05/06/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

(CongoForum)

L’actualité, dans les colonnes des journaux parus en RDC, est toujours dominée par le rapport de Human Rights Watch accusant le Rwanda de soutenir le rebelle Bosco Ntaganda et ses forces et par le débat sur la guerre à l’Est. Mais il est aussi question d’économie. D’une part parce que l’on annonce l’émission de coupures à valeur faciale élevée, ce qui engendre des angoisses liées au spectre de l’inflation. D’autre part parce que, depuis quelques jours, le gouvernement a arrêté un train de mesures visant l’assainissement de la ville province de Kinshasa, en prévision du 14ème Sommet de la Francophonie prévu au mois d’octobre 2012 dans la capitale congolaise. L’une de ces mesures est le déguerpissement de tous les vendeurs et commerçants qui exercent le long des routes et grandes avenues. Le zèle excessif de la police relance la polémique sur le sommet de l’OIF et, par conséquent, sur les élections.

Est

Dans un rapport publié lundi, Human Rights Watch déclare détenir des témoignages éloquents sur l’implication du Rwanda dans la situation d’insécurité qui prévaut actuellement dans la province du Nord-Kivu, rapporte Le Potentiel qui titre: « Human Rights Watch accule Kigali ».
En effet, à l’instar des Nations unies, cette ONG américaine révèle que l’armée rwandaise « fournit des hommes, des armes et des munitions » au M23. Dès lors, estime Le Potentiel, Kinshasa est mis devant ses responsabilités qui l’obligent à sortir de sa tour d’ivoire pour une prise de position claire, et assortie d’un engagement ferme à entreprendre, dans les meilleurs délais, des actions militaires, judiciaires et diplomatiques pour un dénouement définitif de cette énigme de l’Est qui a assez duré et causé trop de désastres.

« C’est bien le Rwanda qui organise la déstabilisation de l’Est de la RDC », affirme Le Phare en se fondant sur le rapport de Human Rights Watch (HRW).
Il souligne que selon HRW « les recrues, les armes et les munitions venant du Rwanda ont constitué un important soutien pour Ntaganda et ses forces ». Soutien qui a permis à ce rebelle et ses affidés de tenir leurs positions militaires sur les collines de Runyoni, Tshanzu et Mbuzi et dans les villages environnants contre les assauts de l’armée congolaise.

L’Avenir écrit, de son coté, qu’après un rapport confidentiel de la Monusco « HRW cloue le Rwanda ».
Sous ce titre, il signale qu’à ce jour, au moins 51 combattants de nationalité rwandaise se sont rendus aux autorités en RDC. Un témoignage qui en dit long. 24 sont hébergés dans le camp de la force de paix de Nations unies, la Monusco, à Goma, 13 autres sont entre les mains de l’armée régulière et enfin 14 qui étaient arrivés à la Monusco le 17 mai dernier ont disparu, probablement reconduits en toute discrétion au Rwanda. Après un rapport confidentiel de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo, Monusco, rendu public dernièrement par BBC, un communiqué de Human Rights Watch (HRW) vient une fois de plus charger le Rwanda qui continue à appuyer le M23 en combattants, en armes lourdes et munitions. Ce journal révèle que Human Rights Watch affirme, dans un communiqué publié ce lundi, que l’armée rwandaise est directement impliquée dans la fourniture de 200 à 300 nouvelles recrues ainsi que d’armes lourdes et de munitions aux rebelles, tout en servant de refuge à leur chef présumé Bosco Ntaganda malgré un mandat d’arrêt de la CPI. Entre-temps, poursuit ce quotidien, des sources proches des Forces armées de la RDC (FARDC), nous apprenons que les militaires ont lancé hier l’attaque pour déloger les rebelles des collines « stratégique » de Runyonyi.

La Trompette soutient, pour sa part, qu’il est temps que les autorités congolaises se ressaisissent et sortent de leur torpeur pour désigner nommément le Rwanda comme agresseur, et tirent toutes les conséquences de cette nouvelle donne sur le terrain en vue de considérer ce pays comme un pays ennemi à dater de ce jour et le traiter comme tel.

Le Palmarès fait état de la vive préoccupation du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU sur la situation sécuritaire à l’est de la RDC, malgré les avancées décisives sur les rebelles rwandais au Sud-Kivu. « Alors que depuis le mois de février, la Monusco et les Fardc avaient réalisé des avancées décisives sur les FDLR au Sud-Kivu et se préparaient à étendre leurs actions dans le Nord-Kivu, la mutinerie du M23 est venue freiner cet effort commun », souligne le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies dans un communiqué de presse.

