02/06/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI

(CongoForum)
Il n’y a pas de sujets très marquants de l’actualité dans les rares journaux de ce weekend
à Kinshasa. Les rares journaux parus ce samedi à Kinshasa présentent des sujets,
certes, diversifiés, mais pas percutants, ce qui traduit une terne actualité nationale ce
week-end, que ce soit en politique, en économie comme dans la chronique sociale.

Est

Le Potentiel met en manchette, sous le titre « Nouvel appel de Global Witness. Fin du
trafic illicite des minerais : une urgence », un sujet devenu monotone en dépit de sa
gravité, à savoir : la cynique exploitation des minerais de la RDC avec la guerre
dévastatrice comme voie libre du désordre délibérément entretenu. La caricature
illustrant cet article montre un vaste amas d’ossements et de cranes de morts éparpillés
sur des déblais des carrières minières avec des traces indiquant qu’il s’agit des victimes
civiles et militaires.
Sur ce hideux tas d’ossements de morts se dressent un appareil cellulaire de
communication et un ordinateur échangeant dans les termes ci-après. L’appareil de
téléphonie cellulaire s’adresse à l’ordinateur en se pavanant comme suit : « Dis ! Sais-tu
que notre fabrication va coûter bientôt 10 millions de morts en RDC ? ». Et l’ordinateur
de répondre avec empressement colérique : « Et alors ? Nous n’avons pas le choix. C’est
eux ou nous ! ».
Le Potentiel explique: « Très actif dans la défense des droits des peuples de jouir de
leurs ressources naturelles, Global Witness est revenu à la charge en relançant le débat
sur l’urgence de mettre fin au commerce illicite des minerais dans l’Est de la RDC. L’Ong
britannique pense que le dénouement des tensions récurrentes dans l’Est passe par là ».
L’éditorial « A haute voix » du même Potentiel porte aussi sur les interminables conflits
que devraient arrêter des forces de sécurité bien organisées. Le journal relance ainsi un
autre débat autour de la même crise, à savoir la réorganisation de la sécurisation du
pays qui passe également par un important préalable, celui de la Réforme de l’armée
dont il est continuellement fait état sans apparemment la voir réalisée. La question est
présentée sous le titre « Chantier inachevé ». Le journal y écrit que : « La formation
d’une armée républicaine, professionnelle et dissuasive reste au coeur de toutes les
préoccupations des Congolais. Des dirigeants aux simples citoyens, l’urgence de doter la
République de ce précieux instrument de protection des citoyens et des frontières
nationales s’impose, alors que l’Etat s’efforce, par ce temps de crise, de défendre
l’intégrité de son territoire dans sa partie Est ».
La suite de l’analyse démontre le processus de désagrégation de l’armée congolaise
depuis le régime Mobutu et le constat de son difficile aboutissement à ces jours encore.
Loin dans le texte il est notamment écrit que : « Déjà à l’époque mobutienne, des
reproches notamment sur des prétendues prédominances tribales au sein des FAZ étaient
régulièrement formulées. Elles se sont empirées jusqu’à fragiliser l’armée zaïroise ». Le
journal pose alors la question : « Aurait-on résolu cette équation ? Y répondre serait déjà
prendre une varie option pour la refondation des FARDC. Ce qui induit une autre
question : des recrutements sur des bases objectives avec un accent particulier sur le
patriotisme seraient-ils envisagés pour la formation d’une nouvelle armée à une
échéance raisonnable ? ».
« Voilà, conclut-il, encore une piste susceptible de conduire à l’achèvement de ce
chantier qui tarde à sortir le pays de sa position de ventre mou de la région. Le ton est
donné par les épaules galonnées. Il faut élargir pour arriver finalement au point
d’achèvement de ce programme ».
Dans la chronique de la crise à l’Est, il y a aussi les articles intitulés « Nord-Kivu : l’armée
reprend le contrôle d’une dizaine de villages de Walikale » et « Affaires des mutins
d’Uvira : 11 condamnés transférés à Kinshasa »

