24/05/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE JEUDI

(CongoForum)

Les préparatifs du sommet de la Francophonie, prévu en octobre à Kinshasa, et dont certains attendent qu’il puise être l’occasion de manifester une sorte de désapprobation internationale à la suite des tripotages électoraux en RDC, occupent une place mportante dans la presse de ce jour. La tentative de suicide du colonel Mukalayi, le « bouc émissaire » de l’affaire Chebeya, est un autre sujet important. Il faut encore citer, parmi tant d’autres, des titres comme la déclaration des avoirs des membres du gouvernement Matata Ponyo, le sort des populations congolaises de l’Est, les brutalités policières contre les marchands de rue, sans oublier, à propos du football, les menaces de démission de Claude LE ROY…

Francophonie

L’agence ACP annonce « Ouverture hier à Kinshasa des travaux d’un colloque scientifique sur la Francophonie ». Ces travaux ouverts par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, sont placés sous le thème : « Vues d’Afrique Francophone et gouvernance mondiale. C’était en présence des parlementaires, des membres du gouvernement et des diplomates accrédités en Rdc ».

Le Potentiel souligne pour sa part l’arrivée à Kinshasa de M. Clément Duhaime, Administrateur de l’OIF, dans la perspective du 14ème Sommet de la Francophonie en octobre 2012. A en croire Clément Duhaime, qui n’émet aucun doute sur la tenue dudit sommet à Kinshasa, « la force de la Francophonie réside en Afrique ». N’en déplaise aux plus sceptiques, écrit ce quotidien, la RDC sera en octobre 2012, la capitale mondiale de l’espace francophone avec l’organisation sur son sol du 14ème Sommet de la Francophonie, une première en Afrique centrale. Il croit savoir qu’au niveau du gouvernement, des officiels sont à pied d’œuvre pour ne pas rater l’événement.. A moins de quatre mois de ce sommet, la RDC s’activerait pour se l’approprier à fond. Pour le Potentiel, ce sommet est l’occasion de signer son grand retour avec la sortie réussie du Sommet de Montreux, en Suisse en 2010.

« XIVe sommet de la Francophonie: l’OIF réaffirme son appui à la RDC » titre Radio Okapi.

Le comité national d’organisation du XIVe sommet de la Francophonie et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont organisé, du 23 au 25 mai, à Kinshasa, un colloque international axé sur le thème: «vues d’Afrique, Francophonie et bonne gouvernance». A cette occasion, l’OIF a réaffirmé sa détermination à accompagner la RDC pour la réussite de cette rencontre internationale, prévue en octobre à Kinshasa. «Tous ceux qui souhaitent la réussite de ce sommet sont engagés pour faire en sorte que ce rendez-vous soit le plus beau sommet que la Francophonie ait tenu. C’est donc très important pour nous d’accompagner la République démocratique du Congo pour que ça soit une réussite», a déclaré l’administrateur de l’OIF, Clément Duhaime. Ce colloque s’inscrit dans le cadre des préparatifs du XIVème sommet, a souligné le commissaire général à la Francophonie, Isidore Ndaywell. «Puis qu’il est question de la gouvernance mondiale, nous voulons réfléchir sur ce que peut être l’apport de la solidarité francophone face à la gouvernance mondiale et au sein de la gouvernance mondiale» a-t-il indiqué.
Plus de 70 acteurs venus des pays membres de cette organisation participent à ces assises qui devraient aborder plusieurs sujets, dont:

le statut et l’avenir du français en Afrique et dans le monde
le promotion des langues nationales
la création littéraire en français et dans les langues nationales
la langue française dans les institutions panafricaines et mondiales
la francophonie et les puissances émergentes
quelles perspectives pour l’Afrique, l’Afrique centrale et la RDC ?
Les Sommets de la Francophonie ont lieu tous les deux ans et, comme toutes les « grand messes » politique, sont décidées longtemps à l’avance. Lorsque Kinshasa a été choisie en 2010, l’opinion internationale, qui met toujours un certain temps à réagir, applaudissait encore au « retour de la RDC parmi les nations démocratiques », à la suite des élections de 2006, cependant que la France de Sarkozy était plus « françafricaine » que jamais.
Mais depuis lors il y a eu les élections de 2011 en RDC et celles de 2012 en France.

