22/05/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

(CongoForum)

Grève des transporteurs en commun lundi à Kinshasa avec pour conséquence une paralysie de la capitale ce début de semaine, consensus dégagé sur le tard à l’Assemblée nationale pour l’élection des bureaux des commissions parlementaires et nouvel accord rwando-congolais pour ramener la paix dans les Kivu, tels sont les principaux sujets traités par les journaux congolais de ce mardi.

Grève des transports – les faits

Le principal événement ciblée dans la presse est la grève déclenchée lundi à Kinshasa par les transporteurs en commun en protestation contre les tracasseries policières qu’ils subissent exagérément ces derniers temps.

La grève visait avant tout ce que l’on qualifie à Kin de « tracasseries policières ». Depuis quelques temps, on notait la présence, sur les grandes artères de la ville de Kinshasa, des unités d’intervention de la police appelée communément « robots » – allusion à l’aspect de « machines » que leur confère l’équipement dont ils sont revêtus. Ces policiers viennent en renfort des éléments de la police de circulation routière dans le but de faire respecter les normes de mise circulation. Pour y arriver, ils n’hésitent pas un seul instant de faire usage de leur gourdin sur les chauffeurs et receveurs des taxis bus indisciplinés. (Il est visible, are part, que les deux sociétés publiques de transport – STUC et City Train – ont profité d’un mouvement partant de leurs chauffeurs lassés des « tracasseries » pour attirer l’attention sur l’état lamentable de leur charroi dû, disent-elles, à des engagement non tenu des autorités. NdlR)

Hier lundi, au matin, des milliers de personnes arpentaient à pied les rues de Kinshasa pour se rendre au travail. A certains arrêts de bus, les conducteurs grévistes avaient brûlé des pneus sur la chaussée pour barrer la route à certains de leurs collègues qui ne respectaient pas le mot d’ordre de grève. Ce mouvement a été observé à l’intendance générale de l’Université de Kinshasa et à Yolo Kapela, dans la commune de Kalamu.
Dans certains coins de la partie Est de la capitale, les altercations entre grévistes et non grévistes ont failli virer à des scènes d’émeutes. Au Quartier 1, à Masina Petro-Congo, les grévistes se sont attaqués aux taxis-motos et à tout véhicule qui passait sur le boulevard Lumumba.
Pour ne rien arranger, une forte pluie s’est abattue à Kinshasa, mouillant des milliers de personnes qui marchaient.
Les taxis-motos ont quelque peu allégé la peine des piétons. Mais certains sont allés jusqu’à doubler le prix de la course. En début d’après-midi, quelques véhicules ont fait leur apparition sur certaines artères. Mais ces conducteurs évitaient les carrefours où étaient massés leurs collègues grévistes.

Le manque de transport en commun a perturbé le fonctionnement des écoles et les activités économiques dans la capitale.
Selon un pompiste d’une station service située sur l’avenue Kabinda dans la commune de Lingwala, les véhicules arrivaient à compte goutte. «La vente est largement en baisse. Il n’y a pas assez de clients aujourd’hui(…) Il faut que le Gouvernement mette en circulation ses propres véhicules de transport en commun pour qu’il soit en mesure de faire respecter ses lois », a-t-il témoigné.
La plupart de supermarchés situés à Kintambo Magasin ont enregistré également une baisse dans leurs recettes journalières. Un gérant a expliqué: «Généralement, le lundi matin, il y a un engouement dans nos supermarchés. Mais, aujourd’hui, nous avons constaté que les clients arrivaient à compte goutte. Donc, ce problème de transport a eu une incidence sur nos ventes. Nous avons d’autres fournisseurs qui utilisent le transport en commun et qui n’ont pas pu nous rejoindre.»
Le secteur informel était également touché par cette grève. La plupart des vendeurs de boissons sucrées et de pains n’ont pas pu atteindre leurs lieux de transaction, en cette journée pluvieuse. Quelques rares petits commerçants ont gagné le centre ville à pied. L’ambiance morose a prévalu aussi sur les différents marchés de la capitale.