Le mécontentement rejaillit bien sûr sur les débats parlementaires consacrés à ces questions et, en particulier, sur la discussion à huis clos. Le Phare revient sur la plénière d’hier consacrée aux réponses des ministres de l’Intérieur et de la défense sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Il parle de la « Grosse faute d’Aubin Minaku », le président de l’Assemblée nationale, lequel en décrétant le huis clos pour la question orale avec débat adressée au Vice-premier ministre et ministre de la Défense, a solidement installé le doute dans les esprits de nombreux compatriotes intrigués par l’insécurité récurrente dans le Nord-Kivu. A quoi rime la langue de bois de l’Assemblée nationale lorsque les officiels rwandais accusent le pouvoir en place à Kinshasa d’être en collusion avec les génocidaires des FDLR, qu’ils armeraient et financeraient depuis plusieurs décennies pour déstabiliser le régime de Kigali, s’interroge ce journal.
Cinq jours après le huis clos imposé sur la question orale avec débat du député Martin Fayulu par le président de l’Assemblée nationale, écrit le journal, ce dernier s’est rendu coupable d’une grosse faute : « la rétention volontaire des informations sur la guerre de l’Est s’est révélée inutile ». Les Congolais savent maintenant, poursuit le confrère, que c’est la Rwanda qui arme le CNDP et le M23 et assure leur financement et les dote des soldats. Les Congolais se posent désormais tant de question sans réponses : Pourquoi leur gouvernement a signé un Nième accord avec le Rwanda ? Pourquoi y-avait-t-il un deal avec les rebelles du CNDP ? Et pourquoi Kinshasa reste aphone face à toutes ces accusations portées contre Kigali ? Résultat, conclut le journal, les Congolais attendent désormais les preuves de l’engagement de leur gouvernement au retour de la paix au Nord-Kivu.

L’Editorialiste de l’Observateur constate, lui, que les révélations faites dans la presse internationale sur les filières rwandaises impliquées dans le recrutement des combattants du M 23, alimentent divers commentaires et débats dans le microcosme politique de la RDC. Ces révélations, note-t-il, sont à la hauteur des difficultés qui sont les nôtres dans la gestion de nos relations avec nos voisins rwandais. Nos dirigeants et nos diplomates sont en train de vivre des moments particuliers dans leurs rapports avec leurs homologues du Rwanda. Comme certains dossiers ne se traitent pas sur la place publique en raison de leur caractère sensible, note L’Observateur, il est difficile de savoir la nature des contacts actuels au plus haut niveau de deux Etats en présence.

Monnaie

L’Observateur titre ce matin « Mise en circulation le 2 juillet des coupures à valeur faciale élevée », à propos de la prochaine mise en circulation des coupures de 1000, 1500 et 10 000 francs congolais. Selon le confrère, cette mesure a été décidée par le Premier ministre Matata Ponyo. Le journal croit savoir que c’est le 2 juillet 2012 que la Banque centrale du Congo (BCC) va procéder à la mise en circulation de ces billets. Pour le gouvernement cette mesure va faciliter les transactions, en tenant compte des paramètres macroéconomiques stables, dont le taux de change affiche une stabilité depuis deux ans.

(On craint bien sûr que le gouvernement Matata puisse être pris par le « vertige de la planche à billet »… Le souvenir des billets d’un million de Zaïres qui permettaient à peine d’acheter des cigarettes ne s’est pas encore perdu !

Certains plaisantins ont une autre explication : les ministres de Matata, donnés pour des « technocrates intègres », sont malgré tout des politiciens. Et un politicien, au Congo, est fatalement motivé par « la loi de l’entrecôte ». Les faux « technocrates intègres » seront donc tout simplement des « corrompus discrets ». Cette discrétion demande que l’on renonce aux grosses enveloppes bourrées de petites coupures. Quelques gros billets sont tellement plus faciles à manipuler ! Ah ! Les gens sont méchants. NdlR)

Chasse aux vendeurs et Sommet de l’OIF

Direct.cd publie, sous le titre « Chasse aux vendeurs œuvrant le long des grandes avenues, ce qu’en pensent les Kinois », une enquête de Mafe Ekanza, Tania Bamba, Joëlle Kinda, Ira Kidombi Yanga sour la supervision de J.P Seke.

En RDC, la tenue dans une ville d’un événement national ou international déclenche toujours une grande offensive du balais brosse et du pot de peinture. La ville concernée se doit, au moins sur le parcours qui risque d’être vu par les « hôtes illustres », d’âtre impeccablement propre et joyeusement pimpante. Le jour J, l’eau coule dans les fontaines décoratives, dans des villes où le peuple n’a pas l’eau courante. Et l’on veut que lesdits « hôtes illustres » ignorent à tout jamais que Kinshasa est une ville où une grande partie du commerce se fait à même le trottoir. (Comment ‘ignoreraient-ils, puisque c’est le cas de toutes les villes africaines ? Cela, c’est une autre histoire ! NdlR). On a donc décrété le déguerpissement de tous les vendeurs et commerçants qui exercent le long des routes et grandes avenues.