Divers

Un article de réflexion du Potentiel présente l’ opinion d’un analyste occidental jetant un
regard critique sur le constat du difficile arrimage des Etats africains à la démocratie:
« Auteur de Afrique : le mirage démocratique.Vincent Hugueux (considère et déclare
que) : Les Africains ont besoin d’un modèle démocratique qui s’enracine dans le
pluralisme en fournissant l’alternance politique qui tient davantage compte de leurs
réalités ».
En politique, Le Potentiel titre encore « Sous la conduite du rapporteur adjoint Lola
Kisanga. Sénat : les nouveaux sénateurs découvrent la grande école de la modestie ».
En politique encore, on peut relever l’article titré « Désignation du porte-parole de
l’opposition : les violons ne s’accordent pas encore ».
Sur l’actualité brûlante de l’heure dans les services de la police, Le Potentiel annonce:
« Commission provinciale de la Police. Le général Oleko exhorte la population à faire
confiance à la PNC ». Il présenter en faits divers le phénomène récurrent de la
délinquance et du banditisme urbain en présentant « Les Kuluna, ces jeunes qui
terrorisent Kinshasa ».
Un journal à parution épisodique, L’Envol, consacre ses colonnes à des articles relatant
des activités de quelques acteurs politiques triés sur le volet. « Baende (gouverneur de
l’Equateur invalidé aux élections législatives) chez Bofasa », « MLC-Kinshasa. Adam
Bombole très réclamé », « Retombées des contentieux électoraux. L. Batumona et N.
Mbungu réhabilités », « Travail de fourmi à la SCTP. T. Umba, un modèle de
gestionnaire »
C’est encore dans L’Envol qu’on note ce titre: « Ngoy Mulunda (le président de la
Commission électorale nationale indépendante, CENI) bientôt devant le Parlement ». En
sous-titre il est signalé que « J. Djoli se dit prêt à tout …». Cela nous permet de rappeler
que les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore
inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de
compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux
PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les
chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS,
non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs.
On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes
de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et
des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais
inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un
coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si
de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays
et le monde devant le fait accompli.
Presse et documents internationaux
Une manifestation est prévue samedi 2 juin dans la capitale congolaise, Kinshasa à
l’initiative d’une partie de l’opposition et de la société civile visant à dénoncer la guerre
dans le Nord et le Sud-Kivu, rapporte RFI. L’opposition pointe aussi du doigt l’implication
de combattants rwandais dans ces conflits. « Ca fait plus de treize ans que le Rwanda
occupe l’est du Congo. Et l’exemple de Charles Taylor, ancien président du Liberia, en
Sierra Leone, doit bien nous inspirer aujourd’hui et inspirer le Rwanda », a ainsi déclaré
un parlementaire de l’opposition, Clément Kanku.
Instabilité dans l’est : le pétrole et l’or causes des problèmes actuels en Ituri
(Agenzia Fides , le 28 mai 2012 )
Kinshasa (Agence Fides) – Après le nord Kivu, une autre zone de l’est de la République
démocratique du Congo, à savoir le district d’Ituri, risque d’exploser. Selon la presse
congolaise en effet, quatre groupes armés de la région se sont unis en un nouveau
mouvement, à savoir la Coalition des Groupes armés de l’Ituri (COGAI), placé sous le
Commandement du colonel dissident Matata Banaloki, dit Cobra. La COGAI demande au
gouvernement de Kinshasa une amnistie pour l’ensemble des miliciens qui opèrent en
Ituri et la transformation du district en province. Elle demande enfin la création d’une
région militaire d’Ituri placée sous la responsabilité d’un officier originaire de la zone.
Comme dans le cas du nord Kivu (qui confine au nord avec l’Ituri), où opère un
mouvement formé par des militaires déserteurs, les milices regroupées au sein de la
COGAI sont elles aussi constituées en grande partie de déserteurs des forces armées
congolaises.
L’Ituri, où, depuis longtemps, les populations Hema et Lendu s’affrontent en vue du
contrôle des terres constitue un nouvel élément, selon la presse de Kinshasa, dans la
lutte conduite par les milices locales, des gouvernements étrangers et des
multinationales en vue du contrôle des ressources naturelles congolaises. « Les
revendications de la COGAI ne concernent pas l’identité du territoire » indique le
quotidien Le Potentiel. « Elles sont essentiellement économiques et tournent autour des
puits de pétrole et des mines d’or du district ». (L. M.)
Des Rwandais auraient été recrutés pour combattre aux côtés des mutins au
Nord-Kivu
(France24 – 27 05 12)