Au Congo, les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Incontestablement, le pouvoir de RDC s’efforce de faire confondre « tenue du sommet à Kinshasa » et «soutien à la reconduction de JKK ».
(Soit dit en passant, les états reconnaissent entre eux leur existence, non leur régime. Du point de vue strictement juridique la « reconnaissance internationale d’un Président » n’existe tout simplement pas. Les autres états prennent acte de ce qu’en RDC, une décision a été prise par une instance interne, à savoir, en l’occurrence, la CSJ. NdlR)

En France, le caractère bipolaire de la politique fait que le retour du balancier vers la Gauche (il serait plus juste de dire le « Centre Gauche ») suscite, dans tous les domaines des espoirs de changement. Dans le domaine africain, ces espoirs consistent avant tout dans l’attente de l’abandon de la ligne dite « Françafrique » qui peut se résumer en une phrase « La France tient compte avant tout des intérêts de ses grandes compagnies financières, en particulier dans le domaine de l’énergie et des matières premières et, dans ce but fraternise avec les régimes qui y sont favorables, fussent-ils dictatoriaux, répressifs ou basés sur des élections contestables ». On doit s’attendre à ce que Hollande fasse, systématiquement, en tout le contraire de Sarkozy… au moins en surface. L’Afrique a tenu peu de place dans la campagne électorale, qui est de toutes façons une période où l’on dit tant de choses…
Comme le nouveau Président n’est installé que depuis le 15 mai, on peut tout au plus baser quelques spéculations sur ce que l’on sait du choix de ses Ministres et Conseillers.
Ainsi, comme le remarquait récemment La Lettre du Continent, y aura-t-il non plus un « Monsieur Afrique» (surnom du conseiller adjoint chargé de l’Afrique), mais une « Madame ». Hélène Le Gal , l’actuelle consule générale à Québec qui n’avait pu déposer ses valises à Kigali pour succéder à Laurent Contini, les autorités rwandaises lui ayant refusé son agrément. (Mais était-ce dirigé contre sa personne ou à situer dans la cadre de la politique globale de « grimace à l’égard de la France » ?). Conseillère pendant deux ans du ministre socialiste de la coopération Charles Josselin et ancienne sous-directrice Afrique centrale et orientale du Quai d’Orsay, Hélène Le Gal apparait plus technicienne que politique. Elle ne manquera pas de s’appuyer sur Elizabeth Barbier, patronne de la direction Afrique et océan Indien du Quai d’Orsay et ex-ambassadrice au Kenya. Peu coutumières du pré carré francophone, ces deux diplomates discrètes connaissent bien mieux l’Afrique de l’Est et ses organisations régionales. (Cela pourrait se répercuter d’une manière favorable pour la RDC, dans la mesure où les relations les plus problématiques de ce pays avec ses voisins concernent précisément des pays d’Afrique de l’Est? Ce serait un « avantage négatif », la modification fondamentale d’une diplomatie française jusqu’ici axée surtout sur l’Afrique de l’Ouest et sur l’uranium). Les membres du cabinet de l’ex-ministre de la coopération. Henri de Raincourt, n’ont pas attendu le 6 mai pour faire circuler leurs CV. Conseillère Afrique sub-saharienne de l’équipe sortante et ex-conseillère à l’ambassade de France au Tchad. Ahlem Friga-Noy rejoint Total. Basée en Ouganda, elle s’occupera de défendre les intérêts du groupe pétrolier dans la sous-région. en faisant du lobbying auprès des gouvernements de cette zone. (On sait que Total est, en RDC, partie prenante dans l’imbroglio pétrolier du graben Albertine). Tout cela n’est pas trop mauvais pour la RDC…
Mais c’est surtout sur le plan des grands principes que l’on attend Hollande au tournant. Il ne pourrait, sans ternir sérieusement son armure de « chevalier des Droits de l’Homme et de la Démocratie », rester sans réaction devant le coup d’état administratif perpétré à Kinshasa. Mais il peut réagir de plusieurs façons différentes.
Ce n’est pas la France qui décide de la localisation des Sommets de l’OIF. Mais elle y a son mot à dire et ce mot pèse lourd. En 1991, le sommet de la francophonie, qui aurait du se tenir en RDC pour la toute première fois, avait été délocalisé pour des raisons politiques, a rappelé il y a quelques temps Henri-Thomas Lokondo, le président de l’Union congolaise pour la liberté (UCL), un parti de la Majorité présidentielle (MP). Certains opposants continuent de militer pour la délocalisation de ce sommet, évoquant l’absence d’un climat politique serein en RDC à la suite des irrégularités constatées lors des élections présidentielle et législatives de novembre 2011. Cette déclaration faisait suite à un communiqué daté du 20 janvier, par lequel le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, avait recommandé l’apaisement et le respect des principes démocratiques dans la poursuite du processus électoral en RDC. Selon le texte, l’OIF offrait sa disponibilité d’accompagnement, précisant qu’elle ne prend position en faveur d’aucune partie au processus électoral. Par la même occasion, Abdou Diouf avait prôné un dialogue inclusif pour calmer les tensions postélectorales dans ce pays. Cette déclaration avait suscité des réactions diverses au sein de la classe politique congolaise.
Mais Ousmane Paye, le conseiller spécial du secrétaire général de l’OIF et chargé de l’organisation des sommets, avait exclu l’idée de report ou d’annulation de ce sommet et confirmé dans une déclaration subséquente du 13 février que le XIVe sommet de l’OIF prévu du 12 au 14 octobre 2012 en RDC « aura bel et bien lieu à Kinshasa et aux dates prévues ».
Annulation ou délocalisation semblant exclues, il reste la possibilité du « service minimum », autrement dit la représentation de la France par des personnalités de seconde importance, ou au contraire celle de la présence de Hollande, mais pour tenir un discours ferme et précis condamnant les abus de pouvoir et la fraude électorale.