La plupart des écoles de la ville de Kinshasa ont connu des difficultés pour fonctionner normalement, à cause de la grève des automobilistes mais aussi de la pluie qui s’est abattue sur l’ensemble de la ville ce lundi matin. Au collège Saint Joseph de la Gombe, quelques élèves étaient dans les salles de classes sans professeurs. Au collège Boboto, les trois quarts des élèves étaient présents. La plupart d’entre eux ont été emmenés par les véhicules de leurs parents, a expliqué le directeur du collège. Mais certains enseignants ne sont pas arrivés, faute de transport. Au collège Saint Georges de Kintambo, par exemple, le préfet lui-même est arrivé à pied à l’école. Il n’y avait presque pas d’élèves. Le préfet du complexe scolaire les Bambins de Bandalungwa a affirmé également avoir fait le pied pour joindre son lieu de travail. Seuls les élèves qui habitent la commune du même nom étaient présents. Au complexe scolaire Mgr Moke dans la commune de Kalamu, l’abbé directeur a déploré l’absence des certains enseignants qui habitent loin de Kalamu. Au lycée Kabambare dans la commune de Kinshasa, les cours se sont donnés presque normalement, beaucoup d’élèves étant internés.

Le président provincial de l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO), Nzuzi Sona, a affirmé que la présence des éléments de la police anti-émeute pour faire la contrôle des véhicules sur les artères de Kinshasa est la cause principale de la grève des transporteurs en commun. Pour lui, les tracasseries policières empêchent les conducteurs de travailler dans la quiétude. «Etant donné que la Gouvernement a promis de retirer ces policiers-là et de suspendre le contrôle des assurances, je pense que les chauffeurs n’ont plus rien à se plaindre. Qu’ils vaquent maintenant à leurs occupations», a-t-il déclaré.

Le général Jean de Dieu Oleko, commissaire provincial de la police ville de Kinshasa a rejeté toutes les accusations des grévistes. «Doit-on continuer laisser circuler les véhicules hors normes et avoir des conducteurs qui ne seraient pas en ordre ?», s’est interrogé Jean de Dieu Oleko au cours de l’émission Parole aux Auditeurs de Radio Okapi. Pour lui, il ne s’agit pas de tracasserie. «Quand on vous demande de mettre en ordre (…), ça devient une tracasserie ?», a-t-il poursuivi. D’après le général Oleko, les transporteurs qui sont en ordre avec la réglementation en vigueur en RDC roulent normalement. Ceux qui ont été arrêtés par la police et qui se sont conformés à la loi, a-t-il soutenu, ont été également autorisés de circuler de nouveau.

(Ce compte-rendu est principalement une compilation de différents reportages de Radio Okapi)

Grève des transports – les commentaires de la presse

(L’importance qu’un mouvement somme toutes assez banal de mécontentement social prend pour le gouvernement tient à une circonstance politique fort spéciale. Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Le plus important de ces faits accomplis était la mise en place d’un gouvernement.
L’équipe de Matata Ponyo a été annoncée à, grands bruits de vuvuzelas médiatiques – et pas seulement en RDC – comme une équipe de « jeunes technocrates compétents ». Elle s’est empressée de commencer par un « couac » en arrivant en retard avec un budget non-chiffré. Si elle dérape aussi sur la « peau de banane » qu’est la grève des transports, elle va finir par faire triste figure. NdlR)

Forum des As titre à la Une « Suite à un harcèlement policier : Kinshasa est une ville morte» à propos de la grève des transporteurs privés.
Pour ce journal, « esprit de mort « (nom donné aux Mercédès 207 qui font du transport en commun) signe sa première victoire sur Matata Ponyo. Ce quotidien juge que la grève des transporteurs privés était hier une réussite totale, dans la mesure où elle a paralysé les activités dans toute la ville.