Cette mesure est à replacer dans le contexte du « coup d’état administratif ». Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.
Il s’agit de convaincre les visiteurs que le Congo se dirige allègrement vers la « Révolution de la Modernité » sous la direction d’un pouvoir éclairé accepté par tous. Bref, la page des élections est tournée.

Voici ce qu’ont constaté les enquêteurs.
« Cette décision a été accueillie de façon mitigée dans l’opinion. Nous avons, dans le but d’éclairer la lanterne de nos lecteurs, décidé de faire parler quelques Kinois parmi lesquels, les victimes, les non-victimes et quelques observateurs neutres.

Aimée Kajinga, vendeuse de beignets : Cette mesure vise aussi notre protection face aux accidents : « Moi, je trouve que cette mesure gouvernementale est bonne. Car elle vise aussi notre propre protection, notre sécurité face aux accidents de circulation surtout pour nous qui vendons le long des routes. Mais nous demandons en revanche aux autorités de nous donner un autre endroit ou site où nous pouvons exercer notre commerce. Car il est notre seul moyen de survie surtout que nos maris sont au chômage ».

Sacré Lupulusu : détenteur d’une cabine publique : « L’Etat doit commencer par éradiquer le phénomène kuluna avant de s’attaquer aux pauvres vendeurs » « J’ai comme l’impression que les gouvernants sont en panne d’imagination. Ils devaient commencer par s’attaquer au phénomène Kuluna qui fait beaucoup de victimes dans la ville au lieu de maltraiter les gens qui se débrouillent par le petit commerce. Le gouvernement n’a-t-il pas d’autres priorités ? Pour nous, la mesure de Matata Ponyo est mauvaise et vise à torpiller le petit peuple ».

Abbé Malando, agent de l’Etat : « Matata Ponyo n’est pas le premier à prendre une telle mesure » La mesure n’est pas du tout mauvaise en soi, parce que l’assainissement de nos grandes avenues est quand même nécessaire. Mais je pense que l’auteur de la mesure devait d’abord préparer des endroits sûrs dans chaque commune avant de se décider. Ce qui permettrait aux vendeurs et petits commerçants à trouver leur compte et subvenir aux besoins quotidiens de leurs familles. Matata Ponyo n’est pas le premier dirigeant à prendre une telle décision. Mais le comble, c’est que ces mesures n’ont jamais rien produit à la longue. Il suffit d’un relâchement, tout va recommencer.

Axelle Iyonga (21 ans) changeur de monnaie, victime : « Les policiers doivent arrêter d’extorquer les biens » : Quand on demande aux policiers de chasser les vendeurs exerçant le long des avenues, ça ne leur donne pas droit d’extorquer des paisibles citoyens débrouillards. Ils m’ont ravi la table, le parasoleil et l’argent. C’est aussi faire l’assainissement de la ville ?

Chance Mujinga, pharmacienne : « Ceux qui veulent exercer le commerce doivent se conformer à la loi » : La mesure de chasser les vendeurs le long des grandes avenues est louable et ça permis de dégager la chaussée qui a une bonne visibilité aujourd’hui. Ceux qui exercent le commerce, s’ils veulent être à l’abri, doivent se conformer à la loi. C’est dur mais c’est possible. Et ils ne seront pas menacés.

Francine Bipula, observatrice neutre : « Les Kinois doivent savoir ce qu’ils veulent, un Kinshasa propre ou un Kinshasa sale ? « Je crois que la mesure du Premier ministre est bien réfléchi. Il vise à assainir la capitale et à rendre la ville de Kinshasa propre. Et ça toujours été le souhait des Kinois de voir la capitale, revêtir sa belle robe. C’est là que je dis que les Kinois doivent savoir ce qu’ils veulent, une capitale propre ou Kinshasa la poubelle comme ils s’en plaignent eux-mêmes. On peut condamner les policiers, mais ils n’exécutent que l’ordre de leur hiérarchie. Pour avoir es omelettes, il faut casser des œufs. Voilà.

Mme Mamie Luyeye : « Arrêter de brûler les étalages, les chaises et les parasols » Je ne suis pas d’accord de la manière dont les policiers traitent les vendeurs. Ils sont autorisés à les chasser mais pas à confisquer et à brûler leurs chaises, étalages, chaises…

Jean-Théo Ngwisana étudiant : « La décision était pris dans la précipitation » La décision du gouvernement était prise dans la précipitation. Une préparation psychologique aurait été nécessaire parce que la Francophonie se tient dans 4 mois. On a encore le temps.

© CongoForum, le mardi 5 juin 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22