Qu’en pense-t-o au Congo ? A l’occasion du lancement de la semaine de la francophonie mardi 20 mars à Kinshasa, Radio Okapi avait interrogé certains Kinois sur ce qu’ils pensent de l’organisation du XIVe sommet de la Francophonie dans cette ville en octobre prochain. Pour les uns, ce sommet permettrait de hisser la RDC sur la scène internationale. D’autres par contre estimaient que la francophonie sert tout simplement de caisse de résonance de la politique de la France à l’étranger.
Optimistes quant à son impact à Kinshasa, certaines personnes interrogées disaient espérer « que cette francophonie pourrait encore permettre à la RDC d’être vraiment un pays émergent et d’avoir sa place en Afrique centrale ».
« Ce que nous pouvons attendre de cette grande messe culturelle et politique, c’est de montrer à la face du monde que, sur la plan culturel, que nous avons autant à donner qu’à recevoir », a confié à Radio Okapi un autre Kinois.
Plus pessimistes, certaines personnes rencontrées disaient ne rien attendre de ce sommet qu’ils qualifient de « machine de la politique étrangère de la France ».

Un Kinois interrogé à Bandalungwa se disait déçu du recul du français par rapport à l’anglais alors que la RDC est un pays francophone. « Nous sommes un pays francophone, et dans le domaine de l’emploi, pour être embauché, on exige nécessairement la maîtrise de l’anglais », a-t-il affirmé.
Pour un autre, le 14e sommet de la francophonie « sera juste un balai (sic !) diplomatique pour les tenants du pouvoir ».
Enfin, un autre Kinois interrogé pense que « maintenant, la francophonie est devenue plus politique que culturelle ». Pour lui, l’impact de cette organisation devrait se faire sentir à travers son apport à l’enseignement du français en RDC.

Affaire Chebeya

Le Phare, sous le titre « Retombées de l’affaire Chebeya, le colonel Mukalayi tente de se suicider » révèle que le colonel, condamné à mort dans l’affaire de l’assassinat de Floribert Chebeya a tenté de suicider, en fin de semaine dernière, dans sa cellule de la prison central de Makala. Le journal qui cite l’avocat de cet ex-officier de la Police nationale congolaise, explique que Daniel Mukalayi est déçu par les propos du ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende qui aurait dit que les assassins de l’activiste des droits de l’homme ont été condamnés lors d’un procès équitable. Il semble, écrit le journal, que Daniel Mukalayi n’accepte pas d’être traité d’assassin de Floribert Chebeya et s’estime toujours victime d’une cabale.