Sur le même sujet, Le Phare tranche : « Ville morte non décrétée à Kinshasa… ».
Ce journal estime que la grève des transporteurs est un acte de protestation qui s’adressait à la fois au gouvernement et à la Sonas. Les souscripteurs de la police d’assurance, explique le confrère, se plaignent de ne pas voir clair dans l’utilisation des recettes encaissées par l’assureur national : pas de dédommagement en temps réel et proportionnellement aux dégâts qu’est censé couvrir la police d’assurance. Quant au gouvernement, il est accusé d’avoir démissionné dans l’organisation du transport en commun. Pour Le Phare, «le vrai message des transporteurs » est le suivant : « que les tracasseries cessent absolument sur les artères de Kinshasa ».

La Prospérité s’intéresse, elle, à la réaction du gouvernement à cette grève : « Grève des chauffeurs, Kabila-Matata : réunion d’urgence ! ».
Ce journal constate aussi qu’ayant le monopole dans le secteur du transport en commun, les transporteurs privés ont réussi hier lundi un coup d’éclat. Et, c’est le petit peuple qui en a payé le prix, parcourant des longues distances à pied, sous une pluie battante. Mais le quotidien indique que les gouvernements central et provincial de Kinshasa ont vite compris le message et tenu, chacun en ce qui le concerne, un conseil des ministres en urgence, question d’éviter le pire.
Au niveau Central, poursuit le journal, Joseph Kabila a présidé personnellement le conseil des ministres où le gouvernement a pris acte des revendications ainsi exprimées par les transporteurs et a mis en œuvre une batterie de mesures strictes destinées à juguler des éventuelles tracasseries par quelques agents de l’ordre véreux. Seulement, la pression reste maintenue sur les véhicules en mauvais état. (Voir la RP d’hier quant à l’état laentable du parc d’autobus. NdlR) « Les transporteurs privés sont parvenus, une fois de plus, à paralyser la capitale de la Rd-Congo ce lundi 21 mai 2011. Ayant le monopole dans le secteur, ils ont réussi un coup d’éclat. Et c’est le petit peuple qui en a payé le prix, parcourant de longues distances à pied sous une pluie battante qui s’est mêlée au courroux des chauffeurs des taxis et taxi-bus
« Les Gouvernements central et provincial de Kinshasa ont vite compris le message et ont tenu, chacun en ce qui le concerne, un Conseil des Ministres en urgence. Question d’éviter le pire. Au niveau central, Joseph Kabila a présidé personnellement le Conseil des ministres où le gouvernement a soutenu que les chauffeurs des taxis et taxis-bus protestaient contre des présumées tracasseries des policiers. Aussi a-t-il pris acte des revendications ainsi exprimées par les transporteurs et a mis en œuvre une batterie de mesures strictes destinées à juguler des éventuelles tracasseries par quelques agents de l’ordre véreux ».

Pour Le Potentiel, au vu des conséquences enregistrées, cette grève est un véritable défi lancé au gouvernement de la République : « Grève des transporteurs privés : Kinshasa paralysé, le gouvernement défié ».
Pour protester contre les contrôles des véhicules intensifiés ces derniers jours par la Police, écrit le journal, les transporteurs privés ont observé une grève. «Tracasseries». Le mot est vite lâché, commente le journal pour qui les transporteurs privés ne veulent plus continuer à subir la loi des agents de la police de circulation routière. Ils ont débrayé et, vite, le gouvernement est mis à rude épreuve face à une population qui n’en peut plus avec de longs kilomètres franchis à pieds. Ce journal fait remarquer que cette situation a certainement étalé au grand jour la nudité d’un gouvernement qui n’a plus aucune entreprise de transport en commun viable et qui manque d’une politique de transport à court terme.