Un rapport interne de l’ONU que s’est procurée la BBC affirme que des Rwandais ont été
formés dans leur pays pour renforcer la rébellion au Nord-Kivu, en République
démocratique du Congo. Kigali dément « catégoriquement ».

par Dépêche (texte)
LE RWANDA DÉMENT « CATÉGORIQUEMENT »

AFP – Le Rwanda a « catégoriquement » démenti lundi le rapport confidentiel de l’ONU
selon lequel des Rwandais auraient été recrutés et formés dans leur pays pour renforcer
les ex-rebelles que l’armée congolaise combat depuis début mai dans la province du
Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
« Ce sont des rumeurs totalement fausses et dangereuses », a déclaré dans un
communiqué la ministre des affaires étrangères Louise Mushikiwabo.
« Depuis le départ le Rwanda a toujours soutenu que l’instabilité actuelle dans l’est de la
RD Congo est une affaire qui relève du gouvernement congolais et de l’armée
congolaise », a-t-elle poursuivi.
« L’intérêt national du Rwanda est de contenir le conflit et d’établir des profondes
relations pacifiques avec ses voisins. La communauté internationale continue de négliger
les vrais problèmes causés par cette instabilité pour ne s’intéresser qu’aux symptômes
et non aux racines profondes de ce qui cause les souffrances dans notre région, a
poursuivi Mme Mushikiwabo, en accusant la mission de l’ONU en RDC.
« Cette opération, a-t-elle dit, qui coûte des milliards de dollars, représente un quart du
budget de l’ONU pour les missions de maintien de la paix dans le monde, et cela a été
un échec depuis le premier jour ».
La ministre a conclu en affirmant que l’ONU était finalement « incapable » de protéger les
civils dans l’est de la RD Congo.
AFP – Des citoyens rwandais ont été recrutés et formés dans leur pays pour renforcer la
mutinerie d’ex-rebelles que l’armée congolaise combat depuis début mai dans la province
du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, selon un rapport
confidentiel de l’ONU que s’est procurée la BBC.
« Les Nations unies ont réalisé des entretiens avec 11 combattants qui ont abandonné
leurs positions dans les forêts montagneuses de la frontière entre la RDC et le Rwanda.
Le rapport (…) décrit ces déserteurs comme des citoyens rwandais recrutés au Rwanda
sous prétexte de rejoindre l’armée nationale, y compris un mineur », est-t-il expliqué.
« Ils ont dit qu’ils ont été recrutés dans un village appelé Mundede, qu’ils ont reçu un
entraînement au maniement des armes et qu’ils ont été envoyés en RDC pour rejoindre
le M23″, a déclaré à la BBC Hiroute Guebre-Selassie, chef du bureau de la Mission de
l’ONU (Monusco) à Goma, la capitale provinciale.
Le M23 (Mouvement du 23 mars) est issu de l’ex-rébellion tutsi-congolaise du Congrès
national pour la défense du peuple (CNDP), que le Rwanda avait démenti soutenir du
temps de sa dissidence, et intégrée dans l’armée en 2009 après des accords de paix avec
Kinshasa.
« Certains combattants ont affirmé avoir été recrutés dès février », indique la BBC. Les
affrontements entre les Forces armées congolaises (FARDC) et le M23, créé le 6 mai,
sont concentrés dans le territoire de Rutshuru, au nord de Goma, et plus précisément
dans une zone circonscrite près de la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda.
« Quinze mutins se sont rendus jusqu’à aujourd’hui, dont sept Rwandais. Ils ont témoigné
que le Rwanda leur donnait des renforts. On le disait depuis bien avant: le Rwanda les
appuie en munitions, armes lourdes et même en troupes », a déclaré à l’AFP un colonel
participant aux combats.
« Le M23 ne pouvait pas résister pendant tous ces jours de combats sans le soutien du
Rwanda. Combien d’hommes sont-ils pour qu’ils résistent jusqu’à aujourd’hui? », a-t-il
ajouté. Il a précisé que ceux qui se sont rendus ont été « acheminés à Rutshuru auprès du
commandant de secteur » et que la hiérarchie déciderait « quoi faire d’eux ».
