30/05/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

(CongoForum)

La question des fraudes électorale revient à la Une avec un appel de l’Asadho relatif à l’évaluation des activités de la CENI. D’autres sujets à la Une des journaux parus ce jour en RDC sont en rapport avec la situation sécuritaire à l’Est. Une question orale avec débat est prévue à ce sujet au parlement. On continue aussi à commenter le rapport confidentiel de l’ONU sur le Cndp et le M 23. Mais la question du barrage d’Inga et le lancement d’un numéro vert en faveur de la population appelée à dénoncer les abus commis par certains agents de l’ordre sont aussi abordés dans les journaux de ce jour.

Elections

A la une de La Prospérité : « Evaluation des activités de la Ceni, L’appel de l’Asadho aux Députés ! ».
Dans un Communiqué parvenu au Journal, l’Association Africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho), se félicite de l’inscription au calendrier de l’Assemblée nationale de la question de l’évaluation des activités réalisées par la CENI depuis sa mise en place en 2010 pour la session en cours. Dans ce communiqué, l’Asadho appelle les députés nationaux à procéder à une évaluation objective et sans complaisance. L’ONG espère que cet exercice permettra de dégager les forces et les faiblesses du travail réalisé par la Ceni en vue de prendre des mesures qui s’impose. Le but étant de restructurer le bureau de la Ceni et donner la possibilité de réussite aux prochaines élections provinciales, municipales et locales. Pour l’Asadho, des actions devront aussi être proposées contre les responsables de la débâcle électorale de novembre 2011. (On sait en effet que les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. NdlR)
La société civile de la RDC a déjà collecté plus de vingt mille signatures pour obtenir la démission du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a indiqué le secrétaire permanent de cette structure, Jean-Bosco Puna, vendredi 25 mai, lors de la présentation à Kinshasa du rapport de la collecte de ces signatures de la pétition initiée à ce sujet. Selon Jean Bosco Puna, le bureau de la Ceni que pilote le pasteur Daniel Ngoy Mulunda s’est compromis dans l’organisation des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011. Plusieurs organisations nationales et internationales, les partis politiques de toutes tendances et même le président réélu, Joseph Kabila, ont en effet reconnu que ces scrutins étaient entachés de «beaucoup d’irrégularités».
Les initiateurs de la pétition reprochent à la Ceni d’avoir notamment occasionné la perte immense de plusieurs Procès verbaux (PV) des élections. «Il est, aujourd’hui, difficile de retrouver certaines traces des élections générales de novembre 2011 dans les archives de la Ceni, parce qu’il y a eu la perte de plusieurs PV », s’est plaint Jean-Bosco Puna. Lui, qui croit à cette démarche, annonce que toutes les forces vives de la société civile de la RDC vont se rendre lundi 28 mai au Parlement pour déposer officiellement cette pétition, initiée depuis le 18 mars. «Cette démarche va devoir, cette fois-ci, aboutir parce que nous pensons que ce Parlement [qui est issu de ces mêmes élections du 28 novembre] est l’émanation du peuple et qu’il va devoir satisfaire à la demande de cette population», a-t-il déclaré. Par cette démarche, selon lui, la société civile de la RDC se propose de « récupérer son rôle de sentinelle ».

(Le Bureau de la Ceni est constitué de sept membres, dont quatre issus de partis politiques du pouvoir et trois de l’opposition. La coalition de la société civile de la RDC a toujours plaidé pour que la loi organique de la Ceni soit modifiée de manière qu’elle soit aussi représentée dans cette institution citoyenne. Elle a réaffirmé cette position, lundi 9 avril, au cours d’un point de presse tenu à Kinshasa. Des appels se sont en effet multipliés depuis quelques mois pour la réforme de la Commission électorale nationale indépendante. Ils ont été lancés notamment dans le récent rapport d’observation électorale de l’Union européenne ainsi que par les partenaires bi et multilatéraux de la RDC, l’opposition comme la majorité, les ONG nationales et internationales. NdlR)