Quant aux suites à donner à cette grève des transporteurs privés à Kinshasa, Radio Okapi affirme que « le gouvernement veut relancer Stuc et City train ».
Il a décidé d’augmenter le charroi automobile de deux entreprises de transport public à Kinshasa, a indiqué le ministre de Transports et Voies de communication, Justin Kalumba, lundi 21 mai. Il a aussi résolu d’augmenter les rotations du train urbain et de financer City Train et Stuc, les deux sociétés publiques qui sont presque à l’arrêt. A l’issue d’une réunion d’évaluation qui a réuni les ministres des Transports et Voies de communication, des Finances, de l’Intérieur, le gouvernement provincial, la police et les entreprises de transport étatiques, Justin Kalumba déclaré: «Nous avons pris des dispositions pour que l’Onatra puisse passer de trois à cinq rotations du train urbain à Kinshasa, par jour. Deuxième mesure, la Stuc et City train doivent remettre quatre vingt-dix véhicules en circulation et très vite. Ces derniers vont servir plus la partie Ouest et centre de la ville… Des mesures qui doivent être exécutées « tout de suite ».
« Pour continuer à améliorer l’offre de service de transport public, a-t-il poursuivi, le gouvernement va commander très vite environ deux cents bus de grande portée.»/ Le gouvernement préconise également de défiscaliser l’importation des bus de capacité d’au moins vingt sièges. «La condition, il faut que ça soit des bus neufs : zéro kilomètre », a précisé le ministre Kalumba. Les participants à cette réunion ont par ailleurs décidé de maintenir le contrôle technique des véhicules sur les artères de la ville. Les policiers appelés « robots », eux, doivent être retirés de ce contrôle. Les automobilistes accusent ces derniers de tracasseries. D’autres conducteurs affirment par contre que cette brigade antiémeute ne se fait pas corrompre par les conducteurs qui ne détiennent pas les documents de bord. D’où la répulsion qu’ils inspirent.

L’Avenir titre en manchette: « Faute de transport en commun. Kinshasa paralysée ». En sous-titre ; « Le gouvernement a mis en œuvre une batterie de mesures strictes ».
Ce journal signale que : « Suite à la protestation des transporteurs en commun contre les présumées tracasseries des policiers, le gouvernement de la République prend acte des revendications exprimées par les transports et a mis en œuvre une batterie de mesures strictes destinées à juguler d’éventuelles tracasseries par quelques agents de l’ordre véreux ».
Il poursuit en indiquant que : « Le ministère des Transports et Voies de communication qui a réuni hier (lundi) tous les intervenants du secteur de transport, compte relancer les sociétés de transport public, notamment City-Train et la Société de transport urbain du Congo (STUC ) ».
« A l’Hôtel de ville, renchérit-il, le gouverneur André Kimbuta qui a tenu une réunion de crise avec la corporation des transporteurs, la police de circulation routière, l’Association des chauffeurs du Congo et des chargeurs du Congo, a lancé un appel aux chauffeurs de reprendre leurs activités pour que la population vaque à ses occupations ».
L’Avenir ajoute: « Seulement, la pression reste maintenue sur les véhicules en mauvais état. En effet, M. Justin Kalamba, ci-devant ministre des Transports, a promis de poursuivre avec le contrôle technique des véhicules. Il n’est pas question pour lui de laisser ces engins continuer à circuler librement et impunément, au risque de distribuer gratuitement la mort aux Congolais ».

Parlement

Le deuxième sujet qui a retenu l’attention des journaux est la désignation qui a pris trop de temps des dirigeants des commissions parlementaires, retard dû à la difficulté de trouver un compromis entre la Majorité et l’Opposition sur le partage des directions des principales commissions que sont celles Politico-administrative et judiciaire (PAJ) et celle de l’Economie et Finances, la fameuse commission de l’Ecofin.

Le journal L’Obectif titre à la une « Assemblée nationale. L’opposition rate la PAJ et l’Econfin ».

