28/05/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

(CongoForum)

En ce week-end de la Pentecôte, le souffle de l’Esprit Saint ne semble guère avoir tiré la presse congolaise de la torpeur qui l’envahissait déjà vendredi passé. Ce jour là, on se serait cru déjà samedi, aujourd’hui l’on voit fort bien que le lundi est le lendemain du dimanche. L’éventail de la presse se réduit en pratique à cinq journaux. L’actualité est dominée en RDC par les préparatifs du XIVème sommet de la Francophonie ainsi que les affrontements violents qui opposent les Forces armées congolaises aux forces négatives qui opèrent à l’Est du pays. Il est toujours question aussi de magouilles financières mettant en cause des personnages haut placés. Certains faits gênants à ce sujet seraient contenus dans les papiers de feu Katumba Mwanke…

Francophonie

La discussion sans cesse reprise sur le Sommet de la Francophonie est un élément qui fait partie de la gestion du coup d’état réalisé en début d’année par camouflage et tripotage des résultats électoraux. Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Les médias s’efforcent régulièrement de présenter une RDC où les choses suivent leur cours normal et où se produisent même des changements positifs.
L’élection, en France, du candidat socialiste à la Présidence et certaines déclarations de campagne de F. Hollande ont fait redouter que celui-ci puisse marquer sa désapprobation à l’occasion du 14ème sommet de la francophonie qui devrait se tenir en octobre 2012 à Kinshasa.
Il faut noter d’emblée que la France ne peut ni annuler, ni délocaliser le Sommet de l’OIF, dont les dates et le lieu sont fixés, pour chaque Sommet, lors du Sommet précédent, par une assemblée où la France n’a qu’une voix parmi d’autres. JKK a peu à redouter d’une assemblée où il y a une forte présence de régimes africains francophones qui sont en situation au moins aussi douteuse que lui ! L’on affecte donc de craindre une annulation ou une délocalisation qui seraient presque impossible, de façon à pouvoir dans tous les cas faire état d’une « victoire », même si la France recourt à l’un des deux moyens qui sont réellement à sa portée : le « service minimum » (pas de Président, représentation par un ministre ou une personnalité secondaire) ou au contraire le coup d’éclat (Présence du Président, avec un discours où celui-ci « mettrait les pieds dans le plat »). L’on pourra toujours alors dire que, « malgré un geste incongru de la France », le Sommet de Kin est une victoire, puisqu’il s’est tenu.
Ainsi, apprenons-nous aujourd’hui que Clément Duhaime, numéro deux de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), a confirmé au Potentiel la tenue à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC) du 14ème sommet de la francophonie.
C’était à l’issue du colloque sur « Vues d’Afrique : Francophonie et gouvernance mondiale » auquel ont participé de grands intellectuels et grandes personnalités scientifiques le mercredi 23 mai et dont les travaux se sont clôturés le vendredi 25 mai 2012 à l’hôtel Memling.
Au mois d’octobre 2012, le 14ème sommet de la Francophonie se tiendra bel et bien à Kinshasa. Le Potentiel le confirme fort des propos du numéro deux de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Il constate que ce grand événement sera la plus grande conférence internationale que la République démocratique du Congo va accueillir pour la première fois de son histoire.

Sécurité aérienne

De son côté, L’Avenir revient sur la décision de l’autorité de l’aviation civile de clouer au sol 29 avions la semaine dernière et titre, en véritable français de Blankenberge : « A peine qu’il a effectué son premier vol : Quatre avions de Fly Congo déjà cloués au sol ».
L’autorité de l’aviation civile (AAC) avait publié le mardi dernier une liste de vingt-neuf « avions immatriculés immobilisés en date du 15 mai 2012, soit à l’aéroport de N’djili, de N’dolo, de la Luano, de Goma, de Bukavu, de Tshikapa, note le quotidien. Fait curieux, selon l’avenir, Fly Congo, compagnie qui a effectué son premier vol commercial seulement le 26 mars dernier, voit quatre de ses aéronefs concernés par cette mesure de l’AAC. L’Avenir rappelle qu’il est reproché à toutes les compagnies dont les avions sont cloués au sol de ne pas avoir leurs documents techniques validés après l’expertise de l’AAC.
(Une autre ressource des pouvoirs à légitimité douteuse est de manifester qu’ils « ont de la poigne » en se montrant sourcilleux dans le domaine des formalités administratives. « J’interdis, donc je suis ». NdlR)