Est

L’Avenir titre « Situation sécuritaire à l’Est de la RD Congo : les ministres Luba et Muyej face aux députés ».
Il annonce que le vice-premier ministre et ministre de la Défense nationale et le ministre de l’Intérieur sont interpellés ce mercredi 30 mai 2012 par les députés Martin Fayulu et Jemsi Mulengwa. Répondant à une question orale avec débat, les deux membres du gouvernement devront s’expliquer sur le nouvel accord signé entre la RDC et le Rwanda, et sur l’insécurité qui prévaut à Fizi dans le Sud-Kivu, précise le journal. Cela intervient au moment où un rapport confidentiel de l’ONU rendu public par la BBC pointe du doigt le Rwanda qui recrute et arme ses citoyens pour renforcer les mutins de M23, conclut L’Avenir !
«Il s’agit d’une interpellation qui intervient au moment où un rapport confidentiel de l’ONU rendu public par BBC pointe du doigt le Rwanda qui recrute et arme ses citoyens pour renforcer les mutins de M23 » et ce, lorsqu’on sait que depuis quelques temps une fraction des mutins a investi la localité de Runyoni très proche de la frontière entre le Rwanda et la Rd Congo, les autorités des deux pays voisins se sont déjà rencontrées plus de trois fois en moins de deux semaines, rappelle ce journal. L’ambiance à l’Assemblée nationale sera aujourd’hui très électrisée, annonce-t-il.
(Les ministres, très fraichement en poste, ne pourront bien sûr que répéter la même chansonnette que Lambert Mende « C’est étonnant ! On vérifie. Ne serait-ce pas une manœuvre pour nous brouiller avec le Rwanda ? ». NdlR)

« Députés : pas de langue de bois », interpelle Le Phare. Annoncée voici plus d’une semaine, la « Question orale avec débat du député national Martin Fayulu adressée au Vice-ministre de la Défense sera enfin au centre de la séance plénière de ce mercredi à l’Assemblée nationale », dit Le Phare, qui précise que «Le scénario de circonstance prévoit d’abord la présentation de la matière par son auteur suivie de la réplique du gouvernement entrappelé (sic), et enfin l’ouverture du débat général avec les interventions des groupes parlementaires et députés non inscrits ».
Si les députés nationaux ne fuient pas le débat, et si le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense ne se refugient pas derrière l’esquive, le débat qui s’ouvre ce jour pourrait procurer à la patrie une mine d’informations de nature à lui permettre d’arrêter le virus de l’insécurité qui gangrène le Nord-Kivu, considère ce journal.

Au sujet des « Révélations de la Monusco sur le Cndp et le M23 », AfricaNews dénonce «Kagame pris la main dans le sac ».
Les masques sont tombés, considère ce journal qui ajoute que «Les Nations Unies ont fait leur part de responsabilité. Leur dernier rapport dénonce ouvertement des militaires rwandais au front à l’Est de la RdCongo. Ils combattent les Forces armées de la RdCongo (Fardc) en se cachant sous le label M 23, les mutins de l’Ex Cndp ». Ce journal fait alors cette prière : « Quitte aux autorisés congolaises de pendre leurs responsabilités pour traduire le Rwanda, une fois de plus, devant les instances judiciaires internationales pour agression ». Et il va jusqu’à proposer : « Le Président rwandais doit être traduit en justice pour avoir organisé une expédition qui déstabilise un pays voisin, une attitude pourtant interdite par la Charte de l’Union africaine ».

« Silence inquiétant du gouvernement », titre Le Phare qui commente : « Si Kigali se trouve dans la tourmente, Kinshasa donne l’impression d’avoir perdu ses repères : plus rien de sera comme avant ». Le rapport confidentiel de la Monusco faisant état de la présence des militaires rwandais dans les rangs du Cndp et du M23 et dont la BBC s’est procuré quelques copies a provoqué un véritable tsunami dans l’opinion, considère-t-il. Ce journal prévient : « Le grand risque est de les voir prendre le contrôle des circuits sensibles et à partir de là assumer le pouvoir réel en réduisant les Congolais à l’esclavagisme (lire, bien sûr : esclavage) dans leur propre pays».
Le Phare titrait d’ailleurs hier sur le récent rapport confidentiel de l’ONU accusant le Rwanda de soutenir la rébellion en RDC : « Kivu : enfin, la vérité éclate ! ».
Inimaginable mais vrai ! Selon un rapport interne et confidentiel de l’ONU, c’est le gouvernement du Rwanda qui recrute, forme, entraine et équipe des éléments rwandais pour aller combattre au Kivu sous le label des mouvements rebelles, notamment le CNDP et le M23. Le Phare dénonce, ce qu’il qualifie de : « double jeu de Kigali ». On commence à comprendre la véritable face cachée des propos des ministres rwandais. Ceux-ci proposaient la médiation de leur gouvernement car, pour eux, « cette mutinerie ne pouvait pas être réglée par une solution militaire », rappelle ce journal !

