25/05/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI

(CongoForum)
On se croirait déjà samedi. En l’absence de faits saillants d’actualité, les journaux parus
ce vendredi à Kinshasa commentent plutôt des sujets marquants de la semaine écoulée,
sans présenter de nouveaux sujets, dans une actualité du reste terne. Les élections du
28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les
plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se
rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote,
dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne
s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a
jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des
résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle,
sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le
temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute
autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de
fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était,
dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde
devant le fait accompli. Comment les gens se passionneraient-ils pour une actualité où ils
n’ont pas leur part puisqu’on leur confisque leur droit de vote ?
Parmi les événements majeurs de la semaine, faisant l’objet de commentaires
aujourd’hui, il faut noter la question du patrimoine des ministres sortants, la grève des
transporteurs privés et le sursaut gouvernemental face à cette crise, d’abord pour la
comprendre, ensuite pour s’aviser et en envisager les solutions, l’insécurité à l’Est vue
sous l’angle des la MONUSCO.

Gouvernement sortant
Titrant « Patrimoine des ministres, l’heure du déballage », Le Potentiel s’intéresse ce
matin à la déclaration du patrimoine des anciens ministres.
Les membres du gouvernement sortant, dont les fonctions ont pris fin, se trouvent
présentement sur le grill à la suite du choix fait mercredi à l’Assemblée nationale
d’entendre bientôt le directeur du fisc sur leur actuel patrimoine familial, comparé à celui
déclaré avant leur entrée en fonction. Citant une disposition de l’article 99 de la
constitution, le quotidien écrit : «En cas de déclaration frauduleuse ou de soupçon
d’enrichissement sans cause» avéré, la Cour constitutionnelle ou la Cour de cassation est
saisie ». Le Potentiel croit savoir donc que le chef de l’administration fiscale, en
l’occurrence le directeur général des impôts, sera invité bientôt à l’Assemblée nationale
pour répondre à une «question orale ou écrite avec débat» sur la déclaration du
patrimoine familial des membres du gouvernement sortant.
Il écrit encore que : « Des membre du gouvernement sortant dont les fonctions ont pris
fin se trouvent présentement sur le grill à la suite de l’option levée mercredi à
l’Assemblée nationale d’entendre bientôt le directeur du fisc sur leur actuel patrimoine
familial, comparé à celui déclaré avant l’entrée en fonction. En cas de déclaration
frauduleuse ou de soupçon d’enrichissement sans cause avéré, la Cour constitutionnelle
ou la Cour de cassation est saisie, stipule la Constitution ».
Le Palmarès qui semble créditer l’avis d’une déclaration de patrimoine après le mandat
ministériel rapporte le rejet par l’Assemblée nationale d’une motion d’un député
proposant la vérification des déclarations des patrimoines des anciens chefs de
gouvernement. Le journal annonce à ce propos en titre de l’article concerné que :
« Législature précédente. Gizenga et Muzito dans le collimateur des l’opposition
parlementaire ! ». La représentation nationale n’a pas accédé à la requête du député
mais lui a demandé, écrit le journal, « de transformer sa requête en motion orale ou
écrite avec débat à adresser à la Direction générale des impôts ». Raison présentée :
« Selon la Majorité qui a rejeté cette motion, il n’existe pas de disposition réglementaire
qui prévoit l’institution d’une telle commission » de vérification de déclaration de
patrimoine.
(Qu’elle soit prononcée en français, en russe, en hébreux ou en lingala, une phrase où
figurent à la fois les mots «ministre », « pognon » et « désintéressement » amène chez
la plupart des gens un rictus ironique et méchant qui n’est pas loin du spasme
douloureux. A tort ou à raison, le désintéressement des politiciens est une chose à
laquelle on ne croit pas. Mais, bien entendu, si ce préjugé est général, il se manifeste
avec plus ou moins d’acuité selon que la tension entre les revenus les plus élevés et les
plus faibles, dans le pays concerné, est forte. Au Congo, il inspire donc les réflexions les
plus acerbes.