L’Avenir de son côté titre « Assemblée nationale. Enfin le consensus global entre Majorité et Opposition ». Il s’agit du difficile compromis trouvé finalement à la Chambre basse du Parlement autour de l’élection en cause des dirigeants des bureaux de ses commissions.

Le même L’Avenir pointe une autre activité extra-parlementaire cette fois d’un membre en vue de la représentation nationale, en l’occurrence Jaunet Kabila. Le titre de l’article se rapportant à l’activité en question est : « Réunion extraordinaire du CRFP-GL. Jaynet Kabila pose les jalons de la construction de la paix dans les Grands Lacs ! ». Il signale que : « Les lampions se sont éteints à la réunion extraordinaire et ordinaire du Conseil d’administration du Centre régional des recherches et de documentation sur les Femmes, le Genre et la Construction de la paix dans la Région des Grands Lacs (CRFP-GL). Organisée du 18 au 20 mai 2012 à l’Hôtel Sultani de Kinshasa, sous la férule du Président du Conseil d’administration, l’Honorable Jaynet Kabila Kyungu. La réunion a jeté les bases de la construction de la paix dans la région des Grands Lacs, avec les femmes comme fer de lance ».
« Pour soutenir cette démarche, est-il aussi indiqué, la RDC a alloué USD 500.000 à la structure. Cette allocation est une dotation du Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange qui est déterminé à soutenir les actions posées par les femmes dans la droite ligne de la pacification de la Région des Grands Lacs et de la RDC en particulier. La ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, a clôturé ces assises. Ont pris part les chefs des missions diplomatiques des pays des Grands Lacs et la Représentante du Bureau de l’Unesco en RDC, Mme Jane Freedman ».

Est

Le Potentiel présente les tractations menées autour de cette nouvelle rébellion par le Rwanda et la RDC en vue de l’éradiquer. Il s’agit des tractations annoncées comme ayant abouti à un accord entre les deux pays voisins et à propos duquel le journal annonce en gros titre de sa manchette « Accord de Kigali : des monstrueuses contradictions ».
Même l’éditorial « A haute voix » du Potentiel est consacré au sujet, réflexion et analyse des enjeux en cause présentées sous le titre qui en dit long ci-après : « Accord des dupes ».

Le même sujet est aussi présenté par AfricaNews dans sa manchette: « Jomba : un sujet qui fâche. Soupçon de complicité MONUSCO-Ntanganda ». Cette machette est illustrée avec les photos placées côte à côte du sinistre officier ex-CNDP Bosco Ntanganda et le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et patron de la Monusco, en l’Occurrence M. Roger Meeceen personne, une nette façon pour AfricaNews de pointer la duplicité qui prévaut dans ce lourd dossier de la guerre dans la partie Est de la RDC.