Pour sa part, Le Palmarès titre : « La Rdc attend les résultats de l’enquête par ses services ». Pour Lambert Mende, cite ce journal, ce rapport est basé sur des accusations émises par des rebelles arrêtés par les militaires congolais et ceux qui se sont rendu à la Monusco. Selon le document de l’Onu dont le média britannique s’est procuré une copie, l’approvisionnement en armes et même en hommes de ce mouvement rebelle provient du Rwanda, insiste encore ce journal.

Le gouvernement congolais attend les résultats des enquêtes menées par ses services pour confirmer ou non le soutien du Rwanda au Mouvement du 23 mars (M23). Son porte-parole, Lambert Mende, l’a déclaré à Radio Okapi ce mardi 29 mai. Dans un article publié, lundi 28 mai sur son site internet, la BBC évoque un rapport interne des Nations unies qui fait état d’un soutien apporté depuis le Rwanda aux rebelles du M23. (Ce renseignement est en partie erroné. La publication par la BBC a eu lieu le 24 ( voir http://www.congoforum.be/en/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=187130&Actualiteit=selected sur le site CF anglais). Mais c’est en effet le 28 que la nouvelle a été reprise en français, notamment par AFP. NdlR)
Selon le document de l’ONU dont le média britannique s’est procuré une copie, l’approvisionnement en armes et même en hommes de ce nouveau mouvement rebelle provient du Rwanda.

Pour Lambert Mende, ce rapport est basé sur des accusations émises par des rebelles arrêtés par les militaires congolais et par ceux qui se sont rendus à la Monusco. Pour ne pas faire l’objet d’une quelconque manipulation, affirme-t-il, « nous préférons nous faire notre propre opinion par nos sources ». « Il faut une investigation. Nous ne devons pas nous précipiter à répéter des accusations ou à les démentir sans que nous nous fassions nous-mêmes une idée précise », ajoute-t-il. Le ministre Mende invite l’opinion à la patience, « le temps de recevoir les conclusions de ces enquêtes qui sont en train d’être menées », expliquant que les déclarations des mutins « peuvent êtres sujettes à caution et, dans tous les cas, le Rwanda les dément ».
(Il faut être de bon compte et admettre qu’un prisonnier peut fort bien mentir. Cela existe en version courageuse – donner sciemment de faux renseignements pour égarer l’ennemi – et en version froussarde – donner les réponses dont on suppose qu’elles plairont, pour se faire bien voir. On se perd cependant en conjectures sur les raisons qu’aurait un prisonnier de se dire Rwandais, s’il ne l’est pas. Dans le contexte actuel, ce enseignement n’est certainement pas de nature à attirer sur lui la sympathie des soldats congolais ! D’autre pat, le renseignement le plus important n’est pas qu’il y ait dans l’Est des Rwandais, ou des « gens à nationalité variable ». On le sait depuis longtemps et le plus bel exemple en est Ntaganda lui-même. C’est la date du recrutement : février. Cette date fait de Kagame le « chef d’orchestre » de toute l’opération qui n’a débuté qu’en avril. NdlR)

Détail amusant, pendant que le Ministre de L’Information exprimait son scepticisme au sujet du rapport de l’ONU, le vice-ministre des Affaires étrangères Tunda wa Kasende a participé, ce mardi 29 mai à Kinshasa, à la célébration de la Journée internationale des Casques bleus à la base du contingent ghanéen. Au cours de la manifestation, Tunda wa Kasende a salué « le travail magnifique que les casques bleus ne cessent d’accomplir dans notre pays ». (Radio Okapi)