(Comment comprendre ce « désespoir » ? Tout le monde sait que Mukalayi paie pour le crime d’un autre : John Numbi. Toute la question autour de laquelle le procès aurait dû tourner, s’il n’avait pas été mis en scène dans le but d’épargner Numbi, aurait dû être de répartir le plus justement possible la responsabilité du meurtre entre le général et le colonel. Une hypothèse très vraisemblable est que Numbi a doné un ordre du genre « Donnez-lui ne bonne leçon » sans avertir ses subordonnés que Chebeya, cardiaque, n’était pas en état de supporter un « passage à tabac soigné » sans en mourir – ce qui expliquerait, notamment, la mise en scène « pornographique » autour du cadavre, visiblement improvisée à la hâte par des tueurs affolés.
Numbi touchait de trop près à JKK pour qu’on prenne le risque de le mettre en cause. Mukalayi a donc servi de bouc émissaire et de « fusible » pour que rien n’éclabousse « Qui vous Savez ». Il n’est pas exclu – c’est même vraisemblable – qu’on lui a demandé ce service « par patriotisme et pour le bien de l’Etat » et qu’on lui a fait des promesses, telle qu’une grâce rapide, sans doute « après les élections ». Ne voyant rien venir six mois après celles-ci, il aura eu un geste de désespoir… NdlR)

Est

De son coté, L’Observateur s’intéresse aux conséquences des opérations armées au Nord-Kivu: « Plus de 39 000 Congolais réfugiés au Rwanda et en Ouganda ».
Une fois de plus, écrit le journal, des combats en cours dans la province du Nord-Kivu replonge la population dans la tourmente et l’oblige à traverser les frontières par milliers pour trouver refuge dans les pays voisins. En témoin privilégié du drame qui s’y déroule actuellement dans l’Est du pays, note le quotidien, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) parle de la présence de 9 000 Congolais réfugiés au Rwanda et 30.000 autres signalés en Ouganda par des autorités locales de ce pays limitrophe de la RDC.

Le Potentiel reprend une « Tribune libre » écrite dans e Monde par Clément Boursin, responsable des programmes Afrique d’ACAT-France, (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture.. Fondée en 1974, l’ACAT défend les valeurs universelles des droits de l’homme et du droit humanitaire et la nécessité de les respecter). Sous le titre « Kinshasa et Kigali doivent mettre fin à l’impunité des criminels de guerre congolais », il
note que le Rwanda héberge « au moins deux criminels de guerre congolais » sans s’inquiéter. En l’occurrence, le général Laurent Nkunda et le colonel Jules Mutebusi.

La Prospérité s’intéresse à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC « Kivu : Kanku invite Matata à frapper fort ».
Chaque jour qui passe, écrit ce journal, l’on compte des morts, des blessés et surtout des déplacés par milliers dans les provinces de Kivu. Exaspéré par cette insécurité récurrente, constate la Prospérité, Clément Kanku, député élu de Dibaya dans le Kasaï- Occidental, est monté sur ses chevaux pour inciter le gouvernement congolais à frapper fort. Il a annoncé l’organisation d’une marche pacifique, les 2 et 3 juin prochain, à travers la ville de Kinshasa. le quotidien rapporte que le député a lancé un appel à la mobilisation générale de la société civile, des forces politiques, des étudiants, bref à toute la population congolaise. Objectif : décrier l’insécurité à l’Est et exprimer la solidarité et la compassion à l’endroit de tous les compatriotes du Kivu.

Gouvernement

ACP nous annonce : « Déclaration du patrimoine individuel et familial des membres du gouvernement ».
Selon cette information, le Premier ministre et les membres du gouvernement ont déposé mercredi à la Cour suprême de justice, la déclaration écrite de leur patrimoine, conformément à l’article 99 de la Constitution. C’était au cours d’une cérémonie solennelle organisée par le ministre de la Justice, Mme Wivine Mumba.

«Conformément à la Constitution, titre L’Avenir, Le Gouvernement Matata déclare ses avoirs ».
Ce journal écrit que tous les membres du gouvernement, avec en tête le Premier ministre Matata Ponyo, ont déposé hier à la Cour suprême de justice des documents qui reprennent l’état de leur patrimoine familial. Mais, contrairement à d’autres pays dans le monde, notamment le Sénégal et la France, commente le confrère, le mystère demeure en RDC sur la hauteur de la richesse de tous les membres du Gouvernement de la République, à part l’administration fiscale.

Evoquant le même dossier, Le Phare taxe cette déclaration de patrimoine de « grand théâtre ».
D’après ce journal, le Président de la République « réélu » et le cabinet du nouveau Premier ministre Matata viennent d’entourer leur patrimoine familial actuel du voile du top-secret. La conséquence logique de cela, souligne-t-il, est que le doute s’est installé chez les concitoyens d’en bas.