Les rebelles ont démenti recevoir une aide du Rwanda et le gouvernement de la RDC a
dit ne pas disposer à ce stade d’informations confirmant ces informations.
« Si le Rwanda nous soutenait, on serait arrivés très loin aujourd’hui car il a une armée
organisée, et très forte! Or, nous sommes tout juste dans le Rutshuru. Que ces hommes
nous disent dans quel régiment, dans quel bataillon ils étaient », a pour sa part déclaré à
l’AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23.
« Il n’est pas exclu que l’on soit en face d’une provocation de gens qui veulent perturber
davantage la situation en créant des problèmes entre le Rwanda et nous. Une vérification
est en cours, mais a priori nous n’avons pas d’élément qui puisse confirmer de telles
accusations », a réagi Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.
L’armée congolaise, qui combat à l’arme lourde, a reçu des renforts de plusieurs
provinces. Face à son impuissance à mater la mutinerie, le Premier ministre Augustin
Matata Ponyo avait sous-entendu mercredi que les ex-CNDP avaient une « base arrière
dans un pays voisin », sans citer explicitement de nom. Il avait appelé la communauté
internationale à pousser « tous les Etats concernés à éviter » de soutenir les « groupes
négatifs », alors que Kinshasa et Kigali prévoient une collaboration plus étroite pour les
neutraliser.
RDC : Kamerhe à la conquête de l’opposition
Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 28 mai 2012
C’est un secret de polichinelle. Vital Kamerhe se verrait bien endosser les habits de
nouveau patron de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC). Arrivé
troisième à l’élection présidentielle contestée de novembre, juste derrière « l’opposant
naturel » Etienne Tshisekedi, Vital Kamerhe affiche désormais son ambition de leadership
sur l’opposition congolaise, avec nombreux atouts… mais aussi de sérieux handicaps.
Dans une conférence donnée à Kinshasa les 23 et 24 mai dernier, Vital Kamerhe a
défendu l’idée d’une opposition « solide » et « unie » après les défaites successives des
dernières élections présidentielle et législatives de 2011. Le patron de l’UNC se pose en
potentiel recours d’une opposition, qui n’a pas su s’unir avant le scrutin pour faire
barrage au président Kabila et qui n’a pas su tirer profit des nombreuses irrégularités du
vote pour imposer sa victoire ou faire une pression suffisante sur la communauté
internationale.
Après ces élections « calamiteuses » pour l’opposition, Vital Kamerhe, est sans doute le
seul candidat à sortir renforcer de ce long processus électoral. Le président Kabila, même
réélu, a vu sa légitimité écornée, son pouvoir affaibli et sa réputation ternie par les
nombreuses irrégularités du scrutin. L’opposant Etienne Tshisekedi, avec son très bon
score (malgré les forts soupçons de fraudes massives) s’est enfermé dans une
contestation stérile des résultats, sans aucune porte de sortie. L’opposant historique s’est
isolé dans un irrédentisme politique basé uniquement sur la non-reconnaissance de la
réélection de Joseph Kabila et sur l’exclusion des quelques voix dissonantes de son
propre parti (notamment les députés UDPS qui ont accepté de siéger à l’Assemblée en
dépit du boycott imposé par Tshisekedi).
Vital Kamerhe a donc gagné son pari : réussir sa mue politique et s’imposer comme l’un
des 3 leaders de l’opposition, avec Etienne Tshisekedi et dans une moindre mesure, Léon
Kengo. Le challenge était de taille : passer de la majorité « pro-Kabila » à l’opposition en
moins de 2 ans et créer son propre parti politique. Car, avant d’être un opposant reconnu
sur l’échiquier politique congolaise, Vital Kamerhe a passé la majorité de sa carrière
politique dans le clan présidentiel, auprès de Joseph Kabila lui-même. Directeur de
campagne du président en 2006, co-fondateur du parti majoritaire (PPRD) et président