Divers

Le Potentiel parle de l’énergie ce matin avec cette Une : « Construction d’Inga : Kinshasa brouille les cartes ».
« A quel jeu joue finalement Kinshasa », s’interroge le journal, au regard du feuilleton qui entoure la mise en œuvre du grand projet énergétique d’Inga. Le quotidien affirme que l’on fustige un « problème institutionnel » autour d’Inga, à la Banque africaine de développement (BAD), qui tient ses assemblées annuelles à Arusha en Tanzanie jusqu’au 2 juin 2012.
Pour Le Potentiel, « L’ouvrage de 40 000 MW, le plus imposant de la planète, s’en trouve bloqué ». Le journal révèle que Kinshasa à l’ambition ne pas laisser ce projet aux seules mains des étrangers, raison pour laquelle il brouille les cartes.
Voici la conclusion de cet article : « Les questions sur le développement d’Inga se traitent, parfois, à l’absence de la RDC. A l’interne, le gouvernement encore moins l’opérateur public de l’électricité ne fait preuve de volonté clairement affichée de porter ce projet. Le poids de l’envergure financière et technique du projet est, certes, dissuasif. Mais, les enjeux en présence étant bénéfiques pour tout le monde et cela à tous points de vue (économique, environnemental, industriel, social, intégration régionale, …), la démission préalable n’est pas conseillée.
Les ratés d’avec Westcor et BHP Billiton, notamment, devraient être versés dans la corbeille des balbutiements visant à réussir mieux. La détermination de l’Afrique du sud de cheminer avec la RDC, ainsi que les positions enregistrées des bailleurs de fonds indiquent clairement la volonté d’aller de l’avant. Il ne reste plus à la RDC que de créer ce cadre institutionnel nécessaire à la conjugaison des énergies pour relever le défi.
Sur le plan stratégique, un aveu d’impuissance signifierait une totale démission, ouvrant la voie aux autres d’imposer le schéma à suivre. Par tous les moyens, y compris la déstabilisation ! Ce faisant, la RDC risque de subir le diktat des Etats-clients qui jurent prioritairement sur ce potentiel énergétique propre et bon marché. Les étapes intermédiaires comme les différentes réhabilitations des turbines sur Inga I et II, tout comme la construction ou non du barrage d’Inga III sont des tests qui pouvaient mettre la RDC sur la bonne piste. Elles peuvent se constituer en séances de mise en jambe pour le pilotage du mégaprojet de 52 turbines de 750 MW chacune.
Tout peut être dit sur Inga I et II qui étaient qualifiés, à tort ou à raison, d’éléphants blancs. Le mérite de ces ouvrages est d’avoir donné un sens aux ambitions d’un pays. Aujourd’hui plus qu’hier, la RDC est sur la voie devant la conduire à la consécration. Le secteur de l’électricité lui offre cette opportunité, pourvu que la balle soit saisie au bond. A l’absence d’un signal clair donné aux potentiels usagers et investisseurs, des sources alternatives pourraient anéantir tous ces espoirs. Les bonnes décisions à prendre, c’est maintenant ou jamais. La commande des études par le gouvernement de la République permettrait d’en disposer en propre au lieu de se contenter des intentions et ambitions des autres sur les ressources et le potentiel installés dans les frontières nationales. Il faut quitter l’impuissance pour s’orienter résolument vers les ambitions légitimes de puissance ».

Le Palmarès annonce « L’Inspection de la Police lance le numéro vert ».
« Vert » doit être compris comme signifiant « gratuit ». Il s’agit du lancement d’un numéro d’appel spécial en faveur de la population appelée à dénoncer les abus commis par certains agents de l’ordre.
Le numéro 114 est ouvert 24 heures sur 24 en faveur de la population appelée à dénoncer les abus que commettent les certaines brebis galeuses de la police, explique ce journal.

Sur ce même sujet, AfricaNews titre « Policiers sous haute surveillance ».
Le ministre de l’intérieur et sécurité s’est jeté à l’eau. Sur un ton ferme et solennel, il a promis des sanctions exemplaires à l’encontre des officiers et agents PNC réfractaires à la discipline et aux lois de la République, explique-t-il. Pour AfricaNews, l’arrivée à la tête du ministère des Intérieur et Sécurité de l’ex Ministre des Relations avec le parlement sonne le début d’une nouvelle ère dans les services publics sous sa tutelle.

© CongoForum, le mercredi 30 mai 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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