Il faut dire que, si la RDC s’est aligné sur la plupart des autres états pour ce qui est
d’exiger une déclaration de patrimoine pour les présidents et ministres à l’entrée et à la
sortie de leurs fonctions, elle a imposé à cette formalité des modalités croquignolettes qui
sont de nature à encourager plus qu’à dissiper les soupçons. Jugez plutôt : cela consiste
dans le dépôt, à la CSJ d’enveloppes fermées qu’elle ne peut en aucun cas ouvrir.
Seul le fisc est autorisé à le faire, s’il y a lieu… et l’on peut tout de même supposer
qu’aucun ministre prévaricateur n’est bête au point de faire deux mensonges différents,
l’un au fisc, l’autre à la CSJ !
Cela se corse encore du fait que des soupçons très lourds pèsent sur l’équipe Muzito.
Quand le Parlement a voulu en débattre, il en a été empêché par une émeute visiblement
organisée par le PALU qui, pour l’occasion, avait fait venir du Bandundu des autocars de
« manifestants musclés ». Ce débat n’a jamais été repris. Curieux, non ?
Circonstances aggravante : le gouvernement Muzito est ce « bon élève du FMI » qui a
obtenu des allègements et des remises de dettes considérables. Le bon peuple en a
déduit que « le temps du « social » allait enfin arriver ». Il attend toujours … Mais il se
défend difficilement de l’impression que s’il n’en a rien vu, c’est que certains autres en
ont vu beaucoup trop.
Pourquoi avoir choisi un débat à la Chambre plutôt qu’une Commission d’Enquête
parlementaire ? Certes, « il n’existe pas de disposition réglementaire qui prévoit
l’institution d’une commission » de vérification de la déclaration de patrimoine. Mais une
Commission peut toujours être instituée. C’est un des outils au service du contrôle
parlementaire du gouvernement. La création d’une commission d’enquête suit souvent un
problème grave et ayant eu une forte résonance dans l’opinion publique – ce qui est le
cas ! Elle pourrait être chargée, entre autres, de reprendre l’examen des faits qui
devaient faire l’objet des débats autrefois interrompus. Mais une telle commission a des
pouvoirs similaires ceux d’un juge d’instruction. Elle peut convoquer des témoins, qui
seront tenus de dire la vérité, perquisitionner, saisir des documents… Voudrait-on
l’éviter ? Si oui, pourquoi ? NdlR)
Transports en commun
Le Transport urbain fait la Une de La Prospérité. « Après la grève des chauffeurs, titre
ce journal, Matata relance le train urbain sur l’axe Gare Centrale- Kinsuka ! ».
Le quotidien s’interroge : « Va-t-on assister à une autre série de démolitions à Kinshasa,
particulièrement sur la voie ferrée reliant la gare centrale au quartier Kinsuka dans la
Commune de Ngaliema ? ».
C’est tout à fait probable, répond La Prospérité qui indique que le Premier ministre
Matata Ponyo et ses collaborateurs sont déterminés à en découdre avec le problème de
transport public à Kinshasa. Ils auraient décidé au cours d’une réunion tenue hier de la
restauration du train urbain sur l’axe Gare centrale – Kinsuka. Seulement, note le
journal, sur cet axe, plusieurs constructions ont été érigées rendant ainsi la voie ferrée
étroite, la circulation du train urbain difficile, voire impossible à certains endroits. La
Prospérité explique ce sursaut du chef du gouvernement pour parer à la situation. « Vat-
on assister, est-il écrit, à une autre série de démolitions à Kinshasa, particulièrement
sur la voie ferrée reliant la Gare centrale au Quartier Kinsuka dans la commune de
Ngaliema ? C’est tout à fait probable. Du moins si l’on se fie aux résolutions issues de la
réunion tenue hier par le Premier ministre Matata Ponyo qui est plus que déterminé à en
découdre avec le problème de transport public à Kinshasa »… « Il a été décidé entre
autres au cours de cette réunion à laquelle avaient pris part les ministres de Transport et
des Finances, poursuit LA PROSPERITE, le maintien par la SCTP (ex-Onatra) de cinq (5)
rotations par jour du train urbain qui, il convient de le rappeler, étaient de trois (3)
jusque-là sur l’axe Gare centrale – Ndjili/Aéro. Matata Ponyo et ses collaborateurs ont
également décidé de la restauration du train urbain sur l’axe Gare centrale – Kinsuka ».