Est

A la Une, Le Potentiel annonce « Après le Nord-Kivu, l’Ituri en pleine ébullition ».
Il constate qu’après le Nord-Kivu où de violents combats opposent des troupes loyalistes aux rebelles du M23, les groupes armés de l’Ituri ont décidé à leur tour d’entrer dans la danse. Selon le journal, ils ont décidé de se regrouper au sein d’un mouvement : « Coalition des groupes armés de l’Ituri ». D’après Le Potentiel, cette nouvelle coalition revendique l’érection du district de l’Ituri en province comme cela est prévu dans la constitution dans le cadre de la décentralisation. Une demande qui cache bien d’autres, estime ce journal. Il estime que le gouvernement doit vite se ressaisir pour barrer la route aux aventuriers de tous bords qui s’évertuent depuis un temps à remettre en cause l’autorité de l’Etat.
(Ce n’est pas la première fois que l’Ituri insiste pour la mise en œuvre des textes qui font de lui une « nouvelle province ». Mais les tentatives précédentes étaient politiques.
Il est à remarquer que le pouvoir dans la Province Orientale – dont l’Ituri fait partie – est affaibli par la démission du gouverneur Autsai, qui a opté pour siéger au Parlement. NdlR)

Sous le titre : « Le M23 pour le cessez-le feu », Le Plamarès signale qu’un communiqué du M23 a été rendu public le samedi 26 mai dernier dans lequel les mutins affirment être ouverts aux pourparlers pour une issue pacifique à la crise. « C’est la seule voie qui pourrait permettre à des milliers de déplacés de regagner leurs milieux d’origine », soutiennent les insurgés. Ce journal note que l’offensive aérienne des FARDC, qui se solde par des bombardements intenses, a mis les mutins en situation très défavorable. Les FARDC doivent mettre la pression pour en finir avec la terreur à l’Est, estime le confrère.

La République affirme que le Rcd, l’Upc, le Cndp et le M23 ne sont rien d’autres que des tentacules de l’hydre rebelle Afdl abandonné par Laurent- Désiré Kabila. Ils ont surgi en mouvements nationaux pour finir en organisations ethno-tribales. Réfractaires à toute paix porteuse de démocratie et à toute démocratie porteuse de paix, ils font de la guerre une raison de survie…
Des années durant, officiers et politiciens autrefois du Rcd, de l’Upc et du Cndp n’ont eu de cesse de pousser Joseph Kabila à la faute. Des années durant, Joseph Kabila n’a eu de cesse de les exhorter à la retenue pour une meilleure intégration à la communauté nationale, dans l’objectif noble de bénéficier de la solidarité nationale. Manifestement, souligne La République, ils ont choisi la voie des affrontements cycliques pour jouer la partition qui leur réussit jusque-là : la victimisation… L’Occident a compris. Comme signe avant-coureur : le peu d’intérêt porté au M23.

Magouilles

L’Avenir, qui s’intéresse à l’opération Tolérance zéro, signale l’arrestation d’un comptable. Selon lui, l’incriminé est en relation avec un réseau d’escrocs et il a été mis aux arrêts et transféré auprès des instances judiciaires compétentes. Une sévère mise en garde a été adressée non seulement à la centrale des affaires étrangères, mais aussi à tous ceux qui ne veulent pas comprendre que les choses ont changé en RDC.
L’Avenir fait remarquer « pendant que l’on crie sur tous les toits pour fustiger le Gouvernement qui ne prend plus en charge ses missions diplomatiques, certains de ses agents usent des manœuvres pour s’enrichir sur les dos du Trésor public ».

Dans ce domaine des tripotages d’argent plus ou moins malpropre, un fantôme fait son apparition et risque de hanter pendant quelques temps les couloirs des rédactions de la RDC. Il s’agit de celui d’Augustin Katumba Mwanke.
Celui-ci, titulaire de divers surnoms qui vont de « Eminence grise », était, ne l’oublions pas, la cheville ouvrière de ce que l’on qualifiait de « pouvoir parallèle » et qui s’exerçait avant tout dans le domaine économique. Or, Augustin Katumba Mwanke est mort dans un accident d’avion qu’il ne pouvait prévoir (sans quoi, il aurait évidemment pris un autre avion !). Quand un personnage de cet ordre décède subitement, cela signifie qu’il disparaît sans avoir eu le temps de mettre le feu à ses archives. Et les journalistes de saliver abondamment à l’idée de mettre la main sur tout ou partie, de préférence quelques « bonnes pages », juteuses à souhait, des archives de ce mort qui en savait beaucoup sur bien des vivants actuellement prospères !
En l’occurrence, la formule « un vent favorable » pourrait désigner une véritable tempête !