Les ministres dont la déclaration n’aurait pas été très honnête n’ont pas à s’en faire pour l’avenir, d’après Radio Okapi qui annonce « les députés refusent de former une commission de contrôle du patrimoine des anciens ministres ».

Les députés nationaux ont rejeté, mercredi 23 mai, la motion du député Fidèle Babala demandant l’institution d’une commission parlementaire pour vérifier la conformité des déclarations des patrimoines des membres des gouvernements de la précédente législature à l’entrée comme à la sortie. A la place, la plénière a recommandé au député de transformer sa requête en motion orale ou écrite avec débat à adresser à la Direction générale des impôts. Selon la majorité qui a rejeté cette motion, il n’existe pas de disposition réglementaire qui prévoit l’institution d’une telle commission. L’article 99 de la constitution prévoit que les ministres doivent déclarer leurs patrimoines dans les trente jours suivant leur entrée en fonction et trente jours suivant la fin de leurs fonctions. Mais cette déclaration du patrimoine à la Cour suprême de justice, qui fait fonction de la cour constitutionnelle, est secrète. Même les juges de la Haute cour n’ouvrent pas les enveloppes contenant les déclarations de patrimoine. Celles-ci sont envoyées directement à l’administration fiscale.
Ces dispositions ont motivé le rejet de la motion du député Babala. Ce dernier a accepté la proposition de la plénière. « Je vais faire une question orale avec débat au fisc. Quelle que soit la manière, les obstacles, on ne va pas se décourager on va faire notre travail de député et on va essayer de contrôler les gens », affirme-t-il déterminé à aller au bout de sa logique. « La motion de mon ami Babala était très bien, mais c’est la forme, la procédure qui n’était pas bonne. Comme on dit en droit quand la forme est mauvaise, on n’aborde pas le fond. Quand l’opposition a raison je lui donne raison, quand la majorité a raison je lui donne raison, parce que je considère qu’un homme d’Etat ne doit pas avoir des états âmes », déclare pour sa part le député Henri Thomas Lokondo de la majorité.
José Makila de l’opposition voit en la proposition de la majorité, une manière d’éviter le contrôle parlementaire. « Voici l’image que donne l’Assemblée nationale congolaise. Des députés qui refusent qu’on fasse le contrôle parlementaire, acceptent l’enrichissement illicite », a-t-il dit à la fin de la plénière.

Marchands

Le Palmarès titre « Traque des marchands hier : colère, amertume, désolation, larmes… à Kinshasa ».
La Police nationale congolaise n’a épargné aucun marchand installé sur les grandes artères. Vendeurs des pains, mamans malewa (tenancières des restaurants de fortune), vendeurs des cartes prépayées, changeurs des monnaies, tous sont tombés dans le filet de la police.

Radio Okapi annonce : « Kinshasa: la police détruit les marchandises des commerçants opérant sur les grandes artères ».
Colère, amertume, désolation, des larmes aux yeux. Tout cela se lisait sur les visages des passants et vendeurs, qui assistaient impuissants à la saisie et à l’incinération, mercredi 23 mai, des marchandises de petits commerçants opérant le long de grandes artères de Kinshasa.
La Police nationale congolaise (PNC) n’a épargné aucun marchand installé sur les grandes artères. Derrière la grande poste au centre ville, un vendeur de fournitures scolaires a affirmé avoir perdu toute sa marchandise: «Ils ont brûlé des cahiers, des livres, bref des fournitures scolaires. En une journée, j’ai perdu des articles s’une valeur de plus de 400 dollars américains. On se demande si l’Etat congolais n’a pas une dent contre les Kinois. Vous ne nous donnez pas de travail, nous nous débrouillons et vous brûlez sans pitié des articles soit disant pour mettre de l’ordre. C’est du désordre !»
La même scène a été observée à Kintambo Magasin ainsi qu’au quartier UPN. Les victimes pensent que l’Etat congolais devrait encadrer et orienter le secteur informel qui, d’après elles, contribue à l’économie du pays. «Parmi ces vendeurs, il y a des intellectuels qui n’ont pas de boulot. Au lieu de rester à la maison et croiser les bras, ils viennent vendre quelques articles. Permettez au moins aux gens de se prendre en charge par ces petits bulots », poursuit un autre commerçant.
Le président du syndicat national de vendeurs, Guylain Ekofo, rappelle qu’il y a un cadre de concertation entre les vendeurs et les autorités urbaines. Il estime que les autorités devraient d’abord informer ce cadre avant cette opération de traque: « L’autorité urbaine reconnait la présence de ces vendeurs sur les grandes artères. Il y a même un montant fixé pour obtenir la patente. Je pense qu’on devrait se rencontrer avec le gouvernement pour voir quelles artères qu’on devait évacuer et quelles sont les méthodes qu’on devait utiliser. Nous sommes très mécontents de la façon dont les éléments de la police traitent les vendeurs! »
Quelques passants rencontrés sur le lieu ne partagent pas cet avis. C’est le cas de François, qui approuve la saisie et l’incinération de ces marchandises. « C’est de cette façon que l’ordre sera rétabli à Kinshasa », estime-t-il.
La traque de ces marchands a commencé depuis près des deux semaines dans la ville de Kinshasa. Le commandant de Kinshasa-ouest, le colonel Kanyama, a déclaré, samedi19 mai à Radio Okapi que cette opération vise à rendre la ville propre et rendre la circulation fluide sur les grandes artères afin d’épargner la population de multiples accidents. Les policiers ont plusieurs fois chassé les vendeurs sur les grandes artères de la ville, rappelle un automobiliste. Mais l’opération a souvent échoué, parce que les commerçants reviennent toujours sur les lieux et récupèrent leurs marchandises après avoir soudoyés les policiers.