« Seulement, fait constater La Prospérité, sur cet axe plusieurs constructions ont été
érigées rendant ainsi la voie ferrée étroite, la circulation du train urbain difficile, voire
impossible à certains endroits ». Et le journal de reprendre une citation du Premier
ministre, à savoir : « Nous sommes bien conscients de ce problème qu’il y a des
compatriotes qui ont construit des maisons, voire des immeubles sur le long des
rails ».Mais, conclut ce journal, selon le gouvernement, ce qui est important à savoir est
que la voie ferrée est prioritaire.
Le Palmarès titre en manchette: « Secousses à Kinshasa. Crise de confiance entre la
Primature et l’Hôtel de ville ! ».
Il indique que : « On vient de découvrir qu’avant d’entrer en grève, les chauffeurs de Kin
étaient allés se plaindre auprès de l’Exécutif provincial, mais sans succès ». La question
s’est alors posée. « Pourquoi, écrit le journal, l’Hôtel de ville n’avait-il pas pris le temps
d’alerter le gouvernement central ? ». Vient alors le constat suivant. « Il apparaît qu’un
climat de méfiance ne favorise pas la pleine collaboration entre les deux instances ».
Le transport en commun fait également la une de L’Avenir. Il annonce qu’à court terme,
le gouvernement de la République va commander deux cents bus en procédure
d’urgence, pour accroître l’offre publique à Kinshasa et dans toute la RDC.
Au sujet de la ligne de voie ferrée Gare centrale – Kinsuka, le journal écrit que le
gouvernement va déloger ceux qui ont construit le long de cette voie. Au-delà de ces
mesures prises à court terme, assure l’Avenir, il est aussi prévu des mesures à long
terme, comme la possibilité pour le ministère des Finances de défiscaliser l’importation
des bus à partir de 20 places assises. Pour le quotidien, l’ambition du Gouvernement, à
terme, est d’arriver à avoir une usine de montage et d’assemblage des bus à Kinshasa et
à Lubumbashi. Ceci, pour permettre d’avoir une maîtrise en termes de maintenance et de
pièces de rechange.
(Démolir « dans l’intérêt général », soit… Mais il faudrait aussi s’occuper des
escroqueries – souvent commises au nom de l’administration publique, sinon par ses
membres – qu’il y a derrière ces « occupations anarchiques des sols » !
Dans maint quartier, deux familles se regardent en chiens de faïence dans une même
parcelle. Elles détiennent toutes les deux des titres de propriété en « bonne et due forme
». Une parcelle vendue par la même personne à deux acquéreurs différents. Et il ne se
passe pas un mois sans que ces « voisins par contrainte » ne se lancent des pierres.
Une autre histoire courante c’est celle du monsieur qui a trouvé une fondation élevée
dans la parcelle qu’il avait achetée 2 mois auparavant à Kutendele, un quartier de
Kinshasa. Surpris, puisque ce n’était pas son ouvrage. Les voisins qui remarquent son
regard interrogateur lui confirment que la fondation appartenait à un général et qu’il
n’est pas la première victime du chef coutumier. C’est comme ça que ça se passe … Et
nul n’ignore que dans les procès sur les conflits fonciers, c’est la raison du plus fort qui
est la meilleure. Sachant qu’il ne pouvait récupérer son argent, ni gagner le procès
contre un « général », il a été obligé de choisir une autre parcelle dans un coin plus
reculé et moins attrayant.
Le plus étonnant c’est que ce sont bien les services officiels qui délivrent les titres de
propriété. Les mêmes services et qui lotissent les terrains inhabités. Il faut donc
beaucoup de précautions avant d’acheter. Un document des services publics n’est pas
gage de sécurité. Il suffit de voir combien d’immeubles l’Etat démolit alors que c’est luimême
qui les a vendus. Etonnez-vous que les gens se fâchent ! NdlR)
Monusco
Un autre titre à la une du Potentiel de ce matin, «Accusée de «touriste» par un député
de la Majorité, la Monusco réagit : La déclaration du député Bababaswe est une insulte ».