CongoNews se targue d’avoir disposé d’un tel vent qui lui a apporté un « Rapport confidentiel des archives de Katumba Mwanke ».
« Augustin Katumba Mwanke mort, les archives du gouvernement parallèle à Procoki commencent à livrer leurs secrets. Comme ce rapport classé «confidentiel» sur la flagrante compromission de Jean-Claude Masangu Mulongo dans la faillite de la Banque congolaise de Roger Yaghi, depuis sa création sur une base maffieuse avec la couverture de la Banque centrale du Congo, rapport qu’un vent favorable à fait atterrir à la rédaction de « CONGONEWS » sur le boulevard du 30 juin ».
Il s’agirait d’un « rapport diligenté à la demande la hiérarchie mais qui a connu une rétention délibérée à un certain niveau pour qu’il ne parvienne pas à Joseph Kabila. Il fallait avoir les bras longs comme Masangu pour court-circuiter le processus qui mène à l’acheminement des informations et documents sur la table du Chef de l’Etat. Si ce rapport était parvenu à qui de droit à temps, il aurait peut-être permis de limiter les dégâts dans la banqueroute de la Banque congolaise ».

(N’ayant pas vu ce rapport, il ne nous est pas possible de donner une opinion sur son authenticité. Tout ce qui suit est basé sur une supposition : Si ce rapport est authentique, quelles en sont les conséquences ? NdlR)

Sa pertinence, c’est qu’il remonte à l’origine même de la banque lorsqu’elle fait état d’un montant de 23.000.000.000 CDF sortis (soit plus de 75 millions de dollars au taux d’un dollar à 300 FC à l’époque), entre 2001-2003, de la Banque centrale pour acheter des devises via des bureaux de change connus pour leurs affinités avec Masangu. Ces fonds provenaient de l’importante réserve en franc congolais laissée par Laurent-Désiré Kabila, assis sur un compte du Trésor renfloué avec la démonétisation du Zaïre-monnaie en 1998. Parmi les destinataires de cette manne, « Congo change », un bureau de change du même Yaghi placé sous responsabilité de son beau-frère Ambroise Tshiyoyo. De cette manne, « Congo change » s’est adjugé la part du lion, plus de la moitié de la somme, soit 14.812.433.000 CDF équivalent à 49 millions de dollars en 2001. «La contrepartie en devises du montant mis à la disposition de Congo change n’a pu être, à ce jour, retracée nulle part dans les livres de la BCC», note le rapport.
S’il ne dit rien des autres bénéficiaires ce qui n’était pas d’ailleurs le propos de son champ d’investigation limité à la Banque congolaise- des sources dignes de foi rapportent que les autres bureaux de change comme Soficom crédités de 3.964.400 dollars et Zecopal n’ont jamais non plus payé la contrepartie en devises. «C’est avec cet argent que les Wazni -la famille propriétaire de Soficom ont travaillé pour connaître la prospérité qu’ils affichent aujourd’hui. D’un modeste bureau de change sur l’avenue Batetela, dans la commune de la Gombe ils sont passés au transfert des fonds à l’échelle nationale et à une banque. Il y a là-dedans l’argent des contribuables congolais pour lequel il faudra bien que les Wazni rendent compte un jour», affirme-t-on au Parquet général de la République. Les Wazni ont un lien avec Roger Yaghi, comme avec les Khanafer. Ils ont tous été expulsés de l’ex-Zaïre en 1995 sur décision du Premier ministre Léon Kengo wa Dondo pour «crimes économiques». Ils sont revenus à Kinshasa à la faveur de l’avènement de l’AFDL par des arrangements avec des dignitaires kabilistes. Outre les 14 millions de dollars non remboursés, il y a bien d’autres faits qui démontrent la complicité active de Masangu dans le projet très maffieux de la Banque congolaise.
D’abord la constitution de l’actionnariat que le rapport, déposé en son temps chez Katumba, met formellement en cause. Il y a là-dedans des associés fictifs et des sociétés écrans pour finir avec une majorité de 75,3 % entre les mains du fiancier franco-libanais Yaghi.
Masangu ne peut se prévaloir de ne l’avoir pas su avant de donner son agrément. Surtout qu’à la création de cette institution financière, il y a eu beaucoup de controverse, des experts se demandant comment la minuscule Fransabank pouvait avaler l‘UBC -Union des banques congolaises.
Autre présomption à charge du gouverneur de la Banque centrale, ces collaborateurs ont touché des libéralités importantes auprès de Yaghi. Un montant total d’un million et demi de dollars. La Banque congolaise est soumise aujourd’hui à une procédure de liquidation et son patron incarcéré à la prison de Makala. La justice a décidé de reprendre son procès.
Au Premier ministre Augustin Matata Ponyo qui promet d’enrayer la corruption d’aider à y faire comparaître Jean-Claude Masangu Mulongo et ses collaborateurs cités pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Suivant la formule consacrée : c’est une affaire à suivre !