de l’Assemblée nationale jusqu’en 2009, Vital Kamerhe faisait partie du premier cercle
des proches de Kabila, avant de démissionner brutalement. La cause du divorce :
l’opération militaire conjointe avec le Rwanda dont il n’avait pas été informé. Depuis
cette date, il s’est construit patiemment l’image d’un opposant modèle. Certains
l’accusent de faire le « grand écart » et d’être passé un peu trop vite dans l’opposition.
D’autres lui reprochent son ancienne proximité avec Joseph Kabila, avec qui, il n’aurait
pas coupé complètement les ponts (ce qui reste à prouver).
Côté positif, Vital Kamerhe a démontré un dynamisme politique hors pair. En moins de 6
mois, il a en effet réussi le tour de force : de créer son propre parti (UNC), de se
présenter à la présidentielle et d’arriver en troisième position (7,74%) et de faire élire 18
députés à ses couleurs à l’Assemblée (lors d’un scrutin plus que douteux). Kamerhe a
donc gagné en légitimité et a surtout obtenu son « passeport d’opposant » aux yeux des
Congolais. Avec la mise hors-jeu (provisoire ?) d’Etienne Tshisekedi, sa jeunesse, son
charisme et son intelligence politique, Vital Kamerhe a également séduit les nombreux
déçus de l’UDPS, venus gonfler les troupes de l’UNC.
Mais attention, le leader de l’UNC n’a pas que des atouts. Son passé « pro-Kabila » reste
encore son principal handicap. Les nombreuses années passées aux côtés de l’actuel
président lui collent à la peau et seul le temps pourra les atténuer. Pendant les élections,
il a longtemps été accusé d’être « une taupe de Kabila » pour faire perdre Tshisekedi.
Beaucoup n’ont pas vraiment compris son revirement à 180° de mars 2009 et sa
démission du perchoir de l’Assemblée nationale. Officiellement Kamerhe n’avait pas
apprécié, « l’affairisme » de la majorité, les contrats Chinois de 2007 et l’opération
conjointe avec le Rwanda de 2009. De façon plus prosaïque, son ambition personnelle
l’aurait emporté sur sa fidélité politique à Joseph Kabila. A 52 ans, Vital Kamerhe estimait
sans doute que le seul moyen d’arriver à la magistrature suprême (une ambition
clairement affichée) était de basculer dans le camp de l’opposition (encore embryonnaire
à l’époque). Pour cela, il fallait rapidement franchir le rubicon et se positionner sur la
ligne de départ de la présidentielle de novembre 2011. Avec pour objectif de gagner…
peut-être en 2016.
Autre handicap, sa région d’origine. Né dans l’Est de la RDC, le kivutien cultive son
encrage (sic !!!) local depuis de nombreuses années. Il a d’ailleurs beaucoup contribué à
la première élection de Joseph Kabila en 2006, qui a réalisé d’excellents scores dans les
Kivu. En 2011, Kamerhe devra sa troisième place aux bons résultats obtenus à l’Est.
Revers de la médaille, Vital Kamerhe peine à mobiliser dans les autres régions
congolaises et notamment à l’Ouest. Il lui faudra donc trouver la « bonne équation
régionale » dans son équipe pour pouvoir s’imposer en dehors de ses terres. En clair, il
devra nouer de nombreuses alliances locales, comme il l’a fait avec Ne Muanda Nsemi
(ex-Bundu Dia Kongo) dans la province du Bas-Congo. Ce qui nous amène à la dernière
faiblesse de Vital Kamerhe : la structure très hétéroclite de son mouvement, composée,
comme le disent certains observateurs, d’opportunistes et d’aventuriers politiques sans
idéologies claires… dont le pouvoir constitue la seule ambition.
Reste que Vital Kamerhe possède actuellement une opportune fenêtre de tir pour
s’imposer. La reprise du conflit à l’Est, ankylose quelque peu le pouvoir en place et
l’UDPS peine à trouver la bonne stratégie, suspendue au mutisme de son leader.
Et pour finir, deux articles publiés dans le numéro du 28 mai d’un périodique confidentiel
consacré à l’Afrique.

© CongoForum, le samedi 2 juin 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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