Sport

Radio Okapi laisse entendre que mis en difficulté par le manque des moyens pour la préparation des échéances importantes prévues au mois de juin dans le cadre de la phase des groupes des éliminatoires du Mondial « Brésil 2014 », Claude Le Roy a menacé de quitter la tête du staff technique des Léopards. Il réagit par rapport au retard pris par le gouvernement pour débloquer les fonds nécessaires à l’organisation du stage de préparation des Léopards à Lubumbashi.
Vingt joueurs de l’équipe nationale de football de la RDC ont entamé, ce mercredi 23 mai au stade du TP. Mazembe à Lubumbashi (Katanga), les séances d’entrainements en l’absence du sélectionneur Claude Leroy.
Mécontent, l’entraîneur des Léopards séjourne encore à Kinshasa et menace même de ne pas se rendre à Lubumbashi où séjourne l’équipe. Il a donné sa position ce mercredi au sortir d’un entretien avec le ministre de la Jeunesse et des Sports, Baudouin Banza Mukalay. «Je ne pourrais pas effectuer ce déplacement si toutes les conditions ne sont pas réunies…Je ne peux pas accepter que je sois payé et que mon staff ne le soit pas », a-t-il déploré avant de s’interroger: «est-ce que ça vaut la peine de continuer à me payer, si on peut pas atteindre mes objectifs (NDLR: CAN-Afrique du sud 2013 et Mondial-Brésil 2014)»? Tout en remerciant le ministre de l’avoir écouté, il a demandé que «l’équipe nationale soit considérée comme quelque chose de très important », confiant qu’en RDC «les gens se foutent de cette équipe». Baudouin Banza Mukalay a promis, de son coté, que bientôt «tout allait rentrer dans l’ordre».

On rappelle que Claude Leroy avait difficilement accepté l’annulation du stage des Léopards à Ajaccio, en France pour de raisons budgétaires. Le sélectionneur national n’admet pas que les Léopards éprouvent des difficultés pour se rendre à Lubumbashi. Les Léopards n’ont pu effectuer le déplacement de Lubumbashi pour leur préparation que grâce aux billets d’avion que la Fédération congolaise de football a empruntés auprès d’une agence de voyage de Kinshasa.
La RDC démarre les éliminatoires du Mondial 2014 le 2 juin à Yaoundé contre le Cameroun.Les joueurs présents au site d’entrainement:

Kidiaba Muteba
Dibulama Guelord
Issama Mpeko
Mongongu Cédric
Mulemo Landry
Ungenda Muselenge
Kasusula Kilitcho
Mampuya Lema
Mbemba Chancel
Nsiala Aristote
Mputu Trésor
Kanda Déo
Angani Yves
Manzia Buke
Nzuzi Soki
Nseka Felly
Diba Yves
Matumona Zola
Mutombo Kazadi
Mabiala Laris

© CongoForum, le jeudi 24 mai 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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