A l’étranger, C. Braeckman constate dans Le Soir que : « L’alliance entre Kigali et Kinshasa résiste aux combats dans le Nord Kivu ».
Elle explique : « Dotées de chars et d’hélicoptères de combat, les forces armées congolaises ne lésinent pas sur les moyens pour réduire le bastion des militaires mutins adossés à la frontière rwandaise du côté de Bunagana et de la localité de Jomba, à une dizaine de kilomètres de la frontière ougandaise. Les militaires dissidents, appartenant au mouvement M23, assurent qu’ils résistent aux assauts mais les observateurs militaires sur le terrain relèvent que les forces gouvernementales, dont le 322eme bataillon, formé par les Belges, font preuve d’une combativité inhabituelle et dont déjà engrangé des succès, mais aussi de sérieuses pertes.
Cependant, l’issue des affrontements au Nord Kivu ne dépend pas uniquement du rapport de forces militaire ; elle devrait, in fine, être déterminée par les relations entre la RDC et le Rwanda. Sur ce point, aussi bien à Kinshasa qu’à Kigali, les signaux positifs se multiplient : le nouveau ministre congolais de la défense s’est rendu au Rwanda voici une semaine et, le week-end dernier, à l’issue d’une réunion de leur commission mixte, les deux pays ont décidé d’étendre à la situation sécuritaire le mandat de leur commission conjointe de renseignements. Autrement dit, -à l’inverse de ce qui s’était déjà produit précédemment- le Rwanda ne soutient guère les mutins, qui sont cependant des ressortissants congolais d’origine tutsi, et ne devrait pas leur fournir de base de repli sur son territoire. Sur le terrain cependant, des témoins nous ont déclaré avoir constaté que les rebelles étaient approvisionnés en nourriture depuis le territoire rwandais et que des hommes non identifiés traversaient la frontière.
A Kinshasa, lors Conseil des Ministres du lundi matin, le président Kabila a explicitement souligné que « les communautés vivant au Kivu ne devraient pas invoquer les pays voisins comme échappatoire » et il a précisé que « les milices formées par les différents groupes ethniques seront combattues, de même que leurs «parrains intellectuels », c’est à dire des politiciens locaux… »
Cela étant, la loyauté du voisin rwandais a une contrepartie : les responsables du renseignement, dans les deux pays, se sont engagés à présenter d’ici dix jours « un plan concerté » afin de poursuivre la traque des rebelles hutus des Forces armées pour la libération du Rwanda (FDLR)
Kigali craint en effet que ces rebelles hutus ne mettent à profit les troubles au Nord Kivu pour renforcer leurs positions. Au Sud Kivu déjà, des attaques meurtrières attribuées aux FDLR se sont multipliées : 11 militaires pakistanais de la Monusco ont été blessés le 14 mai, des ONG locales dénoncent des attaques meurtrières sur Bunyakiri et Kamagana.
En outre, les affrontements actuels ravivent des tensions communautaires : les Tutsi congolais, simples civils ou intégrés dans l’armée régulière, redoutent d’être tenus pour collectivement responsables de l’action de quelques centaines de mutins et des agressions individuelles ont déjà été enregistrées. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a annoncé l’assassinat de l’un de ses employés à Goma, blessé par balles à son domicile. M. Makabuza était en charge de la sécurité à Rutshuru et auparavant il avait travaillé pour les services de sécurité congolais ».

Pour RFI , « Le gouvernement assure que l’armée régulière contrôle bien la situation dans l’est de la RDC. Dans le compte-rendu d’une réunion présidée par le chef de l’Etat, les autorités expliquent que les soldats maintiennent la pression sur les mutins du mouvement M23. Ils ont reçu des renforts, deux bataillons de commandos se sont déployés pour chasser les déserteurs rebelles de leurs positions. Les combats se concentrent dans les montagnes du Rutshuru, près de la frontière ougandaise ».
Le calvaire continue pour les habitants des villages dispersés dans les collines près de la frontière de l’Ouganda. Selon la société civile du Nord-Kivu dans quelques secteurs, ce sont 90% de la population qui ont fui. Des milliers de personnes ont fui vers l’Ouganda, d’autres se sont agglutinés dans les villes de Rutshuru et Kiwanja. Des familles entières occupent des écoles, ou s’entassent chez des connaissances pour se mettre à l’abri. L’armée régulière est aux prises avec les soldats dissidents du M23, le mouvement dirigé par un ancien bras droit de Bosco Ntaganda, le colonel Makenga. Ses hommes sont de la région, ils connaissent bien le terrain. Les FARDC, les forces armées de la RDC, ont dû faire appel à des renforts qui sont arrivés le 20 mai, deux bataillons de commandos formés par des instructeurs belges et sud-africains, et pour certains d’entre eux par des Américains. Ils sont déployés dans les collines, notamment autour de Runyioni. Selon la société civile du Nord-Kivu, il est difficile de savoir qui de l’armée régulière ou des militaires rebelles contrôlent vraiment cette zone montagneuse. Les FARDC se montrent avares d’informations, et ne donnent aucun bilan des accrochages depuis le week-end dernier.

© CongoForum, le mardi 22 mai 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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