple médusé en paie le lourd tribut.

Certains ont été contraints d’abandonner leur terroir pour se réfugier à l’intérieur de leur propre pays. D’autres, par contre, ont préféré emprunter la voie de l’exil. Le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda sont parmi les pays d’accueil de ces Congolais condamnés à l’errance.

Selon les statistiques fournies par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), le nombre de personnes déplacées internes a dépassé les 2 millions au 31 mars 2012. Une situation qui préoccupe également le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Pour autant qu’elle met en mal sa capacité à apporter intervenir sur le terrain.

Liés aux récentes opérations militaires initiées par les Forces armées de la RDC pour neutraliser les mutins fidèles au général Bosco Ntaganda, ces déplacements massifs des populations passent pour une écharde dans la peau du Gouvernement Matata.

La reprise des combats entre les troupes régulières et les mutins, regroupés désormais dans le mouvement rebelle M23, a une fois de plus jeté en pâture la capacité de la RDC à pacifier durablement cette partie de la République. C’est sans compter les durs supplices imposés aux personnes qui se sont déplacées à l’intérieur du pays et vivent actuellement dans des conditions déplorables.

Outre les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, une situation similaire sévit actuellement dans le Nord-Katanga, particulièrement dans les territoires de Manono et de Mitwaba avec le regain d’activités des hommes fidèles à Gédéon Mutanga Kyungu. Là aussi, des sources concordantes font état de nombreux déplacés pour cause de l’insécurité.

Que faire pour aider ces déplacés à retourner chez eux ? Cette question mérite d’être posée dans la mesure où la RDC dénombre aujourd’hui plusieurs milliers de ses ressortissants dans les pays limitrophes. Toutes ces personnes vivent dans de mauvaises conditions et ne souhaitent qu’une chose : retourner au pays.

Le Gouvernement Matata a du pain sur la planche. Il a dès lors le devoir constitutionnel de tout mettre en œuvre pour rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. Ce souhait rejoint l’une des ses missions lui assignées par le chef de l’Etat. Car, la pacification du Kivu et d’autres provinces troubles de la République permettra au pays de poursuivre le programme de développement amorcé il y a quelque temps.

Les différents gouvernements successifs se sont penchés sur la problématique de l’insécurité dans l’Est du pays sans parvenir cependant à trouver la clé de l’énigme. Est-ce par compromission ou par pire incompétence ? Raison pour laquelle le gouvernement Matata n’a pas droit à l’échec. Il est obligé de relever ce défi afin de permettre au peuple congolais de vivre calmement sur le sol lui légué par ses ancêtres.

Comme promis par le Premier ministre lors de son dernier passage à l’Assemblée nationale, tous les moyens, diplomatique, militaire et politique, doivent être mis en œuvre pour venir à bout de l’équation de l’Est. L’aventure de l’Est n’a que trop durer. Il est temps de donner la chance aux Congolais de vivre véritablement en paix dans le pays qui les a vus naître.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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