(Feu Katumba Mwanke appartenait à une catégorie d’individus qui a toujours fait fantasmer les journalistes d’abord et les historiens ensuite. « L’homme qui en savait trop » reparaît souvent après sa mort pour endosser la paternité de « Souvenirs » ou « Mémoires » posthumes… et en grande partie apocryphes.
Il est tout de même étrange que le fameux document qui « charge » Masangu et Yaghi reparaisse dans des conditions qui, d’emblée, disculpent tous les autres ! Il « a connu une rétention délibérée à un certain niveau pour qu’il ne parvienne pas à Joseph Kabila. Il fallait avoir les bras longs comme Masangu pour court-circuiter le processus qui mène à l’acheminement des informations et documents sur la table du Chef de l’Etat ».
Du fait de sa réputation d’Eminence grise, Raspoutine, etc… Katumba est un personnage sur lequel on a beaucoup écrit durant ces quelques dernières années. Il n’y a pas de publication censée relater l’actualité africaine qui n’ait, à l’un ou l’autre moment, publié un « papier » sur lui. Cela fait, au fil du temps, un aréopage de journalistes où figurent aussi bien F. Soudan de Jeune Afrique que Colette Braeckman du Soir, toutes gens que l’on peut ne pas aimer, mais qui connaissent leur métier. Tous ont donné la même description du « pouvoir parallèle » d’AKM : « Il détient le contrôle de l’accès au Président ». Cela pouvait consister à arrêter un « « rapport diligenté à la demande la hiérarchie ». Cette « hiérarchie » devait se situer à un niveau élevé, car Masangu n’est autre que « Monsieur Banque Nationale ». Il est logique de supposer que celui qui a demandé ce rapport était le Ministre des Finances de l’époque. Id est le « miraculé » du même accident d’avion : Matata Ponyo Mapon, actuel locataire de la Primature.
Compte tenu du rôle de « contrôleur de l’antichambre présidentielle » qu’on lui attribue, il est logique qu’AKM ait eu un exemplaire de ce rapport. Mais pourquoi suppose-t-on d’emblée qu’il l’a « retenu ». Et doit-on supposer aussi que, lors de la chute de l’avion, Matata a reçu sur la tête un coup qui lui a fait oublier qu’il avait demandé ce rapport ? Il est bien plus logique de supposer que les trois intéressés : AKM ; JKK et Matata, et sans doute aussi le « Premier » de l’époque, Muzito, ont eu connaissance de ce rapport et ont convenu, ensemble, de l’enterrer.
La version des faits que l’on nous donne a pour effet principal de disculper tous les vivants – dont les deux principaux bénéficiaires du coup d’Etat -et de faire « porter le chapeau » par Katumba Mwanke, qui ne peut plus protester.
On a un peu l’impression d’assister à une versio financière du procès Chebeya. Là, le raisonnement était. « Celui qui a fait tuer Chebeya, ce n’est pas JKK, mais John Numbi. Mais John Numbi est encre trop proche de JKK, donc l’assassin doit être Mukalay ». Aujourd’hui on a « Ceux qui ont commis les magouilles citées dans ce rapport, et l’ont enterré, ce sont JKK, AKM et leurs proches collaborateurs. Mettons tout sur le dos de Masangu et surtout de de Katumba, qui échappe à jamais à la justice des hommes ». NdlR)

© CongoForum, le lundi 28 mai 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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