Le confrère rapporte que la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Congo
(Monusco) a mal digéré les propos tenus par Zacharie Bababaswe, député de la Majorité
présidentielle, l’accusant de «faire du tourisme» dans l’Est de la RDC, en lieu et place de
protéger les populations civiles.
Pour le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubai, écrit le journal, « M. Zacharie
vu la fonction qu’il occupe, est tenu à contrôler ses propos. Etant représentant du peuple,
il doit savoir que ses déclarations peuvent engager son pays». Citant Madnodje
Mounoubai, le quotidien poursuit : «M. Zacharie doit savoir que ses propos constituent
une insulte à l’endroit des Casques blues et des pays qui ont accepté d’envoyer leurs
filles et garçons en RDC. Il a tout intérêt d’avoir des égards à l’endroit des Casques bleus
qui se sacrifient pour la stabilisation» de la RDC ».
(On ferait bien, de part et d’autre, de rengainer sa verve et ses adjectifs, car la Monusco
ne mérite « ni cet excès d’honneur, ni cette indignité ». Il est aussi excessif de tomber
dans l’éloquence héroïque sur « les Casques bleus qui se sacrifient pour la stabilisation»
de la RDC » que de longer dans la bassesse et l’injure en les traitant de « touristes ». Le
pire défaut de la Monuco, c’est d’avoir été chargé d’une mission de « peace keeping » -
maintien de l’ordre dans un pays post-conflit- là où il n’y avait jamais eu de « peace
making » – pacification d’un pays en conflit. Pour ce faire, il aurait fallu 500.000 hommes.
L’ONU n’a jamais eu l’intention de faire quoi que ce soit d’efficace. C’est une machine au
service du capital international qui pille le Congo, avec a participation d’abord de la
bourgeoisie congolaise dans son ensemble, ensuite d’un certain nombre de pays voisins,
notamment le Rwanda. NdlR)
Obiit
Une dernière nouvelle que les journaux annoncent est le brusque décès de l’artistemusicien
Ndombe Opetum qui comptait parmi les vedettes musicales congolaises. La
disparition de cette étoile de la musique en RDC est annoncée par Le Palmarès sous le
titre : « La musique congolaise en deuil. Pépé Ndombe Opetum s’est éteint hier ! ».
De son côté Le Phare se borne à titrer : « Pépé Ndombé est décédé ».
Auteur, compositeur et interprète, Ndombé Opetum alias « Pépé Ndombé » a joué avec
l’Afrisa International de Tabu Ley. Il a ensuite fondé l’orchestre Afrizam avant de
rejoindre le TP OK Jazz de Franco . Il est aussi de l’aventure Bana OK avec Simaro
Lutumba, Shakembo et Josky Kiambukuta. Originaire de Kikwit (Bandundu), auteur,
compositeur et interprète à la voix medium, Ndombé Opetum alias « Pépé Ndombé »
commence à se faire un nom, en 1968, auprès de Tabu Ley et l’African Fiesta puis de
l’Afrisa International. En 1973, il fonde, avec Bumba Athel (voix) et Empompo Deyess
« Loway » (sax), l’Orchestre Afrizam (futur Makina Loka). Ils sont bientôt rejoints par les
chanteurs Sam Mangwana et Espérant Kisangani (décédé en 1995) puis par Moro
Maurice dit « Moro Beya Maduma » (sax). Avec l’Afrizam, il innove en intégrant dans la
rumba les folklores « zébola » et « bayanzi » de son peuple (les Bayanzi du Centre) pour
lancer une nouvelle version du « kwassa kwassa ». Mais la célébrité viendra en 1974,
lorsqu’il rejoint le TP OK Jazz de Franco avec qui il réalise de nombreux titres tels que
« Ngai », « Mawe »… La parution de l’album Nakoma mbanda na ngai le consacre au
rang de grande voix de la musique congolaise, avec son fameux titre, « Bena »… A la
mort de ce dernier en 1989, il poursuit l’aventure du TP OK Jazz avec Simaro Lutumba et
Josky Kiambukuta jusqu’en 1994, date de la création, par les trois compagnons, de Bana
OK.
Il laisse un repertoire riche et aussi des enfants dont Baby Ndombe, ancien sociétaire de
Wenge Maison Mère de Werrason.
© CongoForum, le vendredi 25